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Le Docteur Murat et la grippe espagnole


vendredi 17 avril 2020, par Michel Carcenac

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Cloîtré dans ma maison, je surveille à la radio l’évolution de la situation. Notre peste ressemble tellement à la grippe espagnole de 1918. Celle-ci a fait mourir de cinquante à cent millions de personnes. Mon père m’en a souvent parlé, c’était ancré dans sa mémoire, et aujourd’hui j’ai envie de partager ce souvenir avec vous.

Le docteur Léopold Murat avait vissé sa plaque à Belvès vers 1910. La Grande Guerre est arrivée mais il n’a pas été mobilisé : il était réformé pour somnambulisme ! C’est pour cela que les gens de Belvès et des environs ont eu le privilège d’avoir un médecin pendant la guerre.

Dans un cabriolet tiré par son cheval sur des chemins de terre, il parcourait son domaine. Ses clients vivaient dans des fermes isolées, blotties dans des clairières. Pour les visites rapprochées le vélo suffisait.

Le père Murat habitait, route de Monpazier, une maison au fond d’une cour, à gauche la partie professionnelle et à droite les pièces d’habitation. Dans un coin l’écurie. De l’autre côté de la route un grand jardin potager où il cultivait ses légumes. C’était un bon médecin qui traitait lui-même une grande partie des affections médicales et chirurgicales. Pour qu’il hospitalise ses malades, il fallait que ce soit très grave. Les assurances maladie n’existaient pas et l’hospitalisation était une ruine pour la famille. Bien sûr les accouchements se pratiquaient à domicile et comme ses confrères il savait se servir du forceps et d’un petit couteau, son bistouri personnel.

Monsieur Borde, le boulanger, ayant soulevé trop de sacs de farine, fit une hernie inguinale. Murat régla le problème tout seul, sans assistant, sans anesthésie. Il installa Borde sur la table de la cuisine, affuta le canif qu’il avait toujours avec lui et le désinfecta à la flamme. L’intervention se fit sans problème, en présence de sa femme et de Maurice son fils qui me l’a raconté.

Le praticien, large d’épaules, ne souriait pas souvent, son regard me terrifiait dans ma jeunesse. Après l’examen du malade, il ne donnait pas des conseils, mais des ordres. Si l’on ne suivait pas ses prescriptions, ça bardait dans les chaumières. Malgré son caractère ses clients l’estimaient : « Il est énergique et connait son métier. »

Il gardait les rabats au dos des enveloppes pour écrire ses prescriptions. Il en avait toujours, sauf une fois. Ses client habitaient un de ces endroits perdus dans la forêt de Fongalop et la fermière devait prendre ses médicaments sans tarder. Murat fouilla dans ses poches, dans sa sacoche, pas le moindre morceau de papier. Inutile d’en chercher dans la maison, il n’y avait que du papier à cigarettes Job, trop mince et trop petit. Murat reprit les recherches dans le capharnaüm de sa sacoche et trouva un morceau de craie blanche. Sur la grande porte d’un placard il écrivit l’ordonnance.

Le fermier mit la porte dans sa charrette et partit tout de suite à Belvès. Après sept à huit kilomètres de trotte, la jument s’arrête dans la Grand ’Rue. Monsieur Laporte, le pharmacien, voit la porte et lit l’ordonnance. Habitué des excentricités de Murat, il garde son sérieux et délivre les médicaments.

Murat s’exprimait en patois, langue explosive au riche vocabulaire. Le malade était fixé sur son sort sans ménagement. Le grand Marcou, bandit professionnel, avait reçu dans le ventre un coup de piquet d’acacia au bout pointu. Bourrier, de la Granjoune, avait vendu des vaches à la foire du Buisson et il se doutait que le grand Marcou le guettait. Quand Marcou s’est jeté sur lui, Bourrier n’a eu qu’à lever son piquet et l’autre s’est empalé dessus. Devant les énormes dégâts abdominaux, il n’y avait rien à faire qu’à dire au mourant la vérité, toute crue et en patois : « Aquel aqui to fa toun counte. To pas mounqua ! »

Le docteur Murat n’avait pas attendu ce jour pour faire connaissance avec Marcou. Une nuit, une main puissante arrêta son cheval, et retentit alors le cri rituel à l’époque : « La bourse ou la vie ! »

Murat ne donna pas sa bourse, mais une volée de jurons en patois.
« Excusez-moi, Monsieur Murat ; je ne vous avais pas reconnu ! »

A l’automne 1918, la grippe espagnole qui sévissait dans le monde entier est arrivée dans le canton de Belvès.

