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Mille et une façons de mourir

A Saint-Rambert-en-Forez , de 1652 à 1688 (1er épisode)


jeudi 12 avril 2018, par Jacqueline Besson le Huede

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Tous ceux qui s’intéressent à la généalogie peuvent en témoigner. Il y a différentes sortes de registres paroissiaux : ceux, sans saveur, surtout dans les villes, où s’alignent sèchement des noms et des dates, et ceux, surtout dans les paroisses rurales, qui nous permettent d’en savoir davantage sur nos ancêtres, grâce à un curé plus prolixe, connaissant davantage ses ouailles et ayant, ce qui n’est pas à négliger, beaucoup moins d’actes à rédiger.

A Saint-Rambert [1], petite ville située entre Saint-Etienne et Montbrison, dans l’actuel département de la Loire, plusieurs registres, couvrant une période de trente-six ans, se révèlent fabuleux pour qui aime se plonger dans leur lecture [2].

Deux curés successifs, messires Petit [3] et David, ou ceux qui écrivirent en leurs noms, multiplièrent les informations sur les paroissiens, tant sur leur métiers, leur vie, leurs derniers instants que sur les raisons de leur mort. Il est probable que les situations qu’ils ont décrites étaient les mêmes dans la plupart des paroisses, mais ailleurs, le plus souvent, elles ont été tues.

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Saint Rambert Porte de la Franchise

Selon le procès-verbal de la visite pastorale faite par Camille de Neuville [4], archevêque de Lyon, en 1662, il y avait environ mille trois cents communiants à Saint-Rambert [5]. Par comparaison, une ville comme Roanne, ne comptait, à la même époque, pas plus de quatre mille habitants.
Si la période retenue pour cette étude, va de 1652 à 1688, c’est parce qu’avant 1652, nous ne possédons pas de registres des sépultures, mais uniquement des baptêmes ; et, qu’à partir de 1688, mis à part le récit de quelques accidents ayant certainement marqué la population, ou de quelques cas de mort soudaine, la lecture des registres est devenue beaucoup moins captivante, le curé David se conformant de plus en plus aux règles prescrites pour la rédaction des actes.

Après avoir répondu aux questions : "combien ? qui ? à quel âge ? où ? (s’agissant du lieu de sépulture) (1er épisode), nous examinerons le "pourquoi ? et le comment ?" des décès (2e épisode).

I – COMBIEN ? QUI ? A QUEL AGE ? OU ? (lieu de sépulture)

Nous nous intéresserons à l’état ou à la profession des mourants, puis à leur âge, puis à leur lieu de sépulture. Mais examinons, dans un premier temps, quelques données chiffrées.

Nombre de morts
Il convient de constater que, d’une année sur l’autre, le nombre de décès est très variable. L’année 1676, avec 94 décès d’adultes auxquels il convient d’ajouter 63 décès de petits enfants, fut particulièrement meurtrière. L’année suivante, ce sont les petits enfants qui moururent en nombre : 96.

Les variations d’une année sur l’autre s’expliquent certainement par la survenance de divers aléas climatiques et vraisemblablement, par des hivers rigoureux, (sans qu’ils atteignent pour autant la triste renommée des « grands hivers » des années 1686, 1693 et suivantes, et surtout 1709). Le temps agit aussi sur les récoltes, et la famine sévit parfois, atteignant les plus faibles et les plus pauvres. Il peut s’agir aussi, d’une possible épidémie capable, en quelques semaines, de faire disparaître un quart de la population [6].

Il arrive que, dans une même maison, comme à Saint-Rambert, on relève successivement l’enterrement du mari puis de la femme ou encore de la fille puis du père, touchés, sans doute, par le même mal. A Saint-Bonnet-le-Château, paroisse peu éloignée de Saint-Rambert, le curé aligne, ces années-là, les actes de sépulture mentionnant « fièvre maligne », comme cause de multiples trépas. La proximité des paroisses ferait donc pencher pour une épidémie sévissant dans le sud du Forez.
En revanche, que dire des années où l’on ne déplore que vingt décès ?

