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La visite de Charles de Gaulle à Montreuil-sur-Mer

ou la quête des origines familiales

Le jeudi 20 mai 2010, par Gérard Robette

En 1962, Jean Cau écrivait : « Certains hommes n’ont pas une vie mais un destin. On les appelle Grands Hommes ou Personnages historiques ou Hommes illustres. L’espèce est en voie d’extinction. D’où l’étonnement du sociologue, la perplexité du philosophe, la fureur du démocrate, la colère du républicain, la rage du militaire et l’émerveillement du simple citoyen lorsque, au détour du sentier de l’Histoire, il se trouve face à face avec, par exemple, le Général de Gaulle. »

Près de quarante ans après sa mort, il sera désormais de plus en plus difficile de rencontrer des témoins. Mais Charles de Gaulle, comme Jeanne d’Arc ou Napoléon, a suscité de très nombreux ouvrages, ceux des compagnons de route, ceux des détracteurs, ceux des journalistes, ceux des biographes puis ceux des historiens et des chercheurs. Comme toujours, des secrets d’état ou des secrets personnels continuent d’apparaître ici ou là, comme la modification du texte de l’Appel, exigée par les Anglais, avant sa première diffusion le 18 juin 1940, ou des correspondances familiales (celle à son cousin Jules publiée après son décès), professionnelles (celles détenues par la fille du Président Paul Renaud) ou amicales.

Depuis toujours, l’Homme sait où il va et il le fait savoir, dans ses écrits, dans ses discours ou au travers de ses actes. Mais il sait aussi d’où il vient !
Le « petit Lillois de Paris » tel qu’il se décrit dès la vingt-sixième ligne des Mémoires reste plus discret sur sa vie privée.

C’est pourquoi il est intéressant d’étudier cette année, à l’occasion du cinquantenaire de ce voyage officiel de septembre 1959 dans le Pas de Calais et du passage à Montreuil-sur-Mer en particulier, les conditions de la visite du Chef de l’État au travers des liens peu connus qui l’unissent au Montreuillois et à ses origines irlandaises.

De Gaulle à Montreuil-sur-Mer ou le périple de septembre 1959

« Comme des millions de Français, j’ai rencontré de Gaulle au bord d’une route. Le Général voyageait beaucoup, afin de montrer aux populations éberluées le visage de l’Histoire en marche. » Philippe Alexandre.

Madame de Gaulle disait qu’il aimait les bains de foule, les serrements de mains, les kilomètres et les discours, qu’ils lui étaient indispensables. Effectivement le Général aimait les foules enthousiastes et vibrantes. Il aimait plonger dans la multitude venue l’acclamer et dire un mot personnel à ceux qui arrivaient à l’approcher. Ces bains de foule, c’était pour Charles de Gaulle « l’unique moyen de communier avec les forces vives du pays  »

C’est vrai, il aimait les voyages mais aimait particulièrement ceux qu’il faisait fréquemment dans le Pas de Calais :

  • 1944 : Lens et Arras.
  • 1945 : Calais, Marquise, Boulogne, Le Portel, Bruay en Artois, Béthune.

Frevent et Saint-Pol sur Ternoise le reçoivent le samedi 11 août 1945. Parti de Paris à 7 heures, il pénètre dans le Pas-de-Calais, venant d’Amiens, vers 16 heures 30 où il est accueilli par le Préfet, Monsieur Ancel et par le Maire de Frevent, César Bernard, ancien député socialiste. À Saint-Pol, le Maire est alors Monsieur Ricque.

Le journal hebdomadaire l’Abeille de la Ternoise nous apprend dans son numéro du 21 octobre 1945 que, comme gage de reconnaissance pour la réception que lui a faite la capitale du Ternois, le Chef du Gouvernement Provisoire de la République a fait remettre dernièrement à Monsieur le Maire une somme de 5 000 francs destinée à l’achat de galoches aux enfants pauvres. Le bureau de bienfaisance devant se réunir prochainement pour établir la liste des bénéficiaires.

