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Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux


vendredi 9 avril 2021, par Nadège Béraud Kauffmann

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Il y a quelques années mon mari et moi-même avons participé à une « cousinade » organisée en Normandie par la famille de ma belle-mère, dont le nom de jeune fille est COLOMBEL. Les recherches de l’organisatrice de l’événement qui était parvenue jusqu’au XVIIIe siècle nous ont impressionnés : une immense frise couvrait la majeure partie d’un pan de mur de la salle des fêtes où nous nous trouvions. Toutefois notre curiosité ne fut pas pleinement assouvie...

Nous avions là le nom de nombreux aïeux, leurs dates de naissance, mariage et mort, ainsi que les lieux où s’étaient déroulés ces événements, parfois leur profession certes, mais bien peu de chose sur les liens entre ces personnes et rien sur le contexte historique et économique qui aurait pu nous donner une idée de leur façon de vivre.

Nous avons alors entrepris de nous plonger à notre tour dans cette généalogie Colombel en remontant le fil patrilinéaire à partir des recherches déjà effectuées. Nous avons pris note de tous les détails que nous pouvions sur chacun et nous nous sommes renseignés sur les modes de vie de l’époque à partir d’ouvrages historiques locaux. Après plusieurs années de travail et de décryptage paléographique des documents anciens conservés aux Archives Départementales et Municipales, nous avons tout de même pu remonter à la fin du XVIe siècle, dans le village de Blosseville-sur-Mer en Pays de Caux (Seine-Maritime). Et nous fûmes confrontés à une histoire intrigante : après avoir retrouvé la trace de plusieurs générations d’aïeux paysans ne sachant pas écrire, ne laissant comme seule trace sur les actes qu’une croix au tracé mal assuré, nous avons découvert un ancêtre nommé Noël, visiblement éduqué, utilisant une signature élaborée. On aurait pu penser qu’il appartenait à une famille aisée mais il laissa pourtant derrière lui une descendance analphabète et pauvre. Voici ce que nous avons réussi à savoir de son histoire.

Remontons le temps

À la fin du Moyen-Âge et au début de l’époque moderne, de nombreux maux touchent la Normandie influant sur la démographie et les migrations : la Guerre de Cent ans au XVe siècle, les Guerres de religion au XVIe siècle, famines et pestes qui provoquent nombre de morts et déplacements de population. Nos Colombel seraient venus s’installer en pays de Caux au début du XVIe siècle depuis la région de Bailleul – Neuville, non loin de Dieppe, au nord-est.

C’est aux alentours de 1581 que nous retrouvons le grand-père de Noël Colombel, Robert [1] à Blosseville. Les actes sont plutôt laconiques alors et on ne trouve que rarement l’indication du nom des parents, des lieux de vie ou des métiers des personnes. Robert épouse une certaine Marie Colombel, qui porte donc le même nom de famille que lui, probablement une cousine (à quel degré ?) ; leur union donne naissance à au moins deux enfants : Marie et Guillaume. Ce dernier naît à Blosseville le 11 mars 1623 et se marie avec Michelle Michaut en ces mêmes lieux le 12 février 1646 -peu avant que Mazarin ne soit nommé surintendant de l’éducation du jeune Louis XIV. Le couple donne naissance à quatre enfants : Marie en 1647, Saincte en 1651, Noël en 1653 et Nicolas en 1655. L’ancêtre de la lignée qui nous intéresse est Noël.

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Carte de Cassini XVIIIe siècle ; Bosseville est une petite commune du Pays de Caux ou pays cauchois (Normandie) à environ 2km au sud de « Veulles », actuelle Veules-les-Roses.

Une signature singulière

Nous ne savons rien de la profession de Noël Colombel mais sa signature remarquable, l’écriture aisée et agrémentée d’un paraphe appelé « ruche », interpelle. En paléographie, une ruche est un élément décoratif personnel accompagnant une signature, permettant à son auteur de montrer son habileté à l’écriture et surtout d’authentifier l’acte, d’empêcher la contrefaçon. Celle-ci est plutôt « simple » au sens où on arrive très bien à distinguer les trois S mis pour « Subscrispi » signifiant « J’ai souscrit ». Cet ancêtre avait donc reçu un certain niveau d’éducation et devait utiliser sa marque régulièrement dans le cadre de son travail. Nous l’avons retrouvée au bas de plusieurs documents tirés des registres paroissiaux et notamment pour les plus anciens, des actes de décès de sa mère (23 janvier 1681) et de son père (26 septembre 1681).

