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Accueil » Articles » Histoire locale » Orléans, Jeanne d’Arc et sa famille » Richart Waller, capitaine de Montpipeau en 1429.

Richart Waller, capitaine de Montpipeau en 1429.

Un écuyer anglais ayant participé au siège d’Orléans.


mercredi 23 mai 2007, par Jean-Pierre Bernard

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Depuis octobre 1428, le siège était mis devant Orléans par les troupes anglo-normandes. Les différentes places fortes autour de la ville et des environs avaient été circonscrits par les anglais, qui laissaient sur place une garnison pour les défendre. Evocation de l’un de ces capitaines.

Toute la région autour d’Orléans était bloquée. Certains capitaines étaient désignés pour laisser une partie de leurs troupes dans les multiples places fortes, plus ou moins grandes, qui jalonnaient le territoire.

Richart WALLER, écuyer anglais et capitaine de troupes, était l’un de ceux-là.

Richart WALLER

Ecuyer - Bailli et capitaine d’Evreux - Capitaine de Conches et capitaine de Montpipeau le temps du siège d’Orléans.

Montpipeau : lieu-dit de Huisseau-sur-Mauves, près de -Meung-sur-Loire, dans la grande banlieue d’Orléans, où existait une forteresse tenue par la famille de Mortemart.
Les tours d’entrée du château existent toujours.

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Montpipeau de nos jours - 2003
Photo de l’auteur

Richart WALLER participe à la campagne de Beauce, et sans doute participa-t-il aussi à la prise de Montpipeau, pour en être nommé capitaine.
Il figure aussi au siège, à Orléans.

Arrivé tôt sur les lieux, il fait « montre » (revue militaire), le 6 novembre 1428, à Orléans, pour 25 hommes d’armes et 80 archers, devant Richart PONENGYS (PONNYNGZ) et « HOO », commissaires de Salisbury, alors chef de l’armée anglaise mobilisée pour le siège.
Ces troupes font partie des « 200 lances de Normandie », réquisitionnées dans cette province alors sous domination anglaise.
Les gages seront payés par Pierre Surreau, le trésorier général.

C’est une troupe importante. Avec les pages et les coutilliers qui accompagnent chaque homme d’armes, cela représente environ 150 personnes.

Endenture du 23/12/1428 :

A cette date, il reçoit une « endenture », c’est à dire un contrat d’engagement pour un temps déterminé.

Retenu capitaine de 24 hommes d’armes et 84 archers à cheval. Assavoir :

  • 20 hommes d’armes et 60 archers pour servir au siège à Orléans,
  • 4 hommes d’armes et 24 archers, pour « la garde et deffense des chastel et forteresse de Montpipeau ».

Pour « gaiges et regars » de 23 hommes d’armes et 81 archers à cheval « pour leur service tant au siège et conqueste sur la rivière de Loyre, comme à la garde dudit Montpipeau » - Pour le 5e mois, du 17/11 au 16/12/1428.

  • Montre à Montpipeau, le 5/12/1428, devant Richart Fortescu et Guillaume Cotemore, escuiers, « à ce commis par mesdissires de Suffork, de Talbot et de Scales » (qui étaient les trois chefs au siège après la mort de Salisbury).
  • Quittance le 27/12/1428, pour 745 livres 4 sols 2 deniers tournois.

(104 hommes sur 108 sont alors à Montpipeau. Il manque l’écuyer et 3 archers. Sans doute est-il à Orléans avec une petite escorte.)

  • nb : on ne sait pas au juste ce que sont ces « regards ». On les cite toujours lorsqu’il s’agit d’hommes d’armes et d’archers, jamais quant il ne s’agit que d’archers).

Pour « gaiges et regars » de luy, 23 hommes d’armes et 83 archers à cheval, « pour le service tant audit siège et conduict des vivres comme audit Montpipeau. »
Pour un mois, du 17/12/1428 au 16/1/1429.

  • Revue le 25/12/1428 devant Thomas Flamyng et Jehan Dedem, écuyers, envoyés par messires Jehan Popham et Jehan Hannefort, chevaliers, commissaires.
  • Quittance le 13/1/1429, pour 770 livres tournois.

Toute la troupe semble être encore basée à Montpipeau, où les commissaires envoient deux écuyers pour faire la montre.
De là, ceux basés à Montpipeau gardaient la forteresse, les autres étant occupés à surveiller la région, et servir parfois également avec les escortes des convois de vivres et de munitions, ainsi que les escortes des trésoriers qui amenaient les soldes.

Pour « gaiges et regars » de luy, 23 hommes d’armes et 83 archers à cheval, « pour leur service comme ci-dessus », de 14 jours, « restans et finans le derrenier jour dudit moys de janvier inclus. »

Deux montres :

  • 20 lances et 60 archers, le 17/1/1429, devant Philebert de Mollens et maître Raoul Parker, commissaires.
  • 4 lances et 23 archers, le 24/1/1429, pour la garde de Montpipeau, devant Thomas Gyffart, écuyer, et ledit Philebert de Mollens.
  • Quittance le 18/2/1429, pour 359 livres 6 sols 8 deniers tournois.

