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Qui était donc cette Catherine Gottofrey ?


jeudi 25 avril 2019, par André Vessot

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Dans un article publié en 2009 Généalogie buissonnière en Haute-Gruyère (1er épisode) j’avais évoqué l’émigration de la Suisse vers la France de mon arrière-grand-mère Stéphanie Gottofrey, ne sachant encore pas qu’un de ses oncles l’avait précédée. La généalogie réserve en effet bien des surprises, je vais vous conter la découverte de cette Catherine Gottofrey, sa cousine germaine.

Lors des premières recherches sur mon arrière-grand-mère Stéphanie Gottofrey, j’avais demandé à la mairie de Trévoux dans l’Ain son acte de mariage avec Louis Vessot. Un document d’état civil tout à fait classique. Pourtant un détail avait suscité ma curiosité, à savoir deux signatures en marge de l’acte. Qui étaient donc Aline et Catherine Gottofrey ?

Je ne m’imaginais pas que la famille de Stéphanie soit venue spécialement de Suisse à l’occasion de son mariage. M’étant aussi adressé au centre paroissial de Trévoux, j’avais pu obtenir l’acte de baptême de mon grand-père Nicolas Vessot. Là encore nouvelle interrogation quant au parrain Nicolas Gottofrey, mentionné comme oncle de l’enfant.

Une découverte fortuite

Il ne me faisait plus de doutes qu’un certain Nicolas Gottofrey résidait dans une commune proche de Trévoux, mais j’ai eu beau chercher je ne l’ai pas trouvé. C’est de façon tout à fait fortuite que j’ai retrouvé sa trace. De temps à autre, je vais consulter la base Geneabank qui rassemble les données de nombreuses associations généalogiques et il y a quelques mois je suis tombé sur le mariage de Nicolas Gottofrey ce qui m’a permis de répondre à mes interrogations. Il se marie le 28 mai 1846 à Cailloux-sur-Fontaines. Nicolas Auguste est né à Givisiez, dans le canton de Fribourg ; c’est le plus jeune des oncles de mon arrière-grand-mère. Sa future épouse, Catherine Ferréol, native de Cailloux-sur-Fontaines, réside à Lyon où elle est domestique chez Monsieur Lacombe au 7 de la rue Saint Dominique (actuelle rue Emile Zola qui va de la place Bellecour à la place des Jacobins).

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Chromo du 8 rue Saint-Dominique (collection personnelle)

Le couple a 3 enfants :

  • Catherine née le jour de Noël 1848, un beau cadeau pour les heureux parents
  • Une autre Catherine née le 31 mai 1850 qui décède à l’âge de 5 ans
  • un garçon, Claude, né le 1er janvier 1856, qui ne survit que 14 jours

Après un court passage à Létra où Nicolas est domestique de Monsieur Lacombe, il se fixe à Lyon avec sa femme et sa fille, d’abord au 18 de la rue Dubois. Il est mentionné tour à tour comme garçon de recette (naissance de Claude en janvier 1856), homme de peine (recensement de 1856), gérant de magasin (recensement de 1861). Le 19 février 1873, Nicolas Gottofrey et sa femme achètent à Cailloux-sur-Fontaines (hameau de Noailleux) une petite propriété de 800 m2 avec maison et jardin [1].

Leur fille Catherine, la seule survivante, se marie le 13 septembre 1873 à Lyon 1er avec Jean Antoine Butaux, limonadier à Sathonay-Camp. Leur acte de mariage ainsi que le contrat de mariage passé devant maître Coste [2], notaire à Lyon, le 30 août précédent, nous en apprennent un peu plus. Elle habite chez ses parents au 23 de la rue d’Algérie. Son père est gérant du cercle du commerce. Quant à sa mère, Catherine Ferréol, elle est prénommée Catherine Aline sur le contrat de mariage et signe Aline Gottofrey. J’ai trouvé là l’explication de mon interrogation initiale concernant les signatures sur l’acte de mariage de mes arrière-grands-parents. Aline Gottofrey était la tante par alliance de Stéphanie et Catherine sa cousine germaine. Quant au parrain de mon grand-père, c’était son grand-oncle et non son oncle ; il a d’ailleurs aussi apposé sa signature au bas de l’acte de mariage de sa nièce.
Dans ce même contrat de mariage Madame Guelle mère de Jean Antoine Butaux, fait donation à son fils de la maison servant de café à Sathonay.