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Signature de Noël Colombel (Acte de mariage de sa fille Madeleine Colombel, 20 juillet 1723 à Saint-Jouin, Archives Départementales de Seine-Maritime, 3 E 00325)

Le niveau d’éducation en Normandie est un peu plus élevé que dans d’autres régions de France. J’ai travaillé sur mes propres généalogies familiales et ai lu de nombreux documents des registres paroissiaux de petits villages du Dauphiné ; or je n’ai pratiquement pas rencontré de telle signature avec ruche à part parfois celle du vicaire-rédacteur. Noël Colombel faisait ainsi partie des 30% de lettrés que l’on trouvait parmi les nobles, le clergé, les commerçants, certains artisans, les professions libérales et les administrateurs. Noble ? Il ne l’est pas plus que membre du clergé. Reste alors à favoriser l’hypothèse du commerce, de l’artisanat ou de l’administration. Et afin d’en savoir plus, intéressons-nous à la vie de ce personnage.

Une époque terrible

Premier mariage avec Suzanne Bourrienne

Le jour de son mariage, Noël, âgé « d’environ 23 ans » est un jeune homme instruit dont la profession exacte nous échappe. La trace la plus ancienne de son existence que nous ayons pu retrouver est sa signature sur l’acte de décès de sa maman. Qu’a-t-il fait pendant près d’un quart de siècle avant ? Nous ne le saurons sans doute jamais, en-dehors du fait qu’il a visiblement étudié et appris une profession. Le 4 novembre 1681, à l’âge d’environ vingt-trois ans, Noël se marie avec Suzanne Bourrienne. Nous nous sommes penchés sur la marque que cette dernière trace sur l’acte de mariage, un ruban. Certains membres de corporation ne sachant écrire laissent une marque rappelant leur métier (ciseaux pour tailleur, équerre pour carrier ou maçon, etc …). Le « ruban » de Suzanne, certainement en rapport avec son activité, est une marque destinée à la différencier de la masse des analphabètes dont le signe est une croix anonyme et sans particularité. Elle souhaite se singulariser bien qu’étant elle-même sans instruction.

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« Ruban » de Suzanne Bourrienne, sous lequel le rédacteur de l’acte a écrit son nom (acte de mariage de Noël Colombel et de Suzanne Bourrienne, 4 novembre 1681 à Blosseville, Archives Départementales de Seine-Maritime, 3 E 00273)

Des études consacrées à cette époque évoquent la disparité du niveau d’éducation entre les époux selon la catégorie socioprofessionnelle du couple. Qu’en apprenons nous ?

Si l’on se fie à ce tableau il y a de fortes chances que Noël et Suzanne soient commerçants dans le domaine textile. Ce n’est qu’une supposition que nous ne parviendrons pas à confirmer. Il est en revanche certain qu’ils auront huit enfants. Les temps alors sont durs, les disettes et les épidémies nombreuses et quatre petits mourront au bout de quelques semaines ou mois. Une fille décède ensuite à l’âge de 6 ans, une autre à 13 ans et les deux autres enfants (une fille et un garçon) ne laissent pas de trace postérieure à leur naissance ... De ce premier mariage il ne subsistera ainsi aucune descendance. Le taux de mortalité infantile (0-1an) de l’époque se situe entre 28,8% et 32,8% ; avec 50% ce couple d’ancêtres est desservi par des statistiques dramatiquement défavorables.

