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Une balade onomastique autour de l’arbre


jeudi 7 juillet 2016, par Marie-Claire Ancel, Michel Baumgarth

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« Auprès de mon arbre, je vivais heureux, j’aurai jamais dû m’éloigner de mon arbre … » Georges Brassens

La première rencontre du généalogiste débutant avec les variantes onomastiques relève du traumatisme : chacun connaît leur possible existence, mais être confronté avec cette réalité dans sa propre lignée est pour le moins perturbant.
Notre patronyme est la partie émergée de l’iceberg de notre identité : quelques uns l’affichent avec ostentation, la plupart d’entre nous le prononce avec une pointe marquée d’affection, d’autres ne font que s’en accommoder ; enfin pour une minorité, leur nom les insupporte au point qu’ils en éprouvent le besoin incoercible de le dénaturer en le modifiant, voire de le renier en s’engageant dans de difficiles démarches administratives.

« Le mea culpa du coucou généanaute » nous a révélé notre lointain cousinage :

Nous sommes cousins au onzième degré et nous nous sommes rencontrés sur Généanet à cause de (ou plutôt grâce à) une divergence onomastique : en pratiquant la coucou-généalogie comme le font bon nombre de débutants, Michel avait déniché un exemple caricatural des variantes onomastiques : en trois générations les descendants d’Antoine BAUMGARTHEN de Mackenheim ( Bas-Rhin), né en 1768, s’en virent attribuer 8 différentes. Il a conté cette histoire dans la Gazette (« Le mea culpa du coucou généanaute…  ») et il terminait son article en se proposant d’en tirer personnellement la leçon.

En recherchant dans les arbres Baumgart ( sans H ), il avait repéré celui de Marie-Claire dont l’ancêtre Jean BAUMGART était marié avec une Anne-Marie RIEHL, tout comme l’était son propre ancêtre Jean BAUMGARTH ( avec un H ) ; dans un village de 450 habitants, deux quasi homonymes dont les épouses portent les mêmes nom et prénom… la coïncidence était éminemment suspecte ; l’existence d’enfants aux prénoms et dates de naissance identiques ne laissaient pas de place au doute. Les vérifications furent vite faites, Jean BAUMGART retrouva son H ; nous étions bien cousins et une solide et amicale collaboration était née ; notre complicité généalogique s’est concrétisée par des articles dans la gazette et celui-ci est le troisième.

Nous avons donc rencontré la problématique des variantes onomastiques à de multiples occasions et en particulier pour le patronyme de notre commun aïeul :

  • Pendant quatre décennies les différents vicaires de Friesenheim ( Bas-Rhin) se sont entêtés à attribuer l’identité « Johannès BaumgarTEN » à notre ancêtre commun Jean Baumgarth (1736 -1811) dans les 89 actes que nous avons retrouvés et celui-ci les a pourtant toujours signé imperturbablement BaumgarTH.
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Naissance Françoise BAUMGARTH 11/2/1781 Friesenheim
  • L’un de ses onze enfants, François Ignace Baumgarth installé dans le village voisin d’Hilsenheim y a vu ses enfants N° 1-2-3 et 6 enregistrés BAUMGARTH, tandis que les N°4, 5 et 7 devenaient BAUMGART ; en conséquence le patronyme BAUMGARTH a disparu dans cette branche…Quant à François Ignace, né et marié BAUMGARTH à Friesenheim, il fut inhumé BAUMGART à Hilsenheim distant seulement de 7 km.
  • Lors du mariage de François Joseph avec Marie Madeleine MERG, le 12 juillet 1837 à Sélestat, son père Martin Baumgarth fait corriger le nom BAUMGARD dont on avait affublé son fils en BAUMGARTH comme ses ancêtres.

  • Estelle Marie Baumgarth, sœur aînée du grand-père de Michel, donne naissance à une fille le 25 septembre 1901 à Paris 14è ; l’acte de naissance de l’enfant l’enregistre Carmen Marie BEAUGART ; la reconnaissance par sa mère le 8 octobre la restitue BAUMGARTH avant que son père la reconnaisse définitivement LAGOUTTE. lors du mariage six mois plus tard.

