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« Mieux vault être grosse d’un chevallier que d’un savetier »

Une affaire de mœurs en Nivernais, au temps de Louis XIV


vendredi 23 avril 2021, par Jacqueline Besson-Le Huédé

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Au-delà d’une simple procédure conservée dans une cote de la série B des Archives départementales de la Nièvre [2], nous pouvons nous plonger, au jour le jour, dans la vie d’une bourgade au XVIIe siècle, et retrouver, ainsi, plusieurs dizaines d’hommes et de femmes qui y ont vécu.

Même si les registres paroissiaux sont irremplaçables pour les généalogistes, les procès-verbaux d’auditions de témoins, notamment, les récits que ceux-ci font des évènements, de même que les noms qu’ils citent, permettent, de temps et temps, de pallier l’absence desdits registres, à une période où beaucoup ont malheureusement disparu ou comportent des lacunes.

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Saint-Pierre-le-Moûtier avant la Révolution
En haut, à droite, le faubourg de Moulins et l’église Saint-Babyle.
Planche réalisée par Amédée Jullien et extraite de son livre, "La Nièvre à travers le passé ", 1883.
Saint-Pierre-le-Moûtier, la petite ville, située à environ 25km au sud de Nevers, et dans laquelle cette affaire s’est déroulée, est, aujourd’hui, un simple chef lieu du canton que l’on traverse lorsque l’on se rend de Paris à Lyon, en passant par la N.7. Ce ne fut pas toujours le cas, la petite cité connut ses heures de gloire. Au XVe siècle, Jeanne d’Arc assiégea la ville et y remporta une de ses dernières victoires contre les Anglais.

Sous l’Ancien Régime, Saint-Pierre-le-Moûtier était la capitale judiciaire du Nivernais. Le bailliage royal du Nivernais et le présidial (que l’on pourrait comparer à nos cours d’appel), rendaient la justice au nom du roi, en concurrence avec le bailliage ducal de Nevers, selon les lieux et la gravité des faits commis. Les magistrats de Saint-Pierre et leurs familles n’étaient pas satisfaits de cette situation et auraient aimé quitter la campagne et pouvoir s’établir à Nevers. Mais l’autorité royale refusa de leur accorder satisfaction. Le transfert des tribunaux attendra la Révolution française.

La plainte de Marguerite

Le 27 janvier 1659, Marguerite Arnoux, fille de défunt François Arnoux, boucher, et de Jeanne Mestra (Mestre ou Mestrot), se rendit en l’hôtel de Charles Litaud, sieur de la Planche, conseiller du roi, lieutenant particulier au bailliage et présidial de Saint-Pierre-le-Moûtier, avec Jacques Pannat, son procureur (avocat). Elle souhaitait porter plainte contre François Garnault, dit La Musique, un jeune maître cordonnier de 28 ans, qui, selon ses dires, serait le père de son futur enfant. Comme elle l’expliqua, honnête fille, vivant chez sa mère, elle n’avait cédé à ses avances que parce qu’il lui avait promis le mariage. Voilà plus de deux ans qu’il la sollicitait. Elle n’avait cédé que cinq mois plus tôt, dans le jardin de sa mère. Elle n’avait jamais, dit-elle, connu charnellement un autre homme avant lui. Désormais, elle demandait qu’il l’épouse.

Marguerite n’était plus une toute jeune fille. Nous ignorons son âge exact, mais, au vu des documents, elle ne devait pas avoir moins de 24 ou 25 ans. Elle avait plusieurs frères, mais il n’est jamais question que de Jean Meuve, issu d’un autre mariage de Jeanne Mestra qui, dans les documents, est appelée « La Meuve » ou encore « la veuve Meuve » ou « la bouchère ». La Meuve était une mère souvent absente qui laissait à son fils Jean, sans grand succès apparemment, le soin de surveiller Marguerite. Marguerite était, lors de son dépôt de plainte, sous « l’authorité de sa mère » ou à défaut, de l’autorité de justice, comme le précise une mention en marge.

Elle devait être assez mignonne. Au vu des paroles qui lui sont prêtées, elle avait de la répartie. Elle ne semblait pas dans le besoin et, pour certaines occasions pouvait se parer de très jolis vêtements. Mais elle ne savait ni lire, ni écrire, comme la plupart des Nivernais et surtout des Nivernaises de ce temps. Elle louait ses bras pour faire des courses, pour participer aux moissons ou aux vendanges…
Quand on sait la honte que pouvait représenter, à cette époque, le fait d’avoir un enfant hors mariage, quand on sait qu’il existait les déclarations en justice [3]imposées aux futures mères pour s’assurer qu’elles ne se débarrasseraient pas de leur petit, la démarche faite par Marguerite semblait indispensable vis-à-vis de la loi et pour retrouver une honorabilité perdue. Elle devait le faire sans attendre puisqu’elle avait appris, quelques jours plus tôt, à l’église, lors de la publication des bans, que François Garnault devait se marier prochainement avec Marie Lobereau, fille de Gilbert Lobereau, un autre maître cordonnier de Saint-Pierre-le-Moûtier.

