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L’alliance avec les Treille d’Arconsat, charrons colporteurs des Cros (4e épisode)

Le jeudi 29 octobre 2015, par Danièle Godard-Livet

Il y a à Arconsat, un fin connaisseur de l’histoire du Pays : Jean François Faye, président de l’association des amis des bois noirs et rédacteur en chef de la revue « le colporteur de bois noirs » qui m’a guidée dans l’exploration de cette branche de ma famille : les charrons, colporteurs du hameau des Cros. Des archives privées redécouvertes en démolissant une maison m’ont été confiées et m’ont permis de suivre l’histoire des Treille, puis le mariage des frères Godard avec les sœurs Brière, nièces de Claude Treille, dit le riche. Pour comprendre la passion pour les bois qu’ont développée les Treille, rien de mieux que de lire « Gaspard des Montagnes » d’Henri Pourrat qui ne se passe pas si loin dans la région d’Ambert.

Les sœurs Brière (1872 et 1874 – 1946 et 1948) et les frères Godard (1870 et 1872- ? et 1946)

En 1898, le 14 mai les deux sœurs Brière Marie Elisabeth et Clotide Maria des Cros d’Arconsat épousent aux Salles les deux frères Antoine Marie et Johannès Marie Godard de Coubanouze. Les sœurs Brière sont les filles de Jean Brière et Claudine Treille, mariés à Arconsat en 1871.

Longtemps ce mariage de leurs parents m’a étonnée et pour tout dire paru bien improbable : comment un granger de la Faye, fils de granger et employé au scitol [1] de Mme Petel avait-il épousé la sœur de Claude Treille dit le riche ? Pourquoi dans les années 1870, alors que le train était en construction dans la vallée de la Durolle, que Chabreloche se séparait d’Arconsat et que Noirétable allait prendre son essor de petite capitale régionale et de future station climatique, fuir la modernité et remonter à Arconsat dans une communauté agricole de charrons et de colporteurs, chez les Treille ?

On connaît l’histoire de la famille Treille d’Arconsat par une généalogie Guillemot qui leur est consacrée sur deux siècles ( XVIIIe et le XIXe siècle) et pour ce qui concerne la communauté installée aux Cros d’Arconsat par les nombreux documents de famille retrouvés dans une cache pratiquée dans un mur, ouverte lors d’une démolition. Ces documents (un millier de pages comme pour les Cohas et Godard de Coubanouze ont été numérisés par Jean François Faye, président de l’association des amis des bois noirs qui nous en a aimablement confié une copie).

Petit détour par l’histoire des Treille d’Arconsat (histoire de parsonniers et de charrons)

Pierre Treille né vers 1667 à St Just en Chevalet vient s’installer vers 1717 comme charpentier au Puy avec sa femme Isabeau Delorme épousée en 1708 et leurs premiers enfants qu’ils ont eu à Villette commune de Noirétable. Le couple a six enfants (dont trois fils vivants) qui vont tous faire souche à Arconsat.

Leur fils Jean et sa sœur Michelle s’installent ensuite à La Roche sur la commune d’Arconsat où ils ont épousé le même jour en 1742 deux enfants Faure (de Jean Faure et Anne Pauze, eux aussi charpentier, granger et meunier). Jean est toujours charpentier et reprend avec son beau-frère le domaine de la Roche qui appartient à la dame Dubessey, veuve Delestra de Cervières (bail 3,6, 9 conclu en 1766 reconduction d’un bail de 1759).

Jean et sa femme n’ont que deux enfants Pierre et Antoine qui s’installent aux Cros (vers 1768 au moment du mariage de Pierre ?) comme charpentiers charrons. Antoine restera célibataire mais Pierre aura 3 fils ; son testament de 1821 privilégie l’aîné et le cadet, Claude et Michel qui devront rester vivre avec lui ; le troisième enfant, Bonnet qui n’est même pas cité dans le testament, s’allie aux Guillemins dont il devient parsonnier.

Bonnet est mon ancêtre qui avec ses deux fils Blaise et Claude organise l’acquisition et la gestion d’un patrimoine familial sur le mode de la communauté agricole. A l’origine de ce patrimoine, l’usufruit des possessions de Marie Guillemin qui meurt très tôt sans avoir donné d’enfant à Bonnet Treille (usufruit qui sera racheté par un oncle et un neveu Guillemin à Bonnet Treille pour 500 F en 1819 après un procès). Remarié avec une Gouttebarge, Bonnet a deux fils. L’association des deux frères Blaise et Claude est scellée en 1844 devant notaire après la mort précoce de leur père.

