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Une histoire familiale de Jean Genet : l’installation à Lyon puis à Paris (4e partie)

Le jeudi 4 juin 2015, par Jean-Marc Barféty

Parler d’histoire familiale pour Jean Genet est presque antinomique, tant le personnage ne semble se rattacher à aucune famille, lui l’enfant de l’Assistance publique. Et pourtant, il a existé une famille Genet avant que Jean Genet n’apparaisse, même si cette histoire familiale semble entourée de la plus grande obscurité.

Lyon

Après cet été 1879, François Genet et sa famille s’installent à Lyon. Pourquoi Lyon ? Comme on l’a vu Belley et sa région, dont fait partie Virieu, sont dans la zone d’influence économique de Lyon. François Genet lui-même a depuis longtemps des relations d’affaires à Lyon. C’est une ville qu’il connaît bien. On sait que dans la propre famille de François et Clotilde Genet, Lyon est une destination privilégiée. Du côté de François, on y trouve son oncle Jean Genet, menuisier à Lyon, sa sœur Julie, cuisinière, qui s’y marie, une autre sœur, Louise, domestique, qui y est morte ; du côté de Clotilde, sa sœur Julie, épouse de Grégoire Pugieux. De plus, sans argent, ni plus aucun bien, Lyon offre à la famille la possibilité de trouver un travail et un logement. Qu’ont-ils fait à Lyon entre 1880 et 1889, les dates extrêmes, de leur présence attestée dans la ville ? On leur connaît deux adresses [1]. La première est le 255, rue Sainte-Élisabeth (actuellement Garibaldi), à l’angle du 111, cours des Brosses (actuellement cours Gambetta) (dates extrêmes connues : 1er juin 1880 - 12 février 1883). A une exception près, il est qualifié soit de restaurateur, soit de débitant de boissons. On peut penser qu’en venant à Lyon, il a voulu renouer pour partie avec son activité de commerçant. Dans le Guide indicateur de la ville de Lyon, année 1881, il apparaît sous l’intitulé : « Genet, Buvette » [2]. La deuxième adresse est le 42, rue Ney, dans le 6e arrondissement (dates extrêmes connues : 1886 - 18 juillet 1888) [3]. Il est en général qualifié d’employé de commerce, mais aussi de manœuvre et même une fois plus précisément d’employé à la compagnie des eaux de Lyon [4]. Quant à Clotilde, elle est généralement qualifiée de couturière, sauf en 1880 où elle est « restaurateur » comme son mari.

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Façade de l’immeuble 42, rue Ney, Lyon 6e, dernier domicile connu de la famille Genet à Lyon. C’est là qu’est née Camille, la mère de Jean Genet.

Lors de ce séjour de 10 ans à Lyon, naissent deux enfants supplémentaires : Léon Henri, le 1er juin 1880, qui ne vit que 2 mois et Camille Gabrielle, le 18 juillet 1888, la mère de Jean Genet.

Avant de voir le destin parallèle des enfants de François Genet, notons que malgré leur difficile situation financière, le couple n’est pas complètement démuni. En quelques mois de l’année 1887, ils héritent chacun de quelques terres et d’une portion de maison à Virieu-le-Grand et Cuzieu. C’est d’abord Jean Genet Peland qui partage ses biens entre ses 3 enfants, en mars 1887 [5], avant de mourir quelques semaines plus tard. Clotilde récupère quelques parcelles et un hangar. Elle revend immédiatement ce dernier pour 500 francs [6]. Quelques mois après, suite au décès de Pierrette Laperrière, les frères et sœurs Genet se partagent les biens de leurs parents [7]. François récupère une portion de la maison familiale, qu’il partage avec son frère Claude, et quelques parcelles. Là aussi, dès janvier 1888, il revend la totalité de ce qui lui est échu à son beau-frère Claude Gros pour 600 francs [8]. Il coupe ainsi les derniers liens avec son pays natal.

Philibert et Marie Genet

Philibert a-t-il suivi son père et sa belle-mère à Lyon ? On ne sait pas. Lors de la conscription de la classe 1879, il est employé de commerce à l’« Épicerie parisienne », à Roanne. Incorporé le 15 novembre 1880 au 6e régiment d’artillerie à Valence, il n’y passe qu’un an, avant d’être versé dans la disponibilité en octobre 1881. Grâce à cela, on dispose de son signalement : Cheveux et sourcils : châtains, yeux : châtains, front : large, nez : fort, bouche : moyenne, menton : rond, visage : ovale, taille : 1 m. 72, marques particulières : néant [9].

Pendant ce temps, sa sœur Marie [10], avec qui il sera toujours très lié jusqu’à la fin de leurs vies, habite chez son père et sa belle-mère à Lyon au 255, rue Saint-Élisabeth. Elle est demoiselle de magasin. Le 31 décembre 1880, ils reçoivent le solde de la vente des biens de la communauté entre leur père et leur mère décédée [11]. Les 3 242 francs qu’ils se partagent ont dû représenter une belle somme pour débuter dans la vie [12]. Est-ce pour cela qu’ils souhaitent tenter leur chance à Paris ? On ne le sait, mais ils habitent tous les deux à Paris en février 1883. Il est employé à l’économat du chemin de fer de l’Ouest, à Paris, aux Batignolles et vit près de là au 163, avenue de Clichy (17e). Sa sœur Marie est employée de commerce et vit au 19, rue Notre-Dame de Lorette (9e). A cette date, ils liquident quelques biens qu’ils ont hérités de leurs grands-parents Philibert Pilloux et Françoise Ducros [13]. Ainsi, le lien avec Virieu-le-Grand se distend de plus en plus.

