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Les souvenirs de guerre (1914-1918) de Marcel Juillard (1886-1961), chef d’escadron d’artillerie (4e partie)


jeudi 9 février 2017, par Jacques Pageix

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Depuis longtemps déjà, j’avais l’intention d’écrire mes souvenirs personnels sur la guerre de 1914-1918. Actuellement je suis seul ; ma femme et mes enfants sont en Auvergne. Je vais donc employer les loisirs de ma solitude à évoquer mes impressions de guerre, et cela avant que le temps ne les émousse trop profondément. Quelle utilité, direz-vous, d’écrire sur des sujets personnels sans grand intérêt ? A cela je répondrais qu’une des choses que j’ai le plus vivement regrettée, c’est de ne trouver dans les archives familiales aucun souvenir concernant mes aïeux ; ce serait pour moi une joie si douce de connaître en détail leur existence et leur pensées intimes.

Un saut en parachute (6 novembre 1917)

« C’était l’offensive de 1917, au Chemin des Dames. Ce matin-là, après une orgie de coups de canon, nous avions poussé jusqu’à Troyon. C’était un incessant défilé de prisonniers. L’espoir venait ; il fut de courte durée : on sait ce que nous coûta l’échec de cette offensive.

« Quelques jours auparavant, j’eus une véritable prémonition. Le souvenir en est à jamais gravé dans ma mémoire.

« Au cours de la nuit du Jeudi Saint (veille du premier jour de la préparation d’artillerie), je cherchais en vain le sommeil. Je sentais peser sur moi la menace d’un malheur proche. Puis une grande paix succéda à toute cette agitation. Je pensais que Dieu, dans sa bonté infinie, me laisserait peut-être la vie ; et si je devais être tué le lendemain, ce serait en ce jour du Vendredi-Saint, celui qui vit le Sauveur donner son sang pour le salut des hommes. Mon sang à moi, obscur soldat, ne laverait-il pas mon âme de toutes ses souillures ?

« J’étais alors Lieutenant observateur. Au matin, la « saucisse » m’enleva à 1300 mètres de hauteur devant Bourg-et-Comin, sans que j’éprouve la moindre appréhension. Alors qu’au crépuscule, j’essayais de repérer les batteries allemandes, bien défilées dans le creux du Chemin des Dames, un grand oiseau noir, mitrailleuse en action, fonça sur le ballon. Je pus voir nettement la trace des balles incendiaires. J’attendis au dernier moment pour utiliser le parachute, car nous savions que ceux-ci ne fonctionnaient pas toujours, mais, quand la flamme eut jailli de l’enveloppe, je fis sans hésiter le saut dans le vide, après que l’avion ayant fait demi-tour, m’eut gratifié d’une nouvelle rafale.

« La Providence me protégea, car j’échappai de justesse à une mort affreuse. Le ballon, en tombant, frôla mon parachute ouvert, dont la soie était particulièrement inflammable. Ce fut avec une angoisse indicible que je vis la grande torche descendre presque à ma verticale...

« Après cela, j’éprouvai une sensation de bien-être inexprimable, tandis que je dérivais lentement au gré d’une brise légère et que, dans une descente insensible, je planais longuement au dessus de la vallée de l’Aisne. Finalement, j’échouai dans un bois près de Troyon, à proximité d’une batterie de 75 , dont les servants accoururent pour me décrocher des branches d’un arbre dans lequel j’étais empêtré.

« À combien peu de chose tient la vie du soldat en campagne !

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L’observateur monte dans la nacelle du ballon captif. Ensuite, un treuil déroule le câble. Le ballon peut monter jusqu’à 2000 mètres (Photo Joseph Pageix)

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Cette photo de mon grand père dans sa nacelle au départ de son ascension provient de ses archives. On distingue bien le conteneur à parachute, accroché sur le flanc de la nacelle à gauche.

Nota : C’est à un fusilier marin, Constant Duclos, que revient le mérite du premier saut militaire en parachute, le 17 novembre 1915, effectué à 300 mètres de hauteur, à Chalais-Meudon. Il sensibilisa les aérostiers à leur usage. On dénombrait plus de 150 sauts effectués par les aérostiers entre mars 1916 et novembre 1918. On voit ainsi que l’usage du parachute de secours pour les aérostiers était récent et les sauts étaient heureusement peu fréquents.