Cercle du commerce de Lyon


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(Collection personnelle)


Le plus ancien renseignement trouvé sur le cercle du Commerce concerne sa dissolution. Elle date de 1817. Le cercle se reconstitue dès 1818. Installé initialement dans la rue Puits-Gaillot, il occupe, à partir de 1861, l’hôtel du Parc, construit en 1778 par Toussaint Loyer et Bal de Verrière. Cet immeuble, propriété des Hospices civils de Lyon, se trouve rue d’Algérie. Enfin, après le krach de l’Union Générale, en 1882, le cercle s’installe dans les locaux de l’ancienne banque, qu’il occupe encore aujourd’hui, 16 rue de la République, à la limite du premier et du deuxième arrondissement [3].

Nous savons peu de choses de la vie de Catherine Gottofrey, installée maintenant Boulevard Castellane à Sathonay-Camp avec Jean-Antoine Butaux, sinon qu’elle accouche le 1er juillet 1874 d’un fils, Simon Paul Félix. Après 21 ans de vie commune son mari décède le 23 décembre 1894. Entre temps elle va perdre son père décédé le 28 février 1887 à Cailloux-sur-Fontaines et sa cousine germaine Stéphanie Gottofrey, mon arrière-grand-mère, le 28 août 1891 à Lyon 2e.

Le registre matricule de Simon Paul Félix Butaux va nous en apprendre un peu plus. La vie de ce fils unique de Catherine va s’avérer assez chaotique. Engagé dans l’armée en 1892, il est déserteur l’année suivante, ce qui lui vaut de passer devant le conseil de guerre et d’écoper d’une peine d’emprisonnement. L’expérience ne semble pas lui suffire puisqu’il s’engage de nouveau en 1896 et participe à diverses campagnes en Algérie, au Tonkin, à Madagascar. En 1911 il est reclassé dans la police municipale comme inspecteur [4] et le 18 février de la même année il se marie à Paris 5e. Il aura lui-même un fils, Jean-Jacques, né à Paris le 23 août 1912.

Catherine décède le 17 août 1917 à Sathonay-Camp, après avoir perdu son fils unique le 6 août 1915. La déclaration de succession faite le 3 décembre 1919 par sa belle-fille Marie Léontine Durand nous en apprend un peu plus. L’actif de succession permet de couvrir un passif assez important de dettes contractées par les époux Butaux-Gottofrey et s’élevant à 18288, 75 francs.

La mémoire familiale a seulement gardé le souvenir de mon arrière-grand-mère et des ancêtres de Gruyère, laissant dans l’ombre celui de cette cousine qui résidait pourtant à côté de Lyon. Cet article aura permis de lever un coin du voile.

Notes

[1Archives Départementales du Rhône, acte passé devant Maître Coste, 3 E 23250

[2Archives Départementales du Rhône, 3E 23253

[3Archives Municipales de Lyon

[4Archives Départementales de l’Ain, registre matricule, bureau de Bourg, 1R 0314

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18 Messages

  • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 09:14, par Colette Boulard

    ... et c’est rendre hommage à cette cousine.
    Je m’interroge sur la médaille ou pièce ou jeton dont l’image figure dans l’article. J’imagine que l’institution des cercles lyonnais est de type similaire aux cercles que l’on trouve dans le Sud-Ouest, ces lieux de sociabilité très organisés proposant divertissement, nourriture et boisson mais aussi culture et formations du soir à leurs adhérents. Mais à quoi servait cet objet, pouvez-vous aussi le décrire ?
    Cordialement,

    Répondre à ce message

    • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 11:04, par André Vessot

      Bonjour Colette,

      Merci pour votre message. Concernant le cercle du commerce, je n’en sais pas plus que ce que j’ai indiqué, mais votre idée semble intéressante. Quant à l’objet (insigne ou jeton) j’en ai eu la photo par Delcampe, mais je ne sais pas à quoi il servait.