  • Dans notre article publié dans la Gazette intitulé « La biodiversité par mutation patronymique … », nous avons conté les mésaventures onomastiques de la famille du charpentier Élie BAUMGARTEN dont les mutations BAUMGART et BAUMGARTH s’entrechoquèrent dans les deux sens.

Les innombrables consultations que nous fîmes dans les tables décennales à la recherche des descendants de notre commun ancêtre Jean Baumgarth ne nous livrèrent le plus souvent que des patronymes approchants ; avec le temps ceux-ci nous sont donc devenus familiers au point que nous avons un peu la sensation bizarre qu’ils ne sont nous sont pas tout à fait des étrangers.

Cette intrigante promiscuité linguistique nous a lentement conduit à l’idée de faire le relevé de ces variantes onomastiques. Un outil performant était à notre disposition : GÉNÉANET avec ses arbres et ses relevés divers.

Compte tenu de nos recherches antérieures dans les archives, nous estimions la récolte à venir à deux ou trois dizaines de ces variantes ; notre pronostic s’avéra être bien loin de la réalité puisque, sans pour autant prétendre à l’exhaustivité, nous sommes parvenus au nombre ahurissant de… 353 patronymes différents !!!

Des désinences [1] protéiformes pour le doublet Baumgarten / Baumgartner

Dans la nature l’homme et l’arbre sont intimement liés ; il n’est donc pas étonnant que dans l’espace linguistique germanique les noms de famille composés sur la base BAUM ( der baum = l’arbre ) soient très nombreux ; parmi les plus fréquents se trouvent les porteurs des noms Baumgarten (der garten = le jardin) et Baumgartner (der gärtner = le jardinier ).

La similitude du nom Baumgarth avec ces patronymes et sa proximité alphabétique dans les tables décennales nous les avaient fait rencontré des milliers de fois et nous avaient révélé les existences de variantes par désinence (du latin desinentia = qui tombe à la fin d’un mot) beaucoup moins fréquentes.

Notre recherche ciblée de celles-ci sur Généanet nous a fait prendre conscience de leur diversité : nous en avons déniché 80 !!!

Quand l’arbre s’offre un festival de fantaisies orthographiques…

Au cours de nos années de recherches généalogiques nous avions eu la surprise de
tomber sur quelques patronymes incongrus ressemblants furieusement à Baumgarten /baumgartner, toutefois l’anomalie ne portait pas sur la terminaison ( = garten /gartner), mais sur le tronc de l’arbre lui-même ( = baum).

Pour rendre notre liste de variantes la plus complète possible, nous sommes donc partis sereins à la recherche de ce que nous pensions n’être que quelques patronymes anecdotiques ; rapidement nous avons été submergés par ces étonnants mutants : la graphie de notre arbre germanique avait été déformée de 22 manières différentes, nous livrant 273 nouveaux noms dont les désinences sont similaires à celles des 80 précédents, ce qui conforte leur appartenance à la famille onomastique Baumgarten/Baumgartner.

En voici la liste avec les pays d’Europe correspondants :





Réflexions sur les facteurs qui ont conduit à cette pléthore :

1- le caractère polyphylétique des patronymes Baumgarten/Baumgartner :
La simplicité de la construction de ces noms et la banalité des deux composants (arbre et jardin/jardinier ) expliquent leur apparition en de très multiples localisations sans qu’il y ait aucune relation familiale entre les porteurs. Leur abondance et leur répartition ubiquitaire favorisent l’apparition de variantes nombreuses et diverses.

2- les facteurs linguistiques : le territoire d’implantation des patronymes Baumgarten/Baumgartner et de leurs variantes se caractérise par

  • a- la multiplicité, la diversité, l’interpénétration des aires dialectales germaniques variables dans l’espace et le temps.
  • b- l’interpénétration des aires francophones et germanophones… variables dans l’espace et dans le temps.