Un autre récit qui montre que mon grand père était né sous une bonne étoile

« Peu après, au début de mai, alors que les contre-attaques ennemies faisaient rage, j’allais en liaison auprès d’un groupe du 20e Corps (le groupe Duhautois si je me souviens bien), en position près de Cerny-en-Laonnais, pour lui rendre compte des résultats de ses tirs que j’avais observés.

« Les batteries fumaient sous un tir de concentration tandis qu’au voisinage, c’était un harcèlement continu, et je courais en rase campagne, me hâtant vers les positions où ma mission me faisait une obligation de me rendre. Soudain, un de ces sifflements aigus annonçant l’obus dont on devine la trajectoire : d’instinct, et pressentant le point de chute, je fis un bond dans un boyau abandonné, à moitié empli d’une boue blanchâtre et que longeait la piste. « Il était temps ! Comme je plongeais dans la vase, le projectile, un 105, percutait sur le chemin, un éclatement déchira l’air à quelques mètres tandis qu’une volée de cailloux et d’éclats rasant passaient au-dessus de ma tête. « Comme il m’arriva d’autres fois, la Camarde fut écartée par mon bon Ange qui m’avait suggéré le bon geste sauveur. Reprenant ma course, j’arrivai sans encombre au P .C. du groupe ».

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Canon de 75 en action. Une fumée sort du canon : un obus vient d’être tiré et les servant rechargent la culasse...(photo Joseph Pageix au 36e régiment d’artillerie de campagne).

CITATIONS ET ÉTATS DE SERVICE DE MARCEL JUILLARD :

  • Citation à l’ordre de l’armée le 13 juin 1915. Ordre N° 150 de la Ve Armée :

« Blessé d’une balle de shrapnell qui lui a traversé le bras de part en part, a montré un bel exemple d’énergie en ne voulant pas interrompre son service malgré sa blessure ».

  • Citation à l’ordre du 20e Corps d’Armée. Le 25 avril 1917 Ordre N° 290 :

« Observateur confirmé. Le 6 novembre 1917, attaqué à courte distance par un avion ennemi et son ballon mis en flammes, n’a pas hésité à sauter en parachute ».

Décoré de la Croix de Guerre avec palme et étoile de vermeil le 4 juillet 1915.

Chevalier de la Légion d’Honneur à compter du 16 juin 1920 :

« A fait preuve pendant toute la campagne d’une intelligence, d’un esprit de décision, et d’une bravoure remarquable, une blessure et deux citations ».  

Officier de la Légion d’Honneur à compter du 12 octobre 1940 :
 
« Officier d’un courage et d’un dévouement remarquables. Au cours des combats du 5 au 6 Juin 1940, son groupe de 155 G.P.F., ayant été complétement encerclé par des chars ennemis, a continué à remplir sa mission jusqu’à épuisement des munitions. Grâce aux mesures prises à réussi à sauver au cours de la nuit la totalité de son personnel et une grande partie de son matériel. »
Le présent ordre comporte, en outre, l’attribution de la Croix de Guerre avec palme.

Il ne fut pas épargné par les gaz que propageaient les obus allemands, dont les séquelles se manifestèrent longtemps : "emphysème pulmonaire et sclérose légère des sommets" (des poumons), comme le relèvent les commissions de réformes de 1924 à 1928 (cf sa fiche matricule).

Ayant terminé la Grande Guerre comme Lieutenant commandant une batterie de D.C.A., il reçoit pour avoir inventé un nouveau procédé de tir contre avions une lettre de félicitation du ministre.

En 1920, il est proposé au grade de Capitaine qu’il n’obtiendra qu’en 1923 à l’ancienneté. En raison de l’insuffisance de la solde pour faire vivre une famille de six enfants, il prend un congé de 6 ans (1928-1934).

En 1928, il accomplit une période d’instruction de 3 semaines comme commandant de batterie, puis rejoint le 16e Régiment d’Artillerie le 1er juillet 1930. Il est ensuite affecté au 353e Régiment d’Artillerie Longue Portée le 6 août 1930. Après avoir suivi des cours d’officier régimentaire à l’Ecole d’Artillerie de Fontainebleau, en 1932, puis un stage à l’Ecole de Joinville l’année suivante, il est affecté au service de la Préparation Militaire Supérieure (Artillerie) à l’Etat-Major de la 13e Région en 1933 (Clermont-Ferrand).

