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Les Cattelin une famille honorable et unie de La Bâthie (8e épisode)

Le jeudi 26 novembre 2015, par Danièle Godard-Livet

Quelle belle famille honorable que les Cattelin dans les récits de ma mère ! Famille nombreuse de pluriactifs (paysans et artisans) dont les enfants partent à Paris exercer quelques métiers temporaires ou durables, mais qui gardent des liens solides avec la famille et le pays malgré l’émigration. Je les ai cherchés dans leur exil parisien, dans leurs petits métiers, dans leurs vies qui les ramenaient au village pour un mariage, une naissance, eux qui laissaient leurs nourrissons au pays chez les grands-parents et rentraient parfois pour une retraite à La Bâthie.
Le XXe siècle a changé ces modes de vie, apportant plus d’aisance, des relations avec le reste du monde, mais la force des relations familiales a perduré.

La branche maternelle savoyarde de mon arbre

Marie Emma Cattelin (1894-1970) et François Isidore Alphonse Jacquet (1893-1978)
La Bâthie et Bénétan

La Bâthie est une petite commune de la vallée de l’Isère, entre Albertville et Moutiers. Le hameau principal s’appelle encore Gubigny à l’époque de notre histoire, mais la commune compte bien d’autres hameaux, certains en fond de vallée comme St Didier, Chantemerle, Arbine ou Langon, d’autres sur les pentes qui montent très raides et très hauts au-dessus du fond de cette vallée glaciaire toute plate et de faible altitude mais étroite et dominée par des sommets qui culminent à 3000 m. Biorges, La Ravoire, Laire, Le Fugier, Montesseau pour ceux qui sont habités en permanence ; plus haut, Le Mondon, Lachat, Le Daru, Bénétan (sur la commune de Cevins) qui ne sont occupés que l’été ; plus haut encore, ce ne sont plus des hameaux mais des chalets d’alpage.

Le bas de la vallée jouit d’un climat agréable : c’était la villégiature des évêques de Tarentaise qui possédaient le château de Chantemerle.

Les villages alentour s’appellent Tours en Savoie, Cevins sur la rive droite comme La Bâthie ; Esserts-blay, Rognaix, St Paul sur Isère, Feissons sur Isère sur la rive gauche de l’Isère, la moins ensoleillée. Dans cette portion orientée Nord-Sud de L’Isère, la rive droite est plus clémente que la rive gauche, on y cultive la vigne et on y voit un peu plus le soleil. Les terrains propres à la culture sont peu nombreux dans la commune ; au-dessus très vite s’étendent les alpages où l’on n’accède que l’été lorsque la neige a fondu.

Voilà le cadre de notre histoire, entre Tarentaise et Beaufortain, tout près de la frontière italienne.

Marie Emma Cattelin,ma grand-mère maternelle, naît à La Bâthie le 30 septembre 1894 chez Laurent Cattelin et Marceline Blanc, peu de mois après la mort de son arrière-grand-père Joseph qui a atteint l’âge respectable de 97 ans après deux mariages et onze enfants et toute une vie passée à La Bâthie.

La famille (Cattelin ou Cathelin) est connue dans le village depuis au moins 1705, premier mariage connu entre Didier Cattelin et Françoise Ruffier. Françoise et Antoine, les parents de Joseph Marie Cattelin allient par leur mariage les deux branches Cattelin connues. Famille sans doute originaire de Biorges et du Péchu (Pichu) le hameau au-dessus où des Cattelin portaient au début du 18e siècle des surnoms évocateurs : Didier Cattelin le rouge et Didier Cattelin pistolet !

Marie Emma naît dans une famille honorable, son grand-père Vincent était maire de la commune de 1871 à 1881 (il le sera à nouveau à partir de mai 1900), comme son grand-père Antoine avant lui, et il a épousé une petite fille de Louis Tellier, une personnalité d’Esserts-blay dont nous reparlerons (propriétaire des forges d’Arbine et un temps exploitant des ardoisières de Cevins et de La Bâthie).

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Marceline Blanc & Laurent Cattelin

Lorsque Marie naît tous les descendants de Joseph Marie Cattelin habitent la Bâthie. A Biorges pour certains (François, Antoine et marie Félicité Dorothée épouse Besson), mais à Gubigny pour la plupart.