Noël et Suzanne sont des « voyageurs ». Des raisons inconnues -économiques, sanitaires ou professionnelles ?- les poussent au déménagement à deux reprises sur de longues distances, du moins pour l’époque. Une première fois c’est vers Étretat qu’ils font route en 1683 ou 1684. Séparé de Blosseville par 56 kilomètres, Étretat n’est alors qu’un minuscule village de pêcheurs avec quelques exploitations agricoles à l’intérieur des terres. Il ne s’agit en aucun cas d’un port important ni d’un carrefour commercial. La rade d’Étretat n’a jamais été exploitée puisqu’on lui a préféré Le Havre en 1517. En fait cette bourgade semble bien isolée et moins prospère que la zone de Saint-Valéry-en-Caux et le maillage de villages de son arrière-pays. Étretat ne vit à l’époque que par et pour la pêche au hareng. Alors Noël faisait-il commerce de la pêche ? Dans les actes paroissiaux de cette commune, durant leur période de résidence, les époux ne sont jamais ni parrain/marraine ni témoin. Les seules traces de leur passage – du moins celles que nous avons retrouvées - sont les actes de naissance et de décès de leurs enfants au bas desquels se trouve la signature remarquable de Noël. En 1692 ou 1693 le couple déménage une nouvelle fois pour s’établir à Saint-Jouin, dix kilomètres plus au sud. Ce village vit aussi de la pêche mais beaucoup moins qu’Étretat. Par contre, son activité agricole semble importante. Noël s’est-il reconverti dans l’agriculture par nécessité économique ? Comble de malheurs pour la famille Suzanne meurt, peut-être en novembre 16932 comme deux de ses filles, Hélène et Marie. L’hiver 1693-1694 est terriblement dur et meurtrier pour la population.

Second mariage avec Françoise Gallais

Noël Colombel se remarie le 17 janvier 1696 avec Françoise Gallais dans l’église de Saint-Jouin. L’acte fait mention du veuvage de l’époux (« veuf de cette paroisse »), de l’ascendance de l’épouse (ses parents sont tous deux décédés) et du lieu de résidence de cette dernière (Notre-Dame-du-Bec, situé à quelques kilomètres de St Jouin vers le sud). Noël signe et Françoise dessine sa marque, une croix dans un cercle.

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Mention « La marque de ladite Gallais » précédée d’une croix inscrite dans un cercle (Acte de mariage de Noël Colombel et de Françoise Gallais, 17 janvier 1696 à Saint-Jouin, Archives Départementales de Seine-Maritime, 4 E 02935)

Trois témoins sont présents : François et Nicolas, deux frères de l’épouse et un certain Jean Plohais. Tous trois apposent leur marque : une croix entourée d’un cercle pour Jean et Nicolas, deux cœurs enchâssés l’un dans l’autre à la manière de poupées russes pour François. La seconde épouse de notre ancêtre est née 26 ans plutôt, le 1er décembre 1669 à Saint-Martin-du-Bec. À ce moment-là, nous estimons que Noël a entre 38 et 45 ans à. Sa signature inimitable donne de l’authenticité à l’acte mais aussi à nos recherches !

Le couple donne la vie à huit enfants entre 1696 et 1708. Quatre meurent avant l’âge d’un an. Les autres grandissent et se marieront : Madeleine (11 janvier 1698), Jean (29 septembre 1701) qui est l’aïeul de la lignée qui nous occupe, Noël (17 novembre 1703) et à nouveau Jean (30 septembre 1708). Noël et Françoise partent habiter à Saint-Martin-du-Bec en fin 1701 ou courant 1702. Ce village à vocation agricole est situé à 8 kilomètres au sud-est de Saint-Jouin et 1,5 kilomètre au nord de Notre-Dame-du-Bec, commune d’origine de Françoise. De 1702 à 1708, Noël y est régulièrement mentionné comme témoin ou parrain.

Sa présence est ensuite attestée à Saint-Jouin en 1723 et 1726 à l’occasion des mariages de sa fille Madeleine et de ses deux fils Jean (l’ainé) et Noël pour lesquels il est signataire.

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À gauche, on reconnaît aisément la signature de Noël Colombel. Sa fille ne sait pas écrire et se contente de tracer une croix, son fils inscrit sa croix au tracé peu sûr et tremblotant dans un carré. C’est le rédacteur de l’acte qui écrit leur nom précédé des mentions « la marque de laditte » et « la marque dudit » (Acte de mariage de sa fille Madeleine Colombel, 20 juillet 1723 à Saint-Jouin, Archives Départementales de Seine-Maritime, 3 E 00325)

En 1728, « âgé d’environ 75 ans », il décède dans la même commune le 16 novembre ; inhumé le lendemain ses fils signent l’acte de mise en bière. Françoise se remarie le 16 octobre 1730 avec Nicolas Dumont toujours à Saint-Jouin entourée de Jean (l’ainé) et Noël (fils). Elle est inhumée huit ans plus tard, le 30 mars 1738 dans le même cimetière que son premier époux.