Murat, débordé, ne pouvait plus faire ses tournées à cheval. Il demanda à mon père Antoine et à mon oncle Lucien d’être ses chauffeurs, de nuit comme de jour. Souvent Murat ne se couchait pas du tout. Il fermait l’œil dans la Citroën pendant le parcours, malgré les secousses sur les mauvais chemins. Parfois, des hommes, prévenus on ne sait comment, étaient postés sur la route, armés de bâtons. Ils faisaient signe d’arrêter mais Murat criait :

« Fonce, ne t’arrête pas, s’ils ne se sortent pas, tant pis pour eux. »

Antoine et Lucien étaient d’excellents chauffeurs et mécaniciens, pas question de tomber en panne. Mais ils ne résistaient pas aussi bien à la fatigue et au manque de sommeil que le père Murat.

Il y avait trop de malades, Murat avait sa liste, sur quels critères avait-il fait son choix ? La maladie était la même pour tous : pleurésie. Du liquide purulent dans la plèvre.

Les malades étaient toujours assis dans leurs lits, jamais allongés, calés par des édredons. Ils faisaient de gros efforts pour respirer, la tête penchée sur un côté. La toux était rauque, sèche, très pénible, un peu soulagée par une infusion de tilleul et de miel.

Un fer à repasser chauffait sur des braises dans le cantou, Personne ne parlait, sauf pour l’essentiel. Les visages des bien-portants était sinistres. On sentait la mort. Murat, après avoir enlevé les vêtements, auscultait le cœur, tapotait la cage thoracique pour trouver avec la matité, le niveau du liquide dans la plèvre. Avec de l’eau de vie très forte il nettoyait le thorax pendant qu’une femme repassait un grand mouchoir.

Murat expliquait au malade ce qu’il allait faire, qu’il aurait un peu mal mais il savait qu’il était courageux et ne bougerait pas, que ses enfants l’aideraient en le soutenant par les bras ; s’il avait mal il pouvait crier, ça soulage. Le canif aiguisé et stérilisé contre une braise bien rouge, Murat l’enfonce entre deux côtes. Du liquide purulent jaillit sur un linge. Quand plus rien ne coule, Murat engage le mouchoir dans la brèche qu’il a créée, le fait avancer de la pointe du couteau.

« Le mouchoir va suer, mettez des linges propres et repassés pour recueillir le jus et changez-les souvent. Quand le mouchoir sera sec vous l’enlèverez doucement. »
Et il recommence parfois la même opération pour l’autre poumon.

Avant de partir il donne un petit flacon de pilules fabriquées par le pharmacien, pilules qui calmeront la toux. On le paye mais souvent il répond : « quoi ré. »
Il ne reviendra pas voir son malade, il n’a pas le temps, les autres l’attendent. « J’ai fait mon boulot, ils s’en sortent ou ils crèvent, c’est comme ça avec cette saloperie de grippe. »

En 1953 j’étais le médecin du Pasteur, un magnifique paquebot reconverti en transport de troupes. Chaque fois que je découvrais un endroit célèbre, la Mer Rouge, Aden, Singapour, la Baie d’Along, l’Océan Indien, je me disais : c’est bien beau mais ça ne vaut pas mon Périgord et sa Dordogne.

Au large de l’Indochine j’ai reçu un télégramme de mon père m’annonçant la mort du Docteur Murat. J’ai aussitôt démissionné et vissé ma plaque sur la maison familiale. Mon bureau se trouvait en-dessous de la chambre où j’étais né, moi qui voulait parcourir le monde.