Parfois, pendant des mois, aucune sépulture n’est mentionnée. Ceci relève de l’improbable et laisse penser que de nombreux défunts ont été oubliés. Cela se produisit surtout à la fin de la vie de Gabriel Petit. C’est peut-être l’explication : il n’accordait peut-être plus la même attention à la tenue des registres.

Avec les réserves qui viennent d’être émises, et en prenant le nombre de décès d’adultes de 1652 à 1687, soit environ 1441, et en le divisant par 36 ans, on obtient une moyenne de 40 morts par an. Ce chiffre est certainement en dessous de la réalité.
Le nombre de décès d’enfants en bas-âge ou n’ayant pas encore fait leur première communion et de moins de dix ans, tel que calculé par le curé David lui-même, avec listes à l’appui, est plus fiable : 621 décès sur treize années, soit une moyenne annuelle de 48.
Même si les oublis de sépultures d’adultes sont plus nombreux que supposés, nous pouvons constater qu’à plusieurs reprises, le nombre des décès des jeunes enfants est supérieur à celui du reste de la population, et parfois dans de larges proportions (1677, 1684, par exemple).

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Tableau 1

Les états ou catégories professionnelles
Les curés de Saint-Rambert ne mentionnaient pas systématiquement l’état (sauf s’il s’agissait d’hommes d’Eglise et de personnages importants) ou la profession du trépassé.
Sur 213 mentions pour les trois années 1676, 1677 et 1678, années où nous enregistrons un pic de décès, nous ne relevons que 111 actes sur lesquels la profession du décédé est indiquée, ou, s’il s’agit d’une femme, celle de son mari ou de son père. Pour les domestiques, le nom du maître est habituellement cité.

Les professions agricoles sont, et de loin, les mieux représentées et notamment les métiers de la vigne avec 39 actes de décès de vignerons en trois ans ; viennent ensuite les laboureurs : 12 ; les grangers (métayers) sont 8. Il faut y ajouter un journalier, un jardinier et un meunier. Saint-Rambert, à la lecture de ces chiffres, est indiscutablement une ville vivant en majeure partie de l’agriculture.
En second, viennent les marchands, parfois qualifiés de « bourgeois » de la cité : 10. Dans cette même catégorie, on peut mettre quatre juristes dont deux notaires royaux, un pharmacien ainsi que trois « hostes » (aubergistes, propriétaires de logements loués) qui étaient souvent, dans les paroisses foréziennes, considérés comme des notables.

Tout de suite après, avec neuf représentants, arrivent les valets et les servantes. Sous cette appellation se cachent des situations très différentes, s’agissant du valet d’un homme déterminé, riche et influent, ou du valet d’une maison de ville, ou encore celui d’une pauvre famille de laboureurs. Il en est de même pour les servantes. Très souvent, chez les laboureurs foréziens, les valets ou les servantes étaient le neveu, la nièce ou des cousins du chef de famille, qui bénéficiaient du gîte et du couvert en contrepartie de leur travail.

Les métiers traditionnels de la région, les métiers du métal et du ruban, ne sont pas beaucoup représentés : on ne relève que deux actes relatifs à des rubaniers, et trois concernent respectivement un serrurier, un faiseur de clous et un maréchal-ferrant. Cela s’avère identique sur la totalité de la période.

Enfin, avec une ou deux mentions pour chaque métier, apparaissent les artisans ou boutiquiers : un menuisier, un perruquier, trois voituriers [7], un boucher, cinq tisserands dont un tixotier en soie (tisserand / à rapprocher des rubaniers), un tailleur d’habits, un combassier (qui serait un marchand ou tisserand de toiles de chanvre ?) et deux cordonniers.

On peut aussi noter la présence de métiers dont les dictionnaires, même de l’époque, ne donnent pas la signification : trois fleisniers ou fleyniers (marchands de foin ? ou déformation de « fleuviers » ? [8], métier d’hommes travaillant sur la Loire ?) et un bousetier (ramasseur et revendeur de bouse ?). L’ « esguilletier » est-il fabricant d’aiguilles ou bien d’aiguillettes, ces cordons ferrés dont on se servait notamment pour attacher son haut de chausses [9] ?

