La période de 1939 à 1946 m’a beaucoup marqué. J’ai souhaité en parler pour rappeler les faits réels d’une guerre au travers des souvenirs et les conséquences néfastes vécues par ceux qui subissent, en particulier les enfants. La possibilité limitée d’organiser une vie épanouie dans cette tourmente malgré la tendresse, la vigilance des parents et l’éducation. Il convient de prendre en considération les privations, les chocs psychologiques profonds, les dangers permanents qui « aguerrissent » prématurément l’enfant et la manière dont les traumatismes sont gravement perçus mais aussi de l’influence du ruralisme, à cette époque perturbée, dans l’évolution favorable de certaines connaissances, avec un désavantage des possibilités scolaires finalisées par un retard dans le suivi des cycles de l’enseignement secondaire par rapport aux enfants urbains.
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Tranche de vie chez les Bianloups (1939-1946)
Ce récit à caractère autobiographique concerne la période de 1939 à 1946 résumé en douze chapitres ; le plan chronologique reprend les phases successives vécues par l’auteur pendant cette période surtout marquée par la guerre et nous devons retenir que ce n’est pas août 1939 mais juin 1940 qui introduit une coupure dans l’histoire de notre XXe siècle. Ce n’est pas l’entrée en guerre, mais l’entrée en occupation qui bouleverse considérablement la vie quotidienne des Français.
Dernier ajout : 26 octobre 2017.
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (1er épisode)
8 juin 2017, par Serge Consigny -
Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (2e épisode)
15 juin 2017, par Serge ConsignyAu moment de la déclaration de la guerre et de la mobilisation des hommes, en août et septembre 1939, j’ai cinq ans et demi. Mes grands-parents vivent dans une ferme au lieu-dit « Montauban » à proximité d’un poste électrique et d’un terrain d’aviation situé en bordure de la route nationale qui mène au village. J’ai une petite chambre chez mes grands-parents, située au premier étage, sur l’arrière de la ferme. Cette petite chambre donne en premier plan sur un long jardin puis sur un verger et enfin, en arrière plan, sur une grande colline appelée « les momonts », propriété de mon grand-père ; cette colline est surmontée d’une ancienne casemate de la guerre 1914-1918 actuellement désaffectée. Outre cette vue de face, la fenêtre est un observatoire panoramique de premier ordre avec sur ma droite : la piste, les avions, les bâtiments militaires et de l’autre côté de la route nationale, le parc « du juif », le grand parc de « Colompré » de mon grand-père, puis les prés et les bois...
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (3e épisode)
22 juin 2017, par Serge ConsignyNous venons d’apprendre que les parachutistes allemands sont entrés en Hollande vers le 10 Mai et que cette armée progresse rapidement. La moto de mon père vient d’être réquisitionnée. La voiture Renault de mon grand-père reste sur place à cause d’une panne. Quelques semaines plus tard des autochenilles et des camions de l’armée française arrivent devant chez moi. Les camions chargent le mobilier de bureau qui se trouve dans les baraquements construits au mois de décembre 1939 et partent vers une destination inconnue.
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (4e épisode)
29 juin 2017, par Serge ConsignyPour tous les enfants une nouvelle discipline du langage commence alors dans chaque famille. Ce nouvel apprentissage consiste à supprimer l’appellation : « les Boches » de la conversation courante, en particulier celle pratiquée dans la rue… Ma tante Marie va s’employer pendant plusieurs jours à me faire comprendre que ce mot ne doit absolument plus être prononcé et qu’il doit être remplacé impérativement et spontanément par : « les Allemands ». Un petit garçon de mon âge ne comprend pas très bien pourquoi subitement nos envahisseurs doivent brutalement changer de nom.
