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Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques


vendredi 8 janvier 2021, par Philippe de Ladebat

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En complément des présentations, travaux et recherches des lecteurs et rédacteurs du site Histoire Généalogie qui traitent des « généalogies réelles et avérées », notre article veut ouvrir une réflexion et soulever des questionnements sur les « généalogies fictives et inventées ». De telles créations généalogiques imaginaires se rencontrent non seulement dans les mythologies, les croyances religieuses ou les constructions politiques, mais aussi dans les pratiques, plus directement intéressées, de faussaires spécialisés. Enfin des fabulations généalogiques se retrouvent plus couramment dans beaucoup d’œuvres romanesques.

Considérée comme une science auxiliaire de l’Histoire, la généalogie s’exerce scientifiquement. Elle ne se fonde pas sur des faits inventés mais sur des données réelles et avérées issues de documents officiels publics (état civil, actes notariés, registres paroissiaux, archives nationales, départementales ou locales, etc.) et/ou d’archives privées complémentaires (témoignages oraux, mémoires et papiers de famille, etc.). S’il peut arriver qu’on relève ici ou là des inexactitudes ou qu’on commette parfois des erreurs, gageons qu’on les fait alors « de bonne foi », à la différence des créations et mystifications généalogiques fondées sur des données sciemment fabriquées, des omissions volontaires ou des falsifications qui poursuivent d’autres buts que l’établissement d’une réalité historiquement prouvée et vérifiable.

Aux frontières de la généalogie exigeante et rigoureuse dans ses méthodes et sa pratique, on trouve en effet des généalogies inventées, pauvres en preuves et riches en affabulations. Parmi celles-ci on relève, chronologiquement, celles, légendaires, des mythologies en général et de la mythologie grecque en particulier, ou celles étayant des croyances ou cultes religieux ou encore celles qui relèvent des constructions politiques ou idéologiques collectives. Dans un registre différent on découvre aussi des généalogies arrangées, fictives ou approximatives, rarement innocentes mais directement utilitaires voire frauduleuses, créées par des personnes ou des organisations en recherche de légitimation identitaire, de reconnaissance sociale, ou parfois de profits financiers. On rencontre enfin, très couramment, dans les œuvres littéraires classiques ou audio-visuelles contemporaines des généalogies imaginaires inventées par leurs auteurs pour faire accroire au lecteur ou spectateur la vraisemblance de leurs personnages principaux qu’ils présentent en figurant par des fabulations généalogiques les enchaînements temporels et les causalités supposées héréditaires de leurs comportements.

Les différentes généalogies imaginaires évoquées dans cet article ne sont bien sûr que des exemples sans volonté d’exhaustivité et nous laissons à nos lecteurs le soin de les compléter ou d’en contester les justifications et qualifications.

A =La généalogie au service des mythologies, croyances et constructions idéologiques

  • Aa= Représentation et diffusion d’ un imaginaire collectif : les généalogies mythologiques
  • Ab= Attestation et confirmation d’ une croyance partagée : les généalogies bibliques 
  • Ac= Fondation d’un imaginaire politique : les généalogies du roman national.

B =Les généalogies arrangées ou frauduleuses : la fabrique d’ancêtres

  • Ba= Des arbres généalogiques « sur-mesure » : greffages d’arbres généalogiques, agrégations généalogiques et forgeries de documents :
  1. Généalogie de la maison de Bailleul
  2. Les mémoires de Michel de Marillac
  3. L’officine Courtois et les « Chartes des croisades ».
  • Bb= Généalogies à la demande, générateurs de fausses généalogies en ligne et autres exploitations généalogiques :
  1. Le business lucratif de Gustave Anjou
  2. Le filon des fausses généalogies en ligne : « Fake Family », voyances et astrologies.

C =Les fabulations généalogiques dans les littératures et œuvres audio-visuelles

  • Ca- De l’écriture de soi aux généalogies romancées
  • Cb- Les généalogies imaginaires dans les romans français et étrangers
  • Cc- Fabulations généalogiques dans d’autre types de productions littéraires ou audio-visuelles.

A-La généalogie au service des mythologies, croyances et constructions idéologiques

En préalable rappelons que l’imagination et la croyance sont, en commun, une capacité de l’esprit à concevoir une information, une idée,etc. qui ne seraient pas directement déduites de la réalité et donc indépendamment de faits ou de l’absence de faits . Ce sont l’une et l’autre des convictions ou des certitudes sans preuves, ni même souci de preuves. Cependant l’imagination ne se préoccupe pas d’influer ou d’agir directement sur la réalité ni que son objet soit partagé par d’autres, sauf lorsqu’elle se met au service de visées politiques ou sociales ; la croyance au contraire se considère comme une vérité inhérente au monde et donc elle se soucie de la faire partager au plus grand nombre.

La plupart des sociétés humaines ont affiché, depuis leurs origines, des références généalogiques. Par exemple, l’immense nécropole de Saqqarah, en Égypte, regroupe des dizaines de pyramides et des tombeaux qui abritent les plus anciens recueils de textes religieux de l’humanité : ces derniers ont été gravés il y a plus de 4300 ans. Ces hiéroglyphes seraient en fait des formules magiques permettant aux pharaons et à leurs reines de survivre dans l’au-delà… À côté on relève déjà des listes généalogiques ou « listes royales » des 33 dynasties de souverains de l’Égypte ancienne.

Ainsi on trouve depuis l’Antiquité une préoccupation généalogique qui s’est manifestée dans toutes les mythologies, les croyances religieuses, les constructions ou les doctrines politiques. Des généalogies, le plus souvent imaginaires, se sont ainsi affirmées comme porteuses d’une antériorité pour créer, acquérir, légitimer ou renforcer des positions acquises ou des constructions idéologiques ou politiques. On présente ci-dessous des exemples de ces généalogies imaginaires dans trois domaines.

Aa – Représentation et diffusion d’un imaginaire collectif : les généalogies mythologiques

Il existerait au monde plusieurs centaines de mythologies dont la plupart débutent par un récit des origines de l’univers relatant un acte fondateur de création délibérée par une entité supérieure : dieu, créateur, seigneur, éternel, être suprême,etc. ; il s’en suit en général une liste généalogique des descendants de ce premier fondateur. Il en est ainsi de la mythologie grecque qui débute par la formation du monde (Cosmogonie) et se poursuit par les récits de l’origine des dieux et de la succession des générations divines (Théogonie). Ces premiers récits, apparus en Grèce antique au VIIIe siècle av. J.-C. et développés par Homère, Hésiode puis Hérodote, présentent environ 30000 dieux, déesses, demi-dieux, daimons et démones, héros et nombreuses divinités inférieures. Ce n’est pas le but ici de rentrer dans leur énumération mais de souligner d’un point de vue généalogique toutes les parentés et descendances qui vont constituer ce polythéisme. Rappelons seulement qu’après le chaos originel, c’est de l’union de la terre mère, Gaïa, et du ciel père , Ouranos, que vont naître toutes les successions de divinités diverses.