3- l’oral et l’écrit  : l’apparition d’une variante onomastique ne se fait pas ex nihilo : elle résulte probablement d’un hiatus entre l’oral et l’écrit dans lequel la prononciation ou plutôt l’interprétation de la prononciation est l’élément fondamental.
Les deux protagonistes de la transaction verbale génératrice de la modification jouent donc les rôles essentiels : il y a la bouche de l’un qui prononce le nom et l’oreille de l’autre qui l’interprète puis le transcrit.
Leurs différences linguistiques, sociales, culturelles sont des facteurs essentiels de distorsion orthographique : une oreille peu familiarisée avec les intonations et les accents locaux confrontée aux réponses d’un quidam en délicatesse avec la pratique de l’écriture…

4-accent tonique et phonème terminal atone : dans les langues germaniques les noms composés conservent les accents toniques des composants ; pour le doublet Baumgarten/Baumgartner les accents toniques sur baum et gar sont donc présents ce qui rend le dernier phonème ( = ten /tner ) atone et donc sa prononciation moins reconnaissable ; cela favorise l’apparition des désinences multiples et variées que nous avons rencontrées [2].

5 - la grande instabilité géopolitique de la région du XVIe au XVIIIe siècle : (réforme, contre-réforme, guerres…) par son insécurité, ses massacres et ses déplacements de population (recolonisation) est préjudiciable à la pérennisation de l’orthodoxie orthographique des patronymes ;

6 - Deux siècles plus tard les immigrants germanophones aux USA ont dû faire face aux mêmes incertitudes et ont été soumis aux alea de la confrontation avec une autre langue et aux vicissitudes du melting pot du nouveau monde ; il n’est donc pas étonnant que bon nombre des variantes européennes y soient retrouvées ( mais nous n’ avons pas cité leur présence aux USA dans notre liste) ; il est intéressant de noter que 42 autres variantes y sont même endémiques.

Nos connaissances onomastiques sont embryonnaires et nous avons tenté de conforter notre conviction en consultant les étymologies de nombre des variantes patronymiques citées ; mais pour beaucoup d’entre elles nous n’avons rien trouvé.

Outre la cohérence de l’ensemble, deux constatations nous rassurent quant à la crédibilité de notre liste :

  • d’une part l’existence des mêmes désinences pour les variantes issues du BAUM primitif et celles provenant des 22 malfaçons.
  • d’autre part l’existence des mêmes désinences pour les variantes strictement « made in USA ».

À propos du vécu de l’un des rédacteurs de cet article :

La permutation de deux lettres (métathèse [3]) par un lecteur non habitué à la consonance des patronymes germaniques semble être un mécanisme ayant induit la création de variantes : une forte minorité des déchiffreurs laborieux du nom BAUMGARTH prononce BAUGMARTH en inversant le G et le M, ce qui est pourtant plus difficile à prononcer. (Michel, habitué de ces incidents, s’est même vu gratifié d’une carte de mutuelle complémentaire avec ce nom déformé ).

Une autre minorité le prononce BAUMGRATH inversant le A et le R.

Ces deux types de variantes existent dans notre liste de noms retrouvés sur Généanet.

La même inversion a-t-elle fait de BAUMGRATZ ( retrouvé sur Généanet ) l’anagrammes de BAUMGARTZ qui figure dans notre liste ?

En guise de conclusion

Nous avons commencé cette balade autour de l’arbre par simple curiosité ; à notre grand étonnement nous avons découvert l’extraordinaire plasticité du doublet patronymique Baumgarten/Baumgartner et cela a modifié notre regard sur les variantes onomastiques.

Nous restons un peu sur notre faim car notre étude n’a fait que considérer l’alfa et l’oméga de ces mutations, c’est à dire les patronymes initiaux ( le doublet ) et finaux ( les variantes ) sans rechercher les intermédiaires successifs éventuels ( que nous avions pourtant rencontrés et évoqués dans notre article publié dans La Gazette ( « la biodiversité patronymique… »).

