www.histoire-genealogie.com


----------

Accueil - Articles - Documents - Chroniques - Dossiers - Album photos - Entraide - Testez vos connaissances - Serez-vous pendu ? - Éditions Thisa


Accueil » Documents » Témoignages » Tranche de vie chez les Bianloups (1939-1946) » Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (11e épisode)

Les années marquantes de ma jeunesse 1939 - 1946 (11e épisode)

La Liberté avec les nouveaux dangers


jeudi 19 octobre 2017, par Serge Consigny

Répondre à cet article

Paradoxalement, les enfants entrent dans une période de grands dangers ; la vie reprend son cours mais nos habitudes de jeux ont changé. Lors des patronages par exemple nous profitons de la naïveté d’un jeune séminariste spinalien qui aide notre curé, pour mettre en œuvre des jeux très dangereux. Dans tous les bois des environs les munitions et les armes de toutes sortes jonchent le sol. Nous disposons de détonateurs en forme de petits cylindres en aluminium poli, de cordons de Bickford, de pains de cheddite, que nous utilisons en guise de pétards lors de nos promenades à l’extérieur du village. Ce pauvre garçon s’étonne simplement de l’ampleur du bruit et des trous laissés dans le bitume à chacune de nos sorties !

La semaine suivante, la méthode change, avec l’utilisation de deux gros boulons reliés par un écrou central qui emprisonne de la poudre de munitions pour fusils de guerre, mélangée à quelque chose dont je tairai le nom. Le principe consiste à lancer l’ensemble à la verticale et à l’arrivée sur le sol c’est une explosion garantie avec de grands risques.

Puis ce fut un premier moment tragique. Nous sommes dans le bois de la Woivre le Jeudi 26 Avril 1945. Lors d’une sortie de patronage par une belle journée de printemps, nous avons rencontré dans un chemin forestier monsieur Roger Dany qui demeure dans ma rue. Notre curé lui a parlé d’un engin accroché à un arbre qui semblait être une mine spéciale et qu’il convenait de faire très attention. Nous avons quitté ce monsieur en prenant la direction du village alors qu’il se dirigeait dans la direction opposée. C’est alors que nous avons entendu une violente explosion accompagnée d’un souffle puissant. Notre curé nous a demandé de continuer et revenant sur ses pas il s’est rendu compte que notre interlocuteur avait été victime de l’engin : déchiqueté paraît-il ! Blême, les yeux exorbités, malade, titubant, notre prêtre s’est rendu chez le Maire et ensemble ils ont annoncé à l’épouse la mort du mari. J’entends encore les hurlements de douleur de cette pauvre femme et les pleurs de ses enfants. Triste moment inhumain imprégné dans ma mémoire pour la vie !

La capitulation intervient le 8 mai 1945 et en juillet de cette même année, je pars pour la première fois en colonie de vacances … « Devinez où … ? En Allemagne ! Oui vous avez bien compris ! » C’est à Müggenbrunn, en Forêt noire, à proximité de Todnauberg que l’armée française, en liaison avec un prêtre d’Epinal, nous a installé dans deux hôtels luxueux de cette petite bourgade, dans un décor magnifique de montagnes et de grandes forêts de sapins. C’est vraiment très agréable d’être enfin libre et heureux. La nourriture fournie par l’armée est excellente. L’animation bien que simpliste est appréciée de tous. Le personnel allemand qui gère les deux établissements est irréprochable. Je garderai un souvenir impérissable de la patronne très gentille, qui a perdu son mari à la guerre et dont le fils est prisonnier en Russie.