  • 1950 : Calais, Boulogne, Wissant, Audinghen, Wimereux, Hénin-Liétard.
  • 1951 : Arras, Calais.
  • 1954 : Coquelles, Calais
  • 1955 : Cap Gris Nez
  • 1958 : Calais.

Monsieur Marcel Bayart nous conte dans un article récent une anecdote retrouvée dans l’Abeille de la Ternoise en date du 12 avril 1958 :
« Nous apprenons avec regret le décès, à l’âge de 97 ans de Madame Veuve Rohaut, née Henriette Hermant qui résidait route d’Arras à Frévent. Nous espérions compter bientôt notre doyenne au nombre des centenaires, mais malgré les soins assidus que lui prodiguait sa fille, Madame Delrue, elle s’est éteinte doucement avec toute sa lucidité. On se rappelle qu’au lendemain de la Libération, au moment du passage du Général de Gaulle qui traversait alors la ville, on l’entendit s’écrier : Viens chi, min fiu, qu’ euj t’ imbrasse ! Le Chef de l’État se prêta de bon cœur à cette effusion spontanée sous les applaudissements enthousiastes de la foule. »

Charles de Gaulle aimait les rencontres avec le peuple mais il aimait aussi les longues promenades solitaires tant dans le parc de deux hectares de la Boisserie dont il faisait régulièrement le tour que sur les plages de son enfance, Wimereux et Wissant comme lorsqu’il flâne en cette fin d’après midi de juillet 1958, seul sur la plage, alors qu’il a été investi Président du Conseil le premier juin en pleine crise algérienne et qu’il rencontre des promeneurs surpris qui n’oseront l’aborder.

N’oublions pas qu’il avait de la famille à Calais et Frethun et qu’il était propriétaire avec son épouse à Coulogne et Pont de Briques.

« L’organisation n’était jamais facile ! Dans le calcul du temps de parcours, nous ne pouvions prévoir la présence, le long des routes, des maires entourés des conseils municipaux et des enfants des écoles des communes hors itinéraire. » Pierre Lefranc.

DU 24 au 27 septembre 1959, le Président de la République, élu à la magistrature suprême neuf mois plus tôt (le 21 décembre 1958) après avoir exercé pendant quelques mois les fonctions du Président du Conseil en est déjà à son cinquième voyage officiel. Ce voyage ne sera que de quatre jours, mais quel voyage et à quel rythme !

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La carte du voyage envisagé et organisé soit 22 arrêts officiels qui se transformeront en plus de 50 !
Photo journal Nord Eclair.

Vingt-deux étapes sont prévues mais tout le monde sait que le Général accorde beaucoup de prix à la reconnaissance populaire et qu’il n’hésite pas à faire arrêter sa voiture pour serrer des mains. De plus, il surprend, il a ses petits secrets, il profite de ses déplacements pour revisiter son histoire personnelle, celle de sa famille, comme quelques mois auparavant à Cuisery, en Bresse Bourguignonne, où le cortège officiel a fait un détour par ce modeste chef-lieu de canton parce qu’ il voulait voir le blason de Gaule daté de 1604, sculpté sur le porche de l’église. Il disait simplement « Je veux aller là ! » Et le protocole s’exécutait !

Ça n’était pas toujours simple pendant les événements d’Algérie, la crainte des attentats était permanente. Madame de Gaulle ne participait pas, elle était très discrète. Une seule fois, elle a défilé en tête du cortège parce que c’était Calais et que son frère en était le Maire ! Et c’était précisément ce 24 septembre 1959 !