Cette même année 1883, Philibert Genet reconnaît une fille née de sa relation hors mariage avec Anne Marie Pourrat [14] : Marie Alice, née à Paris 17e le 22 juillet 1883 et morte quelques semaines plus tard le 6 septembre, au 63, rue Pouchet. Quelle vie ont-ils ensuite eu pendant ces années sans être mariés ? Nous ne savons pas. Ils régularisent la situation le 11 janvier 1887 par leur mariage à la mairie du 17e. Ils vivent alors au 121, rue des Dames, après avoir vécu au 6, rue Brochant [15], toujours dans le 17e arrondissement. Les parents des mariés ne sont pas présents. François Genet a donné son accord devant un notaire de Lyon. Il est intéressant de se pencher sur la liste des témoins du mariage :

  • Pierre François Debrabant, 46 ans, négociant en couleurs, Paris, 40, rue de Belleville, ami de l’époux ;
  • Maurice Martin, 23 ans, artiste dessinateur, Paris, 18, rue de Passy, ami de l’époux ;
  • Charles de Frondat, 40 ans, employé d’administration, Paris, 17, rue Dautancourt, ami de l’épouse ;
  • Émile Gosse de Serlay, 28 ans, employé d’administration, Paris, 43, rue Truffaut, ami de l’épouse.

A première vue rien de particulier. Mais détaillons, car c’est riche d’enseignements sur le milieu que fréquentent les enfants Genet.

Émile Gosse de Serlay est le rejeton d’une bonne famille française [16]. Un de ses cousins est le général de brigade Raymond Gosse, baron de Serlay (1834-1905). Pierre François Debrabant est un marchand de couleurs, d’abord installé avenue de Clichy, puis à Belleville [17]. En 1883, il est déjà le témoin de la naissance de Marie Alice. Est-ce lui qui a introduit les enfants Genet dans le milieu artiste ? En effet, les 2 autres témoins en font partie. Le premier, moins connu, est Charles de Frondat qui s’est fait une petite réputation de caricaturiste. A la fin de l’Empire et au début de la IIIe République, il a inondé les journaux de portraits-charges des notabilités politiques, qu’il a ensuite rassemblés en recueils [18]. Enfin Maurice Martin est tout simplement Martin Van Maele, qui est surtout connu pour ses illustrations érotiques, produites entre 1905 et 1926. Il est considéré comme un des plus grands représentants de cette spécialité au début du XXe siècle. Nous allons vite avoir l’occasion d’en reparler car son destin est intimement lié à celui de la famille Genet.

Le couple, parti du quartier populaire du nord du 17e arrondissement, a peu à peu migré vers les beaux quartiers, signe probable d’une amélioration de leur situation économique. Dans les divers actes où il apparaît, Philibert est qualifié d’économe ou de comptable. Ils habitent au 112, rue Lafontaine (16e) lorsque naît Alice Marguerite Genet, le 7 mars 1888. C’est encore Maurice Martin qui est témoin à cette naissance. Remarquons qu’Alice Genet est née quatre mois avant sa tante Camille Genet.

Quelques mois plus tard, le lien se renforce encore plus lorsque Maurice François Alfred Martin, artiste-peintre, domicilié à Paris, 3, rue Galilée, né à Boulogne-sur-Seine le 12 octobre 1863, fils de Louis Alfred Martin, professeur de gravure à l’École de Genève et Virginie Mathilde Jeanne Van Maele, épouse Marie Françoise Genet, le 19 février 1889, à la mairie du 16e arrondissement. Les parents ne sont pas présents. François Genet a donné son consentement presque un an auparavant, le 9 mars 1888, alors que les parents de Maurice Martin ne l’ont fait qu’un mois avant. Étaient-ils réticents pour qu’ils tardent tant alors que le mariage était visiblement prévu depuis presque un an [19] ? Parmi les témoins, on trouve évidemment Philibert Genet, qui accompagne sa sœur, Arthur Chandler, un marin de Dunkerque, fils illégitime d’un avocat anglais, ainsi que deux artistes, Émile Brin [20], artiste peintre, et Jules Jouant [21], sculpteur. Il ne naîtra pas d’enfant de ce mariage.

En même temps qu’Émile Brin, Maurice Martin expose pour la première fois lors du salon des Artistes français en mai 1888, dans la section Dessins, cartons, etc. Ce sont deux œuvres : Une forge au Caucase et Convoi de Circassiens [22]. On apprend ainsi qu’il est l’élève de Daniel Vierge [23] et qu’il est domicilié au 15, rue de Passy.

Dans ce même salon et cette même section, Mme Alice Martin de Voos, née à Virieux-le-Grand, domiciliée au 15, rue de Passy, expose un dessin : Les mouettes, lac de Genève. Un faisceau de présomptions nous laisse penser qu’il s’agit de Marie Françoise Genet [24]. Elle est aussi l’élève de Daniel Vierge, mais aussi de Belcroix. A-t-elle persévéré dans cette carrière d’artiste ? On ne le sait. On ne la retrouve pas dans les salons suivants, ni dans les autres salons où son mari a exposé. Faut-il l’identifier avec Mme de Voos dont quelques dessins gravés ont illustré des articles du Monde illustré, revue où ont longtemps officié son beau-père Albert Martin, probablement son mari Maurice Martin et son professeur Daniel Vierge [25] ?

