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Coignesivière, un patronyme oublié

Moisy (Loir-et-Cher), le village de mes ancêtres

Le samedi 15 octobre 2005, par Jean-Pierre Bernard

Le patronyme COIGNESIVIERE n’est plus du tout porté. Voici quelques uns de mes ascendants qui le portaient, au 18e siècle.

Il serait plus juste de dire : le village d’une partie de mes ancêtres !
En effet, à la période où ces ascendants résidaient à Moisy et aux environs, c’est par milliers que, comme tout le monde, je dois les dénombrer.

La branche agnatique de ma famille - les BERNHARD, puis orthographié ensuite BERNARD, trouve son origine en pays germanique, la province de Bade, puis la ville de Ribeauvillé, dans le Haut-Rhin, et j’ai pu en consigner les ancêtres (directs et collatéraux) jusque vers 1495.
Le reste des familles ascendantes se localise en Normandie et aussi dans la région d’Orléans, également dans un périmètre Maine/Perche, puis dans le Loir-et-Cher.

C’est ce dernier département qui nous intéresse dans cette étude familiale, et plus particulièrement la région de Moisy.

Depuis longtemps je désirai me rendre sur place, pour voir les lieux, sentir l’ambiance de ce terroir, en étudier la géographie, et surtout retrouver traces de ces ancêtres qui, s’ils ne m’avaient pas transmis leur nom, avaient perpétré leur passage sur cette terre en faisant couler dans mes veines un sang qui était aussi un peu le leur.

Résidant à Strasbourg, le temps et l’éloignement géographique m’empêchèrent longtemps de réaliser ce désir latent.
En mai 2004, lors d’un séjour à Orléans où réside aujourd’hui ma fille (ironie du sort !), et où j’ai eu la joie de recevoir mon premier petit-fils, j’ai pu me rendre deux fois à Moisy. C’est peu ! Deux après-midi assez fructueuses par les découvertes que j’y ai faites, me permettant de lever un peu le voile sur cette portion de ma généalogie.
Mais il faudra que j’y retourne, ainsi qu’aux archives départementales.

J’ai « survolé » les registres (originaux) conservés par la commune, que m’a permis de consulter Madame la Secrétaire de la Mairie, avec une gentillesse et une amabilité que l’on ne trouve pas forcément toujours dans tous les villages !
Qu’elle en soit ici sincèrement remerciée.

Rentré en Alsace, avec quelques feuillets de « recopiage », des photocopies d’actes originaux et quelques informations sur l’endroit, j’ai pu réaliser la présente étude, qui est loin d’être exhaustive, et fera, je le souhaite, l’objet de complèments à la suite d’un prochain séjour.
C’est une approche somme toute intéressante, au vu du peu de temps passé sur place par rapport à la « matière » recueillie, et je suis content de ce bref passage.

La région est attrayante, et je l’ai parcourue un peu, m’arrêtant dans les églises (hélas pas toujours ouvertes !), les cimetières, les lieux remarquables, et aussi le petit café-restaurant de la place, à Moisy, près de l’église, où j’ai pu « respirer » un peu de la vie du village.

Voilà ce que j’ai tiré de tout cela.

Le bulletin municipal nous informe sur Moisy et ses hameaux, et sur l’origine du nom du village :

« L’origine latine (messis = moisson) conviendrait bien à notre village de Petite Beauce, productrice de céréales, mais peut-être faut-il retenir l’origine Celtique : musa = marais, ou encore du nom latin d’un certain »Mosius« qui aurait possédé un domaine à cet emplacement, le village prenant plus tard le nom de la personne ».

Peut-être aussi l’origine du nom Moisy est-elle ailleurs !
L’histoire de Mosius me plairait bien ! On peut imaginer un légionnaire romain, séduit par ces grands espaces de terres juteuses, à qui l’on donne un territoire en récompense de ses longues années de guerres à travers l’Italie, le Moyen-Orient et les Gaules, et qui se fixe là, devenant paysan et sédentaire, prenant femme et créant petit-à-petit autour de lui une communauté qui deviendra village.
Pourquoi pas ?

Quelques siècles plus tard, à une portée de flèche du centre du village, une famille vivait dans l’un de ses hameaux : Nouzai.
C’est l’orthographe que l’on trouve sur les actes trouvés, mais le bulletin municipal, encore une fois, nous en dit un peu plus :

« Nouzay (Nausai sur la carte de Cassini - 1750-1815) en rapport avec le noyer. Stéphane Gendron note : du bas latin »Nucaretum« devenu en français »Nouray« puis »Nouzay".
Localisation géographique d’un endroit planté de noyers où un hameau était né.
A cet endroit, vivait une famille du nom de COIGNESIVIERE.