Dès les premiers jours, le responsable et les moniteurs, armés de pistolets, se comportent en pays conquis vis-à-vis du Maire de la commune et de la population. A mon avis ce comportement dommageable est inacceptable, d’autant qu’il ne reste plus dans ce village que des femmes, des enfants et des vieillards. Une majorité de jeunes gens et d’hommes sont morts au combat, d’autres sont prisonniers. Cette attitude que nous reprochions à nos ennemis d’hier est mise en œuvre par nous aujourd’hui ! A titre d’exemple, notre encadrement a d’une part, exigé que le drapeau français flotte un peu partout dans le village et d’autre part, a menacé par voie d’affichage de tuer les vaches qui s’approcheraient de celui placé en haut de la colline. Revolver au point, l’un des moniteurs a obligé un vieux monsieur, tremblant de tous ses membres, à ouvrir une ancienne menuiserie, située à côté de l’hôtel, afin de confectionner des hampes de drapeaux. Interdite pendant l’occupation, nous chantons haut et fort la Marseillaise, en marchant au pas cadencé devant ce pauvre Allemand terrorisé. C’est un grand défoulement collectif qui résulte de nos privations de liberté. Cette revanche l’emporte sur le pardon et j’ai mauvaise conscience.

C’est l’époque des cœurs vaillants et des âmes vaillantes : « à cœur vaillant, rien d’impossible ! » et bien lors des offices nous occupons le cœur de l’église alors que les paroissiens sont relégués au fond. Belle mentalité… Le prêtre allemand ne dit pas un mot, il officie et à la fin de la messe, bénit tous les assistants. Les enfants de cœur allemands au regard figé, vêtus de leurs beaux surplis blancs sur fond rouge, vivent des moments de tristesse que nous connaissons pour les avoir déjà endurés pendant plus de quatre ans…. L’angoisse pour eux, la joie pour nous. C’est hélas toujours la guerre !

A mon retour en août, j’ai le plaisir de revoir notre cousin Henri rentré de captivité ; amaigri, malade, il est resté à l’hôpital pendant un mois avant de s’installer à nouveau chez lui. Je me souviens de la remise en état de sa moto ; une Terrot 500 cm3 à moteur culbuté. Puis c’est ensuite le tour d’une petite voiture de marque Rozengard dont il a changé la bobine. Heureux, il ne parle pas de son stalag ; en revanche, un jour, il a évoqué les camps de concentrations pour les Juifs. C’était la première fois que j’entendais cela et quelques mois plus tard j’ai vu des films sur les camps de la mort qu’un résistant nous a passé dans une salle du café de l’Union. C’était abominable, les chambres à gaz, tous ces hommes squelettiques, ces morts et ces maudits SS.

Fin août, les mauvaises habitudes de jeux dangereux reprennent hélas à chacune de nos sorties en campagne ou en forêt.

Eparpillés en lisière et sur les berges de la Moselle, les engins de guerre sont toujours présents. Les cartouches de fusils et de mitrailleuses à balles traçantes (couleur bleue), explosives (couleur noire), perforantes (couleur jaune) se trouvent dans les tranchées. Egalement les grenades à manche et surtout les petites valises en fer contenant quatre torpilles pour mortiers ou les charges de Panzerfaust ( bazooka antichar allemand) mais aussi les mines antichars ! sans oublier les armes : fusils, mitraillettes voire mitrailleuses…

Les enfants enlèvent les culots pour les aplatir dans un étau et former des croix de Lorraine à la lime à titre de décoration … Pour les offrir aux filles ! Personnellement j’ai procédé de cette façon sur une balle noire de mitrailleuse qui a explosée dans l’étau ; j’ai eu la chance de ma vie et je m’en suis tiré sans une égratignure, car la charge est montée à la verticale dans le toit en tôle de notre atelier !

Malheureusement un accident grave a lieu dans la forge de notre maréchal-ferrant. En effet, lors de la présentation d’un revolver à barillet, le fils du boucher a malencontreusement tiré sur Louis, l’un des fils du forgeron lui traversant la cuisse alors que la balle, continuant sa trajectoire, s’est fixée dans le sabot de Lucien, menuisier de son état ! Plus de peur que de mal ! un petit séjour à l’hôpital et la visite des gendarmes…