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Vieilles rues de Saint-Pierre-le-Moûtier

François se défend

Les magistrats de Saint-Pierre firent examiner Marguerite par une sage-femme, Geneviève Rossignol, qui conclut qu’elle était, effectivement, enceinte de cinq mois au moins. Ils autorisèrent Marguerite à faire assigner François Garnault qui comparut, dès le lendemain, devant eux. Son interrogatoire nous laisse perplexes. Il reconnaît avoir fréquenté Marguerite. Toutefois, depuis un an, il ne la voyait plus. Enfin… presque plus. En effet, au mois de novembre 1658, il s’était rendu chez Jeanne Mestra pour rendre visite à un frère de Marguerite qui était malade. Marguerite et lui étaient restés seuls, semble-t-il. Mais François Garnault affirma, sous serment, qu’il n’avait jamais connu charnellement la jeune femme. Parole contre parole.

Pour affirmer qu’il ne pouvait pas être le coupable, il prétendit que Marguerite était une femme de mauvaise vie, une « putin publique » qui avait eu de nombreux amants dont l’un d’eux était certainement le géniteur de l’enfant à venir. Il ne l’aurait jamais épousée, même si ses parents avaient été d’accord, ce qui n’était d’ailleurs pas le cas. Nous apprendrons ultérieurement, en effet, que ses parents et certains de ses cousins, dont Gilbert Garnault, avocat, l’avaient sérieusement réprimandé pour oser fréquenter Marguerite. François s’était confié à ses amis, tant la sévérité de sa famille à son égard l’avait marqué. En attendant la fin de la procédure, son mariage était repoussé.

Le cordonnier obtint des magistrats une ordonnance lui permettant de faire la preuve de son innocence par tous moyens. Parmi ces moyens, il entendait solliciter des lettres monitoires, ces lettres obtenues de l’autorité ecclésiastique, lues par les curés lors de la messe dominicale et imposant aux paroissiens de venir témoigner de ce qu’ils savaient, sous peine d’excommunication, s’ils s’en abstenaient. Le procureur de Marguerite s’insurgea contre l’ordonnance et interjeta un appel comme d’abus [4].

Or, le dimanche 9 février, à l’église, après le prône, comme le rapporta un nommé Berthollon, conseiller du roi, présent à la messe, le curé Tillier annonça qu’il allait lire les monitoires. Pannat, le procureur de Marguerite, également présent dans l’église, entendant cela, se leva de son banc, coupa la parole au prêtre et, à haute voix, lui interdit de lire les lettres, tout en l’informant du recours qu’il avait formé. Même si les monitoires étaient souvent anonymes, il est clair que Pannat avait tout intérêt à ce que la grossesse de la jeune femme (même si elle devenait de plus en plus apparente) et son déshonneur ne soient pas portés à la connaissance de toute la ville. Il avait aussi intérêt, pour la suite de la procédure et pour ne pas ruiner les chances de sa cliente, à ce que le moins possible de témoins vienne soutenir les dires de François Garnault. Il y a fort à parier que les évènements survenus à l’église ont alimenté les conversations de la petite cité, à la sortie de la messe et dans les jours qui suivirent !

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Eglise de Saint-Pierre-le-Moûtier

Les auditions des témoins

L’appel comme d’abus n’étant pas suspensif, les magistrats poursuivirent l’instruction de l’affaire. François Garnault et son procureur, Gilbert Garnault, se présentèrent devant les magistrats à de nombreuses reprises, même deux fois le même jour, leur demandant l’autorisation de faire assigner de nouveaux témoins, toujours plus de témoins. En tout, les magistrats en entendirent vingt-huit ! La plupart étaient des artisans et des commerçants demeurant au faubourg de Moulins, au sud de Saint-Pierre.

Dès les premières auditions, il apparut clairement que Marguerite se laissait facilement séduire et que sa vertu existait plus dans ses paroles que dans ses actes. Certains témoignages, révélant des faits anciens, voire très anciens, n’apportent pourtant pas de preuves incontestables de sa légèreté, du moins, vus de notre époque. Ainsi, Denis Ragon, un vigneron, expliqua que, sept ans plus tôt, ayant travaillé à prix fait, à la vigne des Meuve, il se rendit chez Jeanne Mestra pour percevoir son salaire. Il frappa à sa porte une première fois, sans succès, entendit sans doute du bruit à l’intérieur car il attendit un long moment à la porte, frappa de nouveau. Lorsque Marguerite vint enfin ouvrir, il se rendit compte, qu’en l’absence de sa mère, elle était seule avec leur valet, dans la même pièce. Toujours pendant les mêmes vendanges, Simon Bonaud, un jeune de 17 ans, fut envoyé par Denis Ragon chez la Meuve pour chercher un outil qui leur manquait. Le garçon monta directement dans la chambre haute de la maison où il trouva Marguerite, assise sur une chaise à côté de la cheminée, et, près d’elle, dans la même pièce, le vicaire de la paroisse Saint-Babile. La jeune femme ne bougea pas de sa chaise et renvoya Simon, lui disant que l’outil lui serait apporté plus tard. Plusieurs autres témoins virent Marguerite isolée, une fois ou une autre, avec tel ou tel homme, ce qui leur semblait suffisamment anormal pour qu’ils en fassent état.

