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Coubanouze et l’improbable rencontre de Jeanne Cohas et Gilbert Godard (2e épisode)

Le jeudi 15 octobre 2015, par Danièle Godard-Livet

Gilbert Godard est toujours célibataire à 35 ans lorsqu’il épouse Jeanne Cohas, jeune veuve de 27 ans qui a déjà un fils et vient s’installer à Coubanouze dans la paroisse des Salles. Gilbert Godard est issu d’une famille de marchands, originaire de St Marcel d’Urfé, Jeanne est issue d’une famille de fermiers qui a réussi à posséder des terres à Coubanouze. La vie de Jeanne a été jusque-là pleine de déboires, celle de Gilbert semble avoir été bien plus simple. Jeanne est un des personnages que j’aime beaucoup parmi mes ancêtres pour son courage et sa ténacité dans l’adversité. Son arrière-arrière grand-père Gilbert Cohas, l’acquéreur de Coubanouze est aussi un ancêtre de Carla Bruni.

Les ancêtres de Gilbert Godard

Gilbert est né en 1740 à St Priest la Vêtre d’une famille de marchands, installée à Landrevie mais originaire de St Marcel d’Urfé où le premier ancêtre connu Marcel Godard (quadrisaïeul de Gilbert) est mort à 25 ans de la peste au hameau de Gaudran en 1637. Nous connaissons les ancêtres de Gilbert dans le siècle qui précède la naissance du Gilbert Godard qui nous occupe.

St Marcel d’Urfé : 1630-1704 (Marcel et André)

Nous sommes en 1630 à St Marcel d’Urfé quand Etienne Gazel, bachelier en théologie et précepteur du fils du seigneur du lieu prend en charge l’enregistrement des baptêmes, mariages, sépultures dans le premier registre de la paroisse ; c’est là que nous trouvons les baptêmes des premiers enfants de Marcel Godard et Gilberte Buysson : Marie, Jehan, Claude, André et Germaine et les décès en 1637 de Marcel et ses deux filles. Sans doute tués par la peste qui fait rage à Gaudran. Mauvais départ pour notre lignée !

Les Godard de St Marcel semblent une bien honnête famille de marchands de St Marcel ; L’épouse de Marcel Godard, Gilberte Buysson était fille de procureur d’office au mandement de St Marcel ; le frère et toutes les sœurs de Marcel se sont mariés avec des marchands ou des artisans de la région.

La famille était-elle originaire de St Marcel d’Urfé, ou bien de St Just en chevalet où l’on trouve des Godard dès 1615 (en particulier à Escrat, tout proche de Gaudran), ou de la paroisse de Perreux dans les faubourgs de Roanne où des enfants Godard sont baptisés dès 1575 ? Rien ne permet de le dire, en revanche l’activité de marchand a l’air de se transmettre de père en fils, mais rien n’indique de quoi font commerce ces marchands. La graphie du patronyme est aussi très variable entre Godard, Goudard ou Gondard.

André Godard épouse une Geneviève Gilbert dont il aura 8 enfants, mais seulement deux fils survivants dont Marcel mon ancêtre né en 1676 à Gaudran qui survit à son jumeau, premier né qui sera baptisé sous le nom de François. C’est ce Marcel qui quittera St Marcel d’Urfé pour St Priest la Vêtre.

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BMS St-Marcel d’Urfé 1676 (AD 42).

St Priest la Vêtre 1704- 1775 : Marcel, Claude et Jean Godard

En 1704 Marcel épouse Jeanne Bourganel et s’installe, au hameau de Landrevie où la famille va rester trois quarts de siècle de 1704 à 1775. Marcel et Jeanne n’ont que deux fils Claude, notre ancêtre et Jean et de nombreuses filles. Claude meurt jeune à 55 ans bien qu’ayant eu le temps de se marier 3 fois et laisse à Gilbert notre ancêtre qui n’a que 11 ans à sa mort des frères et sœurs et des demi-sœurs en bas âge.
Jean, frère de Claude et l’oncle de Gilbert, s’est installé à St Julien la Vêtre où il a épousé Jeanne Chassain.

Marcel mort de la peste à 25 ans, André qui perd sa femme à 50 ans, Marcel qui survit à son jumeau décédé à la naissance, et Claude qui meurt jeune à 53 ans, voilà la fragile ascendance de Gilbert Godard qui naît en 1740 dans une famille de marchands de la plaine du Forez. Rien de bien extraordinaire au 17e siècle et au début du 18e siècle.