Comme les dieux sont immortels mais pas éternels ils doivent d’abord naître de l’union sexuelle de leurs parents et se préoccuper à leur tour de leur succession. Leur venue au monde les inscrit ainsi dans le temps des généalogies divines et, tels des mortels, ils ont des parents et des enfants nés de leurs diverses unions. Comme toutes ces divinités sont reliées entre elles, les amours divines ne sont pas faciles à suivre tant elles génèrent beaucoup de conflits, de violences familiales ou hors parentés directes et surtout de liaisons « particulières » : paternités et maternités diverses et variées, relations sexuelles entre dieux et mortels, entre dieux et animaux, et si la relation incestueuse avec la mère engendre souvent des drames, l’inceste entre frères et sœurs est plus courant. On sait aussi que Chronos dévore ses fils et que Zeus, roi des dieux, séducteur par excellence, mettra en œuvre la plupart de ces pratiques : « amoureux » de très nombreuses femmes, il se transforme en cygne, vache ou aigle pour parvenir à ses fins, il épousera sa sœur Héra et, hermaphrodite à l’occasion, parviendra même à engendrer tout seul Athéna.

Dans ces conditions il existe beaucoup de versions des arbres généalogiques des dieux grecs car de nombreux auteurs ont fait des récits des filiations de ces différentes entités plus ou moins divines issues de la mythologie grecque. Cette variété illustre bien cependant l’importance de la création et de la prise en compte d’une généalogie des dieux, fut-elle imaginaire, pour l’édification, la représentation et la diffusion d’une mythologie, voire d’une religion, dans une collectivité humaine . A contrario, si la mythologie romaine ou latine qui va suivre et s’élaborer à partir de la fondation de Rome (753 av. J.-C.) et commentée par Virgile, Tite-Live ou Ovide, reprend notamment les principaux dieux de la mythologie grecque, il apparaît que ce qui est important pour les romains ce n’est pas tant d’expliquer les origines du monde, la genèse de leurs dieux ou de donner un sens à leur vie à la façon des grecs ; plus pragmatiques, ils se préoccupent surtout d’obéir aux rites et de procéder à des cérémonies pour se procurer les faveurs de dieux utiles et très spécialisés dont ils attendent des actions concrètes et de l’efficacité.

Au total et quelles que soient les nombreuses variations de la généalogie mythologique grecque, les listes généalogiques avec leurs différentes relations de parentés sous l’emprise d’une sexualité très active et toujours agissante, concourent directement à l’humanisation de l’univers des dieux grecs. En humanisant ainsi les comportements des dieux, ces généalogies imaginaires permettent aux hommes de mieux s’expliquer le monde et de mieux s’y intégrer. La voie était ainsi tracée depuis longtemps qui allait mener du polythéisme des dieux antiques au monothéisme des juifs, des chrétiens et des musulmans.

Ab - Attestation, confirmation et diffusion d’ une croyance partagée : les généalogies bibliques

Pour nous cantonner strictement dans les limites de notre sujet des « généalogies imaginaires », on évitera ici toute exégèse de textes ou de références bibliques, de dogmes ou croyances religieux qui pourraient heurter des sensibilités ou convictions individuelles. Aussi bien , sans méconnaître les nombreuses données et références généalogiques du Judaïsme et de l’Islam, on se bornera à rappeler seulement à titre d’exemples les très nombreuses généalogies citées par la Bible.

Regroupement de textes considérés sacrés par les juifs et les chrétiens, la rédaction de la Bible s’est échelonnée sur plusieurs siècles. Les chrétiens nomment « Ancien testament » la partie des textes antiques (entre le VIIIe et le IIe siècles av. J.-C.) correspondants aux traditions judaïques, et « Nouveau testament » (1er et IIe siècle) les écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples. Sous l’apparence d’un ouvrage unique, la Bible rassemble une collection d’écrits très variés comme des récits des origines du monde, des récits historiques, des textes prophétiques, etc. mais aussi de nombreuses histoires de lignages et d’engendrements et, souvent, de très longues et très variées généalogies.

Les listes généalogiques sont un genre littéraire courant dans la Bible ; elles servent, en particulier, à inscrire les individus dont il est question, dans un réseau de parenté et de relations pour les situer par des références temporelles et, dès lors, asseoir leur légitimité et leur crédibilité quant ils ont à jouer un rôle précis : plus que l’exactitude des noms des individus qui composent ces listes, ce qui importe c’est la place des individus dans les récits où ils sont insérés. Dès lors si les généalogies bibliques ne correspondent pas toujours à un fondement historique consistant, même fictives ou peu contrôlées, elles permettent à une communauté de remonter à une origine commune. Par exemple, pour les chrétiens, à Adam et Ève et finalement à Dieu et à la création du monde.

L’Ancien testament contient de très nombreuses et diverses généalogies avec beaucoup de personnages pas toujours attestés par les historiens et archéologues, ni par des témoignages extra-bibliques, ce qui incite à les interpréter de manière plus théologique qu’historique. Pour le Nouveau testament on s’en tiendra ici, par exemple, à la généalogie de Jésus décrite dans deux évangiles : généalogie descendante (d’Abraham à Jésus) dans l’évangile de Matthieu et ascendante (de Jésus à Adam fils de Dieu) dans l’évangile de Luc. Cette généalogie est considérée aujourd’hui, elle aussi, comme une construction théologique plutôt que comme un récit factuel et historique : une telle énumération des ascendants n’étant d’ailleurs guère envisageable à l’époque.

Cette généalogie de Jésus a été très largement diffusée, illustrée et popularisée dès le début du XIIe siècle sous la forme de « l’arbre de Jessé ». Motif fréquent dans l’art chrétien en France, il représente l’arbre généalogique de Jésus à partir de Jessé, le père du roi David. Il a donné lieu à de multiples créations imaginaires sous diverses variantes : manuscrits enluminés, gravures, vitraux, sculptures en pierre et en bois, hauts reliefs et statues en bois polychromes, retables, fresques, tapisseries, peintures, broderies, etc. L’un des plus fameux vitrail exécuté entre 1145 et 1155 est situé dans la cathédrale de Chartres : de Jessé allongé part la généalogie de Jésus présentée sous forme d’ un arbre dont les branches portent des rois et des prophètes avec Jésus qui trône à la cime. On retiendra en outre ici, à titre d’exemples pour nos lecteurs bretons, les très nombreuses œuvres dites « arbres de Jessé »,qu’ils peuvent admirer dans 34 de leurs églises recensées par le Dr L. Le Thomas (Société Archéologique du Finistère). On citera à titre d’exemple consultable sur internet, le superbe « arbre de Jessé » en haut-relief de bois polychrome dans l’église de Saint-Aignan dans le Morbihan.

La variété des représentations de la généalogie de Jésus et le succès de son illustration iconographique notamment par l’arbre de Jessé, mettait en évidence le rôle de la généalogie, fut-elle approximative ou même contestée, pour l’attestation, la confirmation, la diffusion et la transmission d’une base de croyance religieuse au sein d’une communauté. Aussi bien ce modèle de l’arbre de Jessé va devenir le prototype de l’arbre généalogique pour des communautés diverses chez qui le fondateur sera figuré donnant naissance à un arbre qui porte les plus insignes membres du groupe. Fondamentalement identitaires ces représentations ou récits généalogiques pourront cependant être aussi des moyens de manipulation ou d’exploitation politiques pour justifier des guerres de religions ou simplement exclure des individus ou des groupes qui n’y sont pas représentés comme on va le voir plus loin.