J’avais fait mon apprentissage à l’hôpital et grâce aux remplacements dans les campagnes du Périgord méridional et de l’Agenais. J’étais un vrai médecin de campagne et aussi un médecin de famille.

Souvent on disait de moi : « Quoï un nouvel Murat ! »
Et j’en étais fier !

Le conseil d’Avicenne et des médecins du Moyen-Age pour échapper à la peste était :« Cito, longe fugeas, tarde redeas » que l’on peut traduire par : « Fuis vite, loin et reviens tard. ». Mais notre peste est partout, on ne peut fuir loin et d’ailleurs c’est interdit. Comme dans le Décaméron, renfermons-nous dans notre maison et racontons-nous des histoires !

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40 Messages

  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 08:51, par Cécile PECCIOLI-CLÉMENTEL

    Merci pour ce beau témoignage vivant et émouvant !
    Ils ne sont plus nombreux aujourd’hui les médecins de famille qui se déplaçaient jour et nuit au chevet des malades et qui savaient poser un diagnostic à partir d’une simple auscultation...

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 17:09, par CARCENAC

      J’ai 95 printemps et 50 années de médecine de famille, sans parler des études et des remplacements. Dès la première annee de médecine on nous enseignait les règles absolues : inspection, interrogatoir, palpation, auscultation et ensuite examens complémentaires (radio, labo etc)si besoin. Primo le diagnostic ! C’était un métier de flic et je me régalais à chercher. et à trouver.
      j’étais dans la lignée de Murat, j’ai pris sa suite. En m’installant en 1953 il n’y avait pas encore eu de grands changements dans les campagnes.
      Merci pour votre appréciation, elle me fait chaud au cœur.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 11:07, par martine hautot

    Merci pour cette belle histoire :il en fallait du courage pour pratiquer la médecine dans ces conditions ,sans compter les accouchements pas toujours faciles...Mais il y a encore des médecins très dévoués ,j’en connais.
    Martine

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 18:03, par Michel CARCENAC

      Ce n’était pas du courage qu’il fallait, c’était le boulot. Il fallait surtout tenir le coup, ne pas s’endormir au volant, faire des journées de 40 heures. Quant aux accouchements, souvent à domicile, j’en ai pratiqué mille cinq cents environ ; et pas de sage-femme pour surveiller, alors les kilomètres s’ajoutaient dans la nuit, car les petits bébés font comme les petits lapins, ils ne sortent que la nuit. Il ne faut pas oublier la femme du médecin de campagne, résignée parfois et dévouée envers les malades et leur famille.
      Tous mes remerciements pour votre chaleureuse appréciation. Bien cordialement

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      • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 20 mai 12:26, par Odile Godard

        Merci à vous pour cette histoire VRAIE et qui nous raconte, joliment, une belle aventure humaine en un temps pas si loin en définitive... sauf pour les jeunes générations. Un temps qui n’est plus hélas, depuis que la technologie a pris le dessus sur l’humain. Vos patients ont dû bien vous regretter, comme ce fut le cas dans mon village lorsque le médecin a pris, lui aussi, une retraite bien méritée. Félicitations pour ce récit passionnant. Odile

