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« Ce que la Patrie nous demande est dur, pour vous et moi, mais je pars allégrement venger les souffrances de Papa... »

La guerre de 1870 et l’Esprit de Revanche

Le vendredi 4 janvier 2008, par Eugène Palmi, Michel Guironnet, Thierry Sabot

Il nous faut dès ce premier numéro sur les « Poilus » évoquer 1870 et l’esprit de revanche.

Mon correspondant, Bernard Sonneck, du Groupe GénéMil m’écrivait récemment :
« La guerre de 1870 est, en effet, complètement tombée dans l’oubli. A tort car elle fut, pour reprendre une expression utilisée plus récemment, « la mère de toutes les batailles » du 20e siècle. La farouche volonté de récupérer l’Alsace et la Lorraine a inévitablement conduit à la première guerre mondiale, d’où découle la seconde…
Le souci de la Revanche (ardente obligation comme on disait) a façonné les mentalités et contribué à installer l’armée sur un piédestal, sacralisant tout ce qui s’y rattachait ; on ne peut pas comprendre l’affaire Dreyfus si on oublie cet aspect des choses »

Un passage de la lettre d’Eugène Toesca (communiquée par son neveu Eugène Palmi) évoque parfaitement cet « esprit de revanche » :

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Eugène Toesca.

Ce jeune de vingt deux ans écrit à ses parents le 4 août 1914, jour de la mobilisation :

« Je suis prêt à partir. Ce que la Patrie nous demande est dur, pour vous et moi ; mais je pars allégrement venger les souffrances de Papa. Papa est retourné (à la guerre en 1870) pourquoi ne retournerai-je pas ? »

Cet enfant né en 1892 a grandi dans le souvenir de la défaite de 1870.
Souvenir entretenu et encore ravivé lorsque la Médaille commémorative de la Campagne de 1870-1871 a été décernée à son père Honoré.

Ce jeune soldat, mobilisé dans les Chasseurs alpins, va mourir dès les premiers combats.

La Médaille commémorative de la Campagne de 1870-1871



Réclamée depuis longtemps par la presse et les associations d’anciens combattants, la création d’une médaille officielle, commémorative, intervient en 1911, dans un climat de crise franco-allemande, soit plus de quarante ans après la fin des hostilités et la signature du traité de paix avec l’Allemagne. La distribution publique des décorations commence dans les premiers mois de l’année 1912 et se poursuit jusqu’à la veille de la Grande Guerre (cf. les photographies d’Antoine Carcenac ou les articles de presse relatifs à la remise des médailles).

Les bénéficiaires : La Médaille commémorative de la Guerre de 1870-1871 récompense les combattants de 1870-1871, qui peuvent justifier, par pièces authentiques, de leur présence sous les drapeaux en France ou en Algérie, ou à bord des bâtiments armés, entre le mois de juillet 1870 et de février 1871 inclus. Elle concerne les anciens combattants qui étaient présents sous les drapeaux dans l’armée active, dans la Garde nationale mobile, dans les corps-francs reconnus, dans la Garde nationale mobilisée, dans la Garde nationale sédentaire des villes assiégées, dans les Gardes nationales sédentaires des villes ouvertes, dans les corps et services de la Marine, dans les corps organisés mobilisés en 1870 ( douaniers, agents et gardes des forêts, gardiens de la paix de la ville de Paris), dans les services de la Trésorerie et des Postes aux armées. A partir de mars 1912, la médaille est également remise aux médecins, infirmiers, infirmières, aumôniers, pouvant justifier de leur présence sur les champs de bataille, dans les ambulances et hôpitaux, ainsi qu’aux aérostiers ayant quitté Paris en ballon pour assurer un service public. Enfin, à partir de juillet 1923, elle est attribuée aux enfants volontaires qui, ayant moins de quatorze ans à la déclaration de la guerre de 1870, ont été enrôlés dans les bataillons de la Garde nationale et à ceux qui, âgés de moins de dix-huit ans, n’étant pas incorporés pendant la guerre, ont accompli un acte de courage civique.



La médaille : Réalisée par le graveur Georges Lemaine, la médaille est ronde en bronze patiné, de diamètre 30 mm. Elle porte sur l’avers l’effigie de la République, tête à gauche, casquée et cuirassée à l’antique entourée de la légende REPUBLIQUE FRANÇAISE. Sur le revers, un cartouche porte l’inscription AUX DÉFENSEURS DE LA PATRIE, sur un fond de panoplie d’armes, surmontée d’un étendard et du millésime 1870 - 1871. Elle est suspendue par une bélière constituée par un simple anneau de bronze à un ruban de 36 mm de largeur rayé verticalement par 9 bandes vertes et noires alternées (celle d’Eugène Toesca, attribuée en 1913, a un ruban tricolore entre deux rangées de bandes vertes et noires. Elle porte l’inscription OUBLIER JAMAIS). Pour les engagés volontaires, le ruban porte une agrafe en argent mentionnant leur qualité : ENGAGE VOLONTAIRE. Le brevet était numéroté et enregistré à la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur. L’obtention de la médaille se faisait par l’intermédiaire des sociétés d’anciens combattants.

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