En 1896, il y a 15 ménages Cattelin parents, descendants de Joseph Marie Cattelin à La Bâthie, 15 maisons où habitent des oncles et tantes, cousins et cousines plus ou moins proches (15 % des maisons du village). Cela donne l’impression d’évoluer dans une grande famille, même s’il n’y a pas de grande maison familiale, même si sans doute on ne fréquente pas tout le monde de la même manière. Et probablement pas du tout les familles des deux tantes déjà décédées à la naissance de Marie Emma, dont les époux se sont remariés et habitent La Bâthie : Marie Adélaïde Cattelin, une sœur de Laurent Cattelin, épouse Gaudichon qui est morte à 37 ans en 1888, six ans avant la naissance de Marie Emma et Agathe Louise Cattelin, une grand-tante de la deuxième famille de Joseph Marie Cattelin, épouse Vieuge qui est morte en couches à 38 ans en 1893, juste avant la naissance de Marie Emma.

Il faut rajouter à cet effectif Cattelin, les bonnes relations conservées avec la famille Tellier : Ferdinand Tellier, demi-frère des petites filles Tellier : Marie Joséphine et de Marie Victoire, a terminé sa vie, veuf et rentier, en 1888 chez Marie Joséphine et son mari Camille Vincent. Et lorsque naît Marie Emma, si Marie Victoire n’est plus là (décédée à 43 ans en 1880), son second époux Joseph Julien Lassiaz habite toujours La Bâthie avec trois de leurs quatre enfants : Alix Azélie, Joseph et François Charles Albert. Lorsque Michel Camille Lassiaz, le 4e enfant de Marie Victoire et Joseph Julien Lassiaz qui vit à Paris se mariera en 1898, avec Marie Elisa Fillion leurs témoins seront les enfants de Camille Vincent : François Camille, Ferdinand, Laurent et Joseph Vuillet, le mari de leur sœur Marie Léonie.

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La famille de Vincent Cattelin au recensement de 1886

La famille de Marie Emma est une famille fortement implantée à La Bâthie et unie, y compris avec ses membres émigrés temporaires à Paris, comme ils en ont presque tous fait l’expérience. Tous les oncles et tantes de Marie Emma sont partis s’employer un temps à Paris ; seuls Camille Vincent Cattelin, son grand-père et ses deux fils François Camille et Laurent, son père, font exception. Peut-être à cause des revenus complémentaires qu’ils tiraient de leur auberge et des ardoisières. Mais nous y reviendrons.

L’émigration temporaire vers Paris

Au milieu du XIXe siècle, toutes ces familles pas très riches et inoccupées l’hiver, envoient leurs garçons et leurs filles à Paris. Installation pour quelques années ou seulement pendant la morte-saison ? Difficile à dire car les couples reviennent souvent se marier au pays avec des émigrés du pays comme eux et leurs enfants naissent parfois à Paris, parfois à La Bâthie où la mère est rentrée seule pour accoucher (enfants qui sont alors mis en pension pour un temps chez les grands-parents). Les couples restés au pays ont souvent des domestiques pour remplacer les enfants émigrés ; on trouve toujours plus pauvre que soi !

Chez les Cattelin, il ne s’agit pas de l’émigration des plus pauvres, les célèbres ramoneurs savoyards, enfants vendus tous jeunes à des maîtres ramoneurs qui les exploitent et les renvoient rarement chez eux. Il s’agit d’une émigration de jeunes adultes célibataires qui exercent un métier et se constituent un pécule pour démarrer leur vie au pays ; rares sont ceux qui ne rentrent pas.

C’était déjà la même chose à la génération précédente et l’on trouve dans l’état civil reconstitué de Paris le mariage en 1831 dans le 3e arrondissement de Vincent Cattelin (un frère de Joseph Marie, l’arrière-grand-père) avec une bourguignonne Edmée Marchand native de Jeux-les-barres en Côte d’or qu’il ramènera à La Bâthie.

Suivons ceux des oncles et tantes de Marie Emma qui ont pris ce chemin :

L’émigration des grands-oncles et grands-tantes de Marie Emma

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La famille de Vincent Cattelin en 1881

François Cattelin (1828-1892) a épousé à Paris à 37 ans en 1865 une fille de Rognaix Lucie Ducrey. On ne sait pas ce qu’il faisait à Paris ni où il habitait. En 1876, il est de nouveau à Biorges.

