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Pupille de la nation : père vivant


jeudi 4 avril 2019, par Roland Mongaï

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Un article paru dans les colonnes d’Histoire-Généalogie m’a fait réagir. Il s’agit de : Adoptés par la Nation dont l’auteur est Jean-Christophe Guéguen. Il présente des enfants adoptés par la Nation alors que le père, ou la mère, ou le soutien de famille est décédé au combat.
Or ce n’est pas toujours le cas. J’ai deux exemples où le père est bien revenu vivant d’un conflit mais avec des traces invalidantes.

Je ne détaillerai pas le premier cas, il touche ma famille dont tous les acteurs sont vivants. Ce qui n’est pas le cas du second que je vais présenter…

J’ai découvert les événements qui suivent au cours d’une récente recherche portant sur des Portraits Comtadins [1].

Acte 1 : Naissance du père
Le 10 novembre 1892 nait à Narbonne (Aude) Paul Jules Michel [2]. Il est le fils de Jules François et Azélie Allay.

Acte 2 : Fiche Matricule du père

Le 4 mai 1911, il s’engage [3] volontairement, pour 3 ans à la mairie de Toulon (Var) où il rejoint les Équipages de la Flotte. La lecture de cette fiche [4] nous apprend qu’il est musicien (son père l’était aussi). Il est promu Quartier-Maître le 1er septembre 1911. Du 13 novembre au 10 décembre 1911, il est embarqué à bord du Léon Gambetta.

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Le Léon Gambetta

Puis, entre le 31 octobre 1912 et le 7 avril 1913, il est à bord du Jules Ferry.

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Le Jules Ferry

Ses 3 ans accomplis, il rentre dans ses foyers. Mais le 23 novembre 1914, il est rappelé à l’activité. Début 1915, il est Musicien-Clairon.

Le 17 novembre 1916, au cours d’une permission, il entre à l’Hôpital Militaire de Nîmes (Gard). A partir de là, se succèdent les Commissions de réforme [5] et les hospitalisations qui se terminent par la radiation, le 10 février 1919. Il se retire à L’Isle-sur-la-Sorgue, rue Denfert-Rochereau (Vaucluse).

Le 18 janvier 1924, on lui accorde une pension de 480 francs [6].

1937 – Il habite toujours L’Isle-sur-la-Sorgue, mais sur le cours Émile Zola, au N° 25. Il est secrétaire de la Mairie.

Acte 3 – Mariage des parents

C’est le 27 Juin 1914 que le Maire de L’Isle célèbre le mariage [7] entre Paul Jules Michel et Blanche Thérèse Françoise Valentin.

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Les 3 acteurs de cette histoire

Acte 4 - Naissance d’un fils

Le 12 avril 1915, à L’Isle, rue Denfert-Rochereau, nait [8] Paul Charles Jules, fruit de l’union précédente. Sur cet acte, outre la mention de son mariage et celle de son décès, nous avons celle-ci :

Ce texte est suffisamment clair pour être lu et compris, cependant en voici la transcription :

Adopté comme Pupille de la
Nation par jugement du Tribunal
Civil de Vaucluse, à Avignon
en date du 18 avril 1928.
L’Isle le 22 mai 1928.
Le Maire.

J’aurais bien aimé retrouver des frères ou des sœurs de Paul Charles Jules, mais nous sommes devant des contemporains, il est donc impossible d’entreprendre ce genre de recherches.

Acte 5 – Mort du père

Paul Jules Michel meurt [9] à L’Isle-sur-la-Sorgue le 21 mai 1956. Il a 63 ans.

Acte 6 – Conclusion

Il est évident que déjà, dès la fin de la 1re Guerre Mondiale, l’État Français avait pris pleinement conscience des dégâts collatéraux que ce conflit entraînait. A cet effet, la loi du 27 juillet 1917 vient à point nommé, car, en substance, voici son contenu :

Remerciement : avec l’aimable et gracieuse autorisation de l’un des descendants de ces familles que je remercie chaleureusement.

Notes

[1Habitant du Comtat Venaissin, ancien État de l’Église (1274-1791).

[2Acte N° 559 - Archives de la ville de Narbonne.

[3Qui est Mesguiche ? Pourquoi Mesguiche ? Sûrement une fiche réutilisée !

[4AD 4 – Matricule 589 – Classe 1910 – 5 vues – Cote 01R1312_1912

[5Le détail de ses maux peut se lire en suivant la note 2.

[6Selon l’INSEE, cette somme correspondrait aujourd’hui à 443,7450 Euros.

[7Acte de mariage N° 14

[8Acte N° 30 dont copie délivrée par la mairie de L’Isle-sur-la-Sorgue.

[9Acte de décès N° 57.

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15 Messages

  • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 11:53, par J.C ueguen

    Merci pour ce complément concernant la loi et cet exemple bien documenté.
    JC Guéguen

    Répondre à ce message

  • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 15:09, par LAURENS Geneviève

    J’avais aussi noté que le statut de « pupille de la nation » n’était pas limité aux enfants des soldats morts pendant la guerre de 14-18. En faisant des recherches sur ma lignée maternelle dans les archives de Cannes, j’ai vu avec surprise que ma mère avait été pupille de la nation alors que son père, blessé comme beaucoup d’autres et affecté d’un léger boitement, mais vivant, a vécu encore de longues années. Ni ma mère, ni mon grand-père n’en ont jamais parlé.