Ainsi s’achève une vie menée du nord au sud du pays de Caux sur près de 70 kilomètres, ce qui représente pour l’époque une distance non négligeable. Le voyage est alors surtout le domaine des commerçants, des administrateurs et des hommes d’armes. La population peut éventuellement être appelée à se déplacer devant les ravages d’une invasion ou d’une famine mais hors facteur exceptionnel, nos ancêtres restent dans une zone où ils peuvent entendre le son des cloches de leur paroisse. Le périple trans-cauchois de Noël Colombel est un record de distance qui ne sera battu que par l’un de ses descendants, Charles-Emile-Louis Colombel au XXe siècle. Autre record, bien triste celui-là, l’époux de Suzanne puis de Françoise est celui qui a le plus d’enfants : 16. Mais celui qui en voit le plus décéder prématurément avant l’âge adulte avec un taux de 75% … Seuls quatre se marient et donnent à leur tour une descendance.

Beaucoup de questions donc sur Noël Colombel, à commencer par ses origines sociales. D’après nos recherches le « clan » familial basé au XVIe siècle autour de Saint-Valéry-en-Caux et dont il est issu, forme a priori un ensemble de commerçants, d’artisans et de paysans aisés et instruits. Ce qui le pousse à partir hors de ce bassin « naturel » nous est inconnu mais il ressort qu’après lui ses descendants demeurent relativement pauvres et sans instruction pendant près de 150 ans.

Si lors de la réalisation de votre généalogie vous avez été confronté à une situation analogue, si le parcours de l’un de vos ancêtres ressemble à celui de Noël Colombel, n’hésitez pas à nous en faire part !

Sources et bibliographie :

  • Registres paroissiaux des Archives Départementales de Seine-Maritime, 3 E 00273, 3 E 00325, 4 E 02935
  • Jean-Noël BIRABEN & Noël BONNEUIL « Population et économie en Pays de Caux aux XVIe & XVIIe siècles » in Population, 41e année, n°6, 1986
  • Yves LONGUET, « L’alphabétisation à Falaise de 1670 à 1789 », in : annales de Normandie 28e année N°3, 1978
  • Guy LEMARCHAND, « La fin du féodalisme dans le pays de Caux », 1989.

Notes

[1Date approximative de la date de naissance de Robert Colombel d’après son acte de décès de 1666. Des lacunes dans ces archives anciennes nous ont bloqués à cette date.

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28 Messages

  • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 9 avril 07:40, par dominique GETTIAUX

    Bonjour,
    Pas très étonnée de voir que « l’éducation » de Noël ne s’est pas transmise à ses descendants. Je constate au fil de mes propres recherches (Ardennes française et belge) qu’il n’y a pas automatiquement de continuîté entre générations au niveau social et culturel. Certains ancêtres ayant un statut aisé et montrant de l’éducation (bourgmestre, maître artisan, laboureur aisé) ont de nombreux enfants et certains d’entre eux semblant appartenir aux classes les plus misérables, ne savent pas signer. Sans rêver d’ascenseur social, le maintien dans la classe d’origine n’est pas automatique et on en redescend très vite. Est-ce dû au « manque de projet » (tel que nous le connaissons à notre siècle pour nos enfants),
    ou bien la vie spirituelle étant considérée plus importante que la vie matérielle ?
    Je pense que le sujet mériterait une étude poussée.
    Bonne journée et merci de votre article !

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  • Bonjour,Trés interessant.
    Je suis aussi du pays de Caux .
    Oui on peut penser qu’il s’agit d’ un marchand ,à moins qu’il n’ait étudié pour devenir prêtre et ait ensuite bifurqué .Quel était le parrain de Noel ? son frère Nicolas avait un prêtre pour parrain .(Nicolas Le Roy)
    Par ailleurs dans les archives ecclésiastiques de Rouen , on trouve un Noel Colombel ,marchand de soie qui pourrait être un ancêtre du vôtre en 1543-1544 (G132)qui a vendu su satin noir de gênes ...
    Bon courage

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    • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 13 avril 11:09, par Nadège Béraud Kauffmann

      Bonjour ! Nous avons épluché en long en large et en travers les actes paroissiaux du secteur sans jamais trouver l’acte de naissance de notre Noël Colombel. Pour ce qui est des archives ecclésiastiques, votre piste est intéressante en effet. Peut-être pourrons-nous l’exploiter un jour ? Malheureusement nous ne sommes pas sur place (nous habitons près de Lyon) et lors de notre visite il y a quelques années, nous n’avions pas pu effectuer toutes les recherches que nous aurions voulu faire...

      Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Merci pour ce récit très instructif. On se pose souvent des questions sur les migrations de nos ancêtres. J’ai constaté dans ma généalogie que l’instruction des enfants n’était pas systématique, par exemple, un père notaire royal et ses enfants qui travaillent la terre...
    De plus, j’ai appris ce qu’était une ruche en graphologie !
    Merci à vous.
    CD

    Répondre à ce message

    • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 13 avril 11:14, par Nadège Béraud Kauffmann

      Bonjour, oui apparemment cette absence de transmission est loin d’être un cas isolé ! Je pensais que cela résultait d’une disgrâce, d’une faillite ou d’autres accidents de la vie mais d’après les témoignages de plusieurs personnes suite à mon article, je constate que non. Et moi aussi j’ai découvert ce qu’était une ruche à l’occasion de mes recherches !

      Répondre à ce message

  • Monthyon 9 avril 17:25, par CHAMBAULT ANNIE

    Avez-vous pensé à faire les notaires. Dans les communes où il est passé il devait y avoir un notaire ou tabellion. S’il était commerçant vu son degré d’instruction il devait faire des contrats, ventes ou acquisitions, contrats de mariage pour ses enfants.

    J’ai pu ainsi remonter une ou deux générations alors qu’il n’y avait pas de registres paroissiaux.

    Moi non plus je ne connaissais pas le terme Ruche
    Bonne continuation

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    • Monthyon 9 avril 19:50, par Colette Boulard

      j’ai la même réaction : je pensais aux actes notariés à consulter. Vous m’avez aussi appris cet usage du mot « ruche ». J’ai apprécié la lecture de votre texte, fluide, clair,précis. Merci à vous.

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      • Monthyon 13 avril 11:18, par Nadège Béraud Kauffmann

        Merci pour votre message ! Malheureusement comme je l’ai dit à une autre personne nous ne sommes pas sur place pour effectuer d’autres recherches, à notre grand regret ... Peut-être un jour !

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  • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 10 avril 14:40, par Sonia Landgrebe

    Une très belle reconstitution, sur la base d’une énigme intéressante ! J’ai le cas aussi d’un ancêtre né en 1728 qui savait signer, le seul dans la lignée de père en fils, que j’ai pu reconstituer du milieu du XVIIe siècle à la fin du XIXe, dans l’actuel Loir-et-Cher. Il était fendeur au bois et journalier, et sa signature était moins aisée que celle de votre Noël Colombel. Le fait qu’il soit le seul m’a toujours intriguée ...

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  • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 10 avril 16:33, par Jacques Lorphelin

    Bonjour

    Je vais vous citer un cas très curieux dans une branche de ma famille.

    Au milieu du 18e siècle (1752 plus précisément), un certain Pierre Antoine Taillefesse (1728-1777), originaire de Darnétal près de Rouen, s’installe à Biniville dans le Cotentin à plus de 230 kms de son lieu de naissance où ses ancêtres étaient présents depuis au moins le début du 16e siècle.

    Tous dotés de belles signatures et qualifiés dans certains actes d’ « honorable homme », leur métier n’est jamais précisé dans les registres paroissiaux mais on peut penser qu’ils étaient marchands ou meuniers comme nombre d’habitants de la paroisse Saint-Ouen-de-Longpaon où ils résidaient.

    Pourquoi Pierre Antoine Taillefesse est-il parti aussi loin pour devenir laboureur dans cette petite paroisse rurale à l’autre extrémité de la Normandie où il n’avait apparemment aucune attache et pourquoi a-t-il modifié son nom en celui de Tallefaisse ? Mystère...

    Tout aussi curieusement, son arrière-petit-fils Prosper Tallefaisse (1832-1890) quitte Biniville dans les années 1860, soit un siècle plus tard, pour se fixer à Calais à environ 450 kms de son village, là encore sans raison apparente. Et comme l’avait fait son ancêtre, il modifie l’orthographe de son nom pour reprendre celle d’origine, Taillefesse.

    Une explication peut-être : comme il était ébéniste, il se serait fixé à Calais à l’occasion de son Tour de France en tant que compagnon. Son mariage avec une ouvrière originaire des environs de Calais l’aura sans doute incité à rester sur place. Mais cela n’explique pas le changement de nom...

