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Une statue et un personnage à identifier

jeudi 4 mars 2010, par Jean-Pierre Castagné

Mon arrière-grand-père, le moustachu portant casquette sur la photo, a été valet en 1895 chez une famille Segonzac à Paris et au château de Bombon (Mormant-Seine et Marne).

Paul Jules Roussel né le 4 septembre 1871 à Landaville (Vosges)

Je souhaiterais savoir où se trouve la statue figurant sur la photo

et éventuellement l’identité de l’homme au canotier, peut-être un Segonzac, employeur de mon aïeul.

Accessoirement, je suis intrigué par le fait que le buste et la jeune fille semblent être sculptés dans deux matières différentes.

Une remarque : Le positionnement des deux personnages sur la photo me paraît intéressant et organisé avec adresse par le photographe. À l’évidence il a voulu rendre visible la différence "hiérarchique" séparant les deux hommes. Ils sont sensiblement éloignés l’un de l’autre ; le maître a droit à un positionnement face à l’objectif alors que le domestique, comme pour lui conférer une présence plus discrète est pris de trois quarts. On est loin de la construction d’une photo de copains de régiment. J’ajoute qu’il y a aussi un souci de construire l’image avec l’encadrement du monument par les deux hommes, comme deux colonnes de part et d’autre de la statue.

Par ailleurs , je détiens des documents de cette époque (photo prise devant le château de Bombon, certificats de travail signés Segonzac et Réaulx Segonzac).

Photo prise en 1895 devant le château de Bombon
Le personnel du château en 1895
Dans l’encadré, Paul est assis devant le château.
Certificat de travail signé Segonzac
Certificat de travail signé Réaulx Segonzac

J’ajouterai que rien ne dit que la photo de la statue a été prise à l’époque où Paul était au service des Segonzac. Certes il porte un costume de personnel de maison, mais les changements de résidence inscrits sur son livret militaire indiquent qu’il a pu ensuite "servir" à Maisons-en Champagne (prés de Vitry-le-François) et à Franconville (près de Montmorency).

Le livret militaire de Paul

Voire même à Paris où il s’est marié en 1902 avec Eugénie Cassagne (de Labarthe-Inard dans les Hautes Pyrénées) femme de chambre. Son acte de mariage indique qu’il est encore domestique à ce moment-là. La photo de la statue peut avoir été prise près de l’un de ces lieux.

Merci par avance à tous ceux qui pourront m’aider à identifier le lieu où se trouve cette statue.

Messages

  • Bonjour,

    Cette statue est située au Sénat, dans la zone sud du Jardin du Luxembourg à Paris. C’est une sculpture en pierre et en bronze de Henri Désiré GAUQUIÉ intitulée "monument à Watteau".
    Voir par exemple ces liens :
    http://www.bluetravelguide.com/oeuvre/O0014242.html

    et
    http://en.wikipedia.org/wiki/File:Henri_D%C3%A9sir%C3%A9_Gauqui%C3%A9-Monument_%C3%A0_Watteau-Jardin_du_Luxembourg.jpg

    Cordialement.
    Marie-Hélène Bénazet.

    • Bonjour,
      Je vous adresse toute ma reconnaissance pour avoir apporté une solution à une recherche familiale et avoir permis de mettre au jour un épisode supplémentaire dans l’itinéraire de notre aïeul.
      Sans vous et sans Histoire-Généalogie cette question serait restée pour longtemps encore sans réponse.
      Encore un grand merci.

      Jean-Pierre Castagné

  • Bien vu !
    Les statues semblent identiques sur ces deux photos, cependant, au pied, il manque un accessoire et j’ai du mal à reconnaître le même socle.
    JF Roques

    • Bonjour,
      Oui, bien vu pour l’accessoire disparu. Quant au socle sans doute est-il noyé dans les fleurs.
      Merci pour l’intérêt porté à cette photo.
      Jean-Pierre Castagné.