Alexandre Cattelin (1836- ) a épousé en 1866 (30 ans) une fille originaire de la Somme Augustine Lescallier. Ils vivaient Cité Joly dans le XIe arrondissement, elle était passementière et lui cocher, leur fils Edouard est élevé par ses grands-parents jusqu’en 1881. Eux, rentrent à La Bâthie en 1891.

Pierre Cattelin (1839-1918) a épousé en 1866 une fille de La Bâthie (Césarine Cadet). Il vivait 10 rue St Dominique et était commissionnaire. Ils sont à La Bâthie en 1876, mais Pierre est absent lors de la naissance de son deuxième fils en 1868 à La Bâthie.

Agathe Félicité Dorothée (1841-1882) s’est mariée à 28 ans en 1869 avec un veuf de La Bâthie qui avait déjà deux enfants : Jean Marie Besson ; ils sont à Biorges en 1876. on sait qu’il était auparavant cocher à Paris et habitait dans le 11e arrondissement 17 rue des amandiers Popincourt avec sa première épouse qui y est morte. Leur fils Emile Jean Baptiste Besson(1875-1952) vit à Paris, comme les enfants de François Cattelin et Lucie Ducrey (Marie Sylvie, Lucien Elie et Marie Adeline) qui, eux, ne rentreront jamais à La Bâthie et dont Emile Jean Baptiste semble avoir pris la suite au 108 quai de Jemmapes.

Agathe Louise (1855-1893) épouse en 1888 un garcon de Feissons sur Isère (Vieuge), Il est marchand de vins à Paris Xe et ils habitent 37 rue des marais. Ils rentrent à La Bâthie dans les années 1890. Agathe Louise meurt en couches en 1893.

Claude Antoine (1846-) marié à 43 ans en 1886 à Paris avec une fille de Rognaix, Julie Mugnier, vivait 123 foubourg du temple et était garçon de magasin (sa femme porteuse de pains) n’apparaît à La Bâthie qu’au recensement de 1891.
Des frères de Claude Antoine, Eugène Constant (1850-) et Marie Théodore (1853-) on ne retrouve que Marie Théodore Cattelin, cocher à St Ouen, témoin au mariage de Claude Antoine et Julie Mugnier avec Alexandre, cocher lui aussi et François Vieuge marchand de vins. Ils ne rentreront pas à la Bâthie.

Jeanne Françoise Cattelin (1848- ) se marie très tardivement à La Bâthie après s’être occupée de ses parents Joseph Marie Cattelin et Rosalie Jacquet toute sa vie.

L’émigration des oncles et tantes de Marie Emma

Marie Adélaïde Cattelin (1851-1888) épouse en 1873 un garçon de St Paul sur Isère (François Elie Gaudichon, dont le neveu épousera à une sœur de Marceline Blanc en 1889), il est marchand de vin à Paris où ils vivront ensemble rue volta jusqu’à la mort de Marie Adelaïde (qui revient mourir chez ses parents). Leurs premiers enfants, Marie Elisa et Marie Franceline, sont élevés par leurs grands-parents Camille Vincent et Joséphine jusqu’en 1881.

Marie Amélie (1867-1957) épouse en 1888 un garçon d’Esserts-Blay (Jules Sébastien Jean Marie Blanc qui est un cousin de Marceline et de Marie Célestine Blanc). Pour eux ce sera une émigration définitive. Leurs deux premières filles Marie et Ernestine (ou Célestine) vivent un moment chez les grands-parents en 1891 et 1906 mais on perd toute la famille de vue ensuite. On sait seulement que Marie Amélie est morte à Clermont-Ferrand.

Marie Léonie Cattelin (1869-), qui semble être venue aider son beau frère après la mort de Marie Adelaïde (elle habite rue Volta et exerce le métier de cuisinière) épouse à Paris IIIe en 1892 un garçon du Grand-Bornand (Joseph Vuillet) qui est alors garçon de magasin et vit rue St Martin.
Ferdinand Cattelin (1862- 1906) a son premier enfant à Paris avec Marie Clémentine Jacquet en 1889 ; lui aussi était sans doute venu prêter la main à son beau-frère après la mort de Marie Adélaïde.