Dès le mois de septembre, les enfants de mon âge sont mobilisés tous les jeudi en après-midi dans le cadre de la garde des vaches qui broutent les « étroubles » et les prés fauchés en regain. C’est une coutume qui a pour but de rassembler le bétail sur un ensemble agricole sous surveillance. Dick, le chien, prend sa part de travail. Cette surveillance est constante car ces ruminants sont de fins tacticiens et quant ils veulent paître un champ de trèfles ou de betteraves, ils « attaquent » à plusieurs en s’éparpillant sur les côtés opposés ! Gare aux résultats s’ils mangent trop de trèfles car la panse se gonfle de gaz et « le spécialiste du village » doit venir à l’étable pour « mettre un coup de trocart » dans cet estomac énorme afin de supprimer la pression. Le trocart est une sorte de poignard en forme de poinçon, muni d’un étui troué vers la pointe que le spécialiste plante violemment dans la panse à un endroit précis ! Il retire ensuite ce poinçon en laissant l’étui troué en place, ce qui permet l’évacuation des fermentations gazeuses ! Pour les betteraves c’est une autre histoire ; elles doivent être tranchées en « léchures » sinon les pauvres ruminants s’étranglent et peuvent mourir étouffés ! Nous avons donc un rôle de gardien nanti de responsabilités importantes pour notre âge.

Malgré cette surveillance obligatoire nous avons des moments de répit qui permettent d’organiser les jeux ancestraux des enfants de la campagne : faire fumer une cigarette d’armoise (appelée : tabac de femme) à un crapaud ! Faire cuire les pommes de terre dans la cendre chaude ! Attraper dans la mare les petits crapauds sonneurs au ventre jaune, les tritons et salamandres ! Visiter les nids en particulier ceux des corvidés ! Ramasser les poires blettes en maraude ! Mettre des poils à gratter de l’églantier (en patois : chopécus) ou des boutons de soldats, dans le dos des filles afin de se faire remarquer par la gente féminine ! Instants sublimes des découvertes du flirt ! Néanmoins, des jeux bien plus dangereux prennent maintenant une part importante dans nos loisirs champêtres : déposer de la poudre de munitions dans les trous de guêpes pour y mettre le feu ! Placer une poignée de cartouches dans un brûlot alimenté en feu de bois et attendre la pétarade à plat ventre ! Et plus grave encore lorsque ce sont des détonateurs qui éteignent automatiquement le feu lorsqu’ils explosent ! Ceux qui comportent une boule sphérique en bout de tube sont extrêmement dangereux et pourtant ils sont légion…

Ces comportements se manifestent dès lors que nous sommes en dehors de nos habitations. Mon copain Robert qui manipulait pendant le catéchisme de la dynamite, genre pâte à modeler brunâtre, s’est vu confisquer l’ensemble par sœur Marie Bernard qui, ne sachant pas de quoi il s’agissait, voulait absolument jeter « le paquet » dans le fourneau en fonte incandescent en disant à sœur Delphina : « Mais qu’est-ce que c’est que cette cochonnerie ? C’est grâce à l’intervention énergique de deux autres enfants plus âgés que « le paquet » a été lancé… dans le jardin et qu’une énorme catastrophe a pu être évitée de justesse dans l’hilarité générale. Nous assistons en permanence à une banalisation du danger.

Les plus grands disposent depuis quelque temps d’une mitrailleuse qu’ils ont mise en action le long du Saint-Oger. Bien entendu les rafales sont parties sur des isolateurs à haute tension ainsi que sur des habitants qui arrachaient des pommes de terre. Les gendarmes ont mis bon ordre une fois de plus.

Le deuxième moment tragique est un cauchemar qui ne m’a jamais quitté. Nous sommes vendredi 13 septembre 1946, j’ai installé une tente dans mon jardin que je partage avec mes copains Marcel et Serge.

C’est alors qu’une explosion retentit vers 17 heures en direction de la Moselle ; une heure plus tard, telle une traînée de poudre, d’autres copains nous apprennent que Robert Dubois (11 ans), son jeune frère Abel (6 ans), et deux autres garçons Jacques Schall (7 ans) et André Rabot (7 ans) viennent d’être tués en manipulant une torpille de mortier, au bord de l’eau… sur les cailloux ! Quel chagrin ! Quelle douleur ! Indescriptible malheur !

JPEG - 72.9 ko
Gustave - Abel Dubois et son frère Robert tués par une torpille après la guerre au bord de la Moselle.