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 13:38, par Agnès HECTOR

    J’ai beaucoup apprécié le récit sur ce médecin de campagne à la forte personnalité. C’était probablemement ce qui convenait pour se faire respecter de la population en ces temps rudes où l’on pouvait opérer un homme sans outil et sans anesthésie et où les femmes accouchaient à la maison, sans péridurale, quelles que soient les difficultés... Des gens si courageux ne s’en seraient pas laissé conté. Votre article n’indique pas si les patients ainsi « percés » lors de la grippe espagnole s’en sont sortis. A Paris, mon arrière grand-père et mon arrière grand-mère maternels en sont morts. Mon arbre généalogique me prouve tous les jours que l’espérance de vie à la cammpagne pour mes ancêtres paysans était bien supérieure à celle de mes ancêtres artisans et commerçants vivant en ville, dans la promiscuité. J’en ai encore la preuve par le fait que j’ai été touchée par le Covid 19, habitant Paris, alors que toute ma famille vit en province et s’en sort indemne. A noter que je m’en suis sortie, comme a priori 99 % de la population touchée, sans médicament et sans médecin. D’où ma réticence à la comparaison avec la grippe espagnole dont la létalité a été de 2,5 % ; quant au conseil d’Avicenne, il se justifiait par une létalité de 30 à 60 % pour la peste bubonnique et de pratiquement 100 % pour la peste pulmonaire et est toujours d’actualité, la peste n’a pas été éradiquée dans le monde. Une certitude : si la peste sévissait en France, plus personne ne sortirait de chez lui, quel qu’en soit le prétexte (jogging, courses à répétition, et même commerces essentiels)et personne ne râlerait de ne pas pouvoir profiter du printemps ! Merci d’avoir aussi rappelé qu’il n’y avait pas de sécurité sociale et que le patient devait payer l’hôpital. Remettre les choses en perspective est salutaire. Merci de nous y avoir aidé.

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 21:35, par Michel CARCENAC

      Agnès, le Docteur Murat ne comptait pas ses morts, il avait fait son travail, la suite, à la grâce de Dieu. Je ne peux vous fournir la même comptabilité que la radio tous les soirs. Mon prochain texte portera sur la Peste à Belvès en 1628 avec tous les détails attestés par notaire !
      A bientôt et félicitations de vous en être tirée bien que parisienne.
      Cordialement

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 14:41, par Colette Boulard

    Comme beaucoup, je me reproche aujourd’hui de ne pas avoir questionné lorsqu’il était encore temps. J’étais jeune encore lorsqu’elle mourut. Ma grand-mère maternelle a eu la grippe espagnole et s’en est remise. Mariée depuis quelques semaines seulement, réfugiée belge dès le début de la guerre de 14-18 avec son mari soutien de famille et sa belle-mère handicapée, elle vivait alors en Normandie, où la famille avaient été dirigée par les services français gestionnaires du flux d’immigrés belges. Un petit logement leur avait été attribué, et mon grand-père avait trouvé un travail, ou bien on lui en avait procuré un. Une fille était née en 1915, puis une autre en décembre 1918. Nul n’a pu me faire le récit détaillé de ces premières années et je me demande comment ma grand-mère put arriver à faire face à la maladie, avec de bien jeunes enfants. Sans amis ni famille, sa belle-mère ne devait pas être de grande aide et rien n’allait de soi. Ayant tout quitté en Belgique pour fuir l’envahisseur, ils n’étaient pas fortunés. Logés dans une dépendance de « l’ambulance » instaurée pour les besoins de guerre, je sais qu’ils furent beaucoup aidés par la communauté religieuse très présente à Douvres la Délivrande.

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 19:10, par Michel CARCENAC

      Colette, croyez-vous être la seule à vous reprocher de ne pas avoir fait parler vos parents ? Je regrette sans cesse de ne pas avoir systématiquement interrogé mon père sur les photos qu’il a faites de 1900 à 1920, sur les lieux, les personnages, les histoires en rapport avec les clichés. Mon livre « Le Périgord de mon Père » aurait été encore plus documenté. Ne vous reprochez rien, tout le monde fait comme vous.
      Cordialement

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      • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 18 avril 09:02, par Colette Boulard

        Je l’écrivais « comme beaucoup, je me reproche ». Certes c’est une situation et un constat courants, mais le regret n’en est pas moins là. Dans ce remords, il y a aussi un autre regret : que ma grand-mère n’ait pas tenté de me m’intéresser et de me transmettre son histoire. C’était une grand mère affectueuse et attentive, dévouée. Sûrement a t-elle voulu vivre le présent puis s’oublier au profit de ses descendants, nous privilégier, ne pas risquer de nous ennuyer avec ses souvenirs. Votre texte, si fluide et clairement descriptif, si bien écrit aussi, m’a ramenée vers elle et je vous en remercie.
        J’avais une interrogation en suspend en lisant texte et vos réponses aux premiers commentaires. Vous sembliez avoir des souvenirs assez anciens. A la lecture de vos réactions à d’autres commentaires, j’ai la réponse : Chapeau, monsieur, pour cette longue et si riche, généreuse vie professionnelle et personnelle, et, justement, cette transmission que vous faites à votre âge. Nous avons besoin de gens comme vous. Merci.