 
Ac - Fondation d’un imaginaire politique : généalogies et roman national  

Selon l’historien médiéviste contemporain Alain Demurger, l’érudit Nicolas Fréret fut emprisonné à la Bastille le 11 novembre 1714 pour avoir démontré que les Francs étaient une tribu germanique : il prenait ainsi le contre-pied de l’historiographie officielle de l’époque fondée sur le mythe tenace de l’origine troyenne des Français. L’idée que les Français descendaient de Priam, dernier roi de Troie la Grande régna ainsi sans partage pendant plusieurs siècles, jusqu’au jour où le « Gaulois » remplaça le « Troyen » dans l’imaginaire généalogique national.

Au moyen-âge plusieurs nations européennes s’inventèrent ainsi des généalogies glorieuses et invérifiables, à partir de leurs prétendues origines troyennes. Ainsi pour la France, les origines troyennes des Francs sont présentées dans des écrits de généalogistes mérovingiens dès le VIIe siècle (vers 660). Il s’agissait alors de donner aux Francs une ascendance noble qui en ferait au moins les égaux des Romains, et donc des Gallo-Romains. Il fallait fournir aux Francs un passé prestigieux, antérieur à la Grèce et à Rome.

En résumé, des chroniques diverses racontaient qu’un certain Francion, fils du Troyen Priam, et ses compagnons avaient quitté leur ville de Troie en flammes et avaient fait voile sur la mer Noire puis sur la mer d’Azov. Ces exilés troyens s’étaient alors établis en Sicambrie (ville ou région mythiques) où ils allaient prendre le nom de Francs tiré du nom de leur chef Francion. Ces Francs seraient ensuite passés en Germanie où ils auraient élu un nouveau roi, Pharamond, qui serait ainsi le premier roi ancêtre des mérovingiens. Au début du Ve siècle ces Francs seraient enfin entrés en force au nord de la Gaule puis dans le reste de la Gaule avec Clovis (481-511). Le thème des origines troyennes des Francs est ainsi devenu un mythe d’origine de la France.

Plusieurs versions de ce récit très hypothétique auraient circulé oralement et dans des Chroniques écrites pendant plus de dix siècles. Sans entrer dans les détails, certaines versions les plus tardives introduisirent des Gaulois, eux aussi d’origine troyenne qui auraient suivi le même périple que les francs mais auraient occupé la Gaule depuis plus longtemps et bien avant eux. Des auteurs imaginent même que les Francs seraient en fait des Gaulois qui auraient quitté la Gaule lors de la conquête romaine et seraient revenus quelques siècles plus tard pour la libérer des Romains... Le mythe des origines troyennes des Francs devint alors un mythe des origines troyennes des Gaulois. Comme l’écrit l’historienne médiéviste Colette Beaune : « En 1480, un Français a, à coup sûr, des ancêtres gaulois qu’il ne possédait pas en 1400. »

L’ascendance gauloise va s’affirmer aux XVIe et XVIIe siècles mais ce sont surtout les révolutionnaires de 1789 qui, voulant supprimer les privilèges des aristocrates qui se prévalaient de leur ascendance franque pour se targuer de leur origine troyenne, leur ont opposé l’origine gauloise du peuple. Ce disant ils firent de Vercingétorix une figure emblématique du chef de la nation se battant contre l’envahisseur, donnant naissance à un nouveau mythe des origines, celui de « Nos ancêtres les Gaulois ».

Pourtant, on sait que Robespierre et les Montagnards déistes se référèrent plutôt à l’ « Être suprême » dont il est explicitement fait référence dans le préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le culte de l’Être suprême et son émanation théophilanthropique en 1797 se gardèrent bien cependant de se référer à une généalogie quelconque sauf à évoquer, comme la Franc-maçonnerie le concept d’un Grand Architecte de l’Univers.

En dehors de cette parenthèse révolutionnaire le mythe des origines gauloises des Français a fait partie de notre « roman national », écrit à la fin du XIXe siècle par différents historiens avec Ernest Lavisse dont les manuels d’histoire enseignaient notamment  : « Autrefois notre pays s’appelait la Gaule et les habitants s’appelaient les Gaulois » (cours élémentaire), « Les Gaulois sont nos ancêtres » (cours moyen) etc. La formule emblématique « Nos ancêtres les Gaulois » se trouve chez Lavisse dans son dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire (1878/1887) où il souligne notamment : « Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides. »

Rappelons que cette leçon de généalogie imaginaire et poétique dura jusque dans les années 1960 où elle commença d’être critiquée à son tour d’un point de vue historique et idéologique. Avec l’arrivée de la « pédagogie » des années 1970/1980 on ne parlera plus aux écoliers français de cette ascendance directe. Aujourd’hui les « ancêtres Gaulois » n’apparaissent plus dans les manuels scolaires de CE2 et si la Gaule apparaît encore dans une leçon sur l’Antiquité et l’empire Romain, il ne saurait évidemment être question de nos ancêtres troyens.
Heureusement alors même que nos ancêtres Gaulois allait disparaître de l’imaginaire de nos enfants ou petits enfants, « Astérix le Gaulois » apparut en 1959 dans les bandes dessinées de Goscinny et Uderzo. Avec son père « Astronomix » et sa mère « Praline » incontestablement Gaulois, Astérix continue de révéler depuis 60 ans au monde entier les particularités « incontestables » de notre hérédité Gauloise... Un dernier album paru 60 ans après le premier nous apprend même tout de « La fille de Vercingétorix » qui sera peut-être le chaînon manquant de notre généalogie imaginaire.

La genèse d’un imaginaire généalogique national et ses métamorphoses au gré d’une instrumentation de l’histoire en fonction d’ intentions politiques a montré au cours des siècles une grande malléabilité. En s’adaptant aux circonstances l’exemple du mythe Troyen-Franc-Gaulois pendant plus de 12 siècles d’histoire de France a pu contribuer, à l’intérieur, à la construction de l’unité nationale et , vers l’extérieur, à justifier des alliances ou des hostilités. Comme dans les deux précédents chapitres notons qu’ici encore la mise en scène de généalogies imaginaires et d’arbres généalogiques plus ou moins fantasmés a souvent reflété un discours politique, religieux ou social.

Pour approfondir ce concept des « généalogies imaginaires » au-delà de nos points de vues limités et descriptifs, et indépendamment de perspectives frauduleuses que l’on va évoquer dans le paragraphe suivant, nos lecteurs intéressés peuvent consulter les travaux de Pierre Ragon (Universités de Rouen et du Havre), sur le rôle des généalogies fictives dans la construction des identités nationales.

B - Les généalogies arrangées ou frauduleuses : la fabrique d’ancêtres

Comme on l’a vu les sociétés humaines ont pu avoir recours à des généalogies imaginaires notamment pour crédibiliser leurs origines et leurs histoires . Des mythologies, des religions et des dynasties ou pouvoirs politiques, seuls ou en se soutenant mutuellement, se sont ainsi appuyées sur des constructions généalogiques pour asseoir leur légitimité et se fonder, se propager, se maintenir et se développer dans des grands groupes humains. Dans ce domaine de l’instrumentation des généalogies on va voir que les individus ne sont pas en reste : un quidam peut aussi avoir recours à des pratiques comparables à titre personnel pour se fabriquer ou se faire fabriquer des ancêtres personnels et familiaux plus ou moins prestigieux ou simplement utilitaires.

Tous nos lecteurs d’Histoire Généalogie savent que les faussaires dans la fabrication de faux documents historiques et/ou généalogiques, souvent qualifiée de forgerie, ont opéré en France dans des périodes où afficher des références de noblesse ou au moins de parentés anciennes avec des familles nobles ou renommées pouvait constituer une condition et un moyen d’ascension sociale ou d’approche privilégiée de notables et de personnages influents ou/et de pouvoir.