    Répondre à ce message

    • rouen 12 avril 09:42, par martine hautot

      Bonjour ,
      La modification de l’ orthographe du nom n’est certainement pas volontaire ,elle a été longtemps très aléatoire en fonction de celui qui rédigeait l’acte ,pour le changement de région on trouve au XVIII siècle autour de Rouen des marchands de toile appelés Taillefesse .Peut- être Pierre -Antoine a -t-il rencontré son épouse lors d’ un de ses déplacements pour aller chercher de la toile ou des rubans du côté de Canisy (le travail du textile était très présent dans la Manche) pour finalement s’y installer. Savez-vous où et quand il s’est marié ? les archives notariales pourraient peut-être vous en dire plus.

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      • rouen 12 avril 12:47, par Jacques Lorphelin

        Bonjour

        Certes l’orthographe des noms de familles a été longtemps été aléatoire, et ce pratiquement jusqu’au milieu du 19e siécle.

        Sauf que les Taillefesse, avant et après le départ de Pierre Antoine, ont toujours orthographié leur nom avec la même orthographe.

        Ce n’est que dans l’acte de son mariage à Biniville avec Catherine Angélique Mulac originaire de Néhou, qu’il signe ’"Talfaisse’’ (accompagné d’un petit « serpent »). Il est précisé dans l’acte qu’il était « demeurant depuis dix ans dans cette paroisse », donc depuis 1752. Il avait alors 24 ans.

        Le curé de Biniville n’était autre que le frère de l’époux (il le précise dans l’acte et même dans sa signature « Talfaisse curé frère de l’époux ». Parmi les témoins figure aussi sa soeur Marguerite qui signe également « Talfaisse ». Dans l’état actuel de mes recherches, j’ignore si le frère et la soeur de Pierre Antoine se sont installés à Biniville avant ou après lui.

        Dans l’acte, les professions ne sont pas précisées. Ce n’est que dans les actes de baptême de ses enfants, que Pierre Antoine est qualifié de laboureur.

        Même processus, mais à l’inverse, avec son arrière-petit-fils Prosper qui signe « Talefaisse » dans l’acte de son mariage à Calais en 1867 et reprend l’orthographe d’origine « Taillefesse » dans les actes de naissance de ses enfants.

        L’hypothèse d’un voyage comme marchand de toiles dans les foires et marchés du Cotentin (notamment l’importante foire de Lessay toujours existante) est plausible, mais n’explique pas son installation, 10 ans avant son mariage, comme paysan dans ce petit bourg rural.

        Pour l’anecdote, il existe toujours des Talefaisse dans le Cotentin d’après l’annuaire téléphonique, ce qui prouve que les descendants de Pierre Antoine restés sur place ont conservés l’orthographe du nom de leur ancêtre.

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        • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 12 avril 15:26, par MICHELE DRIEU

          L’installation à Biniville de Pierre Antoine , n’est peut être due qu’à la présence de son frère curé de Biniville. Il faudrait rechercher dans les actes à partir de quelle époque le curé est arrivé à Biniville. Et ce curé a peut-être emmené avec lui sa soeur pour tenir sa maison, ce qui est fréquent.

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          • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 12 avril 17:13, par Jacques Lorphelin

            Je vais faire la recherche mais quel qu’en soit le résultat, je crains qu’elle ne réponde pas à la question de l’installation de Pierre Antoine à Biniville.

            Première hypothèse : si son frère (il se prénommait Jacques et avait 16 ans de plus que lui) était curé à Biniville avant 1752, date de son installation dans le village, on ne s’explique pas vraiment pourquoi Pierre Antoine aurait quitté sa famille à Darnétal et son métier de marchand uniquement pour se rapprocher de lui et de sa soeur. D’ailleurs, ça n’explique pas non plus pourquoi Jacques et Marguerite Taillefesse (devenus Talefaisse) sont venus s’installer à Biniville loin de leur ville natale et du diocèse de Rouen.

            Seconde hypothèse : si Pierre Antoine est arrivé avant la nomination de son frère à la cure de Biniville, on n’a pas plus d’explications satisfaisantes pour autant puisqu’il ne s’est marié que dix ans plus tard avec une femme des environs qui, d’après l’acte de mariage, n’était présente à Biniville que depuis un an.

            Saura-t-on vraiment un jour pourquoi une partie de la famille Taillefesse a quitté définitivement Darnétal pour s’installer sous un nouveau nom à Biniville ?