Certains trépassés sont désignés, non par une profession mais par un état : les prêtres, les chanoines de Saint-Rambert [10] Nous trouvons également de nombreuses « sœurs de la congrégation », certaines étant célibataires, d’autres veuves.
Parmi ceux qui s’occupent des plus pauvres et des malades, nous notons la présence d’un seul hospitalier, pendant cette période. Mais ils apparaissent régulièrement au travers des registres des quatre décennies.
Sont aussi enregistrés les décès des pauvres dont ils ont la charge à l’Hôtel-Dieu, ou ceux qui sont de passage à Saint-Rambert. En effet, de nombreuses personnes décèdent à l’hôpital, certaines clairement identifiées comme des pauvres, d’autres non.

Il faut savoir que les malades y étaient soignés mais que les mendiants pouvaient, parfois, y être enfermés de force. A Montbrison, par exemple, venait d’être crée, à cette époque, un hôpital des pauvres enfermés [11].

Les lettres patentes du roi sont claires : « Faisons deffenses à toutes personnes de quelles qualité & condition qu’elles soient, valides ou invalides, de mendier dans ladite Ville & Faux-bourgs, publiquement ou en secret, à peine de prison pour la première fois, & pour la seconde d’être razés & bannis ». D’autres passages de ces lettres, démontrent que séjourner à l’hôpital n’était pas un sort très enviable et que les indigents hébergés à l’hôpital, étaient quasiment assimilés à des prisonniers : « Donnons par ces présentes auxdits recteurs tout le pouvoir & authorité de direction et correction sur lesdits Pauvres enfermés, & pour cet effet leur permettons avoir en ladite Maison, Poteaux, carquans & prisons pour châtier les faustes nottables que les Pauvres y pourront comettre […] ».

Au cours des trente-six années étudiées, nous relevons d’autres métiers ou professions de défunts : plusieurs avocats au parlement, un conseiller et procureur du roi, un capitaine-châtelain qui maintenait l’ordre, deux lieutenants, un sergent, un soldat de passage, un commis aux Aides, le « fermier général » [12], des chirurgiens, une sage-femme, un maître « d’eschole », un graveur, des charpentiers, un maçon, un forgeron, un teinturier, un mercier, des tailleurs d’habits, un chaudronnier, un boulanger, des laquais de personnalités de la paroisse, un tireur de cordes [13].

Le 29 janvier 1670, Pierre Fournier est qualifié de « citoyen » de Saint-Rambert, le mot citoyen étant même, fait exceptionnel sur ces registres, souligné. Nous ne savons pas dire ce qui se cache derrière cette mention employée une seule fois.
A noter, également, une annotation faisant état de la « conversion de son hérésie » du sieur Mathieu Dubois, marchand de Saint-Rambert, quelques années avant son décès, survenu en juin 1659 [14].

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Saint Rambert Quartier médieval et porte de la Franchise

A quel âge ?

Certains curés faisaient l’effort d’aller rechercher dans les registres précédents, les années de naissance des personnes qu’ils enterraient ou notaient un âge approximatif, communiqué par les familles ou le mourant, lui-même.
Ce n’est pas le cas à Saint-Rambert où les deux curés successifs ne notaient l’âge que de temps en temps et, a priori, sans règle bien définie.