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 20 avril 09:31, par Josie MARIE-STENNEVIN

      Bonjour c’est sympa de voir un message parlant de Douvres la Délivrande . J’ai habité là et maintenant suis au bord de la mer . Commune inspirée mes enfants adoraient le pélerinage.

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      • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 21 mai 18:52, par colette Boulard

        bonjour,

        Douvres la Délivrande, grand souvenir : j’y suis allée de nombreuses fois, c’était sur la route des vacances.
        puis-je vous demander si cette commune de bord de mer où votre famille s’est installée est proche de Douvres la Délivrande, et le cas échéant son nom ?

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        • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 21 mai 23:32, par Josie hélène MARIE-STENNEVIN

          Bonjour
          La commune où je vis est Ver sur mer à un quart d’heure en voiture de Douvres la délivrande , après avoir quitté cette commune pour vivre dans un immense jardin et grande maison sur les plages du débarquement
          J’ai fait beaucoup cette route car pendant quelques années mes enfants étaient à l’école à Douvres la délivrande . Maintenant c’est là où je fais mes courses. Je n’ai pas d’ancêtres dans cette région je suis forezienne dauphinoise lorraine entre autre. Mon mari lui est normand.
          Vous pouvez échanger avec moi en allant sur mon arbre. Cordialement Josie Marie-Stennevin

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 15:10, par suzanne jaubert

    Magnifique histoire et magnifique récit. Mon arrière-grand-père était un médecin de campagne comme le Docteur Murat. Ma Grand’Mère m’a souvent parlé des hommes qui venaient le chercher en pleine nuit et du cheval qu’on attelait pour aller, dans l’obscurité, le froid et les mauvais chemins, jusqu’à une ferme perdue, la plupart du temps sans demander un sou. Il n’a pas connu la grippe espagnole mais c’est son fils qui avait pris sa suite, qui a eu à la traiter, à la campagne lui aussi. Rudes temps pour les patients et pour les médecins.
    Le serment d’Hippocrate signifiait quelque chose, à cette époque-là.

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 19:32, par Michel CARCENAC

      Suzanne, l’histoire votre arrière grand-père est un peu la mienne, sauf que je n’ai jamais fait de visites à cheval ; seulement en Vespa pendant l’hiver rigoureux de 1953-54, on ne pouvait obtenir une voiture, puis enfin la 2 CV, merveilleuse voiture qui passait partout, ne tombait jamais en panne. Mais comme pour votre arrière grand-père, un homme venait me chercher la nuit car il n’y avait pas encore de téléphone huit ans après la fin de la guerre. Dans mon secteur j’avais une seule route goudronnée et souvent je fonçais dans des chemins à travers bois.
      Bien cordialement

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 17:14, par Marlie TOUSSAINT

    Merci, Michel, pour cet excellent morceau de Périgord, servi brut comme la vie à cette époque. Il ne rigolait pas le dévoué docteur ! je n’ai pas pu retenir mes éclats de rire en imaginant la tête du pharmacien voyant arriver le fermier avec la prescription sur sa porte de placard. Cordialement. Marlie

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 17 avril 20:02, par Blond Jean-Pierre

    Émouvant et superbe !

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 18 avril 10:37, par Sonia Landgrebe

    Bonjour,

    J’ai beaucoup aimé ce récit, simple et émouvant, qui rend hommage à un personnage haut en couleur et profondément humain.
    L’anecdote de la porte (Laporte) est particulièrement savoureuse.
    Mais surtout, ce médecin qui ne comptait pas ses heures et son dévouement, a dû sauver de nombreuses vies, et faire du bien à de nombreuses familles.
    C’est une vraie chance d’avoir eu un témoignage aussi précis de votre père à son sujet, et une magnifique idée d’avoir entrepris de le transcrire, de manière très vivante.