Ceux qui ne sont pas atteints pas notre fièvre généalogique se posent certainement la question suivante : « Et ça sert à quoi ? »… Nous ne pouvons leur opposer que deux arguments : d’abord que toute connaissance est utile au philosophe et ensuite que, comme Edmond Rostand le fait dire à son Cyrano, « c’est bien plus beau lorsque c’est inutile… ».

Inutile ? Encore que …

Notre étude nous a fait prendre conscience de l’importance des dérives patronymiques états-uniennes et donc des difficultés de retrouver ses cousins d’Amérique.

Au début de notre récit nous avons cité l’amputation progressive du H subie par François Ignace Baumgarth lors de son installation dans le village voisin. Des mâles néo-Baumgart de cette tribu perdue des Baumgarth), Ignace ( l’aîné de ses fils ) a quitté sa femme et ses filles pour tenter sa chance en Amérique en 1839, ( et a sans doute été rejoint par son cadet Martin dont nous avons perdu la trace en Alsace).

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Acte de décès de l’épouse d’Ignace BAUMGART « manœuvre en Amérique » 11 ans après son exil.

Que sont devenus nos cousins aux States ? Issus de Baumgarth sont-ils restés Baumgart ou bien leur patronyme a-t-il subit d’autres vicissitudes ?

Les auteurs :

  • Michel BAUMGARTH est généalogiste amateur en Martinique.

Notes

[1Désinence = du latin médiéval desinentia : élément variable à la finale d’un mot.

[2Après moult recherches sur internet nous avons fini par dénicher le nom savant utilisé par les linguistes pour désigner ce mécanisme : en phonétique l’atténuation d’un phonème porte le nom étonnant d’amuïssement

[3Métathèse = déplacement de voyelles, consomnes ou syllables à l’intérieur d’un mot.

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10 Messages

  • Une balade onomastique autour de l’arbre 7 juillet 2016 15:59, par martine hautot

    Bonjour ,
    un exemple particulièrement riche de modifications onomastiques dues à un contexte géographique et linguistique tout à fait particulier .
    Plus modestement avec un ancêtre commun ,dans ma branche paternelle ,on trouve des Quillen du petit village de Neuville Coppegueule dans la Somme ,écrit avec deux L et un e ,tandis que de l’autre côté de la vallée de la Bresle en Seine-Inférieure devenue Seine-Maritime les Quilan s’écrivent avec un seul « l » et un « a »,tout ça parce qu’un enfant Quillen de Neuville Coppegueule ,marchand de son état,a quitté seul son village et est venu prendre épouse en Seine-Inférieure ,dans le village du Thil près de Dieppe où le nom était alors inconnu, le curé a fait comme il a pu et il a écrit Quillan avec 2 L et un A en 1761 ,sur l’acte de mariage . En 1793,an II de la république ,le deuxième "L"tombe et la graphie Quilan apparaît lors du décés de l’épouse .Mais il existe encore des variantes,avec par exemple un" t" final .Par contre dans la Somme ,l’orthographe n’a pas subi de modifications ,on écrit toujours" Quillen" comme en témoignent de nombreuses tombes dans le cimetière De Neuville Coppegueule .
    Bien cordialement et bonne chance dans la suite de vos recherches . Martine

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  • Une balade onomastique autour de l’arbre 8 juillet 2016 09:27, par Gilbert Baumgartner

    Belle promenade dans ces variantes onomastiques, merci pour ces relevés, très utiles parce que portant les traces de l’histoire. Je m’interroge quand même sur un préalable : si nos noms propres sont évidemment dérivés de noms communs (de façon plus ou moins reconnaissables), d’où vient votre H si troublant pour l’étymologie ? D’une coquetterie de graphiste ? D’une mauvaise lecture de voyelle finale ? Rassurez-vous, je vous accorde tout à fait le droit à cette coquetterie et ne prétends pas porter un nom plus « pur » que le vôtre ! Cette simple lettre est sans doute aussi révélatrice d’une histoire, mais ne vous permet pas de savoir si vous êtes plutôt « jardin » ou « jardinier ». Dans le second cas, votre ancêtre devait être arboriculteur, dans le premier... Le lieu d’une habitation familiale ? L’endroit où a été trouvé l’enfant abandonné ? Que d’énigmes !

