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Accueil > Documents > Témoignages > L’arbre qui ne voulait pas mourir > La « petite Suisse » (1er épisode)

La « petite Suisse » (1er épisode)

Le jeudi 1er novembre 2001, par Josiane Laurençon-Kuprys

Si d’aventure quelqu’un devait lire ces feuillets, je le prie d’être indulgent pour les fautes d’orthographes ou de syntaxe. Car tout ceci a été écrit sur un cahier d’école, non pas pour être un exercice de style mais bien plutôt pour épancher le trop plein de mon cœur. Lire avec la clémence et les yeux du cœur, voilà tout ce qui me semble nécessaire pour accomplir ce voyage, et j’invite tous mes lecteurs à en user largement. MERCI.

Connaissez-vous la « petite Suisse » ? Depuis l’âge tendre, j’ai toujours entendu cette appellation !

Pour tenter de la dépeindre et fixer cette aquarelle sur la toile blanche, je vais tremper, pour vous, le pinceau de l’amour, dans la couleur de la tendresse.

Ne croyez pas que nous partons pour Cythère... Tout ceci est très près. Pourquoi aller chercher ailleurs, ce qui est là... juste à côté ?
En partant de Vaise (ndlr : un quartier de Lyon, 9e arrondissement), on doit emprunter une route sinueuse, qui devient de plus en plus champêtre, au fur et à mesure que défilent les kilomètres.

On traverse Saint-Didier et on monte, sur la route toujours en lacets, jusqu’aux pieds du Mont Thoux. Ici, si l’on se retourne, on peut embrasser toute la ville, d’un seul coup d’œil, et si on a de la chance on peut admirer le paysage jusqu’à la chaîne des Alpes.

Vous voyez ? Il n’y a aucune agressivité dans ce paysage, qui commence, peut-être, à susciter en vous, un sentiment de nostalgie. Tout, ici, est rond et d’un vert tendre.

Mais continuons la promenade.

Avant d’amorcer les virelais, laissons-nous glisser, comme sur un toboggan, jusqu’à Poleymieux, fief du célèbre physicien et mathématicien, Ampère. Né chez les « Gones » en 1775, ce Monsieur nous a légué le télégraphe. Mais assez d’histoire, continuons notre chemin.

Laissons-nous prendre par l’air pâmé, séduire par les teintes de ce charmant décor tout vallonné... avant d’arriver au creux de ce si joli petit village, berceau de mes aïeux.

Encastré dans les Monts-d’Or verdoyants et ventrus, dont le point culminant est de 612 mètres, en redescendant en pente douce sur la vallée de la Saône, il est là mon Curis.

Il est là, tout blotti, enserré dans sa ceinture de verdure, avec son clocher en pierres dorées, qui veille sur ses ouailles, en sonnant les heures de la vie. Chère petite église où j’ai été baptisée !

Si l’on redescend par la route, on arrive sur la petite place méridionale, avec sa fontaine et ses platanes, où j’allais, enfant, participer aux fêtes ou aux bals.

D’ailleurs à la veillée, lorsque nous nous promenions, nous nous y arrêtions toujours pour regarder les joueurs de boules. Ils arrosaient les points gagnés, à grands coups de « fillettes » (petits verres de vin blanc), pendant que le perdant allait embrasser « le cul de la Fanny » dans les rires et les quolibets.

Voulez-vous voir le château ? Enfoui dans les arbres séculaires, il faut monter vers les carrières, par le chemin du Chêne, pour l’apercevoir. A bonne hauteur, on peut le distinguer avec ses donjons à vieilles tours pointues.

Mais retournons vers le village où maisons et villas se succèdent avec leurs petits jardins fleuris. Prenons la jolie route du lavoir, petit chemin creux montant en grappille. Cette route ombragée menant à Saint-Germain, est bordée à gauche par les hauts murs de la propriété des « de Lagarde », et à droite par de larges prés, dévalants les pentes, jusqu’à la Saône. En bordure de ces champs, se dressent des noyers, dont les noix ramassées pour les provisions d’hiver, ont parfumé toute mon enfance.

Les « Cornières », par leurs chemins creux, cachés sous les frondaisons de noisetiers, nous mènent « aux Places », bois de jonquilles et de muguets.
Les pâturages des « Machot », le verger des « Vessot », regorgeant d’arbres fruitiers, aux cerises, pommes vermeilles, poires juteuses et pêches de vigne, veloutées, témoignent encore du bonheur des après-midi d’été de mon enfance.

Mais si vous préférez, on peut également accéder à Curis par les bords de Saône.

La route bien droite, mais riante, nous promène, en passant par l’île Barbe, ravissante et luxuriante petite terre insulaire. Avec ses saules pleureurs, ses teintes d’automne, ses vielles maisons bourgeoises rustiques, croulant sous la vigne vierge rougeoyante et ses coins romantiques pour les promenades en amoureux, elle règne sur son domaine fluvial.

Chaque fois que j’y passe, je ne peux m’empêcher d’imaginer des couples d’un autre âge et de jolies jeunes femmes en crinolines et ombrelles blanches, sorties tout droit d’un roman de Maupassant.