D’autres dépositions, toutefois, relatent des faits plus probants de l’inconduite de Marguerite, réserve faite de mauvais ragots et de possibles ajouts malveillants et invérifiables. On ne prête qu’aux riches, dit l’adage. Mais, faits sous serment, les récits sont concordants et probablement véritables dans leur globalité. A leur lecture, il semble que la future maman était loin d’être la pure jeune fille qu’elle prétendait incarner.

La femme d’un maçon, autrefois servante, rapporta que la petite-fille de son ancienne maîtresse, mariée depuis moins d’un an, à l’époque, avec le chirurgien Millaud, lui avait avoué que son mari avait été surpris, couché dans les bois, avec la fille Arnoux. Il fut même question d’un enfant. Lorsque Millaud fut entendu à son tour par les magistrats de Saint-Pierre, à la demande de Garnault, il ne révéla rien de ces faits, bien évidemment. Il se contenta de dire que Marguerite était une fille de mauvaise vie, citant le nom de son dernier amant supposé : le chevalier d’Anlezy. Il s’attarda longuement, en revanche, sur les soucis de santé de la jeune femme qui n’allait pas très bien et qui souffrait d’une blessure à un pied qu’elle refusait de soigner. Une façon comme une autre de ne pas aborder un sujet délicat !

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Saint-Pierre-le-Moûtier, le faubourg de Moulins

Léonarde Oudin, la femme d’un boulanger, avait habité, autrefois, le logis voisin de celui de la Meuve. Elle expliqua qu’il y avait un trou dans la cloison mitoyenne et qu’elle avait vu Marguerite avec le curé de cette époque. Elle raconta qu’ils « jouaient » ensemble et qu’elle lui avait même saisi les « parties honteuses ». D’autres témoins vinrent également parler des relations intimes de Marguerite avec le curé Baudrion et avec son vicaire.

Jeanne Bigot, était autrefois servante chez le sieur de Lespinasse, lieutenant criminel au bailliage. Celui-ci l’envoya chez le curé, un soir de carnaval, pour l’inviter à souper. Arrivée dans l’allée du presbytère, elle trouva Marguerite et le vicaire, son haut de chausse baissé, couchés par terre. Il se releva, lui demanda ce qu’elle voulait, lui dit que le curé était absent et la renvoya. L’ayant rencontrée quelques jours plus tard, il la menaça de représailles si elle osait parler de ce qu’elle avait vu. Jeanne raconta sa mésaventure à Lespinasse et à sa femme qui firent comme s’ils n’avaient rien entendu.
Plusieurs chefs de famille, en revanche, comme Louis Guillaumin, laboureur au château de Villars, à Saint-Parize, localité voisine, firent des reproches sévères à ces prêtres fornicateurs. Certains témoins hésitaient pourtant à les dénoncer clairement, se bornant à les qualifier d’ « hommes en noir ». Guillaume Martin, un boucher, mort depuis, avait même coupé le manteau de l’un d’eux, sous la colère.

Etait-ce pour veiller à leurs bonnes mœurs et au respect dû à sa soutane ou… par jalousie ? Plusieurs témoins, et parmi eux Louis Guillaumin, précédent témoin, ainsi qu’Etienne Alleaume, un archer, dirent que feu Guillaume Martin avait fréquenté Marguerite et l’avait embrassée. Un autre, Anthoine Paullon, alors qu’il travaillait dans sa vigne, les avait même aperçus, Martin et elle, se regarder longuement, puis se coucher par terre, se caressant et s’échangeant leurs bonnets (chaperons). On évoqua aussi le cas du juge de Berne qui fut trouvé enfermé avec elle dans un jardin, ainsi qu’un un soldat du régiment de Turenne, de passage en ville, vu en sa compagnie, en fâcheuse position....