C’est le jeudi 24 septembre 1959 que l’Homme du 13 mai et son épouse ont quitté ensemble l’Élysée à 7 heures 05 du matin, direction Le Touquet Paris-Plage. À 8 heures 20, accompagnés du Ministre de l’Intérieur, Pierre Chatenet et du Ministre des Travaux Publics, Robert Buron, ils sont accueillis à la descente de l’avion à l’aéroport du Touquet par Monsieur Phalempin, Préfet Igame de la deuxième Région, Monsieur Cousin, Préfet du Pas de Calais et le Docteur Jules Pouget, Maire de la ville.

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L’arrivée à l’aéroport du Touquet le 24 septembre1959
La descente de l’avion à l’aéroport du Touquet Paris-Plage alors que le cortège prévu pour le voyage sera composé de 30 Citroën DS 19 noires ! A Lille, pour le dernier jour, la Simca Chambord présidentielle sera utilisée. Photo journal Nord Eclair.

L’objectif est de rallier Arras mais en passant par Boulogne-sur-Mer et Calais. Le cortège officiel, formé de trente Citröen DS noires prend la route pour Montreuil-sur-Mer.

Mais sur le chemin, le Chef de l’État s’arrête à Etaples, à Enocq, à Attin-la-Paix-Faite (dont le Maire, Monsieur Sueur, a servi dans le régiment qu’a choisi Charles de Gaulle à la sortie de Saint-Cyr : le 33e R.I. - l’ trent-tro, régiment de ch’tis - alors caserné Quartier Schramm à Arras) puis à Neuville-sous-Montreuil (qui se trouvait encore sur le passage) où il salue Monsieur Senard, Maire.

À Montreuil, première étape officielle, Le Maire, Pierre Ledent, élu le 20 mars précédent suite aux scrutins des 8 et 15 mars 1959 avait convoqué 3 jours auparavant son Conseil Municipal et évoqué ainsi en premier point du compte rendu de séance la visite annoncée du Premier Président de la Cinquième République : Remise aux Conseillers d’une invitation officielle, leur présence étant souhaitée dès 8 heures 30. Les enfants des écoles sont invités à agiter des petits drapeaux sur le parcours. L’accueil se fera à l’Hôtel de Ville, horaire prévu : de 8 heures 50 à 9 heures 10, il y aura tout d’abord une présentation du Conseil Municipal dans une salle spécialement aménagée au 1er étage par les établissements Lourdel d’Aire-sur-la-Lys, le Maire fera une brève allocution et offrira au Chef de l’État un objet d’Art (un buste antique d’après Nord Matin) puis le Président signera le Livre d’Or, se fera présenter les personnalités invitées en accord avec la Préfecture et se rendra sur le perron arrière (face au jardin qui n’existe plus sur lequel il y avait le kiosque qui servait pour les distributions des prix) afin d’ y faire le premier discours du voyage, en présence de toutes les personnalités, des enfants des écoles et de la population.

La visite était d’importance, le Maire dit qu’elle marquera dans les annales de la Ville, il parle de déférent hommage de la population montreuilloise. Il évoque ensuite les dispositions réglementaires prises telles que la circulation et les autres points abordés comme la décoration extérieure de la mairie, la liste des invités et bien sûr la prise en charge du coût de la manifestation réglé sur l’article Budget Fêtes et Cérémonies.

Le jour venu, le Maire a d’abord accueilli Monsieur Vincent, Sous-Préfet de Montreuil, puis le Commandant de la Gendarmerie du Pas de Calais et le Directeur Départemental de la Police.

Les témoins de cette mémorable journée rencontrés (sur les 21 conseillers municipaux, quatre sont encore vivants) nous confirment les tentures en décoration extérieure et la foule rassemblée derrière la Mairie. Tous ont serré la main du Général, comme le jeune instituteur de l’époque mais qui est aussi resté marqué par le cortège de D.S. noires.

