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Qui suis-je ?

Petit jeu entre amis

jeudi 23 février 2017, par Franck Boulinguez

A nos fervents lecteurs, cette petite prose.
Ils sauront sans nul doute par leur érudition,
en deux temps trois mouvements répondre à la question.
Et résoudre l’énigme qu’aujourd’hui je propose…

Ce coq veille t’il sur moi ou est ce le contraire ?
En un pliant combat contre un frêle chérubin,
le vieux Jean fit crever l’un de mes congénères
en le faisant se rompre en un triste destin…

Je n’ai j’avoue jamais, mis le pied en son sein.
Mais pourtant Didier sait, que j’y ai mes racines
car été comme hiver, je la couve comme son Saint.
Elle est mère protectrice, je la caractérise…

J’ai un voisin lépreux, j’habite sur un trottoir.
Je suis un parmi d’autres mais on aime à me voir.
Car depuis 200 ans en bonne compagnie,
je poursuis simplement ma toute petite vie…

Qui suis-je ?

Note : les bonnes réponses ne seront pas publiées afin de permettre à tous les lecteurs de jouer...

Je suis, je suis : Le Chêne de l’église de Cheillé (37)

Cheillé est une commune d’Indre-et-Loire, petite par le nombre de ses habitants (1795 au recensement de 2014) mais très étendue avec une superficie de plus de 46km2. Le « Vieux-Bourg » regroupe quelques habitations autour de l’église du village (https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheill%C3%A9)

Ce coq veille t’il sur moi ou est-ce le contraire ?

Cette allusion au coq placé sur la flèche du clocher devait vous évoquer une église.

En un pliant combat contre un frêle chérubin,
le vieux Jean fit crever l’un de mes congénères
en le faisant se rompre en un triste destin…

Cet indice devait vous orienter vers un chêne.
Le « vieux Jean » est Jean de la Fontaine qui fit rompre un chêne dans sa fable « Le chêne et le roseau »

Je n’ai j’avoue jamais, mis le pied en son sein.
Mais pourtant Didier sait, que j’y ai mes racines
car été comme hiver, je la couve comme son Saint.
Elle est mère protectrice, je la caractérise…

L’église de Cheillé, placée sous le vocable de Saint Didier, date du XIIe siècle et présente notamment la particularité de servir de terreau à un chêne très particulier qui pousse, en effet, dans l’épaisseur d’un des murs de l’église sans que ses racines ne soient visibles de l’intérieur ni de l’extérieur.

J’ai un voisin lépreux, j’habite sur un trottoir.

L’église de Cheillé abrite un Christ en croix remarquable du fait qu’il ne présente ni cheveu, ni barbe, que ses doigts sont coupés et ses pieds rongés. Ce Christ est dit « lépreux »

Je suis un parmi d’autres mais on aime à me voir.
Car depuis 200 ans en bonne compagnie,
je poursuis simplement ma toute petite vie…

Le Chêne de Cheillé est depuis bien longtemps objet de curiosité, on le dit bicentenaire et bon nombre de cartes postales anciennes le représente.

Et malgré plusieurs tentatives destinées à le « déraciner », il est toujours debout…
A l’image du frêle chérubin que représentait le roseau de la fable, il plie mais ne rompt pas.

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