Lors de son départ aux Armées le 16 septembre 1939, il est toujours Capitaine, malgré qu’il ait été proposé pour le grade supérieur depuis plusieurs années en tête du corps d’armée, et qu’il ait reçu 6 lettres de félicitations pour les bons résultats obtenus !

En 1939, alors sur le front d’Alsace, il refuse d’être renvoyé à l’arrière comme père de 6 enfants. Il est nommé (enfin !) Chef d’Escadron lorsqu’il est affecté au commandement d’un groupe d’Artillerie lourde tractée du 187e RALT. En juin 1940, il parviendra, au prix de durs combats, à se dégager des attaques allemandes et à éviter l’encerclement de leurs chars. Ayant épuisé ses munitions, il se replia en bon ordre avec son matériel et ses hommes qui échappèrent ainsi à la captivité. À noter que son fils aîné, Henri, fut capturé avec la totalité de son régiment (le 185e RALT où Marcel Juillard avait commencé la guerre comme adjoint au Colonel Vincens-Bougereau). Voir souvenirs de 1939-1940. 

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Archives Marcel Juillard.
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Archives Marcel Juillard.

« 16 décembre 1914 Mon cher Marcel

« J’ai été fort content de recevoir votre lettre et de vous savoir en bonne santé. Depuis quelques temps je n’avais de vos nouvelles que par Cheylade et je me demandais si vous receviez mes lettres. Nous sommes toujours dans la même région de la Woëvre ; nous avançons lentement, vu la boue des tranchées et le mauvais temps. Mais moi, j’ai eu la veine d’être affecté à l’ambulance divisionnaire ; c’est certes moins dur et moins dangereux que dans le régiment, et nous y menons une vie assez agréable, si l’on peut dire ce mot en ce moment. Voici ma nouvelle adresse : ambulance 1, 64e division, 3e Corps d’armée, secteur 120.

« Si votre lettre m’a fait plaisir, mon cher Marcel, de vous savoir en si bonne position, je ne puis m’empêcher de vous recommander la prudence, surtout à l’observatoire ; c’est je crois le plus grand danger pour l’artilleur. Enfin, faites attention et soignez vous bien. Bonne santé et bon courage. La lutte sera longue encore, mais nous triompherons et nous serons heureux de nous revoir tous.
« À bientôt, mon cher Marcel. Chance et amitiés.
« Tout à vous Louis »

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Louis Serre, alors Médecin Aide-Major de 1re classe à l’Ambulance N°1 de la 64e Division, 3e Corps d’Armée. 1878-1964.

Nota : je ne puis ici présenter le texte complet de ces mémoires qui constituent environ 80 pages dactylographiées...
De plus, ces mémoires ne reflètent et ne couvrent qu’une petite partie des campagnes de Marcel Juillard, si l’on se réfère à son dossier militaire et notamment à son livret militaire dont voici un extrait :

CAMPAGNES DE MARCEL JUILLARD AU COURS DE LA GUERRE DE 1914-1918 (réf livret militaire) :

  • Combats autour de Quennevières du 26 septembre au 26 octobre 1914 ;
  • Attaque du plateau de Nouvron le 12 novembre 1914 ;
  • Combats de Crouy (Aisne) du 25 décembre au 14 janvier 1915 ;
  • En secteur autour de Soissons du 15 janvier au 31 janvier 1916 ;
  • En secteur devant le fort de Brimont du 22 février au 31 mars 1916 ;
  • En secteur devant Craonnes 1er avril au 6 novembre 1916
    (Attaque du Bois des Buttes le 25 avril 1917) ;
  • Offensive de Roye-Lassigny en mars 1917 ;
  • Bataille de l’Aisne ; attaque du Chemin des Dames du 6 avril au 10 mai 1917 ;
  • En secteur aux Éparges du 29 mai au 15 juin 1917 ;
  • Combats du Mont Haut du 25 au 27 juillet 1917 ;
  • Combats du Monts Cornillet du 10 au 13 août 1917 ;
  • Opérations de détails autour de Souain (Champagne) du 3 septembre au 7 octobre 1917 ;
  • En secteur au Casque du 17 décembre 1917 au 19 janvier 1918 ;
  • En secteur en Haute-Alsace du 1er mars au 28 mars 1918 ;
  • Vosges du 1er avril au 30 septembre 1918 ;
  • Combats au Nord de Verdun avec la 1re Armée américaine du 2 au 11 novembre 1918.