    Bravo et merci à vous !

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 18 avril 15:05, par catherine marquet

    Très beau texte et très vivant.
    Effectivement, l’anecdote de l’ordonnance sur la porte m’a beaucoup amusée.
    Heureusement que ce n’est pas la peste.
    Ma grand-mère a eu la grippe espagnole à l’âge de 10 ans, elle a été ramenée de son pensionnat religieux par 2 hommes dans une couverture à pied à 10 kms pour aller dans la ferme de ses parents en BRETAGNE ( MONTS D ARREE) et s’en est sortie malgré un pronostic engagé.
    Je pense avoir été contaminée ( mais sans tests, comment savoir), effectivement en région parisienne, pas de gestes barrière ni de distanciation sociale et avec 3 h00 de transports par jour ; Depuis, c’est télé travail et j’appréhende le retour à la vie dite normale si c’est pour recommencer la RATP et la SNCF.

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 19 avril 16:05, par Michel Carcenac

      Catherine, je vous plains d’être obligé de quitter les Monts d’Arrée pour le métro. J’aurais pu m’installer à Bordeaux, j’ai choisi de rester dans mon Périgord méridional, au milieu des bois et j’espère ainsi échapper au Covid 19…

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      • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 19 avril 21:45, par catherine marquet

        Bonjour,

        En fait, je n’ai jamais vécu dans les MONTS D ARREE ( c’étaient mes arrières grands parents maternels qui y avaient une ferme , ils l’ont vendue en 1929 et sont allés dans le LOIRET).
        Bien sûr, je pense que dans le PERIGORD, vous avez plus de chances d’échapper au COVID que dans les grandes villes.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 19 avril 00:16, par Catherine Teillac Fayolle

    Superbe récit, extrêmement détaillé et bien écrit qui nous permet une plongée dans une époque pas si ancienne. Il me tarde de lire votre article sur la peste à Belvès en 1682.
    C’est toujours avec un grand plaisir que je vous lis.
    Votre livre, Le Périgord de mon père est absolument magnifique, c’est un très bel hommage que vous lui avez fait au travers de ses photographies.
    Passionnée de généalogie et histoire locale, je suis toujours à la recherche de nouveaux enseignements.
    Prenez bien soin de vous, et écrivez-nous beaucoup de belles choses sur notre région.
    Merci !

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 19 avril 16:37, par Michel Carcenac

      Catherine, si je ne me trompe, vous venez de Besse où se trouve la plus belle église romane du Périgord. Et où se découvrent des trésors de généalogie, au château. Je pense que vous connaissez Marescassier, excellent médecin pour les hommes et les chevaux.
      Je vais vous écouter ; reprendre la plume, mais plus pour des grands romans historiques comme les Chemins de Jean Bouloc, j’ai passé l’âge. A bientôt sur Histoire-Généalogie.
      Amicalement

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 19 avril 17:35, par Catherine Teillac Fayolle

    Eh non Michel, je ne viens pas de Besse mais d’Orliaguet, à côté de Carlux.
    J’ai beaucoup aimé les chemins de Jean Bouloc.
    Je pensais à mes ancêtres, qui j’en suis sûre, même si je n’en ai pas la preuve, ont quitté la Corrèze pour venir en Dordogne dans des conditions similaires.
    Mon père a toujours entendu de son père qui a entendu de son père qui a entendu... que le famille venait de Corrèze. Mais en me mettant à la généalogie, ils sont déjà en Dordogne au XVIIe.
    Et quand je fais des recherches sur ce nom, c’est en Corrèze qu’il est le plus répandu, et au XVIIe, dans un 80 %, dans un même village, Péret-Bel-Air, et dans cette paroisse, il y a un lieu-dit et une croix qui portent mon nom !
    Au plaisir de vite vous lire !