Les parsonniers dans la montagne thiernoise étaient les paysans qui vivaient en communauté « au même feu et au même lieu », n’hésitaient pas à réaliser des mariages entre cousins ou entre oncles et nièces et travaillaient sous la direction d’un maître élu et d’une maîtresse élue (qui ne pouvait être la femme ou la sœur du maître). Tout le patrimoine restait commun. Cette modalité juridique d’association d’origine très ancienne a perduré jusqu’à la fin du 19e siècle (parfois plus tard) ; elle a donné lieu au livre Les bons Dieux de Jean Anglade, car il s’agissait toujours de communautés très chrétiennes. Certaines branches de la famille Treille ont clairement conservé cette modalité d’association sur la longue durée ; en ce qui concerne notre branche, l’association va tourner court pour des raisons qui nous échappent.

Blaise et Claude, sont charrons et colporteurs, mais aussi grangers des Rolland et cultivateurs de leurs propres terres. Ils ont épousé deux sœurs Cornet en 1838 et 1848.

On connaît les charrons, gens du travail du bois et du fer qui faisaient les roues de charrettes mais aussi les moyeux et les essieux. L’encyclopédie de d’Alembert et Diderot nous explique très bien ce métier disparu et nous montre de nombreuses planches.

Pas étonnant pour des descendants de charpentiers qui vivent près de ce grand chemin qui va de Roanne à Thiers. Pas étonnant que tout le hameau des Cros y consacre son activité.

Pour ce qui est de l’activité de Colporteurs, je n’ai rien trouvé sur ces colporteurs au long cours qui exerçaient leur activité jusqu’en Amérique. Leur activité de commerce semble s’apparenter plus à celle des émigrants de Barcelonnette dans la vallée de l’Ubaye qui partirent vers le Mexique qu’à celle des colporteurs de livres, d’images et de menus objets qui parcouraient les monts d’Auvergne. Les bribes de mes connaissances viennent des documents retrouvés : un mort à Mexico en 1865, un mort à Oran en 1850, un carnet de Cuba qui ne dit pas grand chose, Arconsat capitale mondiale de la saucisse de chou dont la recette viendrait de Grèce, mais aussi l’histoire d’un certain Renè Masson qui créa en 1849 à Mexico un journal en français Le trait d’union dont les principaux abonnés étaient sans doute les « colporteurs », « pacotilleurs », mais aussi des artisans et d’autres actifs immigrés. Renè Masson était lui-même à l’origine un de ces colporteurs : il aurait quitté la France en 1844 avec un lot de « pacotille » de flanelles et de parapluie qu’il ne paiera jamais à son fournisseur (dette de 11 812 francs). Il est peu probable que nos ancêtres aient compté parmi ses abonnés car le niveau de leur expression écrite laisse penser qu’ils n’étaient pas très bons lecteurs mais dans le contrat de mariage de Claude, le père de notre ancêtre on trouve la mention des 10 000 F apportés par le futur « provenant de son activité commerciale dans l’Amérique Centrale ».

Quelles sont les raisons de la dissension entre les deux frères ? On ne les sait pas. Certes les parents ont avantagé l’aîné lors de son mariage,mais celui-ci était antérieur à la création de la société. Pourtant les deux frères amorcent le partage de leur société en 1854, dix ans après sa création, puis le partage complet de l’héritage en 1859 après la mort de leur mère (en déshéritant pour une rente annuelle de 50 F leur sœur célibataire jugée « incapable d’administrer ses biens elle-même »). Et leur patrimoine s’accroît encore en 1863 de l’héritage de leurs femmes Claudine et Marie Cornet qui héritent en partie de leur grand-père et de leur grand-mère (Bonnet Cornet et Marie Faure).

On sait par ce document de partage de leur société qu’ils n’avaient, ni l’un ni l’autre fait leur service militaire ; Blaise n’avait pas été tiré au sort et Claude avait acheté un remplaçant.

Puis le malheur va frapper plus durement encore la famille lorsque Claude, frère de Blaise, meurt à Mexico en 1865 à 39 ans laissant une veuve et deux orphelins, juste après le partage des affaires entre les deux frères. Les familles des deux frères autrefois si proches ne se parlent plus, ne s’entraident plus, ne se connaissent plus.