  • S’il s’agissait d’un homme d’église ou proche de l’église et encore, pas systématiquement : Philibert Reverdin, prêtre, chanoine et sacristain de Saint-Rambert, mourut à 82 ans, en juin 1653. En revanche, on ignore l’âge de Jacques Hyvernoux, également prêtre en chanoine, qui mourut en juillet de la même année. Messire Guillaume Colombe, prêtre et chanoine, mourut en septembre 1654, à 80 ans. On ignore l’âge de Jean-Louis Guilhomel, décédé en août 1654. Anthoine Fromage, valet du chapitre et tireur de cordes, avait 65 ans et Jean [Berd ?], hospitalier, 55 ans.
  • Les curés ne mentionnaient-ils l’âge du défunt que lorsque celui-ci était très avancé ? Rambert Chomarat était âgé de 80 ans. Robert Durand, Anthoine Rivel, maître François Gérantet, Sibile Roche avaient également 80 ans ou plus. Anthoine Canet avait environ 100 ans. Mais, a contrario, Messire Vital du Breuil, prêtre et chanoine, n’avait que 35 ans, dame Gasparde de la Roue, de Dunières, n’avait que 32 ans. Jeanne Vincent avait 40 ans et Nicolas Nissart, environ 50ans. Pas de règle, là encore.
    Parfois, nous savons que le mort était âgé, sans que l’âge exact soit noté : « Marie Pérot, pauvre femme âgée […] ; ou encore « qui a longtemps tenu le lict à cause de sa vieillesse ».
  • Lorsque le mort ne demeurait pas habituellement dans la paroisse, et lorsque les curés pouvaient en avoir connaissance, ils écrivaient son âge : Gasparde, de Dunières, vue au paragraphe précédent, qui, d’ailleurs, ne fut pas enterrée à Saint-Rambert, mais à Dunières, « près de son père »  ; Jeane, dont le nom fut laissé en blanc, originaire de L’Etrat, paroisse de La-Tour-en-Jarez. Elle décéda, âgée de 20 ans environ. En septembre 1655, maître Thomas Gonin, docteur « es droictz », avocat au bailliage de Montbrison, était âgé de 66 ans et 5 jours (Quelle précision !). Messire Jacques de la Font, curé de Chambles, était âgé de 75 ans. Etiennette Tirelier, de La Fouillouse, avait 60 ans et dame Hélaine Gérentet, bourgeoise de Sury, 75 ans ou environ.
    Pierre Bertholet, un pauvre garçon, de Chambles également, n’avait que quinze ans. Françoise Philipe, native de Saint-Jean-Soleymieux, servante, avait 15 ans. Catherine Brunel, fille d’un cordonnier de Montbrison, mourut chez son oncle, à Saint-Rambert, à 10 ans.
  • Il est parfois indiqué, sur les registres, l’âge de jeunes adolescents de Saint-Rambert, bénéficiant d’un acte mortuaire comme les adultes, alors que, comme nous l’avons vu, ils étaient, soit non inscrits, soit comptabilisés à part : en 1669 et 1670, on enterra deux fillettes de 12 ans. De très nombreux exemples pourraient encore être cités.

Ces jeunes étaient comptabilisés comme des adultes parce qu’ils avaient fait leur première communion ? Certaines mentions concernant des nourrissons ou de très jeunes enfants contredisent cette hypothèse : Alix Berthon, âgée de 7 ans en 1676, Marie Daurelle, âgée de 10 ans en 1684, Marguerite Aubert, fille d’un pharmacien, âgée de 8 ans en 1684, Madelaine Reverdin, fille d’un marchand de Saint-Rambert qui a « receu, pendant sa maladie, le sacrement de pénitence et extrême-onction et non le viatique pour n’avoir esté sufisamment instruitte, n’estant aagée que de douze ans ». En septembre1687, nous trouvons deux actes concernant un petit Aubin Mollin, âgé de 2 ans, fils d’un avocat, et Jacques Philibert, un « pauvre mendiant » âgé de 7 ans. Pour un nouveau-né, l’acte de baptême se transforma en acte de décès : « J’ai baptisé Fleurie, fille à Jean Michalon, vigneron, et à Anne Berthet, mariez de cette ville, qui est morte devant que la cérémonie a esté achevée ».

Autres informations

Les informations sur le climat sont peu nombreuses, mais nous en relevons quelques unes, liées à une sépulture un peu précipitée :

  • Dame Jeanne Dubois, morte à quatre heures du matin, le 15 juillet 1681, fut enterrée à neuf heures du soir « à cause des grandes chaleurs »,
  • Antoine Piccon, mort à cinq heures du matin, en août 1681, fut enterré « dans la nuit à cause des grandes chaleurs ».