Pendant le temps des vendanges, de nombreux villageois prêtaient leur bras et, la journée finie, buvaient ensemble. Nicollas Goubelles, boulanger, expliqua que, deux ans plus tôt, après sa journée de travail dans les vignes des Pères Réformés [5], il vit Marguerite avoir des gestes particulièrement déplacés sur les culottes des hommes présents tels Gilbert Lebretton, un tailleur d’habits, et Anthoine, le valet des religieux. Elle voulut s’en prendre à un des Pères qui la traita d’insolente et la réprimanda sévèrement. D’autres témoignages sur des faits analogues, remontant à plusieurs années, pourraient encore être cités. Plusieurs personnes évoquèrent un enfant à qui elle aurait donné naissance dans la ville de Saint-Amand (Saint-Amand-Montrond). Nous nous en tiendrons là.

Marguerite aimait aussi boire et manger et plusieurs témoins la virent ivre à plusieurs reprises [6].
Une jeune fille de 14 ans, que sa mère avait mise en apprentissage chez le tailleur d’habits Lebretton, dit que la femme de celui-ci était souvent la compagne de beuverie de Marguerite. C’était toujours Marguerite qui payait, précisa-t-elle. Elles sortaient ensemble du logis et ne revenaient qu’après minuit. Lorsque Marguerite était ivre, elle tenait des propos « deshonnestes, salles et impudiques », selon une femme chez qui elle s’était introduite, un jour, cherchant un lit pour s’allonger et dormir, ne tenant plus debout. Elle déclara avoir été « baizée par le chevallier de Saint-Parize », ce qui choqua profondément son interlocutrice.

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Porte de l’hôtel du lieutenant criminel du bailliage – XVe siècle

Lors de son audition, cette dernière ajouta que Marguerite, le jour de la Saint-Jean, sortit des papiers de sa poche et les lui montra, affirmant qu’il s’agissait de promesses de mariage de François Garnault. Ne sachant pas lire, elle ne put vérifier le contenu des documents que Marguerite exhibait. Vantardise ? Provocation ? Pourquoi, s’il s’agissait de promesses de mariage écrites et véritables, Marguerite se serait-elle abstenue de les présenter en déposant sa plainte et n’aurait-elle parlé que de promesses verbales ?

Marguerite fréquentait un couple de cordonniers, les Chavanes, très mal considérés par la population, surtout la femme Chavanes perçue comme une sorte d’entremetteuse. Pierre Salluste, un cuisinier, dit, lors de son audition, que la femme Chavanes avait « perdu beaucoup de filles ». Marie Goutellot, la femme de Salluste, rapporta aux magistrats qu’elle avait même quitté sa maison avec son ouvrage et était allée travailler avec ses voisines, un jour où les Chavanes étaient venus déjeuner dans leur logis. A son retour, deux heures plus tard, elle fut surprise et contrariée de retrouver son mari et les Chavanes encore attablés, ainsi que Marguerite qui était venue se joindre à eux pour le goûter. Celle-ci l’apostropha : « « Marie, vous ne faictes pas grand [cas] de ceux qui vous viennent voir ». Marie n’avait pas oublié ce reproche.

Différents témoignages relatent aussi un repas pantagruélique autour d’un gigot de mouton. Ne pouvant organiser un repas chez sa mère ou son frère, Marguerite demanda l’accord d’Anthoine Clémenson, tailleur d’habits, et de sa femme, une autre Marie Goutellot, nièce de Marie Salluste, pour que les agapes aient lieu chez eux, les invitant à les partager. Mais il y avait aussi, autour de la table, la femme Chavanes et un nommé Pinton, valet du chevalier d’Anlezy. Jean Meuve, le frère de Marguerite, qui avait entendu parler du repas, se précipita chez les Clémenson. Il monta à l’étage où la table était dressée, et traita sa sœur de « putain ou cocquine », disant ne pas savoir qu’elle était le mot le plus approprié pour la désigner. Cela fit beaucoup parler dans la paroisse. Jean Meuve aurait frappé sa sœur ainsi que Pinton, puis invectivé Marie Goutellot, leur hôtesse, provoquant la colère de Clémenson, son mari, qui mit tout le monde à la porte.
On peut s’interroger sur les raisons de la colère de Jean Meuve : l’inconduite de la sœur et/ou l’achat dispendieux du gigot, qui apparaît, au vu des témoignages, comme un mets de luxe. Où Marguerite prenait-elle l’argent ? Ses « pratiques » étaient-elles généreuses ?

Une journée du mois d’août 1658…

Si la preuve de la dissipation de Marguerite Arnoux semble rapportée, nous ignorons toujours qui pouvait être le père de son enfant. Même si un adolescent déclara l’avoir vue se promener, un jour, avec François Garnault, un autre nom était sur toutes les lèvres : celui du chevalier d’Anlezy (appelé aussi de Saint-Parize, localité voisine de Saint-Pierre).
Plusieurs témoins s’offusquèrent de la différence de condition entre lui et la jeune femme. Il est certain qu’elle ne pouvait pas espérer un mariage avec cet homme, fût-il encore célibataire, ce que nous ignorons. De plus, à l’automne, il avait quitté le Nivernais pour rejoindre les armées du roi. On peut penser que Marguerite était sincèrement éprise de cet homme qu’elle défendit bec et ongles, à plusieurs reprises, quand quelques personnes, dont Garnault, osèrent dire du mal de lui. Elle n’hésita pas à menacer les médisants, leur promettant qu’ils se feraient rosser (frotter) quand elle rapporterait leurs propos au chevalier.

