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Accueil » Articles » Histoire locale » Orléans, Jeanne d’Arc et sa famille » Une « combine » utilisée au siège d’Orléans en 1429

Une « combine » utilisée au siège d’Orléans en 1429

Anecdote : un stratagème « malin ».


lundi 17 avril 2006, par Jean-Pierre Bernard

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Durant le siège d’Orléans, en 1428-1429, les assiégés utilisèrent une combine pour prévenir les possibilités de sape, sous les remparts, pour s’introduire dans la ville.

Depuis octobre 1428, la ville d’Orléans était assiégée par les troupes anglo-normandes.

Les assiégés tenaient les « Tourelles », forteresse située sur le pont, la bastille Saint-Laurent, et d’autres bastilles et forteresses, encerclant pratiquement toute la cité.

Al’intérieur des remparts, les défenseurs, la milice locale et les habitants surveillaient sans cesse les mouvements ennemis.
Une des grandes peurs était que l’on s’introduise dans la ville en creusant des souterrains par-dessous les remparts de fortification.

Les gens du guet organisaient des rondes fréquentes pour surveiller les murs, et tout le monde, en règle générale, avait l’oeil et l’oreille aux aguets pour tenter de déceler une activité de creusement et de sapement de la part des assiégeants.

Ils n’avaient pas tort, et la crainte était justifiée.
En effet, les anglo-normands avaient fait venir sur les lieux du siège deux maîtres mineurs, qui se nommaient Blac EMOND et Richart CHOSELL.

Ceux-ci avaient reçu à Chartres, le 30 novembre 1428, une endenture (un contrat d’engagement), pour eux-mêmes et une équipe de trente huit mineurs.
Les deux chefs étaient payés comme hommes d’armes et leurs hommes comme archers.
Le 13 janvier, ils font une « montre » (revue) à Orléans pour une partie de cette troupe. Voici le texte de la quittance de solde qu’ils reçurent :

Quittance de solde pour deux maîtres mineurs (payés comme lances à cheval) et 24 mineurs, au siège depuis le 12 janvier 1429, et dix autres depuis le 14. Au siège le 18/01/1429 :

« Saichent tuit que je, Blac Hémond, maistre mineur de l’ost du Roy (d’Angleterre), nostre seigneur, au siège devant Orliens, retenu par Mons. le Régent le royaume de France, duc de Bedfort, pour servir audit siège, avec moi, Richart Choisel, mon compaignon, et trente huit aultres compaignons mineurs.

Confesse avoir eu et receu de Pierre Sureau, receveur de Normendie, la somme de 179 livres 11 solz 8 deniers tournoys, pour le paiement des gaiges et regars de moy et de mon compaignon, comme lances à cheval, et 24 mineurs à gaiges d’archiers, d’un moys entier, commençans le premier jour de ce présent moys de janvier ; et pour le paiement des gaiges de 10 aultres mineurs pour 18 jours restans et finissans le darrenier jour dudit moys de janvier, et dont j’ay faict monstres audit siège le 13e jour dudit moys de janvier par devant Richart Waller et Guillaume Glasdal, à ce commis. De laquelle somme...
En tesmoing de ce, j’ay scellé ceste quictance de mon seel, audit siège, le 18e jour de janvier, l’an mil cccc vingt-neuf... ».
(British Museum, add.ch.n°11.618)

Il semble qu’ils restèrent au siège encore un troisième mois, et qu’ils partirent ensuite.

En attendant, tant qu’ils furent là, les assiégés craignaient chaque jour une intrusion dans leur cité par des souterrains creusés par ces mineurs.

Le lundi 21 février 1429, à titre sûrement justifié, Jehan de Dunois, le Bastard d’Orléans, et ses principaux officiers, craignant que les anglo-normands, qui paraissaient paisibles de jour-là, ne cherchassent à s’approcher des murailles pour tenter de les renverser par la mine, en les sapant par en-dessous, fit pour la première fois l’usage du moyen qu’un nommé Robert Carré lui avait proposé pour s’en assurer.

Ce moyen consistait à placer en avant des murailles et des fossés, sur le terre-plein, plusieurs grands bassins en cuivre. Ces bassins étaient enfoncés à plusieurs pieds sous terre, à fleur du terrain et de distance en distance, et ensuite remplis d’eau jusqu’au bord.
On examinait si le liquide frémissait car, s’il en était ainsi, c’était une preuve qu’on travaillait sous terre ; on avait rien à craindre si la surface de l’eau était calme !

Il fut payé 58 sous 8 deniers parisis à Naudin Bouchard, saintier (fondeur), pour la confection d’un certain nombre de « bassins à laver » et d’une « acarre » (équerre), pour s’assurer si les ennemis minaient, et si les murs ne perdaient pas leur aplomb.
(Comptes de la ville d’Orléans)

Par ce stratagème « malin », cette sorte de « système D », on était ainsi certains que les ennemis ne se livraient pas à une activité de sape des remparts.

Il semble que ce moyen fut efficace ; en tous les cas, il n’est fait mention, dans les récits et chroniques diverses concernant le siège d’Orléans, d’aucune tentative de ce genre de la part des assiégeants.

Comme quoi, avec un peu de « jugeotte », on peut résoudre bien des problèmes.

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