Le lieu de la sépulture est régulièrement mentionné. Pour l’immense majorité, il s’agit du cimetière, avec précision dans quelques cas, du « cimetière des pauvres ». Ce sont généralement les notables, ecclésiastiques ou laïcs, qui bénéficient du privilège d’être enterrés dans l’église ou son annexe, Saint-Jean [15]. Mais nous trouvons également des individus, ni prêtre, ni « sieur », ni « dame », qui évitent le cimetière. Parmi eux, Benoiste Jacoby, sœur de la congrégation : elle avait servi un sieur Faure pendant quarante ans. Par reconnaissance, sans doute, il demanda qu’elle soit enterrée dans le tombeau de sa propre famille.
Rambert Choret, simple vigneron de Saint-Rambert, fut aussi enterré dans l’église, en juin 1686.

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Saint Rambert Chapelle Saint-Jean

Toutes les personnes qui décèdent à Saint-Rambert ne sont pas enterrées à Saint-Rambert, ayant fait élection de sépulture dans d’autres localités :

  • M. Jean-Baptiste Lauraire, avocat de Saint-Rambert où il est mort, « a esté conduit à Notre-Dame-des-Graces, où il a esté enterré, un office solennel ayant esté célébré auparavant en nostre esglise, le corps présent »,
  • Madelaine Dambert « est décédée en cette ville et a esté enterrée à Bonson »,
  • « La veuve de Rambert Girinot est morte dans cette ville et a esté enterrée à Saint-Just, ainsy qu’elle l’avoit désiré" (novembre 1674),
  • « Nous avons faict l’office de l’enterrement d’Anthoine Barbat, ce quatorze juin 1683, lequel mourut et fut enterré à [Feurs ?], le 10 du présent.

Il est probable que ces quelques personnes avaient des parents ou des attaches dans les localités autres que Saint-Rambert. Certaines, comme Madelaine Dambert, n’y résidaient que depuis peu de temps.

Ce premier épisode nous a conduit dans la paroisse de Saint-Rambert, nous a fait connaître, au travers des registres de sépultures, ses habitants. Le second épisode nous fera entrer dans les maisons, dans les familles, au chevet des mourants. Pourquoi et comment mourait-on ?

Pour lire la suite...

Notes

[1Aujourd’hui, Saint-Rambert-sur-Loire et Saint-Just-sur-Loire, la commune voisine, ont fusionné. Leurs habitants portent le nom de pontrambertois (es). Les habitants de Saint-Rambert, stricto sensu, étant les rambertois.

[2Archives départementales de la Loire, Registres paroissiaux de Saint-Rambert-sur-Loire, en ligne, regroupés en quatre séries :

  • Sépultures de 1652 à 1668,
  • Baptêmes, mariages, sépultures de 1668 à 1671
  • Baptêmes, mariages, sépultures de 1672 à 1679
  • Baptêmes, mariages, sépultures de 1680 à 1687
  • Baptêmes, mariages, sépultures de 1688 à 1694 (non compris dans l’étude, mais cité plusieurs fois).

[3Messire Gabriel Petit est décédé le 19/10/1674.

[4Abbé Mathieu Merle, copie des procès-verbaux rédigés après la visite pastorale de Mgr de Neuville, document manuscrit, bibliothèque de la Diana, Montbrison. L’archevêque, note que la paroisse, l’église, la maison curiale, les registres paroissiaux sont bien tenus. Il y est fait une description de l’église et de ses chapelles. Seul, le cimetière dont les murs sont ouverts à plusieurs endroits, devait faire l’objet de réparations. L’abbé Petit est qualifié de curé « moderne » (respectant les consignes élaborées lors du concile de Trente), nommé par le prieur de Saint-Rambert. Le prieuré est possédé par Ferdinand de Neuville, « notre cher frère, évêque de Chartres, à qui nous l’avons conféré en 1656 », écrivit l’archevêque.

[5La paroisse comprend Saint-Rambert et ses nombreux hameaux.

[6François Burelier-Pilote, archiprêtre de Roanne, évoque dans ses écrits de la fin du XVIIe siècle, les dures conséquences des épidémies et la misère du temps, pour ses contemporains.
Abbé Prajoux, « Portefeuille de monsieur François Pilote » paru dans la « Petite histoire de Roanne et du Roannais », 1938, Médiathèque de Roanne, 1515F et surtout du même auteur, « Roanne au XVIIe siècle ». Médiathèque de Roanne, 1522F.