Comme l’écrivait Michel de Montaigne (1553-1592) : « La noblesse est sans naissance, non plus que la rivière du Nil », ce que renchérissait cent ans plus tard la poète Antoine Furetière (1619-1688) : « Les généalogistes ont fait plus de nobles que les rois ».

Encore aujourd’hui, mais avec d’autres buts, motivations et des moyens différents, la recherche et l’affichage de relations, de parentés ou de cousinages de circonstances avec des personnes d’influence sont encore pratiqués par certains pour idéaliser leur ascendance, accroître leur réputation ou leur notoriété ou celle de leur famille et entrer plus facilement dans certains cercles, clubs privés, sociétés ou organisations « fermées » à base de relations sociales ou médiatiques sélectionnées. Ces créateurs ou manipulateurs de généalogies imaginaires peuvent tirer profit de nos jours des nouvelles technologies leur offrant notamment des « réseaux sociaux » pour se faire connaître et asseoir leur crédibilité fondée partiellement ou entièrement sur des messages de forgeries généalogiques répétés, repris et colportés sur le web.

On verra ici que ces technologies contemporaines offrent aussi des moyens nouveaux à des sites ou à des individus qui visent à exploiter la crédulité de certains publics avides de découvertes familiales ou relationnelles avec le mirage des généalogies imaginaires idéales, créées ex nihilo et préfabriquées à la demande. On se borne ci-dessous à citer, à titre d’exemples parmi bien d’autres quelques pratiques avérées de généalogies sur-mesure et parfois frauduleuses. Enfin on évoquera pour finir les multiples modes d’exploitation du filon généalogique qui fleurissent encore aujourd’hui.

Ba - Greffages d’ arbre généalogique , agrégations généalogiques et forgeries de documents

Pendant des siècles en France et jusqu’à la fin du Moyen Age, à côté des antériorités et rattachements généalogiques authentiques, la fiction s’est immiscée dans les histoires de certaines familles de façons très nombreuses et variées. Constitutives des pouvoirs seigneuriaux et de la noblesse, les fables sur les ancêtres fondateurs des lignées (rois, princes, héros guerriers, nobles étrangers voire saints etc.) furent longtemps véhiculées par traditions orales ou manuscrits généalogiques.

Pendant l’époque moderne (1492-1789) quand il fallut occulter des origines roturières, rehausser l’ancienneté d’une lignée et prouver des filiations anoblissantes, les falsifications se développèrent souvent par des pratiques d’agrégations généalogiques qui consistaient pour une famille à se relier à une lignée noble mais éteinte. Ce genre de prétention fut assez commun semble-t-il dans la haute robe parisienne, voire la noblesse de robe, voulant ainsi s’intégrer au second ordre de la noblesse d’épée.

À titre d’exemples souvent cités on résume ici pour l’époque moderne le cas des généalogies des Bailleul et des Marillac ainsi que, pour l’époque contemporaine les Chartes des croisades imaginées par l’officine Courtois, ou les constructions frauduleuses de généalogies en séries de Gustav Anjou.

L’époque moderne

  • Généalogie de l’illustre maison de Bailleul établie et publiée en 1647 par le généalogiste Pierre d’Hozier. Voir notamment Christian Maurel « Construction généalogique et développement de l’État moderne. La généalogie des Bailleul » Annales ESC, 1991.

Nicolas de Bailleul, parlementaire et homme de cour, fut présenté par le généalogiste Pierre d’Hozier comme un descendant de Gilles de Bailleul qui avait accompagné Guillaume de Normandie dans sa conquête du royaume d’Angleterre en 1066… Mieux encore un autre texte (Postérité chrétienne des Bailleul) établissait une parenté avec le Roi Louis XIII en personne. Un grand robin cousin du roi voilà sans doute qui n’était pas ordinaire. Peu importait que le cousinage fut fictif : l’important était de proclamer symboliquement la proximité voulue avec le monarque et de se placer au niveau de la vieille noblesse avec laquelle il était utile de développer des alliances.
Notons que lorsque Louis XIV demanda à Charles-René d’Hozier, propre fils de Pierre d’Hozier, d’établir les origines des familles du Parlement de Paris, le fils désavoua la complaisance de son père sur la fausse généalogie des Bailleul.

  • Les généalogies imaginaires des Marillac ou comment faire des siens des gentilshommes de noblesse immémoriale. Anne-Valérie Solignat, EHESS, 2011

En 1629 lorsque Michel de Marcillac (Garde des Sceaux) et son frère Louis de Marcillac (Maréchal de France) durent être reçus chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit, il leur fallut ne pas apparaître comme des hommes nouveaux. Pour qu’il en soit ainsi il s’agissait d’allonger la généalogie familiale de quelques générations pour entrer dans les critères de noblesse imposés par les statuts de l’Ordre. Qu’à cela ne tienne les Mémoires de Michel de Marillac écrites par Nicolas Lefèvre de Lezeau vont apporter à la généalogie familiale un siècle et trois générations supplémentaires. L’auteur, comme bien d’autres généalogistes,eut recours au procédé classique de l’agrégation par homonymie en faisant connaître les Marillac comme les descendants d’une famille noble mais éteinte, les Marlac. La semblance de sonorité du nom et la vraisemblance des armes récupérées achèveront de rendre inattaquable la véracité de la filiation qui allongeait d’un coup leur passé de trois générations tout en les dotant de signes visibles de seigneurie.

L’époque contemporaine

  • Forgeries et falsifications de documents par une officine généalogique au milieu du XIXe siècle, (Robert-Henri Bautier , Collection Courtois, École des Chartes, 1974) : l’officine Courtois et les « Chartes des croisades »

Louis-Philippe décida en 1839 d’ouvrir dans le Palais de Versailles une galerie consacrée à la glorification des familles qui pourraient prouver par titres authentiques qu’un de leurs ancêtres avait pris part aux croisades. Dès 1842 un nombre important de titres furent alors astucieusement fabriqués assortis de données généalogiques imaginaires et fournis sur commande à un prix élevé par une officine généalogique aux personnes qui voulaient avoir l’honneur de faire figurer leurs armoiries dans cette « Salle des Croisades ». Selon l’auteur R-H. Bautier, archiviste et historien membre de l’Institut, cette fabrication en série de « chartes des croisades » aurait ainsi diffusé à prix d’or près de deux cents « documents » créés ex nihilo présentant le caractère de forgerie intégrale. L’affaire avait été montée par l’homme d’affaires Eugène-Henri Courtois associé à un artiste copiste prétendu généalogiste Paul Letellier. En tant que « Cabinet généalogiste » l’officine Courtois-Letellier (Letellier devenu lui-même sans problème, noblesse oblige : « le comte Letellier d’Irville ») poursuivit son activité rémunératrice en tant que cabinet généalogiste spécialisé dans la vente de faux ou nouveaux ancêtres aux familles souvent notables qui souhaitaient faire remonter leur arbre généalogique à de plus lointaines origines ou enrichir leurs archives personnelles de généalogies aussi brillantes qu’imaginaires.