Les Cohas de Coubanouze, fermiers devenus propriétaires et marchands [1]

Jeanne Cohas naît en 1748 dans la paroisse des Salles, sans doute à Coubanouze alors que ses parents étaient grangers à Rullion. Ses parents, Claude Cohas et Claudine Rochon, sont mariés depuis 5 ans et elle est le troisième enfant du couple, la troisième fille.

En 1750, la famille va s’installer complètement à Coubanouze et tenter de vivre sur des terres qui lui appartiennent depuis une cinquantaine d’années mais qu’elle a toujours exploitées ou louées en plus de l’activité de fermiers qui a été celle des aïeux de Jeanne de père en fils depuis la moitié du XVIIe siècle à Goutoule, puis à Relanges et enfin à Rullion. Toujours chez les mêmes propriétaires, les de Gaulne que nous connaissons par un renouvellement du bail de Goutoule consenti en 1693 à Gilbert et son fils Mathieu à la mort de Durand Cohas, déjà titulaire du bail établi pour la première fois en 1668.

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Prolongation de bail à Gilbert et Mathieu Cohas père et fils laboureur résidant au lieu de Gouttoullin.

Clauses du bail de 1693 aux Cohas père et fils’’’
Le bail est conclu pour la « somme de trois cent livres, douze chapons, vingt livres de beurre, vingt livres fromage, cinquante œufs de poule pour chacune des desdites années pour quoi les dits preneurs promettent payer et porter à la dite damoiselle également dans sa maison au lieu de Montbrison en deux paiements égaux le premier qui sera de cent cinquante livres à la prochaine fête de St Jean Baptiste prochain et l’autre à la Noël »’ source : archive privée Coubanouze 1693.

Pourquoi Claude le père de Jeanne a-t-il décidé d’abandonner la carrière de fermier pour s’installer complètement à Coubanouze et en vivre ? La famille compte beaucoup de filles et peu de garçons et il a bien besoin de la proximité de ses gendres pour mettre en valeur la terre ? L’envie de s’essayer à un autre métier, celui de marchand où la proximité de Cervières sera favorable ? Nous ne savons rien du pourquoi de cette installation à Coubanouze.

Nous savons en revanche que la terre venait d’un héritage Vinel que le grand-père de Claude, Gilbert Cohas (notre ancêtre commun avec Carla B.) avait habilement entrepris d’acquérir en mariant son fils à une Vinel, alors qu’il épousait lui-même en secondes noces une sœur de sa belle-fille. A ces deux mariages célébrés en même temps en 1690, auxquels s’était ajouté un autre mariage Cohas-Vinel en 1716 et la donation aux époux d’un oncle Vinel célibataire.

Depuis 1724 Barthélémy Vinel, journalier à Cervières, cousin issu de germain d’une Vinel épouse Cohas empoisonnait la vie des Cohas de procès et de menaces de saisies. L’affaire ne sera réglée qu’en 1758 par la vente d’un pré au curé et un emprunt qui éteindront la dette due à Barthélémy Vinel, devenu vigneron à St Germain Laval.

Le temps de la vie heureuse [2]

A la naissance de Jeanne, ils sont une dizaine à la maison : les grands-parents de Jeanne (Antoine et Toussainte), ses parents (Claude et Claudine), les deux sœurs aînées de Jeanne (Anne et Toussainte) mais aussi ses oncles et tantes Pierre, Marie, Claude, Blaise et Pierre qui ne sont pas encore mariés et dont le plus jeune n’a que 17 ans. C’est une famille normale de laboureurs où quatre générations vivent ensemble et une famille de laboureurs plutôt prospère qui compte dix enfants arrivant à l’âge adulte à chaque génération depuis trois générations.

La famille a bien parfois des soucis avec les gabelous qui pourchassent la contrebande de sel entre Auvergne, Forez et Bourbonnais, dont les régimes de gabelle sont très différents. Un document de 1742 témoigne que la famille est soupçonnée (sans doute à partir de dénonciations), mais qu’elle sait faire face.

