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Les singuliers destins de Louis Urbain Joly et de Jean Marie Besson

Le vendredi 11 mars 2022, par Jean Chedemois

Des lecteurs de la Gazette sauront-ils m’aider pour savoir dans quelle famille, sans doute à Saint-Étienne, il a été élevé et lui a donné son patronyme. Entre sa découverte à Saint-Bonnet-le-Château en 1849 et son appel sous les drapeaux, 20 années se sont écoulées. Il faut trouver un Jean-Marie, forgeur, qui a été nommé par qui et à quelle date.

JOLY Louis Urbain 1832/1910

Louis Urbain est né le 24 octobre 1832 à Joyeuse en Ardèche de Jean, perruquier, et de Ursule Bonnefoi.

Il "monte" à Paris à une période indéterminée et est installé en 1871 au 55, rue Clisson dans le 13e arrondissement, quartier Gare, avec son épouse Jeanne Henriette Trenchat née le 24 octobre 1830 à Privas, Ardèche, épousée le 28 février 1854 à Privas où 3 enfants leur sont nés : urbain henry né le 4 janvier 1855, Victoria Juliette née le 6 février 1857, Louis Camille né le 14 septembre 1861.

Ses affaires prospèrent puisque ayant appris le métier de menuisier, il devient entrepreneur de menuiserie et jouit d’une excellente situation.

En juillet 1870 la France et la Prusse entrent en guerre. Après la défaite de Sedan et l’arrivée des Prussiens aux portes de Paris, Louis Urbain qui pendant le 1er Siège, appartient à la 7e compagnie sédentaire du 133e bataillon de la Garde nationale est mobilisé ; il continue son service sous la Commune de Paris où on lui reprocha une arrestation et une séquestration illégales. D’après le commissaire de police du XIIIe arr., il avait « une mauvaise conduite » sans précision, ce qui signifie sans doute qu’il avait des sympathies pour la Commune.

Il est arrêté le 8 juin 1871 et condamné à Saint-Cloud, le 20 février 1872, par le 14e conseil de guerre, à la déportation simple et à la privation des droits civiques.

Le 31 juillet 1872, il embarque à Brest sur le transport à vapeur "La Garonne" pour la Nouvelle-Calédonie où il arrive le 5 novembre, débarqué à l’Ile des Pins le 12, il rejoint le 5 décembre 1872 Nouméa pour "y chercher de l’ouvrage" où il fit faillite comme entrepreneur de menuiserie ; le 23 août 1877 (ou 1879) il est condamné par le Tribunal Correctionnel à 4 mois d’emprisonnement pour banqueroute simple.

Le 14 février 1877, sa peine fut commuée en huit ans de détention, puis remise le 15 janvier 1879 ; il rentra le 20 juin 1879 pour la France et Paris par le navire " la Picardie".

Entre temps (à quelle date, par quels moyens ?) sa famille l’a rejoint car nous la retrouvons le 30 octobre 1875, jour où Victoria Juliette se marie avec Jean Marie Besson dont je parle ci-après.

Sur l’acte de mariage, les nouveaux époux, les témoins et les parents de la nouvelle épouse signent ce qui atteste leur présence.

Jeanne Henriette, l’épouse de Louis Urbain, décède le 22 février 1907 à Paris 12e à son domicile 244, rue du Fg. Saint-Antoine (vue 25/31) et il est précisé qu’elle est épouse de Louis Urbain Joly.

L’acte de décès de (Louis) Urbain Joly est inscrit sur les actes du 10e arrondissement (vue 19/31) en date du 27 mai 1910 au 40, rue Bichat (hôpital Saint-Louis) et précise qu’il est menuisier né à Joyeuse (07) et domicilié 10, ave de Bel-Air à Saint-Mandé, célibataire (!)

L’âge, les parents sont les bons, pourquoi est-il indiqué qu’il est célibataire. A-t-il voulu ne pas faire connaître sa vie à son nouveau voisinage ?

Je n’ai pu accéder aux dossiers suivants à l’exception du dossier des ANOM : COL H 86, lien ci-dessous :

  • Archives du Service historique de la Défense : GR 8J 350
  • Archives nationales d’Outre-mer : COL H 86
  • Archives nationales, dossiers de grâce : BB/24/740
  • Archives nationales, rapports de grâce : C//3113

Jean Marie BESSON 1849/1910

Jean Marie ++++ a été déposé le 8/02/1849 à 20 heures à la porte de l’Hospice Civil de Saint-Bonnet-le-Château (Loire) et aussitôt mis à l’abri dans le dit Hospice.

Le lendemain, l’économe le présente à la mairie pour le faire enregistrer. On le prénomme Jean Marie sans lui donné de nom sinon 4 ++++

Le maire demande à ce que cet enfant soit conduit à l’Hospice de Montbrison situé à une trentaine de km de St.Bonnet.

Je ne l’ai pas trouvé dans les "Enfants assistés" de Montbrison, Saint-Étienne, Roanne des Archives Départementales sinon dans " Les enfants abandonnés du Forez – 1831/1889" à la lettre J. Document de Joseph Barou (http://forezhistoire.free.fr/enfants-trouves-d.html)
Il a été en partie élevé à La Valla, actuellement La Valla-sur-Rochefort dans la Loire mais mes recherches n’ont rien donné.

Je le retrouve dans le fichier des Fiches Matricules de 1869 47-NUM_1R1062 vue 52/114
Il est forgeur, forgeron et il s’appelle Besson Jean Marie né de parents inconnus.

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De qui tient-il son nom, je ne saurai le dire et c’est ce que j’aimerais savoir ?