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    • Une balade onomastique autour de l’arbre 8 juillet 2016 22:52, par Michel BAUMGARTH

      Gilbert, bonjour,

      Je ne crois pas que le H de mon nom soit une coquetterie de graphiste.

      Votre remarque a stimulé ma curiosité et je me suis demandé si ce H terminal se retrouvait dans d’autres patronymes d’origine germanique ; la moisson a été pléthorique sur Généanet : en me limitant aux seuls patronymes de cinq lettres se terminant par ARTH, il existe quinze ( quinze !!!) noms de famille commençant par les lettres B,C,D,F,G,H,K,L,M, N,K,L P,R,S,T et W. Ce qui correspond aux patronymes BARTH, CARTH, DARTH, FARTH, GARTH, HARTH, KARTH, LARTH, MARTH, NARTH, PARTH, RARTH, SARTH, TARTH, WARTH.
      Le premier nom (= BARTH ) dérive probablement du prénom Barthélémy, mais quid des autres ?

      J’ai trouvé aussi GRATH , métathèse probable de GARTH .

      J’ai trouvé aussi le patronyme BANNWARTH qui m’est revenu en mémoire : sur une table décennale du Bas-Rhin, j’avais salivé sur un Baumgarth qui m’était inconnu ; à ma grande désillusion l’acte de naissance était en fait celui d’un bébé BANNWARTH...

      Que signifie cette très étonnante profusion de patronymes ne différant que par la seule première lettre et déclinant la presque totalité des consonnes de l’alphabet ? Je n’en ai personnellement aucune idée...

      Isolé, le H terminal aurait pu n’être qu’une coquetterie de graphiste ou une fioriture ; mais le retrouver avec cette fréquence évoque plutôt une ( des ?) explications plus profondément linguistiques.

      Qui saura éclairé un peu notre lanterne ?

      En tout état de cause, je suis profondément attaché à mon H et ce d’autant plus que dans la forêt des variantes des Baumgarten-BAUMGARTNER, mon nom est très rare en France ( même s’il est plus fréquent en Suisse et Allemagne ) au point que le nombre des Baumgarth de France qui ne sont pas descendants prouvés de mon aiëul Jean BAUMGARTH ( 1700-1761 Friesenheim ) n’excède pas deux douzaines.

      cordialement,
      Michel BAUMGARTH

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      • Une balade onomastique autour de l’arbre 9 juillet 2016 15:42, par Gilbert Baumgartner

        Je crains de m’être mal exprimé et de vous avoir froissé : la graphie de votre patronyme est évidemment respectable, d’autant que ce H final vous permet de le discriminer parmi d’autres dans vos recherches. Mais je m’intéresse à l’étymologie de votre/notre nom, et c’est là que votre H me pose problème.

        Les noms que vous citez pour prouver que vous n’êtes pas seul ne sont pas tous étymologiquement équivalents. Jusqu’à la réforme de l’orthographe allemande en 1901 (adoptée en 1903), beaucoup de mots du fonds germanique s’écrivaient avec un -th, qui a été remplacé par un -t (Unrath devient Rat, souvenons-nous du professeur dans l’Ange Bleu...) Or, d’où venait ce th ?

        Les langues germaniques ont une transcription plus phonétique que les langues latines : ce qui se prononce s’écrit, ce qui s’écrit se prononce. Les linguistes considèrent donc qu’au moment de la fixation de cette écriture (vers 1500), ce h devait être aspiré. Quatre siècles plus tard, la loi du moindre effort avait fait son office, on ne prononçait plus le h, on l’a donc supprimé (des noms communs, bien sûr, pas des noms propres.)

        Or, ce -th est tout à fait justifiable dans des monosyllabes du genre BARTH (la barbe) ou WARTH (la garde). Il ne l’est pas dans des mots comme GARTEN ou GÄRT(E)NER, dans lesquels le T est suivi d’une voyelle. Jamais l’arboriculteur ne pouvait être désigné par le terme de BAUMGARTHNER.