Après ce décès, Blaise, le père, se retire des affaires et donne procuration sur tous ses biens à son fils Claude qui vient de se marier à Marie Carton (en 1862). Sans doute un beau mariage, car si Marie Carton n’a que 17 ans et pas de père, sa mère Antoinette Carton est déjà deux fois veuve de deux fils Pauze (Blaise et Jean Blaise) charrons et propriétaire à La Pauze.

On cherche un époux pour Claudine, la sœur de Claude, car il n’y a plus d’homme pour travailler avec Claude et le père, depuis la mort de l’oncle Claude ; un mari travailleur et conciliant car les parents de Claude et de Claudine ont avantagé leur fils aîné lors de son mariage en lui donnant le quart en préciput de leurs biens immobiliers sur Arconsat, Celles sur Durolle et St Priest La Prugne.

C’est dans ce contexte que Jean Brière va épouser Claudine Treille, la sœur de Claude Treille, dit le riche. Un beau patrimoine mais une famille divisée et endeuillée. Le très lointain cousin Bruyère (plutôt du côté Cornet et Gouttebarge, du côté de la mère et de la grand-mère), propriétaire à la Faye et marchand de bois (devenu Brière) dont les aïeux sont originaires d’Arconsat, mais qui avait quitté les pentes pour des altitudes plus clémentes, fait un retour aux sources.

Un double mariage a lieu à Noirétable, et non à Arconsat le 24 octobre 1871 à dix heures du soir (?). Jean Brière et son frère Johanny se marient le même jour. Les deux contrats de mariage ont été conclus chez maître Dusantin à St Didier sur Rochefort et les deux frères ont les mêmes témoins : Bertrand Georges, propriétaire à Noirétable, Claude Vialle, propriétaire aux Suchaux et Claude Treille, propriétaire aux Cros d’Arconsat. Johanny Brière, le frère de Jean, épouse une Raillère propriétaire à la Croix de mission où ils iront s’installer. Ils resteront à Noirétable où leur fils aîné ouvrira le premier grand hôtel de voyageurs dans la station climatique qui démarre.

L’enfance des sœurs Brière

Jean Brière et sa femme Claudine Treille s’installent d’abord à La Faye où naissent leurs deux filles en 1872 et 1874. Mais en 1877, à la mort de Blaise Treille et de la donation anticipée que fait la mère de Claude et de Claudine « pour faciliter le partage entre ces deux enfants », Jean Brière est dit habiter au Grand Bois commune de Viscomtat. En 1898, lors du mariage de ses filles avec les frères Godard, la famille est dite habiter aux Cros d’Arconsat. Où les filles Brière ont-elles grandi ? A La Faye, au Grand Bois ou aux Cros ?

La Faye se trouve dans la vallée de la Durolle où passe la route et où passera bientôt le train ; c’est un hameau isolé mais une halte où l’on peut voir du monde. Les Cros d’Arconsat sont un bout du monde, cerné par la forêt. Un monde dur tout tourné vers le travail du bois, les scieurs, les charpentiers, les charrons et ces transporteurs qui font le voyage sur le grand chemin entre Roanne et Thiers. La vie est maintenant dans la vallée et Chabreloche a revendiqué son statut de commune indépendante et l’a obtenu en 1876. Le Grand Bois sur la commune de Viscomtat est plus isolé encore, si c’est possible.

Les deux sœurs Brière seront élevées dans l’ambiance d’une famille restreinte où l’on travaille beaucoup dans un hameau de bout du monde où l’on ne parle à personne. Pas de quoi avoir une vision optimiste du monde et de l’avenir ! Reste le secours de la religion et de l’Ermitage où les sœurs Treille vont sans doute plus souvent qu’à l’hôtel des voyageurs de leur oncle à Noirétable.

Comment expliquer ces déménagements et d’où vient ce domaine de Viscomtat qui n’apparaît nulle part dans les possessions des Treille ? Quel est le statut de Jean Brière au Grand Bois, fermier ou propriétaire ? La terre du Grand Bois aurait-elle été achetée avec la part d’héritage de Claudine qui aurait été donnée en argent par Claude, plutôt qu’en parcelles durement acquises ? Jean Brière est-il revenu aux Cros pour aider son beau-frère Claude après le mariage de son fils avec une Sauzede de Sommet et le départ de sa fille pour Vollore Montagne mariée à un Gouttebarge ou bien a-t-il toujours travaillé sur les deux domaines ?