Il est appelé à l’activité le 12 août 1870 à la 2e Compagnie d’Ouvriers d’Artillerie de Marine à Toulon, embarque sur "La Rance" jusqu’au 26 mars 1871 et se retrouve en Nouvelle-Calédonie où le 11 août 1874 il est en congé renouvelable, passe dans la réserve le 1er juillet 1875 puis dans la réserve de l’armée territoriale le 1er juillet 1879.
Il reste à Nouméa où il se marie le 30/10/1875 à Victoria Juliette Joly, fille de Louis Urbain

Le couple, leurs 2 enfants nés à Nouméa reviennent en métropole et s’installent à Paris où ils auront 5 antres enfants.

Ils décèdent, lui le 22 septembre 1910 à Paris 13e, elle le 14 avril 1911 à Paris 15e.

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10 Messages

  • Bonjour et merci à vous toutes et tous qui m’avez répondu et m’avez donné des pistes de recherches
    Malheureusement je ne peux me déplacer
    Jean Marie restera avec ses mystères
    Bonne journée à vous

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  • La liste des enfants abandonnés du Forez provient des archives de la Charité et des archives de l’ hôtel-Dieu Sainte Anne. Mais il me semble qu’ un seul registre a été numérisé par les AD.La fiche de Jean Marie doit être sur le second conservé aux archives .Vous pourriez les solliciter,vous devriez en savoir plus sur son parcours

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Si je comprend bien votre recherche vous cherchez pourquoi il s’appelle BESSON, et quand et oû.
    A La Valla chez sa nourrice il prend le nom d’ESSERTEL, recensement 1851, surement parce qu’ils ne savaient pas comment l’appeler. il n’est pas resté chez eux bien longtemps. A t’il gardé ce nom pour la suite ? surement que non.
    Changement ou attribution d’un nom, il y a une décision de la justice, ou et quand ??
    L’Armée le retrouve, puisqu’il fait son service, donc il est bien enregistré quelquepart.
    Il est Forgeur, et pas Forgeron, il ne faut pas confondre.
    Un Forgeur forge des pièces métalliques, l’industrie métallurgique, sur le bassin Stéphannois, se développe à cette époque, St étienne, Rive de Gier,... On travaille pour le Chemin de fer, fabrique d’armes, outils, etc,.. Il y a aussi un début de formation scolaire, pas pour Tous, mais c’est un début. A cette époque 1837-1874 on parle et on limite le travail des enfants, l’apprentissage est fréquent. Il a aussi éxisté des écoles primaires rattachées aux usines. Le travail des enfants pouvait commencé avant leurs 12 ans. Comment a t il appris son métier ? Apprentissage ou sur le Tas ? Cette recherche dans les Archives professionnelles est pratiquement impossible. Vous aurez plus de chance dans les Archives Judiciaires.
    Cordialement
    Claude

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    • bonjour
      Marie Blain femme de Claude Essertel avait eu son dernier enfant Baptiste en 1848 ,elle pouvait donc être le première nourrice de Jean Marie .Curieusement ils le font passer pour leur enfant dans le recensement de 1851,indiquant comme naissance La Valla alors que l’autre enfant en nourrice est bien indiqué de l’ hospice .On peut penser que le nom de Besson lui vient d’une autre famille nourricière ou d’ un employeur.
      En contactant l’association qui a mis les renseignements ,ils devraient pouvoir vous donner leurs sources

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  • Bonjour Pour Jean Marie l’hospice de saint Bonnet le château était tenu par des religieuses ,qui ont sans doute baptisé l’enfant . Peut-être l’acte de baptême vous en dirait plus .

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  • La personne qui ’découvrait’ l’enfant abandonné finissait à la mairie et c’est l’officier d’état civil qui donnait nom et prénom , suivant des listes pré-établies , noms choisis parmi les noms courants dans la commune.
    Les curés baptisaient et attribuaient un prénom , parfois pas de nom.
    Parfois un billet donnait quelque indication : âge , prénom , nom
    Souvent une description détaillée de l’habillement , des circonstances de la découverte

    Répondre à ce message

  • Bonjour Jean,

    Votre veuf est décédé à l’hôpital et n’y a pas raconté sa vie.
    J’en ai un déclaré célibataire dans l’acte de décès de la mairie, mais dans le registre d’entrée à l’hôpital, il précise qu’il est veuf de...et précise les nom et prénom de son épouse.
    Avez-vous réfléchi au sens de "Besson" : c’est un jumeau, peut-être cela vous aiderait-il à retrouver sa trace ? ex : A l’hospice un autre enfant né à la même date à Saint Bonnet le Château ? Bonne chance. M M

    Répondre à ce message

  • Bonjour, Pour Jean-Marie BESSON avez-vous recherché un procès verbal rédigé au moment de son dépôt ? A Toulouse on les trouve aux archives municipales.On peut aussi consulter les archives de l’hospice aux AD où on trouve les renseignements sur les placements de l’enfant en général à la campagne mais pas toujours près du lieu de naissance.
    Bonnes recherches.
    Martine Scherrer.

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  • Les singuliers destins de Louis Urbain Joly et de Jean Marie Besson 11 mars 2022 09:35, par Jacqueline Besson-Le Huédé

    Bonjour et merci pour ce récit.
    Le nom de Besson est très répandu dans la Loire (parfois aussi écrit Beysson). C’est peut-être pour cela que ce nom lui a été donné.
    Il y avait autrefois un "nid" de Besson (mes ancêtres) à Chenereilles (42) dont une partie s’est établie, au XIX°, à Lézigneux (42). Mais je ne pense pas que cela puisse vous aider.
    Bonne chance dans vos recherches.

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  • Bonjour,
    c’est fastidieux et aléatoire mais avez vous regardé dans les recensements de population (Saint Etienne 1861, 1866) ?
    Cdt

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