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Mes deux Titis (15e épisode)

Le dimanche 1er juin 2003, par Josiane Laurençon-Kuprys

Les histoires d’animaux commencent toujours comme un conte, mais se finissent souvent en petits drames.

Plus d’une fois pendant les grandes vacances, nous avons passé du temps à soigner et bichonner de petits animaux en détresse, ramassés durant nos promenades.

Une fois après un gros orage, Grand-père trouva deux oisillons tombés du toit de la maison. Les petits sans plumes avec leur bec disproportionné n’étaient pas beaux à voir, mais au combien touchants par leur fragilité.

Pépé, Polo et moi, nous les mîmes dans une cage avec un nid douillet fait de brins de laine et de coton pour bien les réchauffer. Les pauvres oiseaux étant nus, Grand-père nous laissait peu d’espoir de les sauver, trop petits pour survivre sans leur mère. Mais devant nos supplications, il se laissa attendrir. Et nous fîmes cuire un œuf dur pour écraser le jaune et le mélanger ensuite avec mouches, fourmis et chenilles, que nous émiettions consciencieusement avec la fourchette d’abord, puis avec l’aide d’un bout d’allumette. Nous leur donnions la becquée toutes les 5 à 10 mn, puis avec la pointe d’une petite cuillère de ma dînette nous leur versions des petites gorgées d’eau au fond du gosier.

Mon Polo et moi avions très peur de les retrouver morts au petit matin, mais à notre grande joie nos affamés ouvraient de larges becs dans lesquels nous nous empressions d’enfourner la pâtée.

A vue d’œil nos bébés prospéraient, prenaient duvets et plumes et leurs becs jaunes réduisaient pour devenir plus ferme.

Bientôt nous nous aperçûmes avec tristesse que l’un d’eux était estropié. Ses deux petites pattes recroquevillées sous le ventre, il ne pouvait ni marcher ni se tenir debout.

Tous les jours je les sortais de la cage pour leur faire prendre leur bain de sable et c’était drôle de les voir s’ébrouer en gonflant leurs plumes et s’épouiller en poussant leurs petits cris de contentement : tchip, tchip.

Maman accrochait la cage au fil d’étendage qui traversait le jardin, pour les mettre à l’abri de notre chatte chasseresse « Mickette », toujours à l’affût de quelque mauvais coup.

Et les jours s’écoulaient et nos protégés grandissaient. Comme c’était bon de les voir dès le matin se précipiter aux barreaux de la cage, pour picorer leur petit déjeuner !

Ils nous appelaient, se mettaient confiants dans le creux de nos mains et le plus vigoureux nous montait sur la tête ou l’épaule, pour venir nous dire toute son affection contre notre oreille. Nous leur apprenions à voler en les lançant dans le jardin, mais mon petit bancal se recevait mal, il fallut arrêter là nos leçons de voltige pour lui.

Un matin, comme je venais d’ouvrir la cage, le bien portant s’envola sous mon nez, en poussant un cri. Je le vis disparaître dans la propriété des Pérouse.

Grand-père, Grand-père, mon oiseau, il est parti...

Et avec douceur Pépé m’expliqua, que c’était très bien comme ça :

Tu l’as sauvé, me disait-il et si tu veux qu’il soit heureux, il faut bien qu’il fasse sa vie.

C’était dur mais je l’acceptais et puis il me restait son petit frère, dont je m’occupais avec encore plus de tendresse. Je le baignais, le caressais du bout de mon doigt et c’était attendrissant de voir ce tout petit oiseau fermer ses yeux, se gonfler et se laisser aller à l’amour.

Le soir venu nous mettions le couvert sur le devant de la maison. Là encore j’appelais mon Titi.

Ton Titi ne viendra pas, mon Lapin. C’est la nature que veux-tu, disait Grand-père.

Mais tout à coup j’entendis le tchip de mon oiseau. J’appelais encore, il me répondait et nous l’aperçûmes qui montait, sautillant, l’allée de graviers jusqu’à nous.

Les retrouvailles furent extraordinaires et devant nos yeux effarés nous le vîmes rentrer dans sa cage, retrouver son petit frère à qui il raconta sans doute, sa journée en lui faisant de gros baisers et ce n’était que joies partagées.