Au vu de trois témoignages, il parait clair que le chevalier et Marguerite usaient de ruses pour se retrouver et qu’il n’y avait rien de fortuit dans leurs rencontres. Ils employaient, si besoin, les services du valet Pinton pour échanger des messages, ainsi que la complicité de quelques femmes : la femme Chavanes ainsi que celle d’une habitante de Saint-Parize, comme nous le verrons.

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Ruelle proche de l’ancien présidial

Charlotte Bertaud, âgée de 19 ans, fille de feu Jacques Bertaud, fut le premier témoin entendu par les magistrats à propos de cette journée. La jeune fille demeurait chez son oncle, Estienne Granoz (ou Granon), un marchand drapier de Saint-Pierre. Un jour d’août, entre quatre et cinq heures du matin, la tante de Marguerite, femme de Jean Niques, également drapier, vint demander à la tante de Charlotte de bien vouloir l’autoriser à accompagner sa nièce au village de Dhéré où elle devait récupérer de l’argent qui lui était dû.
Dans un premier temps, la femme refusa en raison de la mauvaise réputation de Marguerite, mais devant l’insistance de la Niquette, elle donna sa permission. Charlotte se rendit chez Marguerite. Cette dernière, avant de partir prit soin de mettre des vêtements dans un paquet, et pas n’importe lesquels. Cinq mois plus tard, Charlotte était encore capable de les décrire avec précision : « un cotte rouge doublée de bleu avec deux mouchoirs de col à dentelle, l’un doublé et l’autre simple, avec une coiffe de taffetas noir et une coiffe cornette à dantelle et une coiffure de thoille blanche à dantelle qu’elle disoit tenir de Nevers ; […]un devantier de thoille blanche et d’une brassière de thoille blanche à dantelle […]avec des gants ». Alors qu’il était prévu qu’elles se rendraient à Dhéré, Marguerite avertit soudainement sa compagne qu’elles n’iraient pas à Dhéré mais à Saint-Parize. En cours de route, elles rencontrèrent une femme nommée Anthoinette qu’elles accompagnèrent jusqu’à sa maison, proche du hameau de Taches. Marguerite donna deux macarons à la femme, en lui disant : « Voilà deux masquerons ; donnez les à celluy que vous savez bien, signe que je suis icy ».

Peu après, survint un grand homme blond, avec un bâton rouge à la main. Il embrassa Marguerite puis donna une pièce de trente sols à Anthoinette pour qu’elle aille acheter de la nourriture. Charlotte qui ignorait le nom de cet homme, apprit, par Anthoinette, de retour, qu’il s’agissait du chevalier d’Anlezy. Celui-ci entraina Marguerite dans une grange sous prétexte de vouloir lui dire un mot. Il est probable que Charlotte, trouvant le temps long, devait faire triste figure. Le chevalier le remarqua et proposa d’aller chercher « monsieur Thierry » pour la distraire, mais Charlotte s’y opposa. Ils partagèrent tous ensemble un peu de pain et de vin, puis le chevalier et Marguerite repartirent passer un autre moment dans la grange, loin des regards. Il déclara, de retour, qu’il retournait chez lui pour dîner (déjeuner) mais qu’il reviendrait après le repas. Impatiente, Marguerite sortait régulièrement de la maison pour le guetter, mais il ne revint pas. En revanche, une femme que l’on nommait Arnaulde, se présenta pour prévenir Marguerite qu’un homme la demandait. La jeune femme pensa qu’il s’agissait de son frère et s’écria : « Mon Dieu, je suis perdue, c’est mon frère qui me demande ! ». Ladite Arnaulde lui dit qu’elle connaissait son frère et que ce n’était pas lui, mais un homme monté sur un cheval gris. Charlotte pensa tout de suite à Niques, l’oncle de Marguerite. Lorsque celui-ci entra dans la maison, il dit à sa nièce, qu’à Saint-Pierre, on la traitait de putain et il voulait qu’elle et Charlotte y retournent immédiatement avec lui.