Moins d’émigration du côté Tellier (les enfants des deux mariages de Marie Victoire Tellier, la sœur de Joséphine)

Marie Victoire Tellier est la sœur de Joséphine Tellier, toutes les deux petites filles de Louis Tellier, arrière grand tante et arrière grand mère de Marie Emma Cattelin.

Les enfants du premier mariage de Marie Victoire Tellier (avec Tartarat Contet) Marie Françoise et Louis Alphonse meurent jeunes comme leur père ; Louis Alphonse comme soldat au régiment des sapeurs pompiers de Paris.
Les enfants de son second mariage en 1866 (avec Joseph Julien Lassiaz) ne partent guère quant à eux à part Michel Camille qu’on ne connaît que par son mariage et sa fiche militaire :

  • Alix Azélie Lassiaz (1868-1921) est à Lyon lorsqu’elle épouse François Alphonse Vauthier en 1893 (une famille dont nous reparlerons qui venant de Haute Saône s’est établie un temps à La Bâthie avant de s’installer sur Lyon). Ils ne reviendront à La Bâthie qu’en 1901.
  • Michel Camille (1870- ) qui n’apparaît jamais chez ses parents à partir de 1876 (où a-t-il été élevé et par qui ?) se marie à La Bâthie en 1898, mais avec sa femme Elisa Fillion (qui comme sa mère est née à Paris de Bâthiolains émigrés, un cocher et une cuisinière, avant un retour au pays « à la retraite ») ils habitent le XIXe arrondissement et le XVIIIe et laissent leur fille Alix Lassiaz chez sa grand-mère à Chantemerle ;
  • Joseph Lassiaz (1872- 1914) est meunier, il épouse en 1897 une fille d’Esserts-Blay, Léontine Dalès avec laquelle il aura 8 enfants en quelques années. Semble mourir brutalement entre août 1914 et septembre 1914 bien que dispensé de mobilisation générale du fait de ses 6 enfants vivants en Août 14 ; sa femme se remarie en septembre avec le frère d’un meunier (Emile Collombier) qui est un Tartarat Contet par sa mère.
  • François Charles Albert Lassiaz (1875- ), meunier lui aussi, reste handicapé suite à un accident pendant son service militaire en 1899. Il épousera l’institutrice Clothilde Rey et semble avoir vécu de sa pension d’invalidité et du salaire de sa femme. On reparlera de lui car leur fille sera une grande amie de Marie Thérèse, ma mère.

La famille Cattelin, comme beaucoup d’autres familles bâthiolaines, ne connaîtra que très peu d’émigrations définitives au XIXe siècle : les seuls repérés sont les enfants de François Cattelin et Lucie Ducrey, et Marie Amélie Cattelin épouse de Jules Sébastien Jean Marie Blanc. Et puis, il y a cet Eugène Constant, le frère du cocher Claude Antoine qu’on perd de vue, mais qui a peut-être fait souche ailleurs. A l’inverse même, les Gaudichon (natif de St Paul sur Isère) et les Vieuge (né à Feissons sur Isère) se sont installés à La Bâthie malgré les décès de leurs épouses Cattelin.

Par ailleurs, avant 1900, il y a peu de mariages avec des non-Savoyards (et même chez les Cattelin peu de mariages hors de la famille élargie), mais cela change au tournant du siècle, même avant la grande guerre pourtant toujours citée comme inaugurant une époque de mobilité accrue.

On remarque aussi la propension de la famille Cattelin à occuper des professions de service intermédiaires, un peu moins dures et au-dessus des purs manutentionnaires, porteurs ou journaliers et hommes de peine : cocher, cuisinière, passementière, marchands de vin, commissionnaire, garçon de magasin.

Au moment où naît Marie Emma, les temps ont changé

Ni Marie Emma, ni ses sœurs, ni son frère n’émigreront vers Paris. La situation de la famille et les temps ont changé. Non que le village se soit agrandi mais il s’est modernisé.

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La Bâthie en 1732

A La Bâthie des maisons se sont construites pour les nouveaux couples et leurs enfants ne vivent plus avec la génération de leurs parents : en 20 ans de 1876 à 1896, 35 maisons ont été construites, soit une augmentation de 50 % alors que la population n’a pas augmenté. Il faut dire qu’en 1876 la cohabitation était extrême : plusieurs familles avec de très nombreux enfants et parfois des domestiques cohabitaient dans la même maison.