Pour « gaiges et regars » de luy, 19 hommes d’armes et 60 archers à cheval, « pour service au siège » - Mois de février 1429 - Au prix de 6 livres tournois par archer.

  • Revue le 5/2/1429, « devant ledit Philibert et Parker. »
  • Quittance au siège le 3/3/1429, pour 655 livres 16 sols 8 deniers tournois.

Ces hommes-là sont directement sur les lieux du siège, à Orléans, car les archers touchent la paie de 6 livres, pour « ceux estans et restans » à Orléans, dans l’une des bastides de la cité. Les autres, à l’extérieur, touchent toujours 5 livres.

Pour « gaiges et regars » de 4 hommes d’armes et 23 archers à cheval, « pour leur service à ladite garde de Montpipeau » - Mois de février 1429, « lesquels n’ont esté paiez que au pris de 100 sols tournois (5 livres) pour archiers... ».

  • Montre le 7/2/1429, devant Thomas Gyffart et Ph. de Mollens, écuyers, commissaires.
  • Quittance le 6/3/1429, pour 174 livres 3 sols 4 deniers tournois.

nb : Les archers basés sur Orléans avaient demandé et reçue une augmentation de leur solde, pour cause de vie chère sur place. Cette portion de la compagnie de R. Waller, basée à Montpipeau, n’en bénéficie donc pas, et touche la paie normale des archers.

Pour « gaiges et regars » de 20 hommes d’armes et 60 archers à cheval, « audit siège d’Orliens », pour service de mars, au prix de 6 livres tournois par archer et par mois, soit : 655 livres 16 sols 8 deniers tournois,

« et pour le service d’iceluy moys des autres 4 hommes d’armes et 24 archiers, à la garde dudit Montpipeau, payez à 100 sols tournois pour archier le moys », soit : 179 livres 3 sols 4 deniers tournois.

  • « Monstre ensemble audit siège d’Orliens », le 20/3/1429, devant Thomas Guérart, écuyer, et maître Raoul Parker.
  • Pour le tout, quittance au siège le 24/3/1429, pour 835 livres tournois.

Total : 3.539 livres 10 sols 10 deniers tournois, pour cette période.

La troupe est de nouveau réunie, en entier, pour la montre du 20 mars. La montre dut se faire à Orléans.
Sans doute avait-on besoin de renforts sur place. Waller continue-t-il à assurer la garde de Montpipeau, en avril, où fut-il relayé, par exemple, par des hommes venus de la garnison voisine de Meung ?

Donc :

Avant 6/11/1428 25 hommes d’armes + 80 archers soit 105 hommes
17/11 au 16/12/1428 23 hommes d’armes + 81 archers soit 104 hommes
17/12/1428 à fin 01/1429 Lui + 23 hommes d’armes + 83 archers soit 107 hommes
Février 1429 Lui + 19 hommes d’armes + 60 archers soit 80 hommes (Siège)
Février 1429 4 hommes d’armes + 23 archers soit 27 hommes (Montpipeau)
Mars 1429 20 hommes d’armes + 60 archers soit 80 hommes
Mars 1429 4 hommes d’armes + 24 archers soit 28 hommes (Montpipeau)

Le total de la troupe, qui reste à peu près constant, doit bien être de 108 hommes, le chef n’étant parfois pas précisé, parfois compté comme homme d’armes.

Notice biographique succincte :

Août 1424 A la bataille de Verneuil
1425 et 1426 Bailli d’Evreux - Capitaine de Conches
18/7/1427 idem.
Novembre 1427 Devant Rambouillet
1427 Envoie des femmes comme « espies » (espions) dans les forteresses de l’Orléanais
22/7/1428 "Sur les champs" (en campagne) sous Willugby
Novembre 1428 Chargé de la garde de Montpipeau, une partie de ses troupes y séjourne
30/7/1429 Bailli d’Evreux - Capitaine de Conches
Septembre 1430 Bailli de Caen
7/9/1431 En Angleterre, sans charge

Il a donc séjourné au moins durant 7 années en France.

La forteresse de Montpipeau :

Cette photographie nous montre de qu’il restait de la forteresse de Montpipeau.

Montpipeau autrefois

Voici la forteresse au début du 20e siècle, en bien mauvais état. Il faut préciser que les deux tourelles étaient en fait de chaque côté d’un bâtiment en fait plus grand que ce qu’il en reste (photo n°1).
La rénovation de ce qui restait a été bien entreprise. Les propriétaires, dans les dépendances, ont créé des chambres d’hôtes, très bien réalisées, et dans un joli cadre.

Il ne faut pas confondre cette forteresse médiévale avec un château renaissance, qui était juste derrière, et dont il ne reste plus rien, que quelques murets.

Sources :

  • Bull.SAHO (ancienne série) - Médiathèque Orléans.
  • Photo de Montpipeau au siècle dernier : aimablement fournie par l’ancien maire du village voisin de Coulmiers.

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