        Voilà pourquoi j’ai soulevé la question du « préalable » de la graphie de votre patronyme. Il faudrait trouver la toute première transcription et se demander si ce H ne pouvait pas être aussi un E, ou un N. Je formule d’ailleurs une hypothèse : dans l’écriture manuscrite dite Sütterlin, le E, le N et le H sont très proches...

        Mais que ces spéculations ne vous empêchent surtout pas d’être fier de porter un nom original !

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        • Gilbert, bonjour,
          D’abord je vous rassure, la constatation de mon ignorance ne me froisse pas car c’est l’occasion inespérée d’y remédier. J’ai fait mienne la réflexion d’un ami constatant qu’il vaut mieux être intelligent avec les idées des autres que de rester con avec les siennes ( c’est transposable aux connaissanes ).
          Je vous remercie vivement des renseignements et précisions apportées tout à fait claires même avec les bases linguistiques germaniques ectoplasmiques qui sont les miennes.
          Le fait que mon H soit problématique me ravi car cela ajoute un peu de mystère à mon patronyme et plonge mes racines un peu plus dans l’histoire ( avec un petit h ).
          Bien sûr je serais extrêmement intéressé si vous progressez dans votre réflexion sur cette question ; mais je ne vous serais d’aucun secours pour « la première transcription » car je suis bloqué à 1700, ce qui est trop récent et comme je l’ai indiqué dans mon article « Mettez l’accent sur les signatures », sur tous les actes mentionnant mon plus vieil ancêtre Jean Baumgarth 1700-1761, le curé note Johannès Baumgarten , mais mon aÏeul signe indiscutablement Baumgarth avec TH et ce H des signatures n’est manifestement ni un N ni un E ( par contre le curé note clairement Baumgarten avec EN...).
          Un grand merci donc,
          cordialement,
          Michel BAUMGARTH

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  • Une balade onomastique autour de l’arbre 8 juillet 2016 15:49, par chapelle

    Je connais moi aussi un problème avec les CHAPELLE,CHAPEL,CHAPELE, CAPEL, CAPELLE. Il faut s’en accomoder.
    Cordialement

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  • Passionnant !
    Nous connaissons tous ces errances de l’orthographe au gré de l’oreille ou de la main des rédacteurs, parfois de leur étourderie ou de leur ignorance.
    Mais un nom pareil, si simple dans sa formation et si compliqué dans sa longueur ou dans son étrangeté pour l’étranger, si facile à corrompre par inversion, déformation ou interprétation, c’est un véritable chemin de grande randonnée pour une simple balade généalogique !
    Vous vous êtes amusés, vos lecteurs aussi, en tout cas, moi, beaucoup !

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  • Une balade onomastique autour de l’arbre 8 juillet 2016 17:45, par rené mettey

    je me suis régalé avec cette étude, étant germanophone. On pourrait croire que ces errances ne sont plus, du fait de l’alphabétisation de tous, et surtout prêtres et fonctionnaires. Que nenni ! Une de mes voisine m’a emmené voir la tombe de ses deux frères tués à la guerre de 1914-18. Le nom écrit sur les tombes a été amputé du s final : exemple Bécu au lieu de Bécus. Les militaires relevant les morts se sont trompés, et, le relevé militaire dénombrant les morts de cette bataille portant ce nom erroné, il a fallu les enterrer sous ce nom !

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  • Peut-on vraiment faire confiance aux spécialistes pour ma part j’ai eu deux avis complètement différent et ça ma ajouté un peu plus de doute

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  • Il n’y a aucun désespoir, du moins à en faire un article. Dans les Flandres où le sens des mots et leur orthographe divergent d’un canton l’autre, j’ vu par exemple des Tiberghien ou des Tiberghein de la même famille souffrir de 36 manières X par 2 soit 72 façons... excusez du peu... salutations généalogiques.

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