Peut-être suite à ce mariage, en mars 1889, le frère et la sœur vendent le dernier bien qui les attache à Virieu-le-Grand : la maison de leurs grands-parents [26]. On apprend ainsi que les jeunes mariés habitent désormais au 26, rue Saint-Placide dans le 6e arrondissement dans un quartier où ils resteront jusqu’à ce qu’ils quittent Paris.

Paris

En 1890, un troisième enfant Genet vit à Paris, Gabriel, serrurier, probablement hébergé par sa demi-sœur et son beau-frère rue Saint-Placide. Le 29 janvier 1890, il se rend au bureau de recrutement de Paris 6e pour s’engager dans l’armée pour 5 ans. Il a 19 ans. Incorporé dans le 4e, puis dans le 8e régiment d’Infanterie de Marine, il parcourt le monde, au gré des campagnes coloniales, en particulier à la Réunion. Il est libéré en janvier 1893 au bout de 3 ans [27].

Cette même année 1890 (ou peut-être dès 1889), François Genet et Clotilde Genet viennent vivre à Paris. Trois des cinq enfants y vivent déjà. Plus rien ne les retient à Lyon. François Genet est peut-être déjà malade. En effet, le 14 juin 1892, il est admis pour fièvre à l’hôpital Beaujon, alors situé dans Paris au 208, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

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L’ancien hôpital Beaujon, rue du Faubourg Saint-Honoré où est mort François Genet le 7 juillet 1892.

Le 7 juillet, il meurt dans la salle Sandras, au lit 28. On lui diagnostique un cancer de l’estomac [28]. Lors de la conscription de leurs fils Gabriel, en 1890, François Genet et sa femme Clotilde vivent 6, rue Lebouteux, dans le 17e, probablement dans un des garnis du bâtiment sur cour. Au moment de son décès, leur adresse est le 3, rue Jacob, dans le 6e. Les recherches montrent que c’est là que vivent Maurice Martin et Marie Françoise Genet entre 1891 et 1898 [29]. Ainsi, pendant quelque temps, le couple Genet est hébergé par leurs enfants. Ils ont probablement avec eux Léontine et Camille. Le 3, rue Jacob est aussi la première adresse de Gabriel Genet à son retour de l’armée début 1893.

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Vue de l’immeuble du 3, rue Jacob, Paris 6e, domicile de Maurice Martin et Marie Genet. C’est
dans cet immeuble que vivaient François Genet et sa famille, lors de son décès en 1892.
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La cour du 3, rue Jacob.

Lorsqu’il meurt en ce jour de juillet 1892, François Genet n’a que 61 ans. Il laisse une jeune veuve de 46 ans, Clotilde, qui a repris son métier de couturière, et trois grands enfants, Philibert, l’aîné, 33 ans, son épouse et leur fille Alice, Marie Françoise, 29 ans, et son mari Maurice Martin, à Paris, au 3, rue Jacob et Gabriel, qui va avoir 22 ans, soldat dans l’infanterie de marine à la Réunion. Il laisse aussi deux jeunes filles, Léontine, 15 ans, et Camille, 4 ans.

Pendant quelques années, la vie de la famille va se poursuivre à Paris. En avril 1895, Gabriel Genet habite au 1, rue Mayet dans le 6e, probablement avec sa mère et ses 2 sœurs. Le 18 avril 1896, il épouse Gabrielle Camille Durozé à la mairie de Montreuil dans la proche banlieue de Paris. Elle-même couturière, fille d’Auguste Durozé, mécanicien, et Clotilde Verron, elle est née dans le 20e arrondissement le 30 septembre 1874. On retrouve le milieu des artistes parisiens avec son frère Fernand Durozé, né le 16 janvier 1876, qui a eu une certaine notoriété [30]. Gabriel est lui-même accompagné de son beau-frère Maurice Martin et du sculpteur Jules Jouant. On peut penser que Maurice Martin a gardé un rôle et une proximité auprès du demi-frère de sa sœur. Il est probable que c’est lui qui a donné son prénom à son premier fils, Maurice Fernand, né à Montreuil en 1897. En 1900, il est aussi témoin pour le décès de leur fille Yvonne Alice.

Gabriel Genet et Gabrielle Durozé ont eu cinq enfants, tous nés à Montreuil :

  • Maurice Fernand, né le 25 janvier 1897
  • Germaine Clotilde, née le 24 août 1898
  • Yvonne Alice, née le 4 mars 1900, morte à Paris 6e le 28 septembre 1900
  • Suzanne Fernande, née le 14 octobre 1901
  • Odette Camille, née le 23 septembre 1903

Après avoir eu quelques adresses parisiennes, selon un nomadisme qui semble courant parmi les locataires parisiens (1, rue Mayet (6e), avec sa mère en avril 1895 et 1896, 17-19, rue Pierre Leroux (7e) en janvier 1897 et août 1897, 40, rue Mazarine (6e) en septembre 1900), le couple s’installe définitivement à Montreuil, à partir de 1901, dans la rue des Messiers, à quelques numéros des parents de Gabrielle. A partir de ce moment, le destin de cette famille est lié à Montreuil.