Le jour même nous sommes allés nous recueillir sur les corps. A notre demande, le père nous a montré Robert, couché dans ce lit mortuaire blanc, reposant à côté de son frère. Comme pour nous mettre à l’épreuve et certainement à titre de leçon, il a souhaité nous considérer comme des adultes en nous montrant ce corps déchiqueté, ces entrailles ouvertes, ces côtes arrachées dans cette poitrine d’enfant et ce visage en partie disparu, en s’exclamant dans un immense sanglot : « Regardez voilà votre copain ! » Et il a ajouté, fou de douleur : « C’est ce qui arrive lorsque l’on n’écoute pas ses parents ! »

Nous étions livides et profondément troublés, la leçon fut terrible, je crois que je suis devenu un homme ce jour là ; j’avais douze ans. « La douleur est un siècle et la mort un moment. »

Pour lire la suite...

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

7 Messages

  • Merci pour ce témoignage poignant de ces années d’après guerre.

    Répondre à ce message

  • quelle coïncidence et quel rappel ....Georges Mansuy, mon père, vosgien, adjudant au 8° RTM du Corps Expéditionnaire en Italie, avait disparu en Italie en décembre 1943. Nous étions donc O.G. ma soeur Lucette et moi. Ma mère nous avait fait adhérer à l’As. des O.G. à NICE où nous étions revenues habiter, après 4 ans au Maroc. L’été 46 nous sommes parties en colonie sur les bords de la Moselle, à Lieser charmant petit village, avant Bernkastel.Sacré périple à cette époque, long, dans des conditions extrêmes les voyageurs entassés les uns sur les autres, des couloirs où l’on ne pouvait circuler,je me souviens des w.c. bouchés et des escarbilles de charbon dans les yeux dès qu’on ouvrait une fenêtre !L’hôtel du village avait été réquisitionné pour nous, les propriétaires charmants dont Magda une des filles qui avec sa soeur faisaient de l’aviron sur la Moselle...pour notre Ire sortie à pied, il fallait traverser le village, en rang par 2...Nous avons fait demi-tour rapidement, des anciens combattants de 14/18 nous jetaient des cailloux et nous injuriaient en allemand bien sûr...A l’hôtel, les femmes de service, charmantes, compatissantes même, nous servaient copieusement, nous disant qu’elles espéraient pour leurs maris, prisonniers en France, la même chose ...
    Un soir nos monos, les grands de 16 ans ont voulu aller danser à la fête à Bernkastel en emmenant les plus grands !...Le pont sur la Moselle avait sauté, ils nous l’ont quand même fait franchir A.R. sur des planches en nous accrochant aux poutrelles ..nuit noire, la Moselle roulait en-dessous, c’est un souvenir extraordinaire pour la fillette de 12 ans que j’étais...
    Au retour,nous devions aller à Epinal chez nos grands-parents. Mon gd-père était concierge à la BNP quai des Bons Enfants. On nous arrête donc dans une grande ville, de nuit,dans un immense dortoir où seulement des soldats se reposaient, dans l’attente d’un train. Je n’ai pas dormi de la nuit, assise contre ma petite soeur, sur laquelle je veillais, effrayée, en colère qu’on nous ait abandonnées ainsi.il n’y avait pas de quoi, ces soldats étaient eux-même repus de fatigue. Au matin, ma gd-mère arrivait, en grand noir, deuxième effroi, je n’avais jamais vu un tel accoutrement de grands voiles noirs, mais enfin nous n’étions plus seules.Nous avons pu repartir vers Epinal Dans un train surchargé, sale, on nous avait fait place j’ai enfin pu dormir....voilà mon souvenir de l’été 1946