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La Bâthie en 1873

Une école a été construite avec la mairie et des logements pour les instituteurs, près de la nouvelle église qui a été déplacée de St Didier à Gubigny où elle a été construite dans les terrains encore vides en direction de la plaine de l’Isère, juste avant la nationale 90 de Grenoble à Aoste.

Le train s’arrête à La Bâthie depuis 1893 ; il y a une gare, un chef de gare et un garde-barrière et la construction de la ligne vers Moutiers continue.

De nouveaux quartiers ont vu le jour, allant un peu plus vers la plaine de l’Isère, désormais partiellement endiguée au niveau d’Arbine, et dont on ne craint plus les inondations (ou dont on a oublié la force, comme celle de 1859) : « vers la gare », « sous gubigny », « sous l’abbaye ». Les hameaux sur les hauteurs comme Montesseau, La Ravoire ou Laire se sont un peu vidés (mais les agents recenseurs ne signalent pas comme à Tours des maisons inhabitées).

Pourtant, il n’y a pas de maison Cattelin transmise de génération en génération :

En 1876, Joseph Marie habite une maison avec sa seconde épouse Rosalie, mais Pierre son frère et Vincent son fils cohabitent avec des étrangers dans d’autres maisons. François son autre frère vit à Biorges comme Agathe Félicité Dorothée épouse Besson.

En 1896, au contraire, la décohabitation des générations et le partage des maisons avec des étrangers sont quasiment terminés pour la famille Cattelin :

  • François Valentin Vieuge, le veuf d’Agathe Louise, remarié, a sa maison après avoir cohabité avec Pierre ;
  • Pierre et Alexandre ont leur maison, comme Antoine leur demi-frère qui après avoir habité Biorges, vit à Gubigny et loge sa mère Rosalie, veuve de Joseph Marie ;
  • Camille, Ferdinand et Laurent ont chacun leur maison, mais Camille Vincent leur père abrite toujours les Vuillet (sa fille Marie Léonie, son mari Joseph Vuillet et leurs deux enfants) ;
  • Théodore, fils de Pierre et Lucien Elie (à Biorges), fils de François ont aussi leur maison ;
  • François Elie Gaudichon (veuf de Marie Adelaïde Cattelin) remarié à Françoise Trolliet revient à La Bâthie en 1901 ; il habite Arbine.

De 1876 à 1896 une intense activité de réorganisation du village de Gubigny a lieu : l’argent des immigrés, les crues du nant de Gubigny, des incendies ont peut-être contribué à la destruction des anciennes maisons puis à la reconstruction de nouvelles, moins tassées les unes sur les autres et plus nombreuses. Toutefois, les familles Cattelin n’arrêtent pas de bouger (les numéros de maisons recensées ne sont jamais les mêmes pour la même famille, même en imaginant un déplacement totalement aléatoire des agents recenseurs d’une année sur l’autre et un décalage dû à l’accroissement du nombre de maisons, je n’ai pas trouvé de régularité).

Laurent et Marceline, les parents d’Emma sont sans doute les plus stablesdans une maison tout au bout du village près du ruisseau de Gubigny.

Marie Emma et ses sœurs comme son frère iront à l’école. Il y a quatre instituteurs qui viennent d’ailleurs et non 2 instituteurs et deux adjoints. En 1901, ils s’appellent Vuillerme, Vallory, Martin et Pépin ; en 1906, Féchoz, Effrancey, Quai et Maffey ; en 1911, Messiez Gaston et Louise, Quai et Clothilde Lassiaz, Buissier femme du menuisier Tissot Alice. Mais Marie Emma a déjà 12 ans et va continuer ses études à Albertville chez les sœurs (ce qui est rare dans le village).

De quoi vit-on à Gubigny dans ces années-là ?

A l’exception de quelques aubergistes, tout le monde se dit cultivateur, encore en 1896. On a quelques vaches qu’on nourrit à l’étable et qui dorment sur des feuilles de châtaigniers qu’on ramasse dans les « clousets » en même temps que les châtaignes (comme je l’ai encore vu dans les années 60), et qui montent à l’alpage l’été où l’on fait aussi provision de foin dans les chalets de Lachat, du Mondon ou de Bénétan. On produit un peu de maïs et quelques autres céréales dans les meilleurs champs de la plaine, sans doute des pommes de terre, des raves et des choux et du chanvre comme partout en France à cette époque. De la vigne sur les coteaux.