Marguerite refusa de partir tout de suite : « Attendons encore un peu ; on m’a promis d’apporter de l’argent ; et que l’on dict à Saint-Pierre tout ce que l’on voudra ! ». Niques ne lui laissa pas le choix. Marguerite ôta ses beaux vêtements, les roula dans un sac et monta en croupe derrière son oncle, pendant que Charlotte suivait à pied, comme elle le pouvait. En chemin, Niques proposa un marché à sa nièce : si elle faisait ce qu’il lui demandait, il la reconduirait chez Anthoinette. Elle accepta. Ils descendirent tous deux du cheval que Niques attacha à un buisson. Dans un premier temps, il demanda à Marguerite de lui « pouiller la teste ». Elle le fit sans rechigner. Ils demandèrent ensuite à Charlotte de les attendre et disparurent de sa vue. Lors de sa déposition, Charlotte déclara qu’elle ignorait ce qu’ils avaient pu faire à ce moment-là. Revenus, ils montèrent à cheval et partirent par des chemins de traverse, Charlotte essayant de suivre, toujours derrière eux. Marguerite se rendit vite compte qu’ils ne retournaient pas chez Anthoinette comme convenu. Elle accusa son oncle de l’avoir trompée, mais il lui répondit : « Je ne t’y meneray pas, il est trop tard, je veult aller au foullon ». Ils regagnèrent tous trois Saint-Pierre-le-Moûtier. Marguerite confessa à Charlotte qu’elle avait été « cognue charnellement deux fois » par le chevalier d’Anlezy. Elle la supplia toutefois de n’en rien dire, lui promettant de lui rendre une obligation qu’elle avait sur feu son père, si elle se taisait.

Aux vendanges, Charlotte n’avait toujours pas récupéré la reconnaissance de dette. Lorsqu’elle le réclama à Marguerite, cette dernière lui avoua ne pas l’avoir encore cherchée, ayant d’autres soucis. En effet, elle craignait d’être enceinte, n’ayant pas eu ses « purgations » depuis leur voyage à Saint-Parize.

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Vieilles maisons de Saint-Pierre-le-Moûtier

Louise Martin, femme d’Arnault Durié, surnommée l’Arnaulde, et Anthoinette Durié, demeurant toutes deux à Sainte-Parize, furent entendues.
Louise Martin expliqua que Jean Niques cherchait sa nièce. Il resta chez elle pendant qu’elle se rendait chez Anthoinette où elle pensait la trouver. Arrivée sur le seuil de sa porte, Anthoinette tenta, dans un premier temps, de la repousser violemment. Elle eut toutefois le temps d’apercevoir, dans la maison, Marguerite et Charlotte. Elle retourna chez elle, prévenir Niques qui, sachant y retrouver les filles, se rendit, à son tour, chez Anthoinette. Nous connaissons la suite. Louise, quant à elle, partit moissonner. Elle ajouta qu’elle voyait souvent aller et venir, chez Anthoinette, des jeunes gens inconnus et qui n’étaient pas de sa condition.

Anthoinette Durié, la fameuse Anthoinette, qui, depuis août, avait changé de logement, était native de la paroisse d’Anlezy [7]. Aux dernières moissons, elle avait décidé de se rendre à Saint-Pierre pour rembourser à Marguerite une somme de sept livres que celle-ci lui avait prêtée. Or, elle la rencontra, en cours de route, avec son amie Charlotte. Elle décrivit la tenue de la jeune femme, sa coiffe de taffetas et ses gants. Voir une fille du peuple avec des gants ne devait pas être si fréquent ! Marguerite lui dit qu’elle allait voir son « compère » au bourg de Saint-Parize, précisant qu’il s’agissait du chevalier d’Anlezy. Il fut convenu que les deux jeunes filles se rendraient seules chez Anthoinette pendant qu’elle, de son côté, irait au bourg de Saint-Parize, prévenir le chevalier qu’elles l’attendaient. Un signe de reconnaissance : les deux macarons dont Charlotte avait déjà parlé. Anthoinette interpela le sieur d’Anlézy qui était sous les halles. Elle lui remit les gâteaux en lui disant, conformément aux instructions de Marguerite : « Monsieur, il y a une dame de St-Pierre chez nous qui se recommande bien à vous et l’a dict vous donner ces deux masquerons, qu’elle est vostre commère et vous attend chez moy ». Le chevalier demanda de qui il s’agissait et, dès qu’elle lui répondit qu’il s’agissait de la fille de la bouchère du faubourg de Moulins, à Saint-Pierre, il partit aussitôt, non sans avoir donné une pièce de trente sols à Anthoinette pour acheter du pain, du vin et des œufs. Anthoinette expliqua ensuite qu’elle ne quitta pas immédiatement le bourg de Saint-Parize, faisant des achats, aidant une femme du village. De sorte, que, selon ses dires, elle arriva chez elle au moins une heure après le départ du sieur d’Anlezy. Elle fut aussi rattrapée, en cours de route, par l’Arnaulde qui lui demanda si elle n’avait pas vu deux filles de Saint-Pierre, le drapier Niques étant à leur recherche.