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    • Migration en Périgord à la fin de la guerre de cent ans 20 avril 11:59, par Michel Carcenac

      Bonjour Catherine,
      Oui, vos ancêtres sont déjà en Périgord au XVII°. Mais la migration que je décris a lieu autour de 1430. Au nord de la Dordogne les migrants viennent surtout de la Corrèze et en remontant vers le Puy de Sancy.
      Au Sud de la Dordogne ; les migrants viennent du Rouergue en descendant le Lot et du Ségala.
      Les premiers actes de naissances reflètent les noms de lieu de ces régions.
      Cordialement

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 20 avril 18:28, par Jacqueline Isnel-Guérin

    Bonjour, Merci Michel pour cette délicieuse lecture !
    En lisant « les aventures » du docteur Murat j’ai eu quelques pensées pour le docteur Faure-Brac qui officiait dans le secteur d’Embrun, Savines (Hautes-Alpes) ... pour consulter les malades, mettre au monde les enfants il se déplaçait par tous les temps !
    A bientôt de vous relire, Michel !
    Restons chez nous ! Jacquie

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 21 avril 09:26, par Michel Carcenac

      Bonsoir Jacqueline, bien sûr ils n’étaient p-as des fainéants les médecins de campagne d’autrefois... mais nous n’avions pas à nous plaindre en Périgord, à la montagne c’était autre chose. Nous avons fait en famille des randonnées dans les Alpes et à chaque fois que l’on découvrait un village coincé entre deux massifs, je pensais au médecin du secteur et je ne l’enviais pas et lui tirais le chapeau.
      Maintenant, fini de crapahuter dans Alpes ou les Pyrénées, je suis confiné chez moi avec mes souvenirs et mes photos.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 13 mai 15:47, par FARGEAS Maryse

    Un grand merci pour cet article. J’apprécie autant le contenu que le style narratif. Ce sont ces petits récits qui racontent le mieux le quotidien de nos ancêtres. On y perçoit la dureté de la vie d’alors et le courage de nos aïeux. Au plaisir de vous lire à nouveau.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 14 mai 13:07, par NAPOLIER

    Bonjour,
    Ma grand mère est DCD de la grippe espagnole.Je suis à la recherche de sa sépulture depuis plusieurs années.renseignements en mairie....entre autre.
    Les victimes étaient elles incinérées ?
    Avez vous une piste pour orienter mes recherches.
    Vous en remerciant par avance.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 19 mai 01:30, par Annick H.

    Les médecins de campagne de naguère étaient si dévoués et avaient des connaissances très étendues. Maintenant nos médecins nous envoient tout de suite chez un spécialiste car ils ne veulent pas se mouiller.
    En Lorraine, le médecin est arrivé tard dans la nuit à la porte de sa patiente, bien après l’heure à laquelle il était attendu. C’était en 1939 et comme vous et le docteur Murat, il ne chaumait pas. Le mari de la patiente, mon grand-père maternel a ouvert les volets et lui a intimer de revenir à une heure plus correcte le lendemain, alors que la patiente pleurait pour le laisser entrer. Dans la même semaine, ma grand-mère mourrait et laissait ma maman orpheline. Je me demande si le docteur aurait du insister ou ayant tant de malades à visiter, il aurait décidé de passer au suivant sans perdre son temps avec un monsieur si mal embouché. Annick H.

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    • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 20 mai 12:35, par catherine marquet

      Bonjour, Annick,

      Mais c’est horrible, cette histoire !! Votre grand-père , comment a t’il pu agir ainsi ? Je suis vraiment très choquée.
      Comment a t’il pu ensuite regarder sa fille ensuite alors qu’il était responsable de la mort de sa maman ?
      Le médecin n’a peut-être pas insisté, car, effectivement, il devait être attendu de toutes parts.

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      • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 20 mai 15:49, par Annick H.