[7Ils sont bien présents au cours des trente-six années étudiées. N’oublions pas qu’à Saint-Rambert, en bord de Loire, il y avait les nombreux voituriers par eau. Ils utilisaient des embarcations qui, au siècle suivant, seront appelées les « rambertes ». Construites pour un seul voyage, elles étaient détruites et revendues en bois de chauffage lorsqu’elles arrivaient à destination.

[8Archives départementales de la Loire, B2281, à propos d’une expertise réalisée sur trois écluses construites sans autorisation sur la rivière Furan, en 1672 (paroisses de St Rambert, Saint-Just et La Fouillouse) : « En présence du procureur du Roy et ce par experts que nous avons nommé d’office, des personnes de Grégoire Appoticaire et Jean Bertholet, fluviers de St-Rambert, ausquels sera signiffié de se transporter audit jour et heure sur ladite escluse aux peines de droit »

[9« Nouer l’aiguillette » était, à l’époque, une expression désignant un maléfice : on prétendait que si pendant la cérémonie du mariage, une des personnes présentes nouait une aiguillette, l’union ne pourrait pas être consommée.

[10Ils sont très nombreux, notamment entre les années 1652 et 1660. Selon le procès-verbal de la visite pastorale de Camille de Neuville, ils se prétendaient chanoines, mais, selon le prieur des lieux, il fallait seulement les considérer comme des prêtres rattachés à l’église de Saint-Rambert, le prieuré étant devenu séculier un siècle plus tôt.

[11Lettres patentes du roi contenues dans un registre intitulé « Mémoires, factums et Ordonnances » à la Bibliothèque de la Diana, à Montbrison, et reproduites sur le site « forezhistoire.free.fr ».

[12Il existait des fermiers-généraux pour le royaume, avançant au roi le montant des impôts, puis le récupérant ensuite sur la population. Il s’agit ici d’un fermier-général local, veillant à la collecte des sommes dues au prieuré. du prieuré de Saint-Rambert.

[13Plus vraisemblablement, au vu du contexte, un homme qui sonnait les cloches de l’église et non un fabriquant de cordes. Il était en outre, en effet, valet du chapitre.

[14A Feurs, une famille de protestants dont la plupart des membres se convertirent dans les années 1680, porte ce même nom. Cf. Jacqueline Besson-Le Huédé, Abjurations à la veille de la révocation de l’Edit de Nantes, Bulletin de la Diana, tome LXXII-n°4, 4e trimestre 2013.

[15Selon la visite pastorale de Mgr de Neuville, en 1662, cette chapelle était située, à l’époque, dans le cimetière. C’est là que se trouvaient les fonds baptismaux.

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7 Messages

  • Mille et une façons de mourir 13 avril 22:05, par marlie Toussaint

    Bonsoir,
    Bravo pour cette analyse statistique intéressante qui nous permet de mieux comprendre les conditions de vie des paroissiens en ce village. Effectivement, les chargés d’âmes étaient des hommes comme les autres avec leurs oublis mais entre les naissances, mariages et enterrements ainsi que les messes et autres tâches à accomplir : ils ne chômaient pas. Certains étaient dévoués à leurs ouailles et les détails rajoutés font le plaisir des généalogistes.
    Cordialement
    Marlie

    Répondre à ce message

  • Mille et une façons de mourir 13 avril 23:49, par Péault

    Cet article est vraiment passionnant ! J’attends la suite avec impatience.
    Pour compléter, si vous le permettez, votre phrase :
    « La veuve de Rambert Girinot est morte dans cette ville et a esté enterrée à Saint-Just, ainsy qu’elle l’avoit désiré » (novembre 1674)"
    Il existait dans la petite et pauvre église de Saint-Just-sur-Loire, aujourd’hui détruite, une chapelle des Girinot.( Sources : Jean Renaud, membre de la Diana- Histoire de Saint-Just-sur-Loire)

    Répondre à ce message

  • Mille et une façons de mourir 14 avril 08:52, par Darrigrand nicole

    Mille et une façons de mourir

    Article particulièrement intéressant,à partir d’une étude
    sérieuse,documentée et bien présentée. Cette tranche d’histoire de nos ancêtres fait incontestablement partie de
    notre Histoire.Et les leçons de vie n’y manquent pas.Merci.