En effet, depuis la rupture entre Blaise et Claude en 1859, puis la mort de Claude et celle de Marie, la sœur de Claude et Claudine qui meurt en 1875 juste après son mariage, privant la famille de la force de travail d’un beau-frère, la famille manque singulièrement de bras. Et Blaise, l’unique fils de Claude a sans doute une faible santé (il sera reformé en 1890 et 1891 pour faiblesse, mais maintenu en services auxiliaires en 1914) ; il mourra à 49 ans en 1918.

Lors du partage de 1877, Claudine a reçu 3/8 des biens de la succession et son frère Claude 5/8 (ayant été préciputé d’un quart) ; de plus, même s’il travaille aux Cros avec son beau-père et son beau-frère au moment du mariage de ses filles, Jean Brière semble avoir gardé un statut subalterne par rapport à Claude qui devient vraiment le riche, fort des héritages de son père (Blaise mort en 1877) partagé avec sa sœur et de sa femme Marie Carton (morte vers 1900 laissant un bel héritage à ses deux enfants) dont il a l’usufruit et qu’il gère avec son fils Blaise comme le montre un bail qu’ils passent ensemble en 1905 avec Rémy Pitelet pour le domaine de La Pauze. Plus sans doute de nombreux achats.

Claude Treille dit le riche possède en effet une grande quantité de parcelles de terres et de bois...même si ce que dit la légende « qu’il mettait un jour entier à parcourir ses terres sans en sortir » tient plus à la dispersion de ses petites parcelles qu’à la taille en valeur absolue de ses domaines.

L’état de ses possessions en 1888 sur la commune d’Arconsat occupe quatre pages de relevé cadastral, compte une centaine de parcelles, et environ une centaine d’ha (le seul domaine de la Pauze contient 45 h). Et nous savons que ses héritages comportaient aussi des terres sur les communes de Celles, Chabreloche et St Priest la Prugne.

Si nous savons beaucoup de choses sur Claude Treille dit le riche par les nombreuses archives retrouvées aux Cros, nous n’avons presque aucun document mentionnant Jean Brière, à part la donation de 1877 faite par la mère de Claude et de Claudine à ses enfants qui ne donne pas la constitution de chacun des lots. Et les sœurs Brière, malgré la moindre donation reçue par leur mère (qui ne concerne qu’une partie des héritages de Claude), restent néanmoins de bons partis pour les frères Godard qu’elles vont épouser. De plus l’histoire de leurs familles se ressemble étrangement pour ce qui est de l’acquisition et de la défense du patrimoine : des artisans et grangers devenus propriétaires grâce à des héritages qui viennent par les femmes, des testaments reçus sur les lits des morts, des partages compliqués, des acquisitions et des procès...un même esprit les anime

Deux couples qui connaîtront des histoires bien différentes

Les sœurs Brière vont se marier toutes les deux le même jour, le 14 mai 1898 avec deux frères Godard, mais leur vie sera bien différente. Le mariage est célébré aux Salles et les témoins sont , du côté Godard l’oncle Jean célibataire et l’oncle Jean Marie, cabaretier de Sail en Couzan, du côté Brière, le frère de Jean Johanny Brière et Henri Gouttebarge, le cousin des filles.

Clothilde Antonia Jeanne l’aînée que l’on dit la plus intelligente épouse Antoine Marie et part avec lui à Coubanouze. Marie Elisabeth la cadette, notre ancêtre la plus religieuse épouse Johannès Marie et le couple reste à Arconsat jusqu’en 1906. Marie Elisabeth et Johannès Marie s’installent alors à Visomtat, au Grand Bois, un lieu encore plus isolé que les Cros, où Marie Elisabeth a sans doute passé une partie de sa jeunesse.

Les deux couples se fréquentent sans doute, du moins au début, et donnent le même nom à leurs premiers enfants, mais leurs histoires de vie sont de plus en plus divergentes :

  • Clotilde Antonia et Antoine Marie auront 8 enfants et Antoine Marie ne partira pas à la grande guerre (grâce à ses six enfants vivants en 1914) - Marie Elisabeth et Johannés Marie n’auront que 4 enfants et Johannès Marie sera mobilisé lors de la grande Guerre, d’abord au front jusqu’en 1916, puis détaché aux établissements A. Guiraud (Noirétable fabrication de caisse) jusqu’à la fin de la guerre pendant que ses trois fils, et particulièrement son aîné mon grand-père, conduisent la ferme.