        En effet cette histoire est horrible ! Merci de votre commentaire. Maman qui a maintenant 93 ans n’a jamais oublié, surtout que sa vie après a été très difficile. Pourtant nous, les enfants, n’avons appris les faits qu’après le décès de notre grand-père.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 20 mai 18:17, par RAGARU

    Bonsoir . Mon beau père , né en 1893 , a vu disparaitre une de ses sœurs , atteinte de cette « grippe » . Mais lui , avait plutôt suivi les conseils émis par des « copains » . A savoir =éliminer tout système pileux inutile ( barbe - moustache - cheveux à porter le plus court possible , et rester cloîtré . Si de la fièvre se manifeste = se mettre au lit . Ne pas se refroidir . et ingurgiter des boissons chaudes , additionnées d’un tafia ( rhum - cognac - alcool fort etc … ) Mon beau-père s’en est sorti , mais il est vrai que 4 ans de combats avaient endurci ce brave homme .

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 23 mai 10:51, par gerard CHRYSOSTOME

    Très intéressant ce témoignage. J’ai connu quand j’étais enfant puis adolescent un médecin de campagne de ce style : il a sauvé ma mère de la diphtérie en 1951.
    Au delà du récit je ne peu m’empêcher de remarquer l’état de désorganisation de la France de 1918 qui rendait les campagnes peu sures et mettait les populations à la merci de voyous.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 23 mai 11:13, par lechien

    medecin retraité depuis longtemps je trouve ce texte tres emouvant.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 23 mai 12:07, par Carcenac

    Bonjour, votre a eu de la chance de guérir de la diphtérie en 1951. Je me suis installé comme médecin de campagne en 1953 et je n’ai jamais vu de malade atteint du croup, les vaccinations massives étaient imposées.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 23 mai 12:30, par Henri Gaston PICARD

    Moi, aussi, cloitré ou confiné chez moi, j’essaye de comprendre cette épidémieet je la compare à la grippe espagnole.
    Moi, j’ai 63 ans et je n’ai qu’un niveau BEPC de 1973. Mais j’ai une vision différentes de tous les commentateurs de la télévisions. Question propagation du virus. C’est un corps à corps. Et la grande différence c’est le monde moderne. Bateau remplacé par l’avion, les ports remplacés par les aéroports. Tunnel sous la manches, nous avons déplacés les frontières naturelles séparant les pays. Trains , TGV plus rapides mais ne desservant que les grandes villes et ignorant les plus petites . Voitures plus rapides et avec une autonomie de plus de 700km nous permettent de traverser le pays sans s’arreter. Autoroutes et rocades d’autoroute isolant d’autre villes. Trains directs de grandes villes en grandes villes remplaçant les michelines et omnibus du temps de ma jeunesse où dix passagers descendaient et autant montaient. En province , on ne part plus à l’école ou à l’église à pieds. Trés peu de transport en commun. Nous sommes donc souvent confinés en voiture. Nous sommes donc en danger quand entre dans un parking de super marché, parking du marché. En danger en banlieue mais plus dans les trains de banlieues. Les autoroutes partant de Paris ou arrivant à Paris. Nous empruntons le pont de Millaut , nous nous évitons la ville. Un pont , un tunnel , une gare , un aéroport , un port sont des points stratégiques ,nous pouvons les controler. Nous avons modifier la circulation du virus par rapport à la grippe espagnole ou de la grippe de Hong Kong. La grippe espagnole c’était des millier de soldats arrivés par les ports et traversant le pays par les routes et chemins de l’époque. Aujourd’hui les zones vertes sont les villes et villages qui souffrent d’isolement toute l’année. C’est sur ce sujet que je voudras votre avis. Comparer les différentes épidémies par rapport et les moyens de déplacement. La voiture démocratisée depuis une quarantaine d’années. La ville du Mans à plus de trois heures de Paris dans les années quatre vingt.
    Je vous serais reconnaissant d’avoir votre avis.

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  • Le Docteur Murat et la grippe espagnole 23 mai 15:16, par Gattier

    Quel beau récit ! On se retrouve à côté de ce Docteur qui sillonne les campagnes et on se dit que monde à beaucoup changé à l’heure où les rendez-vous se font sur une plateforme internet, Être médecin était un engagement à la vie à la mort.... un engagement sans limite digne d’une vocation sacerdotale.
    Et je souligne que ce medecIn s’exprimait en patois, alors que par tous les moyens,la chasse était faite contre les langues locales

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