Bb - Généalogies à la demande, générateurs de fausses généalogies en ligne et autres exploitations généalogiques

  • Le business très lucratif de Gustav Anjou (Fraudulent lineages by Nicole Wingate in Genealogy,com , 2007– Family trees by James Pylant and Grafting family trees by Myra Wanderpool Gormley in American Genealogy Magazine, 2010)

Peu de noms suscitent autant d’indignation dans les cercles généalogiques que celui de Gustav Anjou. Suédois d’origine émigré aux États-Unis en 1850, ce généalogiste autoproclamé a fabriqué et vendu le plus souvent par correspondance, et notamment à de riches clients de la côte Est des USA plusieurs centaines de fausses généalogies accompagnées de documentations au prix moyen de 9000$ l’unité !

Selon Charles Anderson, généalogiste réputé de l’American Society of Genealogists, qui a étudié et « démonté » la méthode de fabrication des généalogies frauduleuses d’Anjou, ces généalogies seraient repérables par quatre caractéristiques notables :

a- elles comportent de nombreux liens factices et lointains entre des dizaines d’immigrants, principalement en Nouvelle Angleterre,

b- elles citent de multiples migrations géographiques « sauvages » qui, le plus souvent, ne correspondent pas à des circuits habituels de migration,

c- elles comprennent un nombre étonnant de citations de documents qui peuvent exister réellement et qui contiennent parfois ce qu’Anjou prétend qu’ils contiennent,

d- elles s’appuient sur de très nombreux documents sans références pour justifier les multiples liens mentionnés au point a).

On a estimé qu’Anjou à lui seul avait entaché les lignées de plus de 2000 noms de famille communs. Pour autant ce maître faussaire n’est pas le seul à avoir créé des lignées distinguées et douteuses pour des clients imprudents mais souvent satisfaits et ravis de ce qu’ils apprenaient ainsi sur leurs lointaines familles d’origines européennes.

  • Les exploitations variées du filon généalogique et ses ressorts

Voisine des pratiques frauduleuses citées précédemment, l’exploitation du « filon généalogique » a donné lieu jusqu’à nos jours à de multiples et diverses formes de « consultations spécialisées » rémunératrices pour leurs instigateurs. Depuis les générateurs de fausses généalogies en ligne (Fake family on line, familles à louer ou à vendre, etc.), jusqu’aux propositions de prétendus « voyants du passé » et autres astrologues d’antériorités (Astro-généalogie, astrologie-transgénérationnelle, recherche de mémoire ancestrale, etc.), en passant par certaines dérives de la généalogie successorale (Adoptions d’ancêtres, faux héritiers, filiations truquées, etc.) , la généalogie « fait (des) recettes ».

Pour notre part nous arrêterons là ce second chapitre en renvoyant nos lecteurs intéressés aux différents moteurs de recherche web qui donnent de multiples exemples dans ces domaines des pratiques de généalogies imaginée et falsifiées exploitant le goût et parfois l’intérêt du public pour des découvertes de parentés ou d’origines imaginées plus valorisantes et rémunératrices que les vraies.

On a vu jusqu’ici que des communautés humaines ou des individus sont parfois tentés de se forger des généalogies imaginaires, fausses ou/et fabuleuses, mais crédibles, efficaces et utilitaires pour rehausser leur dignité aux yeux de leurs contemporains, pour renforcer leur crédibilité à l’appui de leur projet caché ou pour asseoir leur pouvoir. La généalogie n’est alors vue que comme une source de passés modifiables permettant de construire et d’affirmer une position sociale dans le présent. La construction de ces généalogies imaginaires selon les époques , les valeurs dominantes et les mouvements de populations des individus, a pu alors se référer ou se heurter aux contextes politiques et sociaux du moment. Telle particule de prétendue noblesse difficilement acquise en 1787, pouvait vous mener à l’échafaud deux ou trois ans plus tard ! Ces arrangements ont pu aussi se heurter aux histoires des identités nationales prenant en compte l’appartenance locale, politique, ethnique ou religieuse... Toutes considérations qui dépassent très largement le cadre de cet article.

C – Les fabulations généalogiques dans les littératures et œuvres audio-visuelles

Après avoir évoqué différentes manifestations de « généalogies imaginaires » supportant des mythologies, croyances ou idéologies et créées par des groupes sociaux, ainsi que celles, arrangées ou frauduleuses produites par des individus en recherche de notoriété ou de profits financiers, on abordera pour terminer les fabulations généalogiques produites et présentées dans des œuvres littéraires.
À la différence des précédentes qui s’appuyaient sur des références historiques avérées ou des forgeries généalogiques, les fabulations généalogiques à visées romanesques sont le plus souvent créées ex nihilo : bien que parfois situées dans un contexte historique et social défini, elles s’élaborent sans soucis de références quelconques à des personnes réelles, dans le seul but d’apporter de la crédibilité à une ou des histoires fictives et romanesques . On donnera ici les exemples de ces généalogies dans trois types d’œuvres :

  • De l’écriture de soi aux généalogies romancée
  • Les généalogies imaginaires des grandes familles dans les romans français et étrangers
  • Les fabulations généalogiques dans d’autres types de productions littéraires ou audio-visuelles.

Ca = De l’écriture de soi aux généalogies romancées

Avant d’en venir aux généalogies imaginaires dans le roman stricto sensu, nous signalons comme transition vers les généalogies imaginaires créées ex nihilo par les romanciers, les cas particuliers où des généalogies avérées peuvent constituer les supports ou motivations de la production de récits généalogiques familiaux. Fondées sur l’écriture de soi (Mémoriaux, romans-mémoires, récits épistolaires, autobiographies, récits de vie, journaux intimes, autoportraits, confessions, etc.) ces auto-fictions créées à partir de généalogies personnelles réelles ou approximatives mettent en scène, relatent et commentent l’histoire des familles ou des vies des auteurs.

Sans doute des éléments fictifs, des traits ou comportements inventés, des anecdotes, des références historiques peuvent aussi être intégrés à ces récits familiaux pour les rendre plus attractifs, mais leurs bases sont généalogiques et ils ne visent en général que des publics restreints (Cercles de famille plus ou moins étendus ou réseaux d’amis et de connaissances). L’intention des auteurs est souvent de transmettre des valeurs et des idéaux familiaux pour perpétuer l’identité familiale tout en instituant des héritiers dépositaires et continuateurs souhaités de l’histoire familiale.

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le regrette les récits généalogiques qui ont pris différentes formes au cours des temps pour se développer dans certaines classes sociales aux XIXe et XXe siècles, semblent être un peu passés de mode aujourd’hui dans des sociétés de plus en plus ouvertes sur le monde et où la mobilité des individus et des familles devient internationale avec des généalogies de plus en plus ouvertes et difficile à suivre. Pour autant ces développements des migrations et mobilités géographiques, si elles entraînent des dispersions des familles, suscitent en même temps des désirs de rencontres réelles par des rassemblements familiaux de types « cousinades » ou de rencontres virtuelles par des réseaux sociaux et blogs familiaux. D’une façon ou d’une autre ces nouvelles formes de relations et d’échanges font vivre et actualiser en permanence des liens généalogiques qui trouvent souvent, des « rédacteurs web » amateurs pour les formaliser et les diffuser.

On rencontre enfin des productions d’auto-fiction destinées à de plus larges larges publics qui mêlent l’autobiographie et des références généalogiques réelles ou imaginaires, à des développements à visées littéraires, philosophiques ou morales voire parfois romanesques ; on citera comme exemples au XIXe siècle notamment Benjamin Constant avec Adolphe et le Cahier rouge. Aujourd’hui, les romans d’Annie Ernaux, de Camille Laurens ou d’Amélie Nothomb en sont des exemples pertinents, étant observé que ces auto-fictions contemporaines sont le plus souvent des œuvres féminines.