Faire face aux gabelous par le silence et l’absence.
« La perquisition fait découvrir dans un premier temps du sel « honnête » accompagné de son certificat, mais la quantité semble trop faible pour le nombre de personnes présentes dans la maisonnée et il est demandé d’ouvrir tous les recoins de la maison ; c’est vers la porte de la basse cour que sera trouvé le sel de contrebande (une livre trois quarts), « lequel pot nous avons découvert... aperçu dans icelui blan que nous aurions reconnu être contrebande ce que nous aurions fait observé audit Cohas fils à l’absence de père en présence desdits girard et rochon le sommant de par le roy de nous dire était lui ou son père qui avait caché cedit sel dans cette cache faite expressément » Ce sel est saisi et deux echantillons soigneusement enveloppés sont transmis au greffe des gabelles du Forez à Montbrison. Le père n’étant pas là, une assignation à comparâtre dans les huits jours est remise à son fils ».
source : archive privée Coubanouze 1740.

Jeanne a tout pour être heureuse dans cette grande famille même si elle doit sans doute s’employer à garder les vaches, à aider à préparer les repas, à s’occuper des petits (elle a vite six frères et sœurs de plus et 5 cousins qui naissent à Coubanouze chez sa tante Jeanne avant que leurs parents s’installent au bois de Rézolle et puis deux chez sa tante Marie, les cousins Dulac et les cousins Girard). Elle trouve sans doute du temps pour jouer avec les enfants du hameau ; au moins une vingtaine de gamins : les enfants Berger, les enfants Rochon, les enfants Combe (un siècle plus tard, en 1841 Coubanouze comptera 60 habitants ; moins de 10 aujourd’hui !).

Jeanne est heureuse, ses grandes sœurs s’occupent des bébés avec la grand-mère et sa mère. Elle est toujours dehors à désherber le jardin, nourrir les animaux, garder les vaches et courir la campagne avec ses cousins et les copains du hameau. Des fois ils vont loin jusqu’au château ou jusqu’à l’étang. C’est interdit mais personne ne les voit.

Elle sent bien que son père a des soucis et elle se souvient du jour où il a fallu vendre le pré au curé du village, un bon pré qui donnait trois ou quatre charretées de foin. Elle n’avait que 10 ans en 1758 mais elle a compris.

La conclusion de l’’interminable procès
Claude, le père de Jeanne, a bien l’intention de régler cet interminable procès qui oppose la famille à Barthélémy Vinel depuis 1727, suite à une promesse de son grand-père Mathieu en 1716 non honorée par son père Antoine. La somme demandée au départ 280 livres qui correspond presque à une année de fermage que doit la famille à ses bailleurs a été renégociée à la baisse, mais toujours non acquittée, elle s’est accrue des intérêts et des frais de justice à 599 livres 19 sols et six deniers qu’il faut payer en 1758. Claude Cohas empruntera 200 livres à son oncle Antoine Cohas de Chalmette moyennant une rente annuelle de 10 livres et vendra un pré à Romain Philippon prêtre habitant aux Salles en réméré (avec faculté de rachat pendant neuf ans) « lesdits Cohas et femme Rochon ont de leur gré vendu remis et transporté comme par les présentes ils vendent au fonds puits entrees issues prise d’eau aisances appartenances quelconques et la jouissance comme lesdits vendeurs en ont ou du jouir cèdent remettent et transportent avec promesse de maintenir garantir envers et contre tous Mr Philippon acceptant un prè appelé la laigne du.....situe au tenement appelé les seignes paroisse des Salles prenant de matin le chemin appelé le laigne ? allant de la Rorie à Coubanouze de midi le chemin tendant de Cervières à St just en Chevalet de bise et soir les terres des dits vendeurs aussi de soir sauf meilleurs confins si aucun il y a Ledit prè de la contenance d’environ trois chars de foin au surplus ils le vendent franc exempt de toutes charges pentions substitution assignation et quittancements de toute autre charge icelle à l’exception du cens et frais pour couvrir le dit cens et fruits du passé jusqu’à ce jour demeurent à la charge desdits vendeurs qui comptent que ledit Mr Philippon se mette des a present en possession dudit pré la présente vente faite moyennant le prix et somme de 399 livres 19 sols ». source : archive privée Coubanouze 1758.