Au vu des auditions de Charlotte et de l’Arnaulde, Anthoinette mentit en prétendant que le chevalier avait déjà quitté sa maison lorsqu’elle y arriva. La conversation entre elle et le chevalier, sous les halles parait tout aussi mensongère.
Elle était d’ailleurs bien présente quand Niques survint, un peu plus tard. Elle entendit ses reproches : « Vous estes une méchante fille, disait-il à Marguerite. Votre mère et vos frères sont en peine de vous ; [votre mère] demande à ma femme sy elle ne scayt pas où vous estes et luy ayant esté dict que non, elle m’a prié monter à cheval vous chercher ; et me suis doubté que vous estiez en ce lieu. »

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Carte de Cassini – Géoportail – « Remonter le temps » ; de Saint-Pierre à Saint-Parize

Bêtise ou vantardise

Les mois passant, le tour de taille de Marguerite prenait de l’ampleur et, à Saint-Pierre, tout le monde se doutait qu’elle attendait un enfant. Si certains se demandaient encore qui était le père, la future maman, elle, leva les doutes. Comme le déclarèrent Georgette Lamoignon, servante d’Anthoine Litaud, magistrat au bailliage, et Perrette Plastre, femme d’un cordonnier de la ville, un jour de décembre, alors qu’elles se trouvaient chez le boulanger, une femme s’adressa à Marguerite lui disant que le bruit courait qu’elle était enceinte. La jeune femme répondit qu’elle ne moquait de ce que l’on pouvait dire d’elle et qu’il valait mieux être « grosse » d’un chevalier que d’un savetier. Cette réplique ne manqua pas de d’indigner les personnes présentes. La femme du cordonnier le prit peut-être pour elle, mais n’oublions pas que François Garnault était également cordonnier [8] .
Après une telle réplique, il est certain que Marguerite devait être désespérée pour introduire, un mois plus tard, une action en justice afin que l’artisan dont elle parlait avec tant de mépris, soit contraint de l’épouser.

La sentence

Elle ne sera une surprise pour personne : Marguerite Arnoux fut déboutée de ses demandes. Le procureur du roi écrivit : « Je déclare pour le roy n’avoir moyen d’empescher que ledit Garnault ne soit renvoyé quitte et absous des conclusions contre luy prises par ladite Marguerite Arnoulx ; et ce faisant, qu’il soit permis audit Garnault de se marier quand bon luy semblera, nonobstant l’opposition dont elle sera débouttée ; conclud ce 13e mars 1659 ».
La décision des magistrats reprendra ces conclusions, omettant toutefois la phrase relative au mariage de François Garnault. Cette sentence sera communiquée les 5 et 9 avril aux avocats de Marguerite et de François.

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Les conclusions du procureur du roi
« Archives départementales de la Nièvre - 1 B 50 - 1 (non folioté) »

Un mois plus tard…

Marguerite donna naissance, le 16 mai 1659, à un enfant mâle. Gilbert Litaud [9], conseiller du roi au bailliage de Saint-Pierre-le-Moûtier, prévenu par Pannat, se rendit au domicile de Charles Barrat, un sellier chez qui Marguerite avait accouché un quart d’heure plus tôt, comme le confirma Germaine Rossignol, la sage-femme. Pourquoi chez un sellier de Saint-Pierre et non dans sa famille ? Aurait-elle été rejetée par les siens ? La jeune maman était au lit. Elle dit, une fois encore, que l’enfant était celui de François Garnault.

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Liste, par ordre alphabétique, des personnes entendues ou citées dans la procédure opposant Marguerite Arnoux et François Garnault

P.-S.

Sauf indications contraires, les photos sont de Jacqueline Besson-Le Huédé

Notes

[1Archives départementales de la Nièvre, 1B 50-1. La liasse concernant cette procédure se compose, approximativement, de 80 pages manuscrites, reliées entre elles, les actes les plus récents se trouvant au dessus. Les registres paroissiaux du XVIIe siècle pour Saint-Pierre-le-Moûtier ne sont pas complets.

[2Archives départementales de la Nièvre, 1B 50-1. La liasse concernant cette procédure se compose, approximativement, de 80 pages manuscrites, reliées entre elles, les actes les plus récents se trouvant au dessus. Les registres paroissiaux du XVIIe siècle pour Saint-Pierre-le-Moûtier ne sont pas complets.

[3Edit d’Henri II, de février 1556. Phan Marie-Claude. Les déclarations de grossesse en France (XVIe-XVIIIe siècles) : essai institutionnel. In : Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 22 N°1, Janvier-mars 1975. pp. 61-88 ; https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1975_num_22_1_2318 ; En cas de grossesse non déclarée, si l’enfant venait à mourir, la mère était présumée infanticide et s’exposait à des sanctions pouvant aller jusqu’à la mort.

[4Appel visant à éviter que les justices laïques et religieuses n’empiètent l’une sur l’autre.