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          • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 12 avril 17:28, par martine hautot

            la signature de Taillefesse curé apparaît dans les actes ,si j’ai bien vu en 1749 en 1751 on trouve sa soeur marguerite comme marraine .

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            • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 12 avril 17:45, par martine hautot

              Bien sûr ,nous n’aurons jamais de certitude,mais d’aprés l’acte de mariage d’ Antoine ,ses deux parents étaient décédés ,il faudrait connaître la date de ces deux décès .S’ils étaient déjà décédés en 1852 ,il est tout à fait plausible que le frère aîné (peut-être nommé tuteur des plus jeunes ),d’autant plus qu’il était prêtre soit apparu comme un protecteur naturel pour Antoine et qu’il se soit rapproché de lui.Il me semble d’ailleurs que le frère prêtre a donné son consentement au mariage.

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              • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 12 avril 19:49, par Jacques Lorphelin

                Hypothèse très intéressante mais qui se heurte à un problème : Pierre Antoine avait déjà 24 ans en 1752 date de son installation à Biniville. Selon la coutume de Normandie, il n’était plus mineur et n’avait donc pas à être juridiquement sous la tutelle de son frère.

                Je n’ai pas retrouvé les dates et lieux de décès de ses parents, Antoine Taillefesse né le 8 août 1680 (baptisé le lendemain à Darnétal) et Catherine Pelletier dont j’ignore même les date et lieu de naissance.

                Je sais seulement qu’ils se sont mariés à Darnétal le 16 novembre 1703.

                Leur décès se situe entre 1728, année de naissance de leur dernier enfant Pierre Antoine (dernier d’une fratrie de 9 enfants) et le mariage de celui-ci en 1762. En l’état actuel de mes recherches, j’ignore donc s’ils étaient encore en vie en 1752.

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                • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 13 avril 10:00, par martine hautot

                  Bonjour ,une information à vous donner , la mère d’ Antoine, ,Catherine Pelletier est décédée sur la paroisse de saint-Ouen de Longpaon ,le 24 mars 1739 ,son mari était alors vivant.Il me semble que le curé officiant était alors Jacques Taillefesse ,vicaire à saint andré sur Cailly .Elle avait 51 ans
                  https://www.filae.com/v4/genealogie/searchresults.mvc/viewerosd?IsOnlyForPayingUser=True&StartPageIndex=0&NumberResults=7&IdActe=a5d9cca3-d96b-41dd-92a0-0c0967ebfc37&IdP

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                  • Noël Colombel : enquête en Pays de Caux 13 avril 15:33, par Jacques Lorphelin

                    Merci pour cette information. Reste à découvrir les date et lieu de décès d’Antoine son mari qui se situe après juillet 1744, date du mariage de sa fille Marie-Madeleine à Darnétal avec un certain Jacques Vital Delorre, ouvrier de draperie. Il y était présent et a signé l’acte comme témoin.

                    Le sort de Marie-Madeleine est tout aussi intéressant : elle décède le 6 décembre 1798 à Magneville, commune qui se situe à quelques 7 kilomètres de... Biniville.

                    Résumons : sur les 9 enfants du couple Taillefesse-Pelletier tous nés à Darnétal, seuls 4 parviennent à l’âge adulte et se retrouvent tous dans le Cotentin au milieu du 18e siècle.

                    • Marguerite, née en 1707, morte célibataire à Biniville en 1781 ;
                    • Jacques, né en 1712, prêtre dans le diocèse de Rouen puis dans celui de Coutances ;
                    • Marie-Madeleine épouse Delorre, née en 1712, morte à Magneville en 1798 ;
                    • Pierre Antoine époux Mulac, né en 1728, mort à Biniville en 1777.

                    Mais pourquoi donc ont-ils tous quittés Darnétal pour se retrouver dans le Cotentin peu près à la même période ?

                    Le mystère demeure...

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  • Votre article m’a beaucoup intéressée car je descends de Noël Colombel par son fils Jean (Baptiste), fis de Françoise Gallais. J’ai pu grâce à vous compléter mon arbre généalogique.Merci beaucoup.