La Voix du Nord du lendemain relate, sous la signature d’André Carton, que la journée fut fraîche mais ensoleillée, que la ville avait installé des mâts garnis de faisceaux de drapeaux, que les Montreuillois avaient pavoisé, que toutes les cloches s’étaient mises en branle, que la foule très nombreuse était contenue de part et d’autre du passage du cortège officiel par un léger cordon policier mais surtout par les rangées d’enfants (d’un coté de la rue, les garçons ; de l’autre, les filles nous dit en 2009 monsieur l’instituteur qui s’est reconnu sur la photo et à qui nous faisons remarquer que c’était un jeudi, jour de fermeture des écoles à l’époque, ce qui rendait encore plus exceptionnel l’événement), qu’une immense clameur suivait la voiture présidentielle qui fit une halte sur la place avant de rejoindre la Mairie, le Chef de l’État, debout dans la D.S. noire, tête nue, saluant la foule des deux mains. Le journal dresse aussi une longue liste de toutes les personnalités invitées comme le député Delesalle, et Monsieur Elby, conseiller général ou présentes comme tous les fonctionnaires locaux représentants leur administration.

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L’arrivée devant la Mairie de Montreuil sur Mer du cortége qui sera suivi de la foule qui viendra entendre le discours
Photo Journal Nord Eclair.

Le Maire, ceint de son écharpe tricolore, fit l’allocution qui suit :

« Monsieur le Président de la République, au nom de mes collègues du Conseil Municipal, au nom de la population Montreuilloise tout entière, je vous adresse, avec tous nos souhaits les plus sincères de bienvenue, l’expression de nos sentiments respectueux et l’hommage de notre indéfectible reconnaissance. Nous sommes fiers, en ce jour, de recevoir le Chef de l’État. Petite ville paisible, qui contraste avec les grandes cités du Nord, déchue d’une splendeur déjà lointaine, dont sa ceinture de remparts reste le témoin le plus remarquable, C’est au titre de chef-lieu d’arrondissement que nous avons l’insigne honneur de vous accueillir. Première possession des Capétiens sur la mer, place forte en un temps où elle marquait les limites du territoire national, l’oubli a bien failli l’ensevelir à mesure que la mer se retirait et que ces limites étaient poussées plus avant. Devenue ville administrative, Montreuil, Monsieur le Président, tient à cette qualité comme à un bien très précieux. Nous sommes fiers de recevoir le Général de Gaulle. En 1940, mon Général, vous nous avez montré le chemin du devoir. Nulle part mieux qu’ici, en cette zone côtière interdite où l’occupation se faisait plus pesante, plus insupportable, votre appel n’a retenti avec plus de force. La vie nous fut moins dure, parce que nous avions mis notre espoir en vous. Et aujourd’hui, Monsieur le Président, comme à tous les Français, vous nous avez rendu l’espoir de voir enfin renaître une France rénovée, respectée et libre. Pour vous aider à accomplir cette tâche immense, nous sommes tous derrière vous, Monsieur le Président, et, comme aux temps sombres de la guerre, nous ne faillirons pas à notre devoir. »
Ce à quoi le Général répondit : « C’est avec une satisfaction profonde que je me trouve à Montreuil, cette cité qui joua un grand rôle au cours de l’Histoire. Il suffit pour en être ému en tant que Français de voir vos remparts et d’en admirer le site. »

Les journaux relateront par la suite que les thèmes du discours seront les mêmes durant les quatre jours : le problème algérien, sur lequel il déclare : « En Algérie, on n’en sortira pas autrement que par l’autodétermination », le progrès social, la paix dans le Monde et l’unité nationale : « Il est réconfortant de constater que le contact est établi entre nous tout de suite. Cela signifie notre unité nationale, notre accord profond et complet pour que nous fassions une France plus prospère, plus forte et plus fraternelle. Et de ceci je vous prends à témoin ».

Après avoir entonné la Marseillaise, le cortège reprend la route direction Boulogne en retraversant Neuville dont la municipalité et la population n’ayant pas quitté les trottoirs l’acclament une fois encore.