    • Rebonjour, Le jardin du Luxembourg, quoique restant dans le même style, est constamment entretenu et modifié. Il est probable que le socle ait été à l’origine recouvert de végétation et que par la suite le niveau du sol ait été abaissé de façon à faire ressortir ce socle, à moins que ce socle ne soit postérieur à l’inauguration, ce qui me semble plus difficile à imaginer.
      L’objet posé au sol (un casque ?) a peut-être été dérobé par la suite, car des dégradations sont toujours possibles, malgré une surveillance constante des jardins.
      Votre photo Mr CASTAGNÉ date certainement d’après 1896, date à laquelle cet ensemble a été inauguré. Il est possible que votre arrière grand-père et la personne qu’il accompagne soient venus voir cette nouvelle sculpture et aient posé devant pour la photo, peu après cette inauguration. Sur le site du Sénat, on trouve d’autres précisions :
      "Henri-Désiré Gauquié (1858-1927)
      Ce monument en hommage au peintre Watteau (1684-1721), dont le talent n’est reconnu qu’au XIXe siècle, met en scène une jeune femme qui ressemble aux personnages des tableaux du peintre. Elle dépose trois roses devant le buste en étain du peintre.
      L’ensemble s’inspire du style « rocaille » du XVIIIe siècle.
      Ce monument dont l’érection a été décidé par les Questeurs du Sénat en juin 1896, fut érigé grâce à une souscription publique et inauguré le huit novembre de la même année.
      Statue - H. : 2,10 dont buste 0,90 ; L. totale : 3,45 ; Pr. : 3,00.
      Etain et marbre. le monument est en pierre de Lorraine.
      Inv. : 91-01404 "

      Le Sénat pourra probablement vous apporter des compléments si vous le souhaitez. Bonnes recherches.

    • Bonjour,
      Merci pour cette profusion d’informations parmi lesquelles la notation chronologique est particulièrement précieuse pour la reconstitution de l’itinéraire de Paul.
      Très cordialement.
      Jean-Pierre Castagné

  • Posté le 4 mars, réponse le 5 mars !
    Vive l’Internet, histoire-genealogie.com et les internautes compétents et attentionnés.
    Merci à Marie-Hélène
    Pierre

  • un commentaire : en quelques clics et avec un simple logiciel gratuit de traitement d’image les documents seraient parfaitement lisibles...Je pense que la courtoisie élémentaire voudrait que ce travail soit fait avant la mise en ligne...
    Commentaire vraisemblablement censuré...
    edmond jacquet

    • Bonjour,
      S’agissant de manque de courtoisie je ne comprends pas si le reproche s’adresse au "metteur en page" ou à moi-même.
      S’agissant de la lisibilité des documents, je pense que comme moi vous disposez sur votre clavier d’une touche "Ctrl" et d’une touche "+". Essayez d’appuyer sur les deux en même temps.
      Rassurez-vous, la tonalité de votre message n’a en rien entamé le bonheur que nous a apporté le message de Marie-Hélène.
      Cordialement.
      Jean-Pierre Castagné

  • Bonjour,
    La soeur de ma grand-mère et son mari furent employés au château de Bombon, elle comme cuisinière, lui jardinier et chauffeur, c’était autour de 1895/1897 et après.
    L’un des châtelains de ces époques s’appelait Louis Durand
    et avait une résidense à Paris 16éme, rue des marroniers en 1913.
    Je regrette de ne pas pouvoir mieux identifier les personnes sur la photo devant le château. Puis-je obtenir une copie plus nette et "zoomable".
    Merci,
    Cordialement

    Michel B.

    • Bonjour,
      Merci pour votre message. Il est émouvant de penser que nos ancêtres ont pu se connaître et ont connu ensemble la "vie de château" côté coulisses.
      Je peux bien évidemment vous adresser un scan en bonne résolution si vous me communiquez par messagerie votre adresse courriel.
      Mais bien évidemment le scan ne pourra pas restituer plus de détails que n’en contient le document d’origine qui est très sous-exposé. Mais je ferai de mon mieux.
      Jean-Pierre Castagné.
      jpscastagne chez free.fr

    • Mon arrière grand-mère Jeanne Marie-Thérèse de Segonzac a vécu à Ajat (Dordogne)et n’a apparemment aucun lien avec les de Segonzac du château de Bombon. Je sais qu’il y a un musicien du nom de Benoît Dunoyer de Segonzac cousin du célèbre peintre Dunoyer de Segonzac qui m’a dit être originaire de la région parisienne. Peut-être pourriez-vous chercher de ce côté là ?

      Amicalement,
      Christophe Salinier

  • n’oubliez pas dans les raisons du placement de l’enfant chez ses grands-parents le fait que les employeurs aimaient peu voir leur gens de maisons occupés à leurs propres enfants. Il leur était la plus part du temps impossible de les garder avec eux ; bien heureux quand des grands-parents pouvaient les recueillir.