[5Bien que nous ne soyons qu’à 26 ans de l’abolition de l’Edit de Nantes, nous constatons que la population et les Pères Réformés de Saint-Pierre entretenaient des rapports cordiaux : on les fréquente, on va travailler chez eux, on en parle avec respect. Mais dans les décennies qui suivront, le baillage et le présidial de Saint-Pierre-le-Moûtier seront en première ligne pour combattre ceux de la « RPR », vivants ou morts ; M. de Flamare, Inventaire sommaire des Archives départementales de la Nièvre, antérieures à 1790, tome1, série B ; Par exemple, B80, 1688, p.154 : sanctions prises à l’encontre du cadavre d’une femme morte dans la religion réformée (cadavre trainé sur une claie) et dont les biens seront confisqués au profit du roi.

[6Au vu des dépositions, on mange et on boit beaucoup tout au long de la journée : on goûte, on collationne en plus des repas, mais ce sont généralement des produits simples : du pain et du vin. On n’entre pas chez autrui sans qu’il ne vous propose un verre.

[7Anlezy est une petite commune de la Nièvre située à environ 35 km à l’est de Nevers (dans les Amognes). Les seigneurs d’Anlezy appartenaient à une branche de la famille de Damas, très ancienne famille forézienne.

[8Dictionnaire de Furetière (1619-1688). Cordonnier : ouvrier qui fait des chaussures en cuir, soit souliers, bottes ou pantoufles ; Savetier, artisan qui raccommode les vieilles chaussures, souliers, bottes, pantoufles ; se dit aussi de tout autre artisan qui travaille mal proprement, grossièrement, qui gaste la besogne. Gallica, Bnf.fr.

[9Ce magistrat était-il parent d’Estienne Litaud, né à Saint-Pierre-le-Moûtier, célèbre prêtre, reconnu pour sa grande charité, qui possède une rue à son nom dans la ville de Nevers, mort en 1694 à l’âge de 95 ans. Ou de Charles, son frère ? Leur père fut d’abord avocat, puis conseiller du roi au présidial de Saint-Pierre, charge qu’il obtiendra par sa femme. Il eut deux fils, Etienne et Charles, ce dernier étant devenu conseiller particulier au baillage. Mémoires de la Société Académique du Nivernais, tome LXXV, 1996/1997.

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4 Messages

  • Bravo pour ce texte fort bien documenté et bien écrit.

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    • « Mieux vault être grosse d’un chevallier que d’un savetier » 25 avril 18:53, par jacqueline Besson-Le huédé

      Merci à vous !
      J’ai pris beaucoup de plaisir à transcrire les nombreux procès-verbaux contenus dans cette procédure, chacun me donnant l’impression de vivre au XVIIe, dans cette bourgade nivernaise ; j’ai aussi pris beaucoup de plaisir à écrire l’histoire de cette fameuse Marguerite, agaçante par moments mais malheureuse, sûrement...

      Répondre à ce message

  • Très intéressant ! Ce qui le serait aussi, c’est de savoir ce qu’il est advenu ensuite de Marguerite (mariée ?) de son enfant... Le savetier s’est-il marié ? et le chevalier ? Ont-ils eu descendance ?
    Bonne semaine

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    • « Mieux vault être grosse d’un chevallier que d’un savetier » 27 avril 10:09, par jacqueline Besson-Le Huédé

      Merci beaucoup !
      Pour répondre à votre question : J’ai bien cherché mais sans beaucoup de succès...
      Aux Archives départementales de la Nièvre , j’ai pu visualiser sur écran les registres BMS de Saint-Pierre-le-Moûtier et de St-Parize du XVIIe (à l’heure actuelle, il n’est pas possible de les consulter en ligne), mais ils comportent de nombreuses périodes vides et notamment celle-ci, sur environ 40 ans. Ceux de St-Pierre reprennent une dizaine d’années après les faits. Mais pas de trace, ni de Marguerite, ni de son enfant, ni de François, ni du chevalier. J’ai aussi consulté les tables de mariage réalisées par des généalogistes nivernais sans plus de résultats. C’est d’ailleurs pour compléter ces périodes manquantes que j’ai mis, à la fin de mon texte, un tableau excell avec tous les nombreux noms rencontrés dans les documents, les âges et les métiers et les éventuels liens de parenté entre les uns et les autres.
      Il ne me paraîtrait pas impossible que les protagonistes de cette affaire aient quitté leur paroisse au vu de l’émotion qu’elle a pu provoquer...
      Il faudrait regarder, lorsque ceci me redeviendra facilement possible, les registres des localités voisines, voire de Nevers et peut-être même ceux de l’Allier voisin. Si des lecteurs de la Gazette rencontrent Marguerite et François dans leurs recherches respectives, leurs informations seront les bienvenues.

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