Nous sommes parfois surpris en découvrant certains patronymes de nos anciens, en remontant dans le temps.
Il y a des patronymes oubliés, et COIGNESIVIERE est l’un de ceux-là. A l’heure actuelle, personne ne porte plus ce nom (aucun abonné au téléphone dans l’ensemble des départements de l’hexagone).
Une partie de mes ascendants le portait, durant quelques générations, situés très précisément dans cette commune.
Là, les COIGNESIVIERE sont nés, ont vécu, ont travaillé et sont morts sans appréhender (et sans doute s’en souciaient-ils fort peu) que leur patronyme ne défierait pas les siècles, et s’éteindrait très vite après eux.
Quelle est l’origine de ce patronyme ?

Comme pour Moisy, elle est l’objet de controverses, mais, à mon avis, les origines se rejoignent.
Le nom viendrait-il d’un sobriquet, d’un nom de lieu, d’un métier, d’une particularité physique...
Monsieur Jean-Louis Beaucarnot, spécialiste réputé, à qui j’avais écrit il y a quelques années, m’avait répondu par l’intermédiaire d’une émission de radio qu’il animait sur RTL.
Il pense que la première partie : COIGNE, viendrait du verbe de l’ancien français : Coigner = frapper, taper, cogner. Pour la seconde, il ne sait pas.

Mon avis est qu’il pourrait s’agir de la localisation géographique d’une famille : COIGNE, dérivant du coing, le fruit du cognassier, et SEVIER ou SEVIERE (SIVIERE) étant le nom porté par un individu, ce qui donnerait :
L’endroit planté de cognassier où réside la famille d’un nommé SEVIER (SIVIER-SIVIERE).

On rencontre plusieurs orthographes au travers des documents : COINCIVIERE - COIGNESIVIER - COINSIVIER - COINGSEVIER - COGNESIVIER - COINGTCIVIERE - COITSIVIERE... mais la forme retenue par la famille reste toujours COIGNESIVIERE, comme en témoignent les signatures au bas des actes.
Les secrétaires de mairie, les maires et les curés n’étaient pas tous instruits, à ces époques, et l’on écrivait souvent les noms de manière fantaisiste, ceux-ci n’étant pas encore vraiment fixés.

A Nouzai, aux alentours de l’an 1700, vivait un couple COIGNESIVIERE. Si j’ignore encore les prénoms et le nom de jeune fille de l’épouse, je sais en revanche qu’ils eurent au moins trois enfants : Charles, François et Madeleine.

Pas de trace de François ; on sait qu’il est mort en bas âge, comme c’était alors fréquent. On trouve Madeleine citée comme marraine de sa nièce, Marie-Madeleine, lors du baptême à Moisy, le 18 décembre 1741.
Charles, quant à lui, portera dans la lignée le numéro 1272 (numérotation Sosa-Stradonitz).

Charles COIGNESIVIERE est né à Moisy,au hameau de Nouzai, en 1707, et y pratiquait le métier de journalier. Il devait donc louer ses bras à la journée, dans les fermes du voisinage. Sans doute exploitait-il aussi quelque lopin de terre, et sans doute des endroits nommés « la Souline » ou « la Fosse Méchante » faisaient-ils partie de son univers quotidien et y a-t-il souvent travaillé ?
La vie, dure et frustre, devait s’articuler entre le travail sur cette terre de Beauce, les veillées au coin du feu, les évènements familiaux, les fêtes religieuses, la vie du village et des environs. Sans doute devait-elle être marquée également par les guerres et les pillages.

Cela fait plus de 70 ans que règne le roi Louis XIV le Grand, le Roi Soleil, quand, vers l’âge de 7 ou 8 ans, Charles devait se souvenir d’avoir vu des officiers royaux venir au village, en 1715, annoncer la mort du souverain, et l’avènement de son arrière-petit-fils Louis XV le Bien-Aimé. Ce sont des évènements qui marquent la mémoire d’un enfant, même dans ces contrées reculées, mais où les informations sont véhiculées par les fonctionnaires royaux et seigneuriaux.
Il y eut probablement une messe en l’église Sainte-Madeleine, à laquelle tout le village et les hameaux alentours assistèrent, en compagnie des seigneurs locaux et des frères du Prieuré.