Lors de ces mêmes années, en 1898, Philibert Genet part vivre à Lyon. Pourquoi ? Avec quel objectif ? Je n’ai trouvé aucun élément permettant de donner une explication. Il est visiblement venu à Lyon pour se lancer dans des affaires industrielles, reproduisant à 30 années de distance la même ambition que son père. En avril 1898, il habite au 16, cours Charlemagne, à Lyon, derrière la gare de Perrache, mais il est déjà répertorié comme fabricant de carton bitumé pour toitures légères au 1, quai de la Vitriolerie [31] de l’autre côté du Rhône. Vers 1905, il achète un ensemble de terrains dans le quartier de Gerland, à l’angle de l’avenue Leclerc et de la rue des Girondins, une rue créée justement en 1907 sur les terrains délaissés par le fort de la Vitriolerie, dans le 7e arrondissement actuel de Lyon. Il y fait construire une maison d’habitation, ainsi que des entrepôts et bâtiments industriels, contribuant ainsi à l’urbanisation du quartier [32].

Philibert Genet perd sa femme le 22 mars 1910. Elle meurt dans la maison de la rue des Girondins.

Après la rue Jacob, Maurice Martin et Marie François Genet habitent au 5, rue Suger (dates extrêmes connues : 28 septembre 1900 – 27 janvier 1903). Probablement pour s’éloigner de Paris et trouver un pied à terre où Maurice Martin peut se consacrer entièrement à son œuvre d’illustrateur spécialisé dans les ouvrages érotiques, ils commencent à s’implanter à Varennes-Jarcy, une petite commune de l’Essonne qui était devenu la villégiature des Parisiens [33]. Au même moment, on y croise l’écrivain Henri Pagat [34], le graveur Oscar Roty [35], le peintre et graveur Louis Morin [36]. En mai 1902, ils achètent un bois d’une vingtaine d’ares, près de la rivière d’Yerres [37]

Enfin, en juin 1904, ils complètent par une petite parcelle de 40 m2 au bord de l’Yerres, dans le prolongement du bois, puis le même jour, ils signent un bail pour une belle maison à Varennes, route de Mandres [38]. Leur installation devient définitive.

Qu’est devenue Clotilde Genet ? Nous ne le savons pas. La dernière trace que nous avons d’elle est le jour où elle vend les dernières parcelles qu’elle possède à Virieu-le-Grand. Par deux actes sous seing privé, datés du 2 août 1898, elle les cède pour la modeste somme de 100 francs [39]. Elle habite alors au 1, rue Rousselet dans le 7e arrondissement. Quelques mois plus tard, à cette même adresse, sa fille Léontine Genet meurt le 28 octobre 1898, à 21 ans. Elle est alors domestique. L’immeuble d’habitation du 1 de la rue Rousselet, qui fait l’angle avec la rue Oudinot est un modeste bâtiment de 2 étages qui contient 11 logements, tous d’une seule pièce, certains étant même qualifiés de cabinet [40]. C’est ainsi que l’on imagine Clotilde Genet vivant avec ses deux filles Léontine et Camille dans une pièce unique. Quelques années auparavant, François Coppée avait évoqué cette rue. Il habitait en face, au 12 de la rue Oudinot : « Quand je vins habiter le coin perdu du faubourg Saint-Germain, où je vis depuis une dizaine d’années, je me pris d’affection pour la très calme et presque champêtre rue Rousselet, qui s’ouvre juste devant la porte de ma maison. […] Un hôtel du siècle dernier, situé au coin de la rue Oudinot, est devenu l’hôpital des Frères Saint-Jean-de-Dieu, et les arbres de leur beau jardin dépassent le vieux mur effrité qui occupe presque tout le côté droit de la rue Rousselet. De l’autre côté s’étend une rangée d’assez pauvres maisons, où logent des artisans et des petits employés, et qui toutes jouissent de la vue du jardin des Frères. La rue Rousselet est très mal pavée, le luxe du trottoir n’y apparaît que par tronçons ; l’une des dernières, elle a vu disparaître l’antique réverbère à potence et à poulie. Peu de boutiques, et des plus humbles : l’échoppe du cordonnier en vieux, le trou noir de l’Auvergnat marchand de charbon, le cabaret d’angle avec l’enseigne classique : Au bon coing, et de tristes épiceries où vieillissent dans un bocal des sucres d’orge fondus par vingt étés et gelés par vingt hivers, à côté d’images d’Épinal, – une page de hussards dans leur uniforme de 1840, ou le portrait authentique et violemment peinturluré du Juif Errant, encadré des couplets de la célèbre complainte. – Des linges sèchent aux fenêtres, des poules picorent dans le ruisseau. On se croirait là dans un faubourg de province très reculée, un de ces faubourgs qui s’en vont vers la campagne et où la ville redevient village. » [41].

Nous savons que Clotilde Genet est morte avant 1910. Pour le moment, les recherches ont été infructueuses dans les communes où, selon une certaine logique, elle pourrait être décédée : Paris, Lyon, Montreuil, Varennes-Jarcy.