Cb =-Les généalogies imaginaires des grandes familles dans les romans français et étrangers

Beaucoup de nos grands auteurs ont eu recours à la généalogie, souvent avec bonheur, pour accroître la vraisemblance et la crédibilité de leurs héros, pour faciliter l’identification de leurs lecteurs à leurs personnages ou encore pour rendre compte des influences héréditaires ou « tares » qu’ils subissaient et transmettaient, ou qui éclairaient leurs comportements romanesques. L’intérêt des lecteurs est ainsi suscité par des personnages qui les attirent ou les rebutent et leur ressemble ou leur font penser à certaines de leurs connaissances par certains traits de caractère ou de comportements.

Les généalogies imaginaires de leurs personnages permettent notamment de rendre compte de l’ordre chronologique de leurs entrées en scène et de rendre lisibles les enchaînements temporels et les causalités des évènements qui leur adviennent. En outre, pour provoquer l’empathie du lecteur à l’égard de ses personnages l’auteur doit lui permettre de se reconnaître voire de s’identifier ou au moins de se projeter non seulement dans des caractéristiques personnelles mais aussi dans des types de relations familiales et généalogiques. Comme l’écrivit Balzac : « Un bon personnage est un miroir du lecteur ».

Formalisés ou non les arbres généalogiques de nombreux personnages de romans pourraient ainsi être cités en exemples. Pour nous limiter à quelques auteurs français, citons les 6000 personnages des 90 volumes la « Comédie Humaine » d’Honoré de Balzac : on atteint là, sans doute, un chiffre jamais dépassé pour les romans français. Les généalogies d’un millier d’entre eux ont été formalisées en un arbre généalogique de plus de 14 mètres, réalisé par Anne-Marie Meininger, exposé à La Maison de Balzac à Paris. On y trouve non seulement les attaches familiales, mais aussi les liaisons extra-conjugales et presque tous les personnages sont reliés les uns aux autres par des circuits plus ou moins complexes, certains jouant aussi le rôle de carrefours.
Citons aussi les 1200 personnages sur quatre générations successives des « Rougon-Macquart » (1871-1893) que l’on rencontre dans les 20 romans d’Émile Zola.

Plus près de nous la fresque familiale de Roger Martin du Gard « Les Thibault » (1920-1940), avec ses 5 tomes et ses 2300 pages met en scène plus d’une cinquantaine de personnages, dont les 23 principaux partageant des liens généalogiques. Dans la même catégorie souvent qualifiée de « Romans bourgeois » qui décrivent des familles avec leurs généalogies et liens de parentés, on peut aussi citer les romans de Paul Bourget (Le Disciple), de Henry Bordeaux (Les Roquevillard), de Marcel Prévost (Les demi-vierges), de George Duhamel (Chronique des Pasquier), de Philippe Hériat qui avec sa dynastie des Boussardel (Famille Boussardel, Les Enfants gâtés, Les Grilles d’or et Le temps d’aimer) raconte l’ascension d’une famille bourgeoise pendant un siècle sur plusieurs générations de 1815 au début de la première guerre mondiale.

On trouve bien sûr aussi des exemples de généalogies imaginaires dans les littératures étrangères. Par exemple la Dynastie des Forsythe du britannique Galsworthy qui a donné lieu aux 26 épisodes de la série télévisée éponyme ou encore le roman Dallas de l’auteur américain David Jacobs qui a généré les 357 épisodes du feuilleton du même nom. Notons enfin les nombreuses relations généalogiques que l’on rencontre dans les grands romans russes du XIXe siècle, par exemple dans Guerre et Paix et dans des romans britanniques tel Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë.

D’un façon générale, il semble que les auteurs contemporains fassent référence, moins que par le passé, à la généalogie pour faire accroire la réalité de leurs personnages. Peut-être les hérédités et parentés familiales intéressent-elles moins les lecteurs d’aujourd’hui. Sauf, semble-t-il dans la science fiction et d’autres œuvres contemporaines écrites ou audio-visuelles.

Cc = Les fabulations généalogiques dans d’autres types de productions littéraires ou audio-visuelles

  • La science-fiction et les généalogies de ses héros
    Les amateurs de science-fiction, tels les millions de lecteurs ou spectateurs des sagas de Star Wars (9 épisodes de 2015 à 2019) avec plus de 25 personnages ou de Game of Thrones (8 saisons de 2011 à 2019) avec ses 50 personnages en 9 familles et 7 royaumes, se demandent souvent qui est le père de qui ou qui sont les hypothétiques fils ou filles des personnages et tentent de comprendre leurs lien de parenté : ils doivent alors rechercher sur internet les arbres généalogiques des principaux personnages imaginaires de ces fictions.
  • Les romans policiers généalogiques
    Le roman policier généalogique se développe sur l’idée que des crimes du passé ont des répercussions sur le temps présent et donc il appartient à l’enquêteur, le plus souvent assisté d’un généalogiste, de remonter dans le temps pour arrêter un criminel contemporain. La plupart des auteurs de ces genres de policiers sont britanniques et, à notre connaissance, seulement deux d’entre eux ont été traduits en français. Le plus connu est Dan Waddell avec sa série « Les enquêtes du généalogiste » et ses trois livres : Code 1879, Depuis le temps de vos pères et La moisson des innocents. Un autre auteur, Steve Robinson, traduit lui aussi en français a publié deux « Enquêtes généalogiques » : Loin des vivants et La voix du sang.
  • La B.D. et le dessin animé
    Grâce au web des personnages de l’univers de la B.D. ont désormais leurs arbres généalogiques sur internet : on trouve ainsi toutes les familles de Donald Duck, de Mickey Mouse et des Simson. Pour les français amateurs de Tintin, ils y trouveront aussi sa constellation familiale accompagnée de l’arbre généalogique de la lignée Haddock qui les renseigneront sur les parentés de leurs héros.

Terminons cet article par une fable de Jean de La Fontaine bien à propos :

« Le mulet se vantant de sa généalogie »
*****
Le Mulet d’un prélat se piquait de noblesse,
Et ne parlait incessamment
Que de sa Mère la jument,
Dont il contait mainte prouesse.
Elle avait fait ceci, puis avait été là.
Son fils prétendait pour cela
Qu’on le dût mettre dans l’histoire.
Il eût cru s’abaisser servant un Médecin.
Étant devenu vieux on le mit au moulin.
Son Père l’Âne alors lui revint en mémoire.
Quand le malheur ne serait bon
Qu’à mettre un sot à la raison,
Toujours serait-ce à juste cause
qu’on le dit bon à quelque chose.

Généalogie et imagination

Il serait présomptueux d’avoir été exhaustif,voire d’apporter ici quelque conclusion que ce soit sur le sujet des « généalogies imaginaires » et autres « fabulations généalogiques », tant il est vrai qu’il s’inscrit dans un continuum historique et social en perpétuel adaptation aux circonstances dès la plus haute antiquité. Depuis les généalogies imaginaires de la mythologie grecque jusqu’à celles de la science-fiction, on a seulement voulu en présenter ici des exemples qui ont peuplé au cours des siècles et avec des modes d’expressions différents et des succès variables, des créations humaines et des constructions culturelles, sociales, politiques, religieuses, artistiques, etc.