    Répondre à ce message

  • Mille et une façons de mourir 14 avril 09:44, par martine hautot

    Bonjour, Jacqueline
    Un travail d’autant plus remarquable que la lecture des registres du Grand Siècle demande beaucoup d’attention .J’ai aussi remarqué que les âges des défunts étaient le plus souvent approximatifs dans les registres paroissiaux :le baptême était avant tout un passeport pour l’éternité et non un document à présenter aux autorités . Connaître son âge avec précision ,au moins pour les gens du peuple , n’était pas alors une préoccupation ,cela est resté longtemps ainsi dans d’autres civilisations dépourvues d’état-civil :l’évolution de la silhouette ,de la chevelure ,les souvenirs des contemporains ,donnaient des indices .
    J’attends avec grand intérêt la suite .
    Bien cordialement
    Martine

    Répondre à ce message

  • Mille et une façons de mourir 14 avril 11:15, par Jacqueline Besson-Le Huédé

    Merci pour tous vos messages.

    Suite au message de M. ou de Mme Péault : l’information donnée à propos de la chapelle Girinot peut expliquer pourquoi, effectivement, la veuve Girinot a demandé à être enterrée à St-Just. Très intéressant !

    Dans la seconde partie, j’ai noté, sous forme de tableau, les patronymes de ceux pour lesquels les curés ont ajouté des mentions spéciales relatives à leur décès. Sous réserve des modifications qui ont pu intervenir dans l’orthographe des noms de famille, voire dans leur prononciation, on peut certainement y retrouver ceux de beaucoup de familles foréziennes d’aujourd’hui. Toutefois, pour l’avoir constaté dans plusieurs paroisses, les périodes de disette et surtout la période révolutionnaire ont fortement bouleversé la donne.
    De nouveaux patronymes apparaissent sur les registres d’état-civil, quand d’autres, relevés pourtant pendant 2 siècles sur les registres paroissiaux, ont totalement disparu.

    Répondre à ce message

  • Mille et une façons de mourir 9 mai 11:58, par Platevoet Bernard

    bonjour,

    Bonne et intéressante étude en effet, Jacqueline Besson le Huede nous montre encore une fois la possibilité de réaliser des études approfondies à partir des registres paroissiaux, (même s’ils sont souvent incomplets), ce que j’ai pu constater également dans les registres d’un petit village de Dordogne. On y trouve ainsi des informations précieuses sur l’évolution de la population, les professions et classes sociales des gens, les âges (souvent approximatifs), l’espérance de vie, les morts violentes parfois avec les circonstances, lien avec les aléas climatiques, les épidémies, les surnoms parfois évocateurs : comme ce Jules dit « frappe d’abord » père illégitime d’un enfant baptisé : un sacré numéro ce père ... ou qui, de surnom devient le nom, comme ce dénommé « Courtazelle » dont un aïeul devait sans doute agiter volontiers ses bras en parlant (sans pour autant pouvoir s’envoler) ? l’humour est là aussi dans ces registres !
    C’est le côté le plus enrichissant des enquêtes généalogiques : une fenêtre entrouverte sur les gens et la vie paysanne du passé
    Cordialement
    Bernard

    Répondre à ce message

  • Mille et une façons de mourir 12 mai 14:54, par Joëlle Gargallo

    Bonjour à vous tous,
    J’ai beaucoup aimé cette rubrique, c’est très émouvant.
    J’ai rencontré une situation intéressante en relevant les actes d’état civil de mes ancêtres dans les archives de la Roque-sur-Cèze (Gard) cela concernait le décès d’un noyé dans les cascades du Sautadet, l’acte de décès est un véritable compte-rendu des derniers instants de sa vie.
    Les actes de décès établis par les hôpitaux pendant la guerre lors des derniers jours des défunts donnent aussi des informations intéressantes, bien que cela concerne plus la fin de vie de la personne.
    Vivement la suite de votre rubrique !!!

    Répondre à ce message

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