Connaître ce décès permettrait certes d’être exhaustif mais surtout apporterait des renseignements précieux sur la vie de Camille Genet, la mère de Jean Genet jusqu’à l’automne 1910, date à laquelle on retrouve sa trace. Si sa mère est décédée avant 1909, c’est-à-dire avant sa majorité, il y a eu un conseil de famille. Selon son âge, elle a été émancipée ou elle a eu tuteur ou un curateur. Qui était-ce ? Un de ses frères Gabriel ou Philibert, son beau-frère Maurice Martin ? Cela donnerait un éclairage intéressant sur ces jeunes années de formation et peut-être sur
sa situation en 1911.


[1Pour être exact, dans le dossier militaire de Philibert Genet (classe 1879), il est indiqué une adresse pour son père qui, malgré une difficulté de lecture, semble être le 116, rue Sainte-Élisabeth à Lyon. Comme il doit s’agir de son domicile au moment des 20 ans de Philibert, soit en 1879, on peut penser qu’il s’agit du tout premier domicile de la famille à Lyon. L’immeuble appartenait à un pâté de maisons situé à l’emplacement de la place des Martyrs de la Résistance.

[2Labaume. Guide indicateur de la ville de Lyon et du département du Rhône. 21e année. 1881. Il apparaît deux fois. Dans la section Rue de Lyon avec tenants et aboutissants, il est répertorié au 255, rue Sainte-Élisabeth (p. 322) : « Genet, buvette », avec « Robert, épic. » et « Vallat, taill. de limes ». Il apparaît ensuite dans la Nomenclature alphabétique des principaux habitants de la ville de Lyon (p. 541) : « Genet, buvette, Ste-Élisabeth, 255 ». C’est grâce à cet Indicateur que l’on sait que les numéros 255 de la rue Sainte-Élisabeth (Garibaldi) et 111 du cours des Brosses (Gambetta) correspondent à un même immeuble à l’angle de ces deux voies. Le quartier a été profondément urbanisé depuis cette date et les numérotations des rues sont différentes.

[3L’immeuble existe toujours à la même adresse dans le 6e arrondissement de Lyon.

[4La famille est recensée deux fois à Lyon. En 1881, au 255, rue Sainte-Élisabeth : François Genet, 51 ans, débitant, chef de famille, Clotilde Genet, 36 ans, mère, et les 3 enfants : Gabriel Genet, 11 ans, Léontine Genet, 4 ans et Françoise Genet, 20 ans. En 1886, au 42, rue Ney : François Genet, 55 ans, manœuvre, chef de famille, Clotilde Genet, 40 ans, couturière, femme, Gabriel Genet, 16 ans, serrurier, fils et Léontine Genet, 9 ans, sans profession, fille. (Recensement en ligne sur le site des Archives départementales du Rhône).

[5Donation-partage devant Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 23 mars 1887 (n° 37) (ADA 3E2343). La maison familiale échoit à Claude Genet, le fils, aussi charpentier, qui assure ainsi la continuité de la famille à Virieu-le-Grand. Pour ce partage, François Genet est présent à Virieu avec son épouse Clotilde Genet. Ce partage a lieu le lendemain du jour où l’on a retrouvé le cadavre accidenté de la mère de François Genet.

[6Vente à Hippolyte Verchère, propriétaire, Virieu-le-Grand, devant Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 24 mars 1887 (n°38) (ADA 3E2343).

[7Partage devant Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 9 mai 1887 (n° 62) (ADA 3E20343). Pour ce partage, il a donné une procuration. La plus grande partie des biens échoit à Claude Genet, en accord avec le testament de sa mère.

[8Vente devant Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 24 janvier 1888 (n° 7) (ADA 3E20345). Pour signer cet acte, François Genet a fait le déplacement à Virieu-le-Grand, dernière présence attestée dans son pays natal.

[9Registre de matricules Lyon Bureau Central : matricule 1041 (1RP803). Cette fiche de matricule donne ensuite des informations précieuses sur les différentes adresses de Philibert Genet, jusqu’à sa libération définitive du service militaire en 1905 (consultable sur le site des ADR).

[10Il y a une incertitude sur le prénom d’usage. La première signature connue de Marie Françoise Genet ne fait apparaître que Françoise (décembre 1880). C’est aussi le seul prénom utilisé dans le recensement de 1881 ou dans la mutation après décès de sa grand-mère (1876), comme si Françoise était le prénom de la première partie de sa vie jusqu’à son départ pour Paris. Lors de son mariage, elle signe M. F., ainsi que dans plusieurs actes de cette époque. Ensuite, dans le recensement de 1906, elle est prénommée Marie Alice, puis dans les recensements de 1911 à 1936, le prénom est toujours Marie, comme dans sa signature sur un acte de 1904. J’ai donc retenu ce prénom comme prénom d’usage. Nous verrons plus loin qu’elle a peut-être adopté le prénom d’Alice seul à un moment donné.

[11Quittance à Antoine César Gojoz, maître bottier, Virieu-le-Grand devant Me Charrousset, notaire, Belley, 31/12/1880 (n°330) (ADA 3E 08461). Jules Philibert Genet est alors soldat au 6e régiment d’artillerie, en garnison à Valence et Marie Françoise Genet, demoiselle de magasin, à Lyon, 111, cours des Brosses.