      Cordialement.

      André

      Répondre à ce message

      • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 14:14, par Michel Guironnet

        Bonjour,

        Dans "Le Salut Public", journal lyonnais, est publié pendant trois semaines en octobre 1878 cet avis :
        « L’administration du Cercle du commerce de Lyon demande un Gérant pour diriger et surveiller les divers services du cercle.
        Des avantages sérieux sont attachés à ce poste.
        L’administration demande également un Chef cuisinier, chargé de servir à un prix déterminé les déjeuners et les dîners.
        Adresser les propositions, par lettre, à M. Humbert, économe, 6, Grand’Rue-des-Feuillants.
        Il est inutile de se présenter sans être muni d’excellentes références. »

        Le poste à pourvoir est donc l’objet d’une sélection rigoureuse !

        Cordialement.
        Michel Guironnet

        Répondre à ce message

        • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 15:09, par André Vessot

          Bonjour Michel,

          Je vois que tu es un homme de ressources, merci pour cet article que tu as déniché sur le « Salut Public ». J’en déduis donc que Nicolas GOTTOFREY devait avoir d’excellentes références.

          J’en profite pour te dire que j’ai écrit aux Archives de l’Ain pour demander les déclarations de succession de Jean-Antoine BUTAUX, qui peut-être m’en diront plus sur ce café du Boulevard Castellane.

          Je te souhaite un très bon week-end malgré le temps un peu hasardeux.

          Bien amicalement.

          André

          Répondre à ce message

      • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 14:23, par Colette Boulard

        Oh, alors, vous avez de la chance, car c’est tout un sujet qui s’ouvre devant vous ! J’ai été un temps adhérente (façon très 2nde moitié du XX ème siècle) d’un cercle, dans une ville où je venais pour mon travail. Je n’en ai que de bons souvenirs et, déjà, la découverte d’un milieu que j’ignorais auparavant, n’étant pas du sud-Ouest. Je garde précieusement ma carte, même si elle est caduque depuis longtemps.
        Jeanine, la patronne, n’était appelée ni patronne, ni gérante, ce qu’elle n’était pas. Elle était la concierge, ah mais ! Elle était aux petits soins avec tous.
        Si le cercle du commerce lyonnais a conservé son statut,il pourra vous dire. Il y a sans doute des archives.
        bonnes découvertes,
        Colette

        Répondre à ce message

        • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 15:11, par André Vessot

          Merci pour votre témoignage qui m’incite à en savoir plus sur ce cercle du commerce. Je devrais normalement trouver quelques éléments de réponse aux Archives Municipales de Lyon.

          Bon week-end.

          André

          Répondre à ce message

          • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 19:07, par Colette Boulard

            Les cercles, du moins dans le Sud-Ouest, étaient de type « associatif » pas forcément loi de 1901 puisque certains sont plus anciens. Je commencerais par contacter le cercle actuel, issu du précédent si j’ai bien compris. Les cercles que je connais ont leurs archives (privées) ; Je crois que des livres ont été écrits à leur sujet. Des historiens locaux ont pu s’y intéresser.
            L’un des aspects intéressants est que les affinités, mais aussi les milieux sociaux, déterminaient le fait d’aller ici plutôt que là. C’est toute une société, un monde, une époque...
            Bon week-end à vous aussi,
            Colette

            Répondre à ce message

          • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 19:27, par Michel Guironnet

            André,

            Dans le catalogue de la Bibliothèque de la Part-Dieu, j’ai trouvé cette référence :

            Centenaire du cercle du Commerce de Lyon [Livre] : 1850-1950
            Éditeur [Lyon] : Cercle du commerce de Lyon, 1949
            Description : 1 vol.(30 p. ) : ill. en couleur ; 24 cm

            Exemplaire n°20. Don Lenhardt-Audin en 2016

            A consulter d’urgence !