Autant la famille de Clotilde Antonia et Antoine Marie reste liée et implantée aux Salles (et pour partie à Coubanouze), autant celle du Grand Bois va se disperser , ignorer le reste du monde et quitter le Grand Bois et l’agriculture. Seul Jérôme, le frère de mon grand père conservera la ferme et l’exploitera toute sa vie avant que tous ses enfants n’en partent, tout en restant très attachés à ces racines où leurs descendants se retrouvent chaque année.

L’histoire de Jean Claudius, mon grand-père, est bien différente....au point que j’ai toujours ignoré l’existence de mes cousins de Viscomtat et des Salles jusqu’à cette recherche généalogique !

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Le brigadier Jean Godard et le canonnier servant Jérôme Godard

De mémoire de ceux qui se souviennent, la vie chez Clotilde Antonia et Antoine Marie est plus joyeuse et plus agréable que celle que l’on mène au Grand Bois. Caractère aigri de Johannès Marie ? Bigoterie et pingrerie de Marie Elisabeth ? Dureté de la vie dans la ferme qu’ils ont reprise ? Difficultés nées de l’absence du père mobilisé pendant cinq ans alors que son fils le plus âgé n’a que 15 ans ? Isolement ?

Jean Claudius, mon grand-père, s’évadera pour La Chevalerie, reproduisant le déracinement et la vie de gendre de Jean Brière, son grand-père et laissant à son frère cadet Jérôme le bénéfice d’exploiter la ferme de son père. Il aurait pu avoir une autre vie qu’il n’a pas choisie. Au moment de son installation avec Maria Guyonnet, une installation dans la plaine avait été évoquée ou la reprise de l’hôtel-restaurant du grand-oncle Godard à Sail sous Couzan qui avait fait des frères Godard ses héritiers...

Jean Claudius malgré son départ du Grand Bois et son travail comme sabotier n’échappera pas au déterminisme du réseau familial, en épousant une petite fille Sauzede de Sommet (comme Blaise Treille, le cousin de sa mère) résidant à Vollore Montagne (comme Jeanne Marie Antoinette Treille épouse Gouttebarge, la cousine de sa mère). Un fils d’Henri Gouttebarge sera d’ailleurs son témoin de mariage comme Henri Gouttebarge avait été le témoin de mariage de ses parents.

Evasion ou enfermement ? l’histoire de ce grand-père lui appartient, mais à La Chevalerie, hameau de Vollore-Montagne, il va épouser avec Maria Guyonnet l’histoire des Lévigne, des Sauzede et des Guyonnet que vont vous raconter maintenant Marie Lévigne et Marie Antoinette Guyonnet.

Les Godard des Salles, les Godard de Viscomtat et les Treille des Cros

J’ai retrouvé ces trois branches au cours de mes recherches, celle d’Antoine Godard restée en partie aux Salles, celle de Jérôme Godard restée en partie à Viscomtat et celle de Blaise Treille, le fils de Claude dit le riche, le cousin des sœurs Brière dont certains descendants habitent toujours Les Cros et j’en parlerai au terme de cette chronique. Ce sont eux qui m’ont fait connaître Coubanouze où certains habitent toujours et le Grand Bois où la famille de Jérôme se retrouve en pélerinage sur les traces du grand-père et Les Cros... où la fortune de Claude, le riche a peut-être été bue par un ancêtre des propriétaires actuels.

Pour lire la suite

  • Pour visiter le site de l’auteur : A partir de ce que vous me racontez de votre arbre généalogique ou de vos albums-photos, j’écris pour vous l’histoire de votre famille.

[1Un scitol ou sétol est une installation de sciage de bois actionnée par la force motrice de l’eau. Ma grand mère avait hérité de parts d’un scitol ayant appartenu à son père à Vollore et j’en ai retrouvé les traces près de bournier (des murs envahis par les arbres et un canal d’arrivée d’eau largement détruit). C’est encore un terme connu par les anciens de la région.

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1 Message

  • Bonsoir Danièle,

    J’ai tout de suite été frappé par le lieu de naissance de Pierre Treille à St Just en Chevalet, où se situait en partie la chronique de Danièle Treuil, qui m’a d’ailleurs permis de retrouver mes plus lointains ancêtres originaires aussi de cette paroisse.

    Je me suis un peu égaré avec les nombreux personnages évoqués, mais j’ai été intéressé par le pourquoi de ces alliances, qui vous ont surpris au premier abord.

    J’ai découvert aussi ces « parsonniers » de la montagne Thiernoise, je ne connaissais pas ce type de communauté.

    La suite de votre chronique va, je n’en doute pas, nous permettre de continuer à découvrir cette histoire familiale.

    Cordialement.

    André VESSOT

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