[12Comme on le voit, la faillite de François Genet a tout de même préservé les intérêts des deux enfants du premier lit. Les enfants du deuxième mariage n’ont pas eu cette chance.

[13Françoise Ducros meurt à Virieu-le-Grand 13 novembre 1876 à l’âge de 79 ans, suivie par son mari Philibert Pilloux, charron à Virieu-le-Grand, le 19 juillet 1878 à l’âge de 82 ans. Le dimanche 6 mai 1883, l’entier contenu de la maison de leurs grands-parents est vendu aux enchères (Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 6 mai 1883 (n° 59) (ADA 3E20336)) pour la somme totale de 269 francs, puis le 24 juin 1883, ils vendent deux parcelles pour le prix de 1 200 francs. (Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 24/6/1883 (n° 76) (ADA 3E20336)). Ils ne conservent que la maison des grands-parents.

[14Anne Marie Pourrat, née à Saint-Jean-Soleymieux (Loire) le 22 mai 1858, fille de Mathieu Pourrat, sabotier à Saint-Bonnet-le-Château (Loire) et d’Anne Marie Chabany.

[15Sans lien aucun, mais on peut signaler que c’est dans ce même immeuble qu’est née la chanteuse Barbara en 1930.

[16Nous l’avons identifié comme étant Charles Émile Gosse de Serlay, né à Gy (Haute-Saône) le 14 octobre 1857, fils d’Oscar Gosse de Serlay, ancien notaire et propriétaire, d’une famille de l’Artois, parmi laquelle on trouve un conseiller du Roi, trésorier des États d’Artois, échevin de la ville de Saint-Omer. On perd sa trace après 1892. Il est alors commis auxiliaire temporaire à la mairie du 11e. Nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu sa trace car une annonce dans Le Petit Parisien, du 4 mai 1909 (n° 11875) lance un avis de recherche pour le retrouver, afin de procéder à la liquidation de la succession de sa mère.

[17Pierre François Debrabant (Saulieu 5 avril 1838 - Hôpital Tenon (Paris 20e) 15 mars 1894), a débuté à Paris comme épicier, avant de s’établir marchand de couleurs, d’abord au 83, avenue de Clichy (1883), puis au 40, rue de Belleville (1887, 1894). Il est issu d’un milieu de propriétaires et négociants.

[18Notice dans Les mœurs et la caricature en France, de John Grand-Carteret, 1888 (p. 642) : « Frondat (Napoléon-Charles-Louis de). Né à Paris en février 1846. Employé dans une des mairies de Paris, de Frondat n’apparaît qu’au moment de la guerre de 1870. Le nombre des pièces publiées par lui, – tant feuilles détachées que suites – est considérable. A fondé la Puce en colère, et a collaboré depuis au Sifflet, à la Nouvelle Lune, au Grelot, sous divers pseudonymes. » On peut consulter : La
caricature politique en France pendant la guerre, le siège de Paris et la Commune (1870-1871)
, Jean Berleux [Maurice Quentin-Bauchart], 1890. Dans l’avant-propos (p. XI), il le présente : « Frondas, dont la production fut énorme, n[‘est] pas sans mérite mais verse[nt] trop souvent dans la quasi obscénité. » Il répertorie les dessins dont certains sont signés FC et Juvénal (pp. 63-71) et les recueils : Marrons sculptés, Paris garde nationale, Paris incendié et La Puce en colère, de 4 numéros (voir liste récapitulative p. 195).

[19Maurice Martin et Marie Françoise Genet semblent avoir vécu ensemble avant de se marier. Au moment du mariage, ils ont la même adresse au 3, rue de Galilée. Auparavant, ils ont une adresse commune au 15, rue de Passy. Philibert Genet et Anne Marie Pourrat étaient dans la même situation aux trois adresses qu’on leur connaît avant leur mariage : 63, rue Pouchet (1883), 6, rue Brochant et 121, rue des Dames, lorsqu’ils se marient en 1887.

[20Émile Léon Quentin Brin (Paris (17e) 2 juin 1863 - Paris (17e) 31 juillet 1950), est un peintre connu sous le nom de Quentin-Brin. Artiste prolifique, il est l’auteur de très nombreux nus féminins à l’érotisme un peu vaporeux. Il semble avoir fait de la femme son sujet de prédilection. Il expose pour la première fois en 1888 au Salon des Artistes français, puis au Salon des indépendants et au Salon d’Automne. Il expose régulièrement à la Société nationale des Beaux-Arts et au Salon d’Hiver jusqu’à son décès. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 15 juillet 1949. Son dossier, consultable sur la base Léonore, fournit de nombreux renseignements sur sa carrière. Pour l’anecdote, son père Arthur, avec son frère jumeau Quentin, ont été condamnés en 1866 pour « délit d’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, en vendant et distribuant des photographies obscènes. ».

[21Auguste Jules Alphonse Jouant, né à Paris le 19 juin 1863, est un sculpteur français. Notice Wikipédia : « Jules Jouant est un sculpteur français qui produisit essentiellement des œuvres de style art nouveau. Il a travaillé avec Auguste Rodin. Il fit de remarquables bustes de Richard Wagner, Frédéric Chopin et Ludwig van Beethoven, et de nombreuses statues. Il a également produit de petits objets, comme des vide-poches, des coupe-papier, des clochettes de table, mais également des vases, urnes, lampes, et plafonniers typiques du style art nouveau, avec ses formes végétales. » Lors de son mariage à Paris (16e) le 20 octobre 1896, ses témoins sont Maurice Martin et un autre sculpteur, Auguste Ledru.