L’accueil est chaleureux, les foules sont enthousiastes. Après une courte pause à Samer, le cortège s’ébranle direction Boulogne où il est accueilli par 21 coups de canon tirés de l’escorteur Jaureguiberry. Le Président remet un chèque de 250 000 francs pour l’œuvre des marins péris en mer et part visiter les reconstructions.

À midi, il est à Calais, attendu par Jacques Vendroux, son beau-frère, Maire de la ville, il visite le port sous la conduite du Président de la Chambre de Commerce accompagné exceptionnellement de son épouse et de sa belle-sœur, déjeune en moins d’une heure et reprend la route pour Coquelles, Ardres, Moulle et Tilques où il prend le temps de saluer l’ancienne institutrice de son épouse, âgée de 82 ans.

Il doit être à Arras à 17 heures mais s’arrête encore sur la route à Saint-Omer, Arques, Aire-sur-la-Lys, Auchel, Lillers, Pernes et Saint-Pol sur Ternoise. Il fait prévenir Guy Mollet, ancien Président du Conseil, Maire d’Arras qu’il sera en retard.

En effet, Monsieur Marcel Bayart relate dans l’Abeille de la Ternoise qu’il est 17 heures 35 quand le cortège pénètre dans Saint-Pol sur Ternoise alors que les cloches de l’église provisoire sonnent à toute volée. Une immense clameur s’élève quand la voiture présidentielle débouche sur la place et s’immobilise sur le parvis de l’Hôtel de ville où Monsieur Pierre Bonnel accueille le Président accompagné des Ministres et de son aide de camp le Colonel de Bonneval.

Le Chef de l’État, vêtu d’un costume civil gris foncé salue Monsieur Dijoud, secrétaire général de la Préfecture, sous-préfet de Saint-Pol et Monsieur Charles Chopin, député de la circonscription puis embrasse la petite Patricia Saint-Germain qui lui a offert une gerbe de fleurs tricolore.

Après avoir pris un bain de foule, il est invité à signer le Livre d’Or de la ville, ouvert pour la première fois, à l’occasion de sa visite. Puis à partir de l’estrade dressée devant la mairie, il déclare « trouver à Saint-Pol un nouveau réconfort, une nouvelle raison d’espérer dans les destinées de la France. Pour lourde qu’elle soit, la tâche n’est pas insurmontable si elle est abordée dans un climat de confiance et d’unité ».

Puis le Président reprend place dans sa voiture pour gagner Arras. Il est 17 heures 44. Le Général est resté neuf minutes à Saint-Pol qui n’en conservera pas moins un chaleureux souvenir de son passage.

À Tincques, où il ne put s’arrêter du fait du retard pris sur l’horaire, les clairons de la clique de fanfare exécutèrent une sonnerie de circonstance dont on parla sur Radio-Luxembourg.

En Préfecture, il s’adresse à 383 Maires, passe la nuit à Arras avant de reprendre la route direction Dunkerque mais après un arrêt à Mont-Saint-Eloi (toujours non prévu au programme) il s’entretient avec la Comtesse de Ranchicourt, Maire de Ranchicourt, parente de Madame de Gaulle.

À Haillicourt, il descend à la mine. Généralement, les Maires de toute tendance sont heureux de le recevoir, ceux des grandes villes ont tous un passé commun dans la résistance mais à Haillicourt, le Maire communiste, appliquant les consignes de son Parti, est absent.

Puis le voyage reprend, avec les inaugurations de bâtiments reconstruits, les visites de centre-ville etc., en passant par Lens, Bethune, La Gorgue où le Préfet du Nord lui fait les honneurs de son Département, Armentieres, Nieppe, Bailleul, Hazebrouck, Bergues et Dunkerque le soir.

Le lendemain, le but était Lille en traversant le Département du nord au sud, C’est-à-dire en passant par Avesnes et Maubeuge où il rencontre des anciens combattants belges venus le saluer.