Un jour de 1734, cette même église voit Charles épouser Marie DOUANEAU (le 1273). Il a 28 ans et elle, née à Moisy en 1709, en a 26. Ils devaient se connaître, sans doute depuis l’enfance, et se rencontrer lors des fêtes au village et sur les marchés qui devaient se tenir sur place.

Après la bénédiction du curé et la cérémonie, toute la noce dût regagner Nouzai pour le repas et la fête rituelle, avec la famille, les alliés, les amis et les voisins. Le seigneur du coin y fit une apparition, apportant un cadeau aux jeunes mariés.

Il serait intéressant de rechercher de quelle manière se déroulaient les mariages paysans à cette époque, dans ce coin de Petite-Beauce, pour ainsi se plonger dans l’ambiance de ce jour-là.
La famille Douaneau, probablement de même condition, devait vivre et travailler dans les environs immédiats. On en trouvera aussi des traces plus précises lors de prochaines recherches.

L’année 1735 apporta au couple l’occasion de se réjouir : le petit Charles junior vint au monde, fruit des amours de Charles et de Marie, leur premier enfant.
L’année 1737 fut triste, avec la naissance et le décès en bas âge de François, leur second fils.

Le 3e fils, Toussaint, arrive en 1738. Il est baptisé le 3 août à Moisy. On donne comme parrain Toussaint GENTIL, et pour marraine Marie CHAILLOU, épouse de Pierre GUéRINEAU.

Marie-Madeleine, 4e enfant et première fille, arrive le 18 décembre 1741, et reçoit comme marraine sa tante Madeleine, soeur de son père.
La famille réside toujours à Nouzai, car il est précisé que l’enfant y naquit.

En 1742, vint la petite Jeanne, deuxième fille, 5e et dernier enfant du couple.
Mais la même année, le 8 juin, le père de famille meurt subitement, à l’âge de 35 ans, dans la force de sa maturité.
De quoi est-il mort ? Accident ou maladie ?
Marie DOUANEAU lui survivra jusqu’au 10/10/1779, où elle s’éteignit à Moisy.

Le fils, Toussaint COIGNESIVIERE, né et baptisé le 3/8/1738, décède à Moisy le 3/1/1787.

Journalier au bourg (1763 à 1766), il exercera ensuite la même profession à l’Orme Guignard, autre hameau de Moisy, à l’opposé de Nouzai par rapport au village.

A Moisy, le 16/11/1762, il épousera Jeanne GALIOT (GALLIOT), née en 1736 à Romilly (non loin de là), fille de Louis et de BOULAY (BOULé) Marie. Elle sera journalière, et décèdera à Moisy le 7 nivôse an 14 (28/12/1805).

Toussaint et Jeanne eurent 9 enfants (tous nés à Moisy) :

  • Toussaint, né le 29/8/1763, mort le 9/9/ 1763, sans postérité,
  • Toussaint Hubert, né le 15/7/1765 et mort le 21/9/1766, sans postérité,
  • Pierre Paul, né le 24/1/1767, mort le 5/1/1810, journalier, qui épouse :
    - * 24/6/1794 à Moisy : BRAULT Marie-Madeleine
    - * 15/9/1801 à Moisy : GOUJON Marie-Jeanne
    - * 24/9/1804 à Moisy : AUDEBERT Marie-Jeanne
  • Pierre Denis, né le 2/10/1768, mort le 2/4/1779, sans postérité,
  • Marie-Jeanne, née le 2/11/1769, morte le 9/1/1770, sans postérité,
  • Sophie Marie, née le 8/1/1771, morte le 18/3/1809 à Moisy, qui sera, dans cette lignée, la dernière à porter ce patronyme. Elle épousera à Moisy,le 6/12/1796, CHESSY Jean-Baptiste. Ce sera un couple ascendant (voir ci-après).
  • Jeanne Louise, née le 4/3/1775, morte le 7/7/1776, sans postérité,
  • Denis Jean, né le 10/12/1776, probablement décédé en bas âge,
  • Joseph,né le 4/12/1779 et mort le 12/8/1780, sans postérité.

C’est tout ce que j’ai découvert (pour le moment) concernant mes ascendants COIGNESIVIERE. Mais leur sang va continuer à couler dans les veines de leurs descendants, par l’intermédiaire du couple :

COIGNESIVIERE Sophie Marie et CHESSY Jean-Baptiste

qui fonderont une famille « pas ordinaire », et que nous étudierons ailleurs.

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Annexe
Quelques actes trouvés à Moisy (Loir-et-Cher)

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