[22Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Élysées. Le 1er mai 1888, 1888, p. 270.

[23Daniel Urrabieta Ortiz y Vierge dit Daniel Vierge (Madrid 5 mars 1851 - Boulogne-sur-Seine 10 mai 1904) est un illustrateur, peintre, dessinateur et aquarelliste d’origine espagnol. En 1870, à l’invitation de Charles Yriarte, il travaille pour Le Monde illustré, dont il devient avec Edmond Morin l’un des illustrateurs vedettes. En 1874 il s’oriente vers l’illustration de livres : Victor Hugo, Chateaubriand, Jules Michelet, Francisco de Quevedo y Villegas, etc. (Source : Wikipédia et Daniel Vierge, sa vie, son œuvre, par Jules Adolphe de Marthold, 1906). Belcroix n’a pas été identifié.

[24Le prénom Alice est peut-être celui qu’elle s’est choisi en vivant à Paris. On le voit mentionner une fois dans le recensement de Varennes Jarcy en 1906 sous la forme Marie Alice. Autre présomption, ses deux nièces, filles de son frère Philibert, ont porté le prénom d’Alice. Comme on l’a vu, le prénom usuel a ensuite été Marie. Autre indice, on sait qu’avant son mariage officiel en février 1889, elle était domiciliée au 15, rue de Passy, comme Maurice Martin. Enfin, elle souhaite peut-être se qualifier de Mme Martin car elle doit alors vivre maritalement avec Maurice Martin et projette de se marier, son père lui ayant déjà donné son autorisation depuis mars de cette année-là. Ils devront attendre quelques mois l’autorisation des parents de Maurice pour officialiser. Martin de Voos serait le pseudonyme qu’elle a choisi pour se différencier de son mari. Il fait probablement référence au peintre maniériste flamand Martin de Voos, généralement orthographié Marten (ou Maarten) de Vos, né à Anvers vers 1532, mort en 1603.

[25Les fêtes d’Heidelberg. - La grande tonne de 284,000 bouteilles dans les caves du château. (Composition et dessin de Mme De Voos), dans Le Monde illustré, n° 1533, 14 août 1886 ou La semaine sainte à Rome. Le grand pénitencier à Saint-Jean de Latran. (Dessin de Mme de Voos) dans Le Monde illustré, n° 1879, 1er avril 1893. On trouve aussi des livres illustrés : Au pays des farfadets, par S. de Cantelou, Paris, 1891, illustré de 40 dessins par Martin de Voos, Mondaine, par Hector Malot, Paris, 1891, etc. En 1907, paraissait à Paris et Londres La trilogie érotique de Paul Verlaine (Amies, Femmes, Hombres) avec « quinze compositions originales dessinées et gravées à l’eau-forte par Van Troizem ». En général, on attribue le pseudonyme de Van Troizem au seul Martin Van Maele. Il faut peut-être entendre « Trois M », comme Maurice Martin Van Maele. Peut-on aussi l’entendre comme Maurice et Marie Martin ? S’agirait-il d’un pseudonyme pour un travail à 4 mains ? Il serait étrange de penser que la propre tante de Jean Genet a illustré les Œuvres libres de Verlaine, dont le célèbre Hombres.

[26Vente à Joseph Michaud, cultivateur, Virieu-le-Grand pour 1 000 F devant Me Nicod, notaire, Virieu-le-Grand, 12 mars 1889 (n° 38) (ADA 3E20346).

[27Registre de matricules 6e bureau de Paris (AP D4R1 639) : matricule 3671. Sa description : Cheveux et sourcils : châtains, yeux : châtains, front : large, nez : ordinaire, bouche : moyenne, menton : rond, visage : ovale, taille : 1 m. 66, marques particulières : néant. Signalons au passage que Maurice Martin a été exempté de service militaire pour « faiblesse générale » (Liste du tirage au sort, Paris 16e : AP D1R1 448).

[28Archives de l’APHP, registre des entrées 1892 (1 Q 2/133) et registre des décès Beaujon (Paris) 3Q2/63.

[29Les calepins du cadastre de Paris sont une source précieuse sur les différents immeubles habités par la famille Genet. Calepin Rue Jacob, 1876 (AP D1P4 559). Les Martin louent un appartement « Par l’escalier à droite dans la cour : 2e étage, palier à droite. N° 12 : Salle à manger : 1 fenêtre ; Cuisine : 1 fenêtre ; Pièce à feu : 2 fenêtres ; Pièce sans feu : 1 fenêtre ; Cabinet : 1 fenêtre » à partir de 1891 pour un loyer annuel de 620 francs, puis en 1897 pour 520 francs. Un autre locataire occupe l’appartement en 1898.

[30Fernand Durozé (Paris 20e 16 janvier 1876 – Bazarnes (Yonne) 28 septembre 1961). Après son baccalauréat obtenu au lycée Arago de Paris, il entre à 17 ans à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris. Élève du peintre Gérôme, il commence avec un style classique, mais évolue peu à peu avec les changements du XIXe siècle : impressionnisme, pointillisme et expressionnisme. En 1905, Durozé présente son travail pour la première fois au Salon des Beaux-Arts de Paris. A la fin de sa vie, Durozé se retire volontairement des cercles artistiques parisiens, de ses amis, et détruit même certaines de ses œuvres.