Le problème essentiel de ce voyage fut d’en assurer la sécurité. Ça n’est que depuis le 16 septembre, soit huit jours auparavant, que l’Homme du 13 mai parle d’autodétermination et qu’il ouvre, dans ses discours, la voie à l’Algérie algérienne !

Pour pallier à toute éventualité, un hélicoptère était toujours disponible à trois minutes du cortège. C’est un motard de la 1re C.R.S. qui a pu en profiter cette fois, le 26 septembre, accidenté, il a eu la vie sauve parce qu’ il a pu être évacué ! Le 27, Charles de Gaulle qui a tenu à assister à une messe dans l’intimité de son église natale, l’église Saint-André-de-Lille, alors en travaux, échappe, à deux heures près, non à un attentat mais à un accident : la chute du plafond !

Ce voyage de septembre 1959 laissera au Président de la République comme à sa famille de bons souvenirs et des anecdotes à raconter durant plusieurs années comme celle de sa rencontre avec le curé doyen de Bomy qui vient lui dire : « Mon Général, C’est moi qui vous ai marié en 1921 ! », ce à quoi, le Chef de l’État répond : « Rassurez-vous, Monsieur le curé, je ne vous en veux pas ! » C’est au cours du même voyage qu’il rencontre un compagnon de chambrée du 33e R.I., qui sera d’ailleurs fait Chevalier de la Légion d’Honneur 3 semaines plus tard, devenu cultivateur dans le Calaisis. Charles de Gaulle racontant ces retrouvailles à son beau-frère en dira : « Le brave Jules a pu constater que la grande asperge (un de ses surnoms) est devenue une grosse légume ! »

Dans l’intimité, il ne manquait pas d’humour, il avait d’ailleurs dans son bureau deux dessins de Jacques Faizant découpés et déposés par son épouse, l’un le montre face à la foule au cours d’un voyage comme celui-ci entamant son allocution par : « si vous la connaissez, arrêtez-moi ! », l’autre le montre répondant au Chandelier Adenauer : « ambitieux, moi ? si j’avais voulu, j’aurais été maire de colombey ! »

Le 15 janvier 1960, le Conseil Municipal de Montreuil-sur-Mer, par 14 voix contre 3 et 2 abstentions, décide de donner à la Grand-Place le nom de « Général de Gaulle qui fût l’âme de la Résistance Française en 1940 et qui, par son action, contribua à sauvegarder nos libertés ».

Pour lire la suite : Les ancêtres du Général enterrés à Montreuil- sur-Mer.

Sources :

  • Ch. de Gaulle, Le fil de l’épée, 1932.
  • Ernest Mignon, Les Mots du Général, Arthème Fayard, 1962.
  • J. Raymond Tournoux, Jamais dit, Plon, 1971.
  • Jacques Vendroux, Cette chance que j’ai eue, Plon, 1974.
  • André Frossard, La vie et les actes de Charles de Gaulle, Plon, 1975.
  • Pierre Lefranc, Avec Qui Vous Savez, Plon, 1979.
  • Olivier Guichard, Mon Général, Grasset,1980.
  • Gal de Boissieu, Pour servir le Général, Plon, 1981.
  • Jean Lacouture, De Gaulle, Le rebelle, Seuil, 1984.
  • Arthur Conte, Les Présidents de la Ve République, Le Pré aux clercs, 1986.
  • Robert Lassus, Le mari de madame de Gaulle, Jean-Claude Lattes, 1990.
  • M. Marcq, De Gaulle, Homme du Nord, V.d.N. 11.11, 29.12.1971.
  • A. Farine, De Gaulle, Fils du Nord, Nord-Eclair, H.S., 1986.
  • Louis Watrigant, Généalogie famille Maillot, manuscrit, 1970.
  • Gilles Henry, L’intermédiaire des Généalogistes, art.n°151, 1971.
  • Charles Cuvelier, secrétaire du Groupement Généalogique Région Nord.
  • Antoine Delloye, Micheline Robette, généalogistes.

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