On a vu que ces généalogies répondaient toujours à certaines intentions de communautés ou individuelles, qui faisaient se côtoyer les mystères de nos origines et les énigmes de nos devenirs en tirant profit des espoirs ou des peurs qu’ils suscitaient. À ce titre , loin de répondre à de simples besoins historiques de connaissance des faits, elles se sont construites à partir de l’exploitation de multiples sources ou inventions, et en fonction des circonstances et besoins, afin de satisfaire les préoccupations spécifiques d’une époque.

Nos recherches et découvertes généalogiques individuelles, pour exigeantes qu’elles soient dans leurs méthodes doivent ainsi prendre en compte le contexte et les références imaginaires dans lesquels vivaient nos ancêtres et dans lesquels se sont greffées , au travers des siècles, nos mémoires familiales. Il y a là de quoi illustrer les commentaires de nos vrais arbres généalogiques personnels.

Enfin, si la recherche de la vérité généalogique, avec sa rigueur et sa rationalité, peut sembler bien éloignée des constructions imaginaires que nous avons évoquées ici, n’oublions pas que notre imagination peut parfois nous ouvrir les portes de nouvelles investigations et d’hypothèses originales que notre raison ou des préjugés familiaux nous empêchaient d’envisager : « la folle du logis » peut être utile à bon escient, quitte a toujours bien valider ses suggestions.

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20 Messages

  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 09:28, par François Lafrenière

    Bonjour du Québec !

    Il ne faut pas aller bien loin pour trouver des fabulations de cet ordre. Il suffit d’aller sur certains sites Internet. On peut trouver beaucoup d’ivraie plus ou moins sans sources mêlée à quelques bons grains disparates. Il faut savoir les distinguer ou bien laisser tomber et aller voir ailleurs. Même sur Geneanet, on peut trouver de tout incluant du n’importe quoi. C’est désolant ! Seules celles qui contiennent des sources vérifiables méritent notre intérêt. Pour le reste... tirons la chaîne ! En guise de conclusion, j’en ai beaucoup contre ceux qui s’inventent des ancêtres de renom ou qui s’achètent des particules. En ce qui me concerne, votre ancien président récemment défunt demeurera toujours un Giscard (tout court) car il n’est pas davantage un « d’Estaing » que je suis un Bonaparte. Il en va de même d’un certain Poivre « d’Arvor » que je surnomme : « Poivre de Cayenne »...

    Répondre à ce message

  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 09:40, par Jean-Philippe GERARD

    Bonjour,

    Article aussi surprenant que décevant, décevant car il ne fait que reprendre des choses déjà dites / écrites maintes fois.

    Seul Gustav Anjou m’était inconnu, c’est dire si il suscite autant de l’indignation dans les cercles généalogiques. En lisant sa notice de Wikipedia, on retrouve presque toutes les phrases présentes dans cet article, qui est bien un copié / collé, sans aucune information de recherche.

    Surprenant, car comment peut-on mettre sur un même plan des généalogies falsifiées ou forgées pour un but de gloire ou obtenir des avantages, et des généalogies créées pour des oeuvres romanesques ou audiovisuelles. Un roman, c’est une oeuvre de fiction, des personnages inventés pour les faire évoluer, les faire vivre dans un monde le plus réel possible. Autrement, c’est un témoignage, un documentaire. C’est que propose habituellement Histoire-Généalogie, des témoignages.

    On ne fait pas un article an copiant collant à tout va ce qu’on trouve à droite à gauche.

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    • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 11 janvier 19:58, par rené METTEY

      Vous me permettrez de ne pas être d’accord, ainsi je suppose que d’autres lecteurs. Peut-être êtes-vous très érudit et alors effectivement cet article ne vous a pas apporté grand chose, mais pour de simples « honnêtes hommes » il est plein d’enseignements.
      Par ailleurs il ne s’agit pas d’une accumulation de copiés-collés mais d’un article de synthèse encyclopédique exposant de manière raisonnée les types de généalogie.
      Il m’a été très utile et plaisant, et pourtant je ne suis pas le dernier des ignares en histoire (l’avant-dernier seulement).

      Répondre à ce message

      • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 11 janvier 22:14, par Philippe de Ladebat

        Grand merci à René Mettey pour ses observations sur mon article, tout à fait opportunes à l’égard du précèdent message (jp gerard). En effet, sur un site comme Histoire Généalogie qui s’affirme toujours comme COOPÉRATIF ,la cordialité doit être couramment d’usage, dans le fond et dans la forme, entre lecteurs et rédacteurs .
        Bien content d’avoir été « utile et plaisant » pour vous.
        Philippe de Ladebat

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  • Passionnant et instructif notamment sur la partie ancienne des Dieux... merci pour ce bel exposé...

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  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 11:07, par Sylvie Cauche-Laouchez

    Ma petite expérience de généalogiste amateur m’a fait découvrir 2 cas où la fabrication d’ancêtres est pointée du doigt : les VALETTE en Rouergue et les FORTIA en Provence.
    Dans les 2 cas, devant les généalogies produites qui sont illustres et remontent jusqu’à des temps très anciens, plusieurs ont fait l’hypothèse qu’ils s’agissaient en fait de familles de marchands aisés qui se sont rattachés à une illustre famille, réelle (LA VALETTE) ou plus ou moins fantasmée (FORTIA et famille royale d’ Espagne)pour accéder au statut de la noblesse.

    Pour les FORTIA, il s’agissait peut-être aussi d’effacer une famille de confession juive à l’origine (expulsée d’ Espagne à la fin du Moyen-Age) ; ce reproche leur a été régulièrement opposé de siècle en siècle.

    Pour moi la magistrature d’ Ancien Régime n’avait pas vraiment besoin de se forger une généalogie puisque ses membres accédaient à la noblesse au bout de 3 générations de service ... à moins de vouloir entrer dans certains ordres militaires qui exigeaient une généalogie comportant plusieurs quartiers de noblesse.

    Merci pour votre article.

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  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 13:22, par martine hautot

    Merci pour cet article , il y a des généalogies exactes autant que possible qui reposent sur des documents retrouvés et qui n’essaient pas de dissumuler les impasses et questions non résolues ,il y a aussi des généalogies totalement fictives et j’admire évidemment celles construites par Balzac ou Zola ,ce qui me gêne ,c’est le mélange des genres dans des romans dits historiques :je m’explique je viens de lire de Sebastien Spitzer ,le coeur battant du monde qui parle de l’enfant illégitime de Karl Marx : partant d’ un fait reconnu par les historiens contemporains , l’auteur raconte toute une histoire sans que l’ on puisse déterminer la part de réalité et la part d’ invention ,je suis sortie de cette lecture plutôt mal à l’aise en me disant que j’aimerais bien connaître la vie réelle de cet enfant .Pour conclure , je paraphraserai un slogan connu :faire oeuvre d’ historien ou de romancier ,il faut choisir ,ce qui n’empêche pas l’historien ou le généalogiste de soigner son style, et le romancier d’étudier le contexte historique de son intrigue .Qu’en pensez-vous ?
    Cordialement,
    Martine

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    • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 10 janvier 17:12, par Philippe de Ladebat

      Martine je vous remecie beaucoup pour vos observations que je trouve très pertinentes sur les confusions, rarement innocentes, entre l’Histoire et le roman ;pour ma part n’étant ni historien ni romancier, je me borne dans mon article à partager mes reflexions d’amateur sur les confusions volontaires des généalogies romancées.
      Bien cordialement/Philippe.