Voici maintenant Rochetaillée. avec son château de poupée, perché sur la hauteur, devenu un musée de vieilles automobiles.

Puis se succèdent Saint-Romain, Couzon, toujours baignés par la Saône, Albigny avec sa carrière déchiquetée, et enfin Neuville dont le pont est en arcades.

Enfin, il faut tourner à gauche, passer Villevers, prendre le grand virage et monter, monter, sans s’essouffler. Arrêtons-nous un peu, et prenons le temps de regarder...

Attention nous voici à l’embranchement... Hop ! Prenons à gauche, l’ancienne route sur laquelle, un poteau indique « Curis » et suivons le mur rond, en pierres du pays.

Après avoir dépassé la Mairie, on ne peut pas se tromper. On compte une maison et elle est là, toute grisette, avec ses volets de bois, surplombant la route comme une sentinelle. Elle est là, la maison de mon enfance, la maison de Pépé.

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7 Messages

  • > La « petite Suisse » 23 février 2005 13:48, par Laurençon Sophie

    C’est le titre « la petite Suisse » qui m’a intrigué. Mon père s’appelle Bernard Laurençon et me parle très souvant de la petite Suisse là ou il allait jouer de la musique et dancer. Je voudrais simplement savoir si nous avons les mêmes origines. Je ne connais que très peux ma famille et j’aurais voulu en savoir un peux plus. J’ai toujours voulu rechercher mes origines. Merci de votre réponse

    Répondre à ce message

    • > La « petite Suisse » 4 août 2008 08:29

      Bonjour, Je m’appelle aussi Bernard Laurençon et votre petite histoire, eh bien je l’ai trouvée croustillante.
      Peut-être aurons-nous l’occasion de faire connaissance et découvrir que nous sommes en fait de plus ou moins proches parents.
      Donc en attendant, je vous souhaite une excellente journée.

      Bernard Laurençon

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  • > La « petite Suisse » 8 juillet 2006 17:33, par G SACCUCCI

    Bonjour JOSY et FREDO

    Je passe souvent dans CURIS quand je reviens de VILLEFRANCHE pour aller à SAINT CYR AU MONT D’OR et chaque fois je pense à toi et les histoires que tu nous racontais sur ton Grand-père .CURIS a été rénové et son nom de « petite SUISSE » n’est pas usurpé.
    GERARD

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  • > La « petite Suisse » 2 septembre 2006 13:34, par Avessot

    J’ai été très intéressé par votre article sur la « petite Suisse », dont le style est fort agréable, je ne connaissais d’ailleurs pas cette appellation. Mes ancêtres Vessot sont en effet arrivés vers 1860 sur Curis. Mon arrière grand-père Louis Vessot a même eu un carré de vigne aux « Cornières » vers 1900. Une branche de Vessot est restée sur Curis, il s’agit d’André VESSOT (qui a aujourd’hui 82 ans). Je ne sais pas à quand remontent les souvenirs que vous évoquez, mais sans-doute avez-vous rencontré ce cousin Vessot lors de vos visites chez votre grand-père.

    André VESSOT de Lyon

    Voir en ligne : Documents-Témoignages 01. La « Petite Suisse »

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  • La « petite Suisse » 22 juillet 2008 17:50, par Yvonne

    J’ai été très intéressée par vos articles sur Curis. Peut-être avez-vous connu mon frère, ainsi que mon père et mon grand-père. Mon frère s’appelait René JUTTET, mon père Jean-Claude et mon grand-père Pierre ? Je retourne de temps en temps à Curis, étant donné que j’y ai de la famille. J’ai connu des Machot, dont le monsieur s’appelait Antoine.

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  • La « petite Suisse » 26 août 2011 18:45, par André Vessot

    Bonsoir Josiane,

    J’ai pensé à vous car cet après-midi j’étais dans ce charmant bourg de Curis, la « Petite Suisse » de votre enfance, pour accompagner à sa dernière demeure mon cousin André Vessot (87 ans)qui devait être voisin de votre famille. Vous évoquez en effet les Vessot dans « Les vendanges ». Par contre son frère aîné Joseph (99 ans) est toujours vivant. J’ai toujours plaisir à me replonger dans votre série d’articles.
    Bien amicalement.

    André VESSOT

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  • La « petite Suisse » (1er épisode) 18 février 2020 09:49, par Mike MORICE

    Salut,

    Pour comprendre ce « silence », il faut savoir que c’est moi qui ai publié les souvenirs de jeunesse de Josiane avec son accord (Josiane est ma cousine préférée).

    Mais depuis la date de cette publication, Josiane n’a rapidement plus eu d’accès à Internet et il était hors de question d’indiquer ici son n° de téléphone ...

    Elle vient de m’autoriser à indiquer son adresse postale pour celles (ceux) qui voudraient la joindre, ce qui lui ferait très grand plaisir ; donc voici :

    Mme J. KUPRYS
    55 ? PLACE DES Pins - lot St-Martin
    83570 CARCES, Var

    (elle est d’une santé acceptable pour ses 76 ans, ma cadette de 12 ans)

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