Mais l’interminable procès est tout juste réglé que des appétits (légitimes sans doute) se réveillent dans la famille. Blaise Cohas, dit le grand, un frère de Claude et oncle de Jeanne, qui s’est établi au village des Barges à St Romain d’Urphé avec sa femme réclame 160 L (pour les droits légitimes paternel et maternel dudit Blaise) et 320 L (pour le contrat de mariage dudit Blaise de février 1753). Il travaillait jusqu’à son mariage avec son frère et leur père,ainsi qu’à l’atelier de la Goutte, à la fonderie de plomb. La dette sera réduite au motif que Blaise mangeait à la table familiale lorsqu’il travaillait à Coubanouze.

Jeanne a confiance. Mais les choses ne vont pas s’arranger comme elle le croyait.

Le temps des malheurs

En 1760 la mère de Jeanne succombe à la naissance de son dernier fils Romain qui ne survit pas. La grand-mère Toussainte meurt à quelques jours de là. Puis c’est le grand-père Antoine qui meurt en 1764.

Claude, le père de Jeanne se remarie avec une veuve Claudine Parisis qui apporte de nouvelles terres à exploiter situées à la Rorie : Claudine Parisis possède un domaine indivis avec celui de Jean Peurière qui est loué par le père de Jeanne. Mais cela n’arrête pas les difficultés. Le père a aussi des ennuis commerciaux avec Jean Peurière (ferme impayée), Jean Girodié (emprunt non remboursé), Blaise Cohas (avec qui les affaires ne sont toujours pas réglées). Beaucoup d’argent qu’il n’arrive pas à payer. Il emprunte à nouveau et signe une reconnaissance de dettes à Romain Rochon laboureur et marchand du bois de rézolle, neveu par alliance. Claude Cohas est sans doute aux abois. On le retrouve noyé au bord de l’étang de la goutte le 30 janvier 1765.

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BMS des Salles de 1758 à 1770 p 61/116 (AD 42)

La mort du père et ce qu’il laisse
« Claude Cohas à son décès arrivé au mois de février laissa au lieu de Coubanouze, paroisse des Salles, deux vaches, quinze brebis, beaucoup de meubles et d’effets, une récolte (rentrée) de blé, avoine, chanvre et truffes. Plus dans le domaine qu’il tenait de ferme de Jean Peurière indivis d’avec celui de Claudine Parisis femme dudit Cohas, il laissa quatre vaches, un cochon et beaucou d’autres bestiaux et de meubles et effets. Une récolte rentrée de blé, avoine, chanvre et truffes. Plus tant le domaine de Coubanouze que celui de la Rourie étaient ensemencés. » Source : archive privée Coubanouze 1766.

Jeanne a douze ans, elle est orpheline avec seulement une belle-mère avec laquelle son père s’était remarié trois ans avant et deux grandes sœurs à peine plus âgées qu’elle et six petits frères et sœurs et une demi-sœur Cohas et deux demi-sœurs Rochon, du premier mariage de sa belle-mère.

L’oncle Pierre qui n’est pas encore marié à 40 ans devient leur tuteur. L’autre oncle Pierre a 33 ans et les aidera ; il n’est pas marié lui non plus. On marie Toussainte, la sœur aînée de Jeanne, dès que possible en 1765 ; elle part à St Romain d’Urfé avec Jacques Labouré, granger à Peurière et on cherche un mari à Jeanne.

Comment vont-ils s’en sortir ? Et en plus les malheurs ne s’arrêtent pas là : en 1767, Jeanne perd encore un frère et une sœur, en 1769 sa tante Marie de Coubanouze meurt à son tour.
Pour autant les créanciers de Claude qui ne désarment pas : Romain Rochon et Jean Girodié et envoient les huissiers qui saisissent des biens et le vendent aux enchères en 1769.

’les biens saisis en 1769 et la vente aux enchères’
« un lit de plumes avec son chevet pesant ensemble 30livres, une couverte de laine demi vie dite barreaux barré à l’usage du pays, quatre draps de toile grossière, un autre mauvais lit de plumes pesant 22 livres, deux pots de fonte tenant environ un …. et demi, deux crémaillères, une hache...étant tous les meubles exploitables trouvés dans ledit domicile. » Il semble qu’un voisin (Jean Peurière, créancier) ait accepté de se faire le gardien volontaire de ces biens et que par deux fois, le gardien volontaire ne se soit pas présenté pour la vente aux enchères. source : archive privée Coubanouze 1769.