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    • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 13 avril 12:03, par Nadège Béraud Kauffmann

      Bonjour ! Heureuse d’avoir pu vous aider un peu ! Vous êtes donc un lointain cousin de mon mari :)

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      • Bonsoir,
        Pourriez-vous, me donner les dates de naissance des enfants de Noël Colombel, pour que je puisse reconstituer tout son parcours en allant consulter les différents actes. Merci d’avance.
        Votre lointaine cousine

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        • Villeurbanne 14 avril 11:44, par Nadège Béraud Kauffmann

          Oui, lointaine cousine, pardonnez-moi :)

          Voici les dates de naissance et/ou décès des enfants ; j’irai fouiller dans mes dossiers archivés ce week-end afin de vérifier que je vous ai tout mis. De toute façon nous n’avions pas tout retrouvé, vous aurez peut-être plus de chance !

          Enfants issus du 1er mariage avec Suzanne Bourrienne =
          François né le 24 août 1682 à Blosseville
          Jacques (jumeau de Marin) mort le 29 octobre 1683 à Blosseville
          Marin Noël (jumeau de Jacques) mort le 9 novembre 1683 à Blosseville
          Suzanne née le 20 octobre 1684 à Etretat / morte le 13 février 1697 à Saint-Jouin
          Pierre né le 12 mars 1686 à Etretat
          Marguerite née le 23 septembre 1687 à Etretat

          Enfants issus du second mariage avec Françoise gallais =
          Nicolas né le 29 janvier 1697 à St-Jouin / mort le 3 février 1697 à Saint-Jouin
          Madeleine née le 11 janvier 1698 à Saint-Jouin (mariée le 20 juillet 1723 à St Jouin)
          Noël né le 27 janvier 1700 à St-Jouin / mort le 19 juin 1700 à Saint-Jouin
          Jean né le 30 septembre 1708 à St Martin du Bec

          Bonnes recherches à vous !

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          • Villeurbanne 14 avril 17:14, par MICHELE DRIEU

            Bonjour,

            Merci beaucoup. Je vais pouvoir ainsi consulter les registres.

            Bonne fin de journée

            Michèle

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  • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 17 avril 18:23, par Philippe CARUEL

    Bonjour
    J’ai dans ma généalogie les ascendants de mon épouse avec le nom de Colombel, le prénom Noël 2 en ligne directe et 1 cousin Noël aussi.HUE est le nom de famille de mon épouse.
    Un de mes Noël et nait en 1653 sans connaitre le lieu et décédé à Saint-Jouin-Bruneval en 1728.
    Avec un grand père et un fils au prénom de Noël.
    J’ai récupéré les renseignements par généanet je n’ai pas eu encore le temps de lancer mes vérifications.
    Si vous pouviez élargir autour de Colombel j’en serai ravi.
    Cordialement

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    • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 20 avril 10:40, par Nadège Béraud Kauffmann

      Bonjour !
      Votre épouse est donc une lointaine cousine de mon mari :)
      Nous avions axé nos recherches sur le nom de famille Colombel (patrilinéarité) et nous sommes intéressés que très peu aux conjoints des filles Colombel. Je peux toutefois vous donner le nom de Jean le Lièvre qui épouse Madeleine Colombel (fille de Noël) à St Jouin le 20 juillet 1723. Je regarderai dans mes archives quels sont les autres noms dont je dispose !

      Bonne continuation dans vos recherches !

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  • Noël Colombel : enquête sur un ancêtre en Pays de Caux 17 avril 22:36, par Christian Fizet

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article.
    J’ai constaté aussi plusieurs cas de déchéance sociale dans mes recherches généalogiques, également en Pays de Caux (mais côté Dieppe / Le Tréport), dans les Ardennes (comme Dominique...) et en Bourgogne du Nord, notamment.
    Il est vrai qu’on rencontre au XVII-XIXe des cas d’ascension sociale, mais les cas de déchéance sociale sont aussi nombreux et pas seulement dans les métiers de commerce : j’ai trouvé dans mes recherches une famille dont le père, laboureur, ayant eu dix enfants, presque tous ayant atteint l’âge adulte (huit sur dix), signe les actes, devient fabricien... une famille heureuse et prospère. Les enfants ont beaucoup moins de réussite, beaucoup plus de mortalité infantile, voire de stérilité, décès prématurés, très souvent ne sachant pas signer, généralement manouvriers. La génération des petits enfants ne semble pas connaître d’amélioration : épidémies, probables mauvaises récoltes... Il me semble que la santé et la météo jouaient un rôle important dans ces ascensions ou déchéances sociales. Et dans ces sociétés très religieuses, la « providence » était probablement prédominante.

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