Je sollicite votre aide afin de comprendre la raison du décès d’un de mes ancêtres.

- Décès Cuvelier François Joseph
- 21 Janvier 1794
(BAISIEUX / NMD [1793-1822]5 Mi 043 R 017 Page 24 / 1113)
Son acte de décès en date du 21 Janvier 1794 à Baisieux (Nord), en ligne sur le site des AD du Nord, porte la mention :
"tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo".

| https://archivesdepartementales.lenord.fr/ark:/33518/fdr23wbs5mn4/587922d0-75fa-4c6e-bcc9-b1d4ace5bebc |
Merci à celui ou celle qui pourra “m’éclairer” sur cette cause du décès.
Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo
Messages
1. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 26 septembre, 19:04, par Alain Fau
Oui. J’ai retrouvé la formule exacte : elle figure dans un acte de décès de François Joseph Cuvelier, décédé à Baisieux (Nord) le 21 janvier 1794, pendant la Révolution française.
La formulation est :
« tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo »
Que signifie cette phrase ?
Il faut la comprendre dans le contexte militaire et frontalier de 1794.
« Tué fortuitement » : il s’agit d’une mort accidentelle, non d’une exécution ou d’un meurtre prémédité.
« une vidette » : le mot est une ancienne forme de « vedette ». Il désigne une sentinelle militaire placée en avant d’un poste ou d’une ligne de surveillance.
« faute d’une réponse » : la personne n’a pas répondu à la sommation de la sentinelle.
« au wardo » : c’est le terme le plus intéressant. Il semble correspondre à une sommation ou au mot d’ordre de la garde, l’équivalent de notre « Qui vive ? » ou d’une demande d’identification.
Autrement dit, la scène vraisemblable est :
François Joseph Cuvelier se trouvait à proximité d’un poste militaire. Une sentinelle l’a interpellé. Il n’a pas répondu au mot d’ordre ou à la sommation. La sentinelle a alors fait feu et l’a tué.
Le terme « fortuitement » indique que, du point de vue de l’acte de décès, cette mort est présentée comme résultant des circonstances et non comme un homicide volontaire.
Pourquoi cela pouvait-il arriver en 1794 ?
C’est particulièrement compréhensible à Baisieux, dans le Nord, car nous sommes alors en pleine guerre de la Première Coalition. Le secteur se trouve près de la frontière avec les Pays-Bas autrichiens (l’actuelle Belgique).
En 1794, les autorités révolutionnaires et les armées françaises sont particulièrement vigilantes dans les zones frontalières. Une personne circulant à proximité d’un poste militaire, particulièrement la nuit, pouvait être considérée comme suspecte si elle ne répondait pas correctement à une sentinelle.
Il faut cependant être prudent : nous ne savons pas, avec cette seule phrase, pourquoi Cuvelier se trouvait là, à quelle heure, ni s’il était civil, voyageur, cultivateur, messager ou autre.
Une précision importante sur « wardo »
La réponse publiée dans l’article que j’ai retrouvé donne une explication étymologique assez affirmée, mais je la considérerais comme une hypothèse plutôt que comme une certitude. La forme wardo semble effectivement renvoyer à l’idée de garde/surveillance, mais il faudrait consulter des sources lexicales et militaires de l’époque pour établir précisément son origine et son emploi régional.
2. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 26 septembre, 11:15, par Jean-Louis Py
En complément à la réponse d’Agnès Rousteau-Lesur, à propos de "wardo", la commune de Lewarde, proche de Douai, (où se trouve un intéressant musée de la mine) doit son nom à une zone fortifiée, construite par le comte de Hainaut au XIIIe siècle, d’où l’on pouvait surveiller la frontière commune aux Comtés de Flandres et de Hainaut. On peut aussi le rapprocher du mot anglais "wardrobe" (= garde-robe). Cette région du Nord est à la rencontre des zones franques et saxones. A noter que dans cette région "wa" se prononce à l’anglaise ("oua" et non "va").
.
3. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 26 septembre, 08:11, par JACQUES Philippe
Tout d’abord merci pour ces réponses qui ont apportées une explication sur le décès de CUVELIER Pierre François Joseph.
Pour répondre à Suzanne : La victime était agée de 36 ans et exercait la profession de "marchand".
Il se déplaçait peu etre dans le cadre de son métier.
Je n’ai pas relevé d’autres décès mentionnés de la meme manière pour l’année 1794 sur Baisieux.
Philippe.
4. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 25 septembre, 13:52, par Suzanne
Bonjour,
Ce qui serait intéressant c’est aussi d’en savoir un peu plus sur la victime. Pourquoi était il là ? Son métier ? Son âge ?
Avez-vous lu les autres décès autour du sien ?
Ce qui se passait dans le village autour de cette date...
L’IA peut être bien utile...
5. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 25 septembre, 13:27, par Mauclaitr Annette
Bonjour,
c’est tout à fait bluffant ! Pouvez-vous nous dire quelle « IA « vous avez utilisée ?
6. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 25 septembre, 08:10, par ispa
Merci beaucoup pour cette explication qui est très utile !
7. Tué fortuitement par une vidette faute d’une réponse au wardo, 25 septembre, 07:21, par Agnès Rousteau-Lesur
Voici la réponse très complète de l’IA :
Cette formule dramatique et très spécifique signifie que la personne a été tuée accidentellement par une sentinelle militaire parce qu’elle n’a pas donné le mot d’ordre (ou n’a pas répondu aux sommations).
Voici le décryptage mot à mot de cette phrase ancrée dans le contexte de la Révolution française :
« Tué fortuitement » : Signifie tué par accident, par mégarde ou par un malheureux concours de circonstances. Le tireur n’avait pas l’intention d’assassiner un civil innocent, mais a appliqué une consigne stricte.
« par une vidette » : Une vidette (ou vedette) désigne en langage militaire de l’époque une sentinelle, souvent un cavalier placé en avant-poste ou dans un lieu stratégique pour surveiller les mouvements de l’ennemi et donner l’alerte.
« faute d’une réponse » : Parce que la victime n’a pas répondu, ou n’a pas su répondre.
« au wardo » : C’est la clé linguistique de la phrase. Dans le département du Nord, fortement influencé par les dialectes picards et les langues germaniques/flamandes, le terme wardo (dérivé du vieux francique *wardōn / *warda) correspond au terme « Garde ! » ou « Qui vive ? ». Répondre au wardo, c’était répondre au « Qui va là ? » ou fournir le mot d’ordre (le mot de passe militaire) exigé par la sentinelle.
Le contexte historique (1794) :L’année 1794 (An II/An III de la République) correspond à la période de la Terreur et des guerres révolutionnaires. Le département du Nord était une zone frontière hautement militarisée, sous la menace constante des armées coalisées (notamment autrichiennes). Les sentinelles (videttes) avaient ordre de tirer immédiatement à vue sur toute personne s’approchant des lignes ou circulant de nuit sans déclinez son identité ou sans donner le mot de passe requis. Le malheureux n’ayant pas répondu à la sommation de la garde, la sentinelle a fait feu