[31Indicateur lyonnais Henry, annuaire commercial, administratif et judiciaire de la ville de Lyon et du département du Rhône, 1898, p. 1814. On le retrouve avec cette activité dans l’Indicateur de 1910, dans les recensements de 1906 au 1, du quai de la Vitriolerie et de 1911 rue des Girondins.

[32La maison et les entrepôts existent toujours à cette adresse. Ils ont été répertoriés dans le cadre de l’Inventaire général du patrimoine culturel par la Région Rhône-Alpes. La fiche est consultable sur ce site : http://www.patrimoine.rhonealpes.fr/.

[33A l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1900, le ministère de l’Instruction publique demande à chaque directeur d’école de rédiger une monographie sur sa commune afin de dresser un tableau de l’état de l’enseignement primaire. Celle de Varennes, datée du 25 septembre 1899 et signée de l’instituteur, est numérisée sur le site des ADE : « Aujourd’hui Varennes possède de belles propriétés qui servent de villégiature à de riches industriels parisiens. Chaque année de nouvelles villas s’élèvent sur le coteau dominant la vallée de l’Yères et d’où la vue s’étend au loin vers le plateau de la Brie. » (p. 30).

[34Henri Pagat (Paris 11 janvier 1856 – Paris 13 octobre 1919) est un écrivain qui « a publié plusieurs romans d’observation gaie et de satire politique » dont le plus connu est Le Baron Pangorju, 1884. Il possédait une maison de villégiature route de Mandres, proche du domicile de Maurice Martin. C’est ainsi qu’il est témoin au décès de la grand-mère de celui-ci, Élise Éléonore Leygonie, veuve Pierre Martin, survenu à Varennes-Jarcy le 8 novembre 1906, à l’âge de 94 ans.

[35Oscar Roty (Paris 11 juin 1846 - Paris 23 mars 1911) est un graveur français, surtout connu pour La Semeuse, utilisée sur les pièces de monnaie et les timbres postaux. Il possédait une propriété à Varennes-Jarcy.

[36Louis Morin (Paris 5 août 1855 - Migennes (Yonne) 2 juin 1938) est un peintre, graveur, illustrateur et publiciste, fondateur de la Société des dessinateurs humoristes et membre du Club des Hydropathes (source BNF). Il habitait Varennes-Jarcy, rue de Vaux-la-Seine (première mention dans le recensement de 1906, comme Maurice Martin). Son ouvrage Les Dimanches parisiens. Notes d’un décadent (1898) illustre bien la vie de ces Parisiens à la campagne. Il était suffisamment lié à Maurice Martin pour que celui-ci lui dédie une des planches de La Grande Danse Macabre des Vifs, publiée en 4 livraisons (« dixains ») vers 1905.

[37Répertoire Me Auguste Fabre, notaire, Brunoy (en ligne sur le site des ADE). N° 221, 9 mai 1902 : Vente par la Vve Louis François Guillaume, née Maria Augustine Seguin de Combs-la-Ville à Maurice François Alfred Martin, Paris, 5, rue Suger, de 21 a. 10 ca. d’un bois à Varennes, lieu-dit La Citadelle, moyennant 2 000 francs dont 1 000 francs comptant.

[38Vente des 8 mai et 4 juin 1904 devant Me Fabre, notaire, Brunoy, mai-juin 1904 (ADE 2E82/358) par Louis Oscar Roty, artiste graveur, commandeur de la Légion d’Honneur pour le prix de 100 francs. Bail du 4 juin 1904 devant Me Fabre, notaire, Brunoy, mai-juin 1904 (ADE 2E82/358) d’Albert Émile Dauvergne, cultivateur, Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) à Maurice François Alfred Martin, dessinateur et Mme Marie Françoise Genet, son épouse. Bail de 3, 6 ou 9 ans qui commence à courir le 1er juillet 1904, pour une maison située à Varennes, route allant à Périgny, comprenant : Grand bâtiment d’habitation élevé sur caves, d’un rez-de-chaussée divisé en 2 cuisines, 2 salles à manger, 2 salons et couloirs, d’un premier étage divisé en 5 chambres et un cabinet de toilette et d’un grenier au-dessus. Fournil, grange et poulailler à côté. Grande cour devant, jardin planté d’arbres fruitiers derrière, dans lequel puits avec pompe. Loyer annuel de 525 francs, payable par semestre, termes échus, les premiers janvier et juillet de chaque année.

[39Bureau de Virieu-le-Grand, Actes sous Seing Privé (AD) : deux actes enregistrés le 19 octobre 1898 sous les numéros 184 et 185, de la Veuve François Genet, 1, rue Rousselet, Paris à Philibert Pantin, propriétaire, Virieu-le-Grand.

[40Calepin Rue Oudinot, 1876 (AP D1P4/831). Les loyers de ces 11 logements vont de 80 à 160 F. Le bâtiment a disparu, remplacé par un immeuble début de siècle.

[41La robe blanche, in Contes simples, par François Coppée, 1894. Le conte mériterait d’être cité en entier, tant il donne une image attachante et bienveillante du petit peuple parisien.

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