            Amitiés.
            Michel

            Répondre à ce message

  • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 10:27, par Rousselot

    Bonjour,
    Gottofrey est-il un nom fréquent en Suisse ?
    Il existe en Lorraine, région de Nancy, des Godefroi (y) et Godfroi etc.
    que savez vous ?
    merci et cordialement.
    FR

    Répondre à ce message

    • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 11:09, par André Vessot

      Bonjour,

      Les Gottofrey sont surtout présents dans le canton de Vaud et celui de Fribourg. L’origine des Gottofrey est d’ailleurs sur Echallens dans le canton de Vaud. Il n’est pas impossible que d’autres Gottofrey aient émigré vers la Lorraine, de la même façon que mon arrière-grand-mère et son oncle ont émigré vers la région lyonnaise. Je crois qu’il y en a eu aussi sur Paris.

      Cordialement.

      André

      Répondre à ce message

      • Bonjour,

        L’origine du nom, comme bien souvent, est germanique depuis « Gottfried », (Littéralement « la paix-de-Dieu »), un prénom encore courant en Allemagne, et qui est arrivé en France par le francique, la langue des Francs qui étaient des envahisseurs germaniques. De ce nom originel qui avait valeur de prénom sont issus bien des patronymes français : Geoffroy, Jouffrey,(Joffre, peut-être ?), etc....
        Notons d’ailleurs Godefroy de Bouillon qui était Lorrain (l’écusson lorrain rappelle son destin), même si Bouillon est aujourd’hui en Belgique.
        Dans le cas de cette tante Aline, il faut rappeler que son ascendance à l’origine du nom était originaire de Gruyères et de Fribourg, soit à proximité et sur la frontière linguistique entre Suisse alémanique et Suisses romande.
        Or en Suisse comme ailleurs, les minuscules migrations se sont toujours faites du monde germanique vers le monde latin, plutôt que l’inverse (Genève ayant été de tout temps la ville suisse la plus attractive, même si elle n’est pas la plus grande) de telle sorte qu’il y a aujourd’hui une certaine proportion de Suisses francophones ayant un patronyme germanique, tels que Jean Ziegler (l’altermondialiste), Joseph Blatter (ex Président de la Fifa), Sébastien Reichenbach (coureur du Tour-de-France) etc... pour ne parler que de migrants récents ou actuels qui gardent leur patronyme purement germanique, sinon allemand (au sens de la langue).
        Dans le cas d’Aline, son patronyme a déjà bien évolué depuis Gottfried. Malgré cela, l’origine du nom ne laisse pas de doute...!
        Cordialement.

        Répondre à ce message

  • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 26 avril 22:43, par Pierrick Chuto

    Bonsoir André
    Art ou généalogie, vos sujets sont toujours intéressants et bien documentés et illustrés.
    Amicalement
    Pierrick

    Répondre à ce message

    • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 27 avril 07:34, par André Vessot

      Merci Pierrick,

      C’est un sujet qui me tenait à cœur depuis longtemps, cela peut inciter des lecteurs de la gazette à pousser plus loin leurs recherches sur des petits détails comme les mentions marginales ou les signatures. Bon week-end.

      Bien amicalement.

      André

      Répondre à ce message

  • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 27 avril 11:57, par Hubert

    Livre d’Or des familles vaudoises -1923-
    Première citation des Gottofrey à Échallens en 1450.
    On y relève un protonotaire apostolique, un chanoine, un député, un médecin, un professeur de droit canon.
    Echallens était un bailliage commun de Berne et Fribourg.
    A la conquête du Pays de Vaud en 1536, Berne n’a pas pu imposer le protestantisme à ce bailliage, Fribourg étant un canton catholique.
    Une notice de la famille Gottofrey à paru dans la Revue de la Suisse catholique, tome 31.....mais l’année n’est pas indiquée et cela avant 1923 !

    Répondre à ce message

    • Qui était donc cette Catherine Gottofrey ? 27 avril 20:56, par André Vessot

      Bonsoir,

      Merci infiniment pour toutes ces précisions.
      Pour ma part j’ai encore des cousins Gottofrey en Suisse : une cousine à Lausanne et un cousin à Marly, près de Fribourg, tous deux arrière-petits-enfants d’un jeune frère de mon arrière-grand-mère.

      Cordialement.

      André

      Répondre à ce message

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