On a un potager et une basse-cour qu’on travaille avec soin. Et on prête la main à diverses tâches dans une importante pluriactivité. Il existe plusieurs martinets, plusieurs scieries, plusieurs moulins sur les ruisseaux de la commune. On repère aussi quelques autres employeurs : l’usine Robert ? La société grenobloise ? les ardoisières de Cevins et ce que les agents recenseurs nomment « l’électricité » qui deviendra l’industrie employeuse de La Bâthie ?

La production de corindon n’a pas encore commencé. La construction de l’usine débute en 1895, et la production en 1905 sous la direction de M. Granger qui habite Arbine et prend la suite de M. Besançon qui habitait au fond du village en 1896, près de chez Laurent et Marceline.

En 1905, Paul girod « la société des forges et aciéries électriques Paul Girod » démarre à Ugine , mais c’est encore trop loin pour les Bâthiolains qui n’y travaillent pas.

On trouve aussi des cafés, auberges ou hôtel : en 1886 les aubergistes Vieuge et Jacquet et Cattelin, en 1896 l’auberge Vieuge près de la gare ; en 1911, le café Pastre au fond du village, le café-restaurant Vieuge et l’hôtel-restaurant Vauthier à Arbine.

En 1911, On est encore cultivateur pour les hommes ou ménagère pour les femmes. Il y a aussi quelques artisans (menuisier, charpentier, charron, galocher, boucher, boulanger, meunier, forgeron, maréchal-ferrant, débitant, dentellière, couturière) mais encore peu d’employés ou d’ouvriers à l’usine. Le chemin de fer qui continue à être posé vers Moutiers et au-delà, emploie plus de personnes que l’usine (chef de gare, garde-barrière, mécanicien et poseurs de rails).

Et puis il y a les ardoisières de la Bâthie qui apportent un travail d’été.

Pour lire la suite...

  • Pour visiter le site de l’auteur : A partir de ce que vous me racontez de votre arbre généalogique ou de vos albums-photos, j’écris pour vous l’histoire de votre famille.

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4 Messages

  • Bonjour Madame,

    Merci pour cet énorme et passionnant travail.

    Je suis un descendant de la famille Cattelin branche Antoine qui a épousé Julie Mugnier.

    Je puis compléter votre arbre tant pour les enfants de Marie Cattelin épouse de César Mugnier que de celle de Joséphine Cattelin.

    Si cela vous intéresse dites le moi.

    Merci.

    Yves Kervaon

    Répondre à ce message

    • Les Cattelin une famille honorable et unie de La Bâthie (8e épisode) 4 décembre 2015 10:44, par danièle Godard-Livet

      Bonjour,
      Bien sûr que cela m’intéresse de savoir ce que sont devenus les descendants des ancêtres dont je parle.
      Je trouve que c’est le plus grand plaisir de la généalogie que de retrouver la trace des descendants...et la partie la plus difficile.
      J’en ai retrouvé quelques uns en établissant mon arbre mais c’est bien d’en trouver d’autres...cela écrit l’histoire dans l’intimité des familles et de leurs destins.
      Avez-vous gardé des liens avec La Bâthie ?
      Vous pouvez m’envoyer les informations sur danielegodardlivet chez gmail.com
      Bien cordialement
      Danièle Godard-Livet

      Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Mes arrières grands parents se nommaient JACQUET épouse BOISSON qui était cantonnier à QUEIGE.
    Ma grand mère BOISSON avait comme cousine une nommée Jeannette CATTELIN dont le père était je crois Théodore.
    Pouvez-vous me dire sur quel site je peux remonter le temps de mes ancêtres ?
    Votre récit m’a beaucoup intéressée.
    Merci beaucoup

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Merci de votre lecture. j’en ai fait un livre plus tard.
      Pour rechercher vos ancêtres, il faut aller sur le site des archives du département de la Savoie et partir de ceux que vous connaissez Thérèse Jacquet et Pierre Boisson mariés en 1863 à La Bathie (vos arrière grands parents).
      Je peux vous aider si vous me donnez votre adresse mail. La mienne est danielegodardlivet chez gmail.com
      Cordialement
      Danièle

      Répondre à ce message

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