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    • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 15:42, par MONGAÏ Roland

      Bonjour Geneviève,
      Questions de curiosité :
      Savez-vous si votre maman a profité des largesses de l’Etat Français ?
      Cette qualité de Pupille n’était donc pas portée en annotation marginale, comme dans mon exemple ?
      L’Etat-Civil aurait-il manqué à ses obligations en négligeant cette appellation ?
      Roland -

      Répondre à ce message

  • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 16:01, par Eveline BUADES

    Bonjour,
    Tel était le cas de ma mère, décédée en 2013 dans sa 96e année. Ce jugement a été transcrit en 1936 (année de son mariage) sur son acte de naissance :

    « Adoptée par la Nation en vertu d’un jugement du Tribunal Civil de la Seine rendu le 28/10/1925 »

    Son père, mon grand-père, incorporé le 3/10/1911, passé le 4/03/1913 au 4e bataillon d’infanterie légère d’Afrique, il fut, je cite « grièvement blessé le 23/9/1914 en se portant à l’attaque sous un feu violent et à la main droite par un éclat d’obus » (ce qui lui valu une jambe raide et une extension permanente de la main droite).

    Il a été décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec Palme.

    Il est décédé en 1950, j’avais 5 ans.

    Cordialement
    Eveline

    Répondre à ce message

    • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 16:58, par MONGAÏ Roland

      Bonjour Eveline,
      je suis content et à la fois ému que ce modeste article réveille des souvenirs, des histoires … du vécu !
      Gardons bien vivant ce passé récent pour le passer à nos descendants ...
      Roland -

      Répondre à ce message

  • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 16:47, par Gisèle Lameth

    J’ai le même cas dans ma famille. Le père bléssé, pensionné à 100% ayant abandonné ses enfants à la charge de la famille maternelle. L’aîné a été « adopté par la Nation », ce qui lui a permis de faire des études supérieures, alors que ses frères et sœurs plus jeunes n’ont pas pu en bénéficier « attendu que pour être assimimilés aux orphelins, les enfants des victimes de la guerre doivent être nés avant la fin des hostilités ou dans les trois cent jours qui ont suivi leur cessation. »
    Bravo l’injustice

    Répondre à ce message

    • Pupille de la nation : père vivant 5 avril 17:18, par MONGAÏ Roland

      Bonjour Gisèle,
      Vous apportez un élément nouveau ...
      le père pensionné à 100% a abandonné ses enfants...
      Est-ce fait qui a les a privé de la mention et des avantages ?
      Ou est-ce le fait qu’ils soient nés après la fin du conflit ? (Ce que vous dites)
      Dans le cas que je ne développe pas, car familial, le conflit concerné s’est terminé en 1954 et le dernier enfant du combattant est né en 1958 ...
      Je vous laisse en tirer les conclusions.
      Amicalement.
      Roland -

      Répondre à ce message

      • Pupille de la nation : père vivant 6 avril 10:02, par Gisèle Lameth

        Bonjour Roland,
        Je me suis peut-être mal exprimée. Le père a refait sa vie après la mort de sa femme, laissant de côté financièrement et affectivement les enfants du 1er mariage. Le jugement rejette la demande du grand-père pour les 3 derniers enfants tout à fait légitimes nés en 1921, 1923 et 1925 avec l’argument que j’ai indiqué.
        Or la santé du père n’est allée que de mal en pis suite à une plaie pénétrante et la présence d’un corps étranger. Donc les 3 derniers enfants en ont eux aussi subi les conséquences.
        Gisèle

        Répondre à ce message

        • Pupille de la nation : père vivant 6 avril 11:58, par MONGAÏ Roland

          Bonjour Gisèle,
          je comprends mieux...
          Il semble soit qu’à partir d’une certaine date les enfants nés après le délai de viduité soient hors « PdlN ». Et qu’après cette condition ait été abolie.
          Il faudrait reprendre ces législation particulière et analyse son évolution.
          Mais j’ai une autre question : Avaient-ils ( le père et/ou la mère) la possibilité de faire appel de cette décision que je trouve, comme vous injuste. Et ce d’autant plus que le père était pensionné à 100% !
          Il ne nous reste plus qu’à refaire ce bout Histoire ...
          Roland -

          Répondre à ce message

          • Pupille de la nation : père vivant 7 avril 17:24, par Gisèle Lameth

            Bonjour,
            Je ne comprends pas : qui vous parle de délai de viduité ? que veut dire « PdN » ?
            J’ai pourtant été claire : c’est un délai entre la fin de la guerre et la date de naissance imposé par la loi. C’est tout.
            Gisèle

            Répondre à ce message

            • Pupille de la nation : père vivant 7 avril 18:57, par MONGAÏ Roland

              Bonsoir Gisèle,

              C’est vous qui avez abordé le délai de VIDUITE en parlant d’un délai de 300 jours … Voyez votre premier message.
              Quant à PdlN (et non PdN) il fallait comprendre Pupille de la Nation.
              Respectueusement.
              Roland -

              Répondre à ce message

  • Pupille de la nation : père vivant 7 avril 11:01, par Françoise Jeanne

    Il est tout à fait exact que des enfants, dont le père est

    reconnu invalide après la guerre de 14-18,soient adoptés

    comme pupilles de la nation.C’est le cas de mon mari et de

    ses frères et soeurs dont le père avait contracté une

    tuberculose sur le front. Le père de mon mari est décédé en 1952.

    Répondre à ce message

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