Le rituel étant désormais officiel, tous les matins mon oiseau s’envolait, pour rentrer à la tombée du soir. Maman mettait la cage pour la nuit sur la table de la salle à manger et prenait bien soin de fermer la porte.

Un matin dans la cage suspendue au fil, je ne vis que mon petit boiteux.

Tiens, il est parti plus tôt aujourd’hui.
Mais oui, me dit Grand-père.

Et le soir arriva et Titi ne rentra pas... 2, 3 et 4 jours.

Oh ! Il ne rentrera plus cette fois... n’est-ce pas Pépé ? Et mon cœur se serrait.

Il a du trouver une fiancée c’est sûr.

Je me consolais avec cette phrase. Et à la fin des vacances, nous rentrâmes à Lyon avec uniquement mon petit boiteux que j’aimais à la folie.

Nous mîmes la cage sur le bord de la fenêtre de notre 4e étage et la vie scolaire, plus l’Opéra recommencèrent.

Je ne manquais jamais de déjeuner avec Titi avant de partir en classe. D’ailleurs dès qu’il entendait le bruit des cuillères contre les bols, il se mettait à crier en se précipitant contre les barreaux.

En rentrant à midi je le faisais un peu voler dans la maison. Il avait tellement peur qu’il ne manquait jamais de me faire un petit cadeau dans le creux de la main, puis il partait pour 2 ou 3 coups d’ailes avant de choir sur le tapis de laine, le cœur battant à se rompre.

Je lui refaisais sa cage souvent, changeant le sable, l’eau de son bain ainsi que les mangeoires...

Un jour Polo et moi nous nous disputions et dans sa rage il me lança avec un ton vengeur :

Tu sais ton oiseau il n’est jamais parti, c’est la Mickette qui l’a tué.

J’étais pétrifiée, frappée de stupeur et d’horreur. Polo ricanait méchamment sachant qu’il avait fait mouche.
Je criais :

C’est pas vrai.
Si, me disait-il goguenard.
Non je ne te crois pas.
Bin, taka demander à Maman.

Je me précipitais dans la cuisine en pleurant à chaudes larmes et entre deux hoquets Maman m’apprit l’affreuse vérité.

Comme d’habitude Maman avait rangé la cage et fermé la porte de la salle à manger ! Mais hélas Mickette était cachée sur l’armoire, la perfide, et la nuit venue elle avait eu tout le temps de commettre son crime.

Grand-père tôt le matin avait découvert le carnage et pour ne pas m’attrister, avait enlevé mon oiseau ensanglanté, nettoyé et mis la cage en place au jardin comme d’habitude.

Polo l’avait su et on lui avait fait promettre de ne rien dire, promesse qu’il avait tenue jusqu’à cette dispute de gosse.

Quant à mon deuxième Titi il devait finir aussi tragiquement que le premier !

Un matin ensoleillé de printemps, il regardait les martinets frôler la fenêtre en poussant leurs cris stridents : pchi, pchi.

Il prit sans doute le cafard. Il mangeait moins, ne chantait plus et je le voyais se languir. Il appelait les autres. Pauvre petit, il aurait tant voulu, lui aussi, être comme eux.

J’étais en train de lui nettoyer sa cage et il trottait sur le bord de la fenêtre, comme d’habitude, quand tout à coup il se précipita dans le vide en poussant un grand cri. Je le voyais voler en direction du quai.

Je descendis quatre à quatre l’escalier. Je courais en criant :

Titi, mon Titi...

Les larmes m’aveuglaient et Madame Sallen, sortant de son café me demanda ce qui m’arrivait. En deux mots je lui expliquais mon drame.

Oh ! Mon Dieu, dit-elle mon chat vient de l’attraper devant moi.
L’horrible bête avait Titi dans sa gueule et le dévorait sans autre forme de procès, sous une voiture.

Il n’y a pas de mots pour décrire le chagrin qui s’empara de moi ce jour là !

Pauvre Titi ! Il avait pris sa liberté et c’est la mort qu’il avait trouvé.

Enfin je remercie le Seigneur de m’avoir donné l’occasion de voir de si près, la vie et l’amour des animaux. Quel exemple pour nous ! C’est si beau...

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