  • Bonsoir,

    Il est vrai que les deux groupes sont très proches, mais il me semble qu’il y a quelques différences :
    Dans le groupe du Luxembourg

    • La main droite de la jeune fille semble tenir quelque chose
    • Sa main gauche touche le buste
    • Sa coiffure est différente
    • Il n’y a pas à ses pieds une sculpture qui semble en bronze

    Le même sculpteur a peut-être fait deux statues, ou un mécène a peut-être fait copier cette statue.
    Cordialement
    Michèle Drieu

    • Bonjour,
      Merci pour l’intérêt que vous portez à la photo déposée. Un
      scan de la main en 2400 PPI permet de déceler sur le document ancien les roses tenues dans la main droite, bien visibles sur la photo contemporaine. Concernant la coiffure et le flot proéminent bien visible sur la photo actuelle, peut-être peut-on imputer l’apparente différence à la prise de vue en légère plongée de la photo ancienne qui "écraserait la coiffe.
      Jean-Pierre Castagné

    • Bonjour

      Une autre différence : une rose (de bronze ?) dans la main droite de la femme sur la photo prise au Jardin du Luxembourg.

      Mais une statue peut parfois être déplacée voire modifiée au moins pour le socle et/ou les éléments en bronze.

      Les sculptures et les bronzes peuvent aussi avoir été réalisées en plusieurs exemplaires à partir d’un modèle, et/ou recopiées

      La date de réalisation du groupe semble être 1896, ce qui peut aider à dater votre photo

      Cordialement

    • Bonjour,
      Merci pour votre message. C’est sans doute la couleur bleu-vert des roses sur la photo contemporaine qui vous a donné à penser qu’elles pouvaient être en bronze. Mais en fait on retrouve quelques centimètres plus haut, sur l’extrémité de la manche, un reflet de même couleur.
      Il pourrait donc s’agir d’un reflet parasite dans la restitution de la couleur de la pierre. J’irai, à l’occasion d’un passage à Paris vérifier sur place.
      Très cordialement.
      Jean-Pierre Castagné

  • Au sujet d’Eugénie Cassagne : Labarthe-Inard est une commune située en Haute-Garonne, dans la région de Saint-Gaudens. Il y a une Eugénie Cassagne née le 5 mars 1880 (elle aurait donc 22 ans en 1902 quand elle se marie). Elle est la fille de Jean Marie Cassagne 36 ans cultivateur et de Jacquette Joséphine Fourment 34 ans ménagère. S’il s’agit bien de l’épouse de Paul Jules Roussel le mariage célébré en 1902 n’a pas eu lieu à Labarthe-Inard.

  • Des descendants du peintre Dunoyer de Ségonzac vivent en région parisienne. L’une d’entre eux est amie de mon fils, à qui j’aimerais transmettre votre article, pour qu’il lui fasse connaître. Comment faire ?

    • Bonjour,

      Le croisement des recensements (disponibles en ligne) de la commune de Bombon avec les arbres disponibles sur Généanet permettent de donner une identité aux occupants du Château de Bombon sur la période qui m’intéresse.
      Il est possible que le personnage de la photo soit Adalbert de Bardon de Segonzac (1842 à Cuy-1910). Il est le fils de Pierre Louis Edouard Alfred de Bardon de Segonzac né à Cuy en 1809 et de Valentine Geoffroy de Montjay née à Paris en 1819.
      De Montjay est le nom du second château situé à Bombon. Le recensement de 1836 domicilie Valentine dans ce château, chez Mr de Bonneuil en précisant qu’elle est orpheline et propiétaire à Bombon. Sa propriété pourrait être le château de Bombon où par ailleurs le même recensement domicilie son frère Edouard Gaston (13 ans).
      Au recensement de 1876, on retrouvera Valentine au château de Bombon avec son mari P L E Alfred de Bardon de Segonzac et son fils Adalbert.
      Au recensement de 1896, Alfred est décédé, Valentine et son fils Adalbert sont au château de Bombon
      Au recensement de 1901, Valentine est décédée (en 1896, cf certificat de travail d’avril 1896) et Adalbert réside au Château de Bombon.
      La signature « ? Réaulx Marquise ? de Segonzac », du certificat de travail de novembre 1896 pourrait être celle de Mathilde des Réaulx, l’épouse du frère d’Adalbert Jacques Edouard Alexandre (1839 à Cuy, 1901).
      Cordialement.
      Jean-Pierre Castagné

  • Il s’ agit je pense du monument de Watteau dans le parc du Luxembourg à Paris.

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