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  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 18:55, par Gisèle Lameth

    Bonjour,
    Vous vous étonnez du fait qu’on est pu établir des généalogies à l’époque de la rédaction de la bible.
    La rédaction de la Bible s’est échelonnée sur plus de 1 600 ans, elle comporte 66 petits livres écrits par 40 écrivains sous inspiration divine.

    Or les Écritures hébraïques servaient à la fois de constitution, de code et d’annales pour les Hébreux. Elles constituaient les principales archives de la nation. Beaucoup de listes généalogiques furent compilées sur la base d’autres documents légaux. Chaque ville tenait en effet un registre de ceux qui étaient nés dans la localité, et les listes faites à partir de ces registres constituent donc une véritable histoire. — Luc 2:1-5.

    Les tables généalogiques permettaient à un Juif de prouver son appartenance à telle ou telle tribu ou famille. On s’y référait également pour régler le partage des terres et des héritages.
    Les Juifs en avaient besoin pour classer le peuple par tribus et pouvoir répartir la Terre promise, ainsi que pour déterminer les liens de parenté dans les affaires de possessions familiales héréditaires.

    La lignée menant au Messie promis faisait l’objet d’une attention toute particulière. Les Juifs savaient que ce personnage paraîtrait précisément dans la tribu de Juda, parmi la descendance de David. — Jean 7:42.

    Les Juifs devaient non seulement tenir un registre pour la lignée royale davidique, mais aussi pour les descendants d’Aaron, de la tribu de Lévi, du fait que la prêtrise devait appartenir exclusivement à cette tribu (Ex. 28:1-3 ; Nomb. 3:5-10). Une grande partie des généalogies rapportées dans les Chroniques ont d’ailleurs été consignées à cette intention.
    “ La dignité de prêtre et de lévite se transmettait par héritage [...], explique le bibliste Joachim Jeremias ; il était donc de la plus grande importance de conserver la pureté de la descendance ”. Pour épouser un prêtre, une Israélite devait faire état de sa généalogie afin que la prêtrise reste “ pure de mélange et sans souillure ”. À l’époque de Nehémia, les hommes de plusieurs familles de Lévites ont perdu le droit d’exercer leurs fonctions, car ils “ cherchèrent leur registre pour établir publiquement leur généalogie, mais on ne le trouva pas ”. — Nehémia 7:61-65.

    Les Juifs n’appartenant pas à la classe sacerdotale se faisaient recenser dans la localité de leurs pères (Luc 2:1-5).

    Les généalogies permettaient aussi de trouver le plus proche parent à qui revenait la responsabilité d’épouser la veuve de son frère dans le cadre de la loi du lévirat, afin de perpétuer le nom du défunt. C’était également le plus proche parent d’une personne qui devait la racheter de l’esclavage ou lui servir de vengeur du sang si elle était victime d’un homicide. — Deut. 25:5, 6 ; Lév. 25:47-49 ; Nomb. 35:19.

    Les généalogies dans la bible rendent les personnages bien réels. Elles prouvent que toutes les nations viennent bien d’un seul homme. Elles sont parfois indispensables pour calculer la durée de certaines périodes.
    Enfin elles démontrent le pouvoir de Jéhovah de se rappeler de chacun de ses serviteurs. Mais surtout, elles démontrent l’ascendance messianique du Christ.

    Source : https://www.jw.org

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  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 19:23, par Michel Jeannot

    A propos de Geneanet et de mon expérience de ce site depuis une vingtaine d’années je ne serai pas aussi sévère que certains : les quelques « inventions » rencontrées me semblent surtout provenir de l’absence de sources ascendantes due par exemple à des troubles dans la paroisse et partant de l’attrait quasi- irrésistible, mais pourtant dangereux et à proscrire absolument, qu’exercent dans ces conditions l’arbre de familles homonymes et nobles comportant des dates seulement approchantes...
    Il reste à sourcer en vérifiant au maximum, ce qui reste un objectif difficile à atteindre dans l’absolu il me semble, mais un arbre un peu plus court n’est quand même pas un déshonneur par rapport à un arbre trop abondant !

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  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 8 janvier 19:37, par Brigitte Michel

    Très intéressant, cet article. Je ne connaissais pas non plus Gustav Anjou, ses « exploits » sont édifiants sur la crédulité des gens. Quand on aime l’histoire et la généalogie, on a moins de chances de se faire prendre à ces fausses généalogies, il suffit quelquefois juste d’ouvrir les yeux sur de vraies sources...
    J’ai lu les 3 romans de Dan Waddell, les enquêtes du généalogiste, romans très bien écrits et très prenants, mais au niveau généalogique, très basiques. La généalogie est plus un prétexte qu’une vraie science dans ces ouvrages. Mais j’en recommande quand même la lecture... En ce qui concerne les généalogies des romans de Zola ou de la Guerre des Etoiles, qui pourrait croire que ça existe vraiment ? Ca donne juste une cohérence certaine à des histoires. Ca ne va pas au-delà... Il faut juste ramener les choses à leur juste niveau...
    Cordialement

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  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 10 janvier 10:32, par Jean-Claude BOURGEOIS

    Bonjour,

    Très bon article  😉

    Je me suis également fait spécialiste des « fausses » généalogies familiales, qui pullulent sur le net et surtout la chasse aux faux nobles.

    Je citerai aussi deux exemples :

    Le faussaire Nicolas DELVINCOURT qui s’est enrichi fin 18e auprès de nobles bretons crédules
    Voir cet article :
    https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1913_num_29_3_4245

    Auguste de VILLIERS de L’ISLE ADAM qui s’inventa une généalogie fabuleuse (et fausse)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_de_Villiers_de_L%27Isle-Adam

    Cordialement

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    • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 10 janvier 16:51, par Philippe de Ladebat

      Bonsoir
      Merci pour vos observations et vos deux exemples, avec leurs références web.Je ne les connaissais pas, mais je ne suis qu’un amateur et je vais pouvoir les ajouter à mon florilège des « vanités » en fausses généalogies.Je note avec votre première référence, et sans en savoir la raison que « la noblesse bretonne » est souvent sujet de plaisanterie...
      Bien cordialement

      Répondre à ce message

  • Généalogies imaginaires et fabulations généalogiques 13 février 15:43, par Robert Ponzo

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant.
    Aujourd’hui même j’ai parcouru une généalogie sur Geneanet qui partant d’une famille bien réelle, les Caylus, remonte aux anciens égyptiens en passant par tous les grands personnages de l’histoire du monde, ou de la mythologie et des religions, en vrac, Charlemagne, Alexandre le grand, Marie Madeleine, Salomon et la reine de Saba, le roi Priam, La Belle Hélène, Gyptis et Protis, les Huns et les Khazars, les Perses et les Assyriens, etc Bref un salmigondis incroyable. Je ne vois qu’une explication, il s’agit d’un canular. Je me suis bien amusé et j’espère que l’auteur s’est aussi bien amusé.
    Mais le début de la généalogie semble sérieux. D’où une question, où commence le canular ?
    Les capétiens et les carolingiens sont ils dans la part sérieuse ou est ce déjà le canular ?
    En ce qui concerne ma généalogie, je m’en tiens aux registres d’état civil et paroissiaux. Les XVIIe et XVIIIe siècles posent assez de problèmes avec des curés ou des notaires qui omettent les noms des mères et des épouses.
    Cordialement.

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