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (5e épisode)
8 septembre 2017, par Serge ConsignyUn matin, vers 7h45 de cette fin d’année 1941, les Allemands placent un véhicule militaire à proximité du calvaire et organisent des perquisitions dans les maisons. C’est une surprise générale. Lorsqu’ils arrivent chez Serge et Robert ils découvrent des toiles de tentes militaires, des musettes, un masque à gaz, un poignard et une baïonnette rangés dans un grenier. Le gradé qui commande l’opération entre dans une violente colère et menace d’emmener leur père. C’est alors que je prends conscience d’une redoutable imprudence : le fusil caché dans le hangar !
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (6e épisode)
14 septembre 2017, par Serge ConsignyMon père fait une nouvelle rechute pendant presque cinq mois ; ce sont les mêmes douleurs et de nouveau je vais chez mes grands-parents. Ces derniers vont deux fois par semaine jouer à la belote et au tarot chez nos voisins dont le père est l’un des responsables du poste électrique. Je suis content de retrouver mon copain Jean et ses deux sœurs Laure et Geneviève. Chaque fois nous organisons des jeux et ce sont des soirées passées dans la gaieté et l’insouciance. Le jeu permet d’oublier l’extérieur et tout ce qui se passe. Nous écoutons les conversations des adultes et il est question souvent des terroristes et d’un général de Gaulle qui parle sur un poste depuis Londres...
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (7e épisode)
21 septembre 2017, par Serge ConsignyPar une belle matinée ensoleillée de juin 1943, trois avions de chasse passent au-dessus du village en direction des anciens excavateurs installés dans les carrières qui sont situées le long de la Moselle. Le bruit des moteurs, très particulier, attire également l’attention des voisins alors qu’ils se dirigent en rase-mottes vers la ligne de chemin de fer. Des détonations retentissent puis un mitraillage soutenu. A tour de rôle ils mitraillent un train composé de wagons de marchandises : c’est l’embrasement quasi immédiat !
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (8e épisode)
28 septembre 2017, par Serge ConsignyAprès quelques mois de cette intense activité dans le ciel, les habitants s’habituent vite à ces alertes et ils ne font plus tellement attention aux sirènes stridentes ; ces « moulins hurlants », de la ville ou des usines, se déclenchent de jour ou de nuit préalablement aux passages des vagues de bombardiers. Les habitants sont maintenant informés que ces avions arrivent de Grande-Bretagne pilotés par des Américains voire des Anglais. A Epinal, la population ne descend plus dans les caves ou les abris publics et chacun pense, en toute confiance, que les bombardements sont exclusivement réservés à l’Allemagne. A peine si la nuit, le couvre-feu : ce camouflage de toute source de lumière, est assuré comme cela doit être la règle afin de ne pas être repéré.
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (9e épisode)
5 octobre 2017, par Serge ConsignyLe 6 juin 1944, mon père revient du travail avec un grand sourire en disant : « ça y est, ils ont débarqué en Normandie ! ». Désormais, tous les soirs, il écoute le Général de Gaulle à la radio de Londres et il note sur sa carte la progression des alliés par des petits ronds dont la couleur change journellement. J’ai maintenant l’autorisation d’écouter cette voix du Général qui vient de l’autre côté de la Manche et dans le brouillage habituel le speaker annonce : « Ici Londres, les Français parlent aux Français ! ».
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Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (10e épisode)
12 octobre 2017, par Serge ConsignyDans la matinée du Vendredi 22 septembre 1944, une jeep estafette, avec quatre Américains, arrive à toute vitesse. Ils s’arrêtent et demandent s’il y a encore des Allemands. Sitôt la réponse négative enregistrée, ils font demi-tour et c’est alors l’arrivée des troupes de la VII ème armée US du général Patch : une grande colonne de véhicules légers, puis des chars, des motos, des half-tracks et des hommes de troupe. C’est l’euphorie, une joie indescriptible de toute la population, les gens courent dans les rues, les drapeaux tricolores et américains sortent de toutes les maisons, les soldats donnent aussitôt du chocolat aux enfants.