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Peut-on être marraine après sa mort ?

La réponse est oui, mais d’une cloche ! ou Un baptême de cloches à Saint Quentin La Chabanne (23) en 1873.


jeudi 23 juin 2016, par Serge Bouvart

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Léobon PATAUX né en 1824 à Felletin (23), fils d’un instituteur, a été nommé curé de Saint Quentin La Chabanne dans la Creuse en 1862. Il a exercé cette fonction jusqu’à sa mort en 1889.

Ce passionné d’histoire et de généalogie, a tenu jusqu’en 1885, en plus des registres de catholicité habituels, un « journal de la paroisse ».

On trouve souvent des baptêmes de cloches dans les registres paroissiaux. Je savais que les parrains étaient souvent les généreux donateurs ou des élites du pays et m’imaginais à cette occasion une fête joyeuse avec des marraines endimanchées.

Le « journal de la paroisse » de Léobon Pataux nous permet d’en savoir un peu plus, nous montre que la fête n’est pas vraiment pour tout le monde et me prouve que j’avais un peu trop d’imagination.

Ainsi nous allons voir que Pierre Ginier, parrain de la 2e cloche est en deuil de sa fille Berthe Ginier (marraine) et que Marie Verrier marraine de la 3e est feue la mère de Léobon Pataux (parrain). Cependant, peut-être pour égayer la cérémonie, nous verrons que la première marraine est une fillette de 6 ans.

La 4e cloche, qui a été offerte, ne semble pas avoir eu de marraine. Ceci peut paraître inhabituel, mais pas si vraiment étrange si l’on sait que l’église catholique, normalement, ne parle pas de « baptême de cloche » mais d’une simple « bénédiction ».

Aujourd’hui, cinquième jour du mois d’octobre, ont été baptisées quatre cloches en l’église de St Quentin.
La première, sous le vocable de St Jean Baptiste, a eu pour parrain Mr le Comte Fernand de Brinon [1] et pour marraine Mlle Geneviève Richen de Seveuse [2].
La deuxième, sous le vocable de Notre-Dame-de-Sous-Terre, a eu pour parrain Mr Pierre Ginier de Truchassoux et pour marraine Mlle Berthe Ginier.
La troisième, sous le vocable de St Joseph patron de la bonne mort, a eu pour parrain Léobon Pataux, curé de la paroisse, et pour marraine sa mère, Marie Verrier, du Pont-Roby.
La quatrième, sous le vocable de Ste Anne, a été offerte, gratuitement, par Mr Hildebrand, fondeur à Paris.
Le prêtre consécrateur a été Mr Gustave Penaud, chanoine honoraire, supérieur du petit séminaire de Felletin.
Elles ont été montées immédiatement après la cérémonie par Mrs François Baraton et François Mouly, en présence de tous les habitants de la paroisse et d’un grand nombre d’étrangers.
Ont signé comme témoins : Penaud, Constance Richen, Marguerite Richen, Georges Richen, Bouchardy. L. Pataux.
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L’église de Saint Quentin à 5 cloches. Sur le devant 3 cloches de 1873 et 1 de 1679.
La 4e de 1873 est dans le clocheton au dessus de l’église.

Quête pour les cloches (Extrait)

La paroisse de St Quentin a fourni en 1870 trois cent dix neuf francs pour l’achat de la première cloche.
Mr Ginier de Truchassoux (Vallière) a fourni cinq cents francs pour l’achat de la seconde, moyennant une rente perpétuelle de quatre messes à dire chaque année, le 19 mars, le 4 mai, le 9 mai, le 4 juillet, pour Berthe Ginier sa fille [3].
Le curé de la paroisse, L. Pataux, a fourni cent quatre vingt dix neuf francs pour la troisième cloche, en souvenir de sa mère défunte [4].
La quatrième cloche, placée au dessus de l’église, a été donnée par Mr Hildebrand, fondeur à Paris.

Ce texte est suivi par la longue liste des habitants de Saint Quentin ayant donné à la quête. Habitant Le Bourg, Cherbahun, Le Château, Chirouze, La Villatte, Fressanges, Le Masbet, Villemonteix, Les Bordes, Vendeoux, Pont-Roby, Montouiller.

Le mauvais temps d’abord, et puis la guerre avec la Prusse, la Révolution, la Commune, ont indéfiniment ajourné la quête qui devait se continuer dans les villages des Coupres, Charasse-Haute et Basse, La Vedrenne, Les Roches, La Chassaigne, Laubard, Le Petit Limoges, Le Pont des Malades…
St Quentin le six octobre 1873. L. Pataux.

Sources : Registre de Catholicité et journal de la paroisse par Léobon Pataux.
Gallica Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse.

Notes

[1Homonyme et sans doute parent de Fernand de Brinon fusillé en 1947.

[2En réalité : Geneviève Richen de Scoeux (°1868) âgée de presque 6 ans. Sa mère,
Constance Richen, née Hugon de Scoeux, est citée comme témoin.

[3Marraine de la 2e cloche.

[4Marie Verrier (1794-1871), marraine de la 3e cloche.

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  • Peut-on être marraine après sa mort ? 24 juin 2016 07:28, par Gilbert Baumgartner

    Ce serait une bonne idée de relever tous les baptêmes de cloches "dissidents". On trouverait sans doute la trace de curés originaux, contestataires, peut-être jansénistes. Ainsi, on s’étonne de trouver, le 31 octobre 1742 à Pers-en-Gâtinais, dans le Loiret, au baptême de la moyenne cloche appelée Marie, que « Celuy et celle qui lui ont imposé le nom étaient Louis Fouquet âgé d’environ 10 ans et Marie Louise Plêge, orpheline et domestique aussy âgée d’environ 14 ans. » Un garçonnet et une domestique orpheline, le symbole est puissant ! (Relevé dans l’ouvrage de Frédéric Pige "De l’entretien spirituel et temporel des églises du Gâtinais au XVIIIe siècle")

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