    Répondre à ce message

    • C’est effectivement une coïncidence ! Les voyages en train étaient de véritables expéditions sans aucun confort avec la fumée et la vapeur des locomotives sans compter les escarbilles dans les yeux qui vous brûlaient les paupières pendant tout le trajet ; les arrêts en gare puis les démarrages des locomotives vous recouvraient d’une suie noire tenace.....dans un bruit assourdissant ! Impossible d’ouvrir les fenêtres pendant le parcours, souvent tous serrés comme des harengs, assis sur un banc en bois anciennement vernis. Après la guerre, avec mes parents je partais en vacances à Perpignan : Trois jours de trajet dans ces conditions avec des arrêts dans les gares et « dormir » sur des bancs de salle d’attente ! Sale, fourbu et bien noir à l’arrivée ! Pour la colonie en Allemagne de 1946 j’ai finalement gardé un bon souvenir ; vous également. Pour votre arrivée à Epinal, l’habillement de la grand-mère, c’était l’époque ! C’était aussi la BNCI (Banque nationale pour le commerce et l’industrie)au 12 quai des Bons-enfants ; je connais bien, car par la suite, j’ai passé le concours d’entrée avec succès mais je n’y suis resté que 10 jours !. Le seul intérêt pour moi ce fut ma participation à une séance de compensation à la Banque de France ! Merci pour ces souvenirs. Cordialement. Serge Consigny.

      Répondre à ce message

      • heureuse d’avoir partagé avec vous ces souvenirs ! Je n’avais pas encore eu le temps de vous lire et j’ai recommencé depuis le début. Cela va nous permettre ma soeur et moi de connaître cette période ; du fait de la perte de leur fils, mes grands-parents ne s’étendaient pas sur ce sujet, nous laissant ainsi dans une grande méconnaissance de ce qui s’était passé à Epinal. De temps à autre, cependant, mon gd-père y allait d’un grand coup de gueule envers ces maudits boches (en plus son village avait été brûlé 2 fois par eux) mais il avait aussi la sagesse de nous dire « c’est vous qui changerez cela » je veux encore y croire ! Merci à vous, c’est un régal de vous lire, je me retrouve dans le jardin de mon Pépère...

        Répondre à ce message

  • Souvenirs de voyage en train (extrait de mes « mémoires »

    Nous allions voir mon oncle libéré d’un oflag, et cette fois mes souvenirs sont très nets. Il avait rejoint une unité du reste de l’armée française repliée en zone libre, à Tarbes, et retrouvé sa famille. Arrivés dans la nuit en gare, c’est à bord d’un vélotaxi que nous avions rejoint le domicile de mon oncle....
    ....Au poste de frontière à Dax, une patrouille allemande parcourait le train pour faire descendre tous les voyageurs pour mieux les contrôler. Je dormais. Ma grand-mère obtint du gradé commandant le détachement de ne pas descendre et de rester près de moi pendant mon sommeil. Nous ne sommes pas descendus du train mais je me suis quand même réveillé. Un inconnu coiffé d’une large casquette verte et au sévère visage m’observait. Rare témoignage d’humanité de la part de nos occupants. Mais il est vrai que je n’étais pas juif !

    Répondre à ce message

  • Un autre extrait de mes "mémoires (parues dans la Gazette) à propos des munitions abandonnées.
    L’événement a eu lieu quelques jours après la tragédie d’Oradour sur Glane.
    Un ami m’a raconté le passage de la colonne Elster à La Chapelle, vers Marcillac Lanville. Les maquisards avaient fait sauter le pont qui permet de traverser la Charente. Lorsque les troupes hindoues qui tentaient de remonter vers Poitiers se crurent prises au piège, redoutant des attaques du maquis, elles devinrent menaçantes. Le maire dut, pour calmer les fuyards, leur tracer un itinéraire de dégagement.
    Pendant ce temps, à l’autre bout du village, de grands « drôlards » qui avaient trouvé des munitions abandonnées par les soldats s’étaient employés à fabriquer des fusées et s’amusaient à tirer un feu d’artifice ! Épouvantée par les réactions que ces détonations et ces tirs pouvaient provoquer de la part des hindous, une commerçante du village, arriva à faire cesser ces dangereuses distractions en savonnant d’importance les joyeux et inconscients fêtards. Les conséquences de cette plaisanterie auraient pu en effet être tragiques.

    A part une partie de pétanque avec des « quadrillées » qui m’avait valu une mémorable correction , je n’ai pas beaucoup manipulé ce genre d’engins, quelques cartouches un ou deux obus de mortier, la routine, quoi....

    Répondre à ce message

https://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




https://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2017 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Ours | Charte | Logo | Espace privé | Logiciels | édité avec SPIP