La vente aux enchères n’a pas suffi à régler les dettes et c’est maintenant des oncles et tantes qui se mettent à critiquer la gestion de l’oncle tuteur , puis celle de Pierre Maréchal, le mari que Jeanne a épousé en 1770 ; c’est un marchand de St Marcel d’Urfé. De nouveaux procès sont engagés contre le tuteur qui aurait joui des biens depuis la mort de Claude Cohas et les aurait laissés se dégrader ; l’oncle de Claude, Mathieu Cohas, tisserand de St Romain d’Urfé et le frère de Claude, autre Claude Cohas charpentier de St germain Laval rappellent aussi les promesses faites lors de leurs mariages en 1752 et 1755, comme l’avait fait Blaise en son temps. Malade ou découragé, Pierre Maréchal se réfugie chez son père où il mourra en 1772.

L’oncle Pierre Cohas, tuteur de Jeanne meurt en 1774 en faisant de Jeanne son héritière mais Jeanne est à nouveau seule avec son enfant.

Le courage de Jeanne dans l’adversité

Tous les malheurs qui frappent Jeanne depuis dix ans, depuis la mort de son père, ne font pitié à personne et elle doit continuer à se battre contre tous. A la mort de son tuteur, elle veut récupérer les denrées laissées par son oncle (du foin et 28 cartons de blé) dont les Choffriasse ont la garde. Lorsqu’elle somme les Choffriasse père et fils de lui rendre les denrées laissées par son oncle ils disent ne pouvoir les rendre sans la présence de Bonnet Pailler qui est maintenant granger des terres ; ce que complète Marguerite Planche, veuve de Pierre Cohas (l’oncle-tuteur) en ne voulant pas rendre le foin. On ne sait si Jeanne a eu gain de cause mais il est certain qu’elle a su montrer beaucoup de détermination. Heureusement, elle va rencontrer un second mari qui va la sortir des difficultés.

La rencontre de Jeanne Cohas et de Gilbert Godard

Gilbert Godard a 35 ans, c’est son premier mariage ; Jeanne en a 27 et elle est déjà veuve avec un enfant. Ils auront ensemble quatre garçons : Jacques, Antoine, Jean (qui ne survivra pas) et Jacques. A deux siècles et demi de distance, comment faire autre chose que des conjectures sur cette rencontre et ce mariage ?

Gilbert est un orphelin comme Jeanne dont le père s’est remarié deux fois après la mort de sa mère, est-ce cela qui les rapproche ? Une expérience commune ?
Gilbert est un marchand dont la famille est originaire de St Marcel d’Urfé comme Pierre Maréchal le premier mari de Jeanne, comme le père de Jeanne avait entrepris de le devenir ; était-ce une fréquentation de son père ? Par sa tante Marie (marié à un Avignent de St Priest la Vêtre), sa sœur Françoise et sa demi-sœur Jeanne George (mariées à des Gros de Noirétable) ou sa sœur Marie (mariée à un Bertrand à Noirétable ou encore sa demi-sœur marie Françoise (mariée à un Bartholin de St Didier sous rochefort) ou encore ses autres demi-sœurs (Gabrielle et Antoinette) mariées à Trelins et à Bœn, Gilbert a des alliances dans toute la région de Bœn à Noirétable avec des familles qui comptent ; un bon réseau de relations, bien informé sur les opportunités de mariage ? Gilbert a sans doute aussi un tempérament conquérant aimant les défis et acceptant les responsabilités : se retrouvant à la mort de son père l’aîné mâle d’une fratrie de 9 enfants qui ne comptait qu’un autre garçon, il a marié tout le monde avant son propre mariage. Est-ce la difficulté de l’entreprise qui a poussé Gilbert Godard vers Jeanne Cohas ?

Les difficultés ne manqueront pas, mais Gilbert Godard révélera un véritable goût de la procédure, avec plus ou moins de succès.

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[1La famille Cohas est présente dans la région depuis bien longtemps. René Cohas (un descendant qui participe aux cousinades qui réunissent un branche de la famille à la Pontadinière, commune de St Romain d’Urfé) m’a transmis les testaments de Geranton de la Coha du 7 octobre 1372 et celui d’Etienne de Croso alias de la Coha du 9 octobre 1429 qui sont conservés aux archives départementales de la Loire.

[2Concernant la vie de tous les jours de Jeanne Cohas, je me suis inspirée du livre de Marie Pierre Souchon « Femmes du Forez- leurs travaux et leurs jours de la révolution à la grande guerre- » éditions Alan Sutton avril 2007.

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