CAMPAGNES DE MARCEL JUILLARD AU COURS DE LA GUERRE DE 1939-1940 (réf livret militaire) :

  • En secteur autour de Rohrbach du 22 février au 22 mai 1940 ;
  • Bataille de la Somme du 4 au 8 juin 1940 ;
  • Bataille de l’Oise du 9 au 12 juin 1940 ;
  • Retraite de la Marne à la Loire et au sud du Cher du 13 au 24 juin 1940.

Bibliographie :

  • « La guerre racontée par les généraux », 2 tomes, librairie Schwarz, Paris, 1920 ;
  • « La Grande Guerre racontée par les combattants », 2 tomes , Librairie Quillet ;
  • « L’album de la guerre 1914-1919 », l’Illustration, Paris, 1926 (2 tomes) ;
  • « La Grande Guerre », tome 9 de l’Histoire de France contemporaine, E. Lavisse, Hachette, 1922 ;
  • « Ma grande guerre » de Gaston Lavy, Éd. France-Loisir, 2004.
  • « Histoire de l’armée française », Gal Weygand, Flammarion, Paris, 1938 .

Recueilli et annoté par son petit fils Jacques Marcel Pageix, In memoriam, Novembre 2013.

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7 Messages

  • bonjour

    Vous m’apprenez ce rôle d’ observateur en ballon et les premières utilisations dans l’armée française du parachute.Merci .
    Martine

    Répondre à ce message

  • Vraiment splendide.... ;Mes deux grands-pères ont « fait » 14, mais détestaient en parler, ils étaient territoriaux et grondaient quand on évoquait ce sujet. Je l’ai toujours regretté, car pour l’un d’eux, au moins, qui a fini dans l’aviation en Belgique, il aurait pu nous instruire de la réalité.
    Ils ont, l’un et l’autre, volontairement ignoré la guerre de 39, enfreignant couvre feu et règlementation. Arrêtés hors de chez eux, ils ont toujours été raccompagnés courtoisement par les allemands, avec un salut militaire de la part de l’officier. Etrangeté ds comportements.

    Répondre à ce message

    • Effectivement, les allemands, face à l’armée française, en 39/40, savaient la respecter lorsque celle-ci leur opposait une résistance courageuse. C’est ce qui apparaît à l’évidence dans le journal de guerre 39/40 de mon grand père : plus de 200 pages, mais il figure dans mon blog :

      http://histoiresetbiographies.overblog.com

      Un officier supérieur connaissant bien la question, auprès de qui je m’étonnais du fait de l’incapacité du commandement à affecter au front des éléments capables et son acharnement à renvoyer vers l’arrière le plus de monde possible !... (mon GP que l’on poussait vers l’arrière dût signer un engagement pour rester au front), me répondit ceci :
      « Effectivement, la conduite de cette campagne fut pour le moins étonnante. On n’a jamais parlé de trahison, mais on pourrait se poser des questions. Je penche effectivement pour un Haut Etat Major parfaitement incapable, formé de courtisans, pensant plus à leur carrière qu’à leur mission, et choisis pour cela même par le pouvoir politique, qui lui non plus n’a pas brillé par son courage.
      Et pourtant, les choses étaient simples : les allemands ont une fois encore déroulé le ’plan Schliffen’, consistant à donner un coup de faux du nord-est vers le sud ouest, et cette fois-ci, ils n’ont pas commis l’erreur de 14 qui les a fait éviter Paris, ouvrant la porte à la contre-offensive de la Marne (heureusement qu’alors, on a vu et compris l’erreur : bravo Joffre ! et déjà Bravo l’aviation qui a décelé le mouvement) »
      Ayant lu les mémoires de guerre de 39/40 de mon gp, il observait ceci :
      "Ce n’est pas le premier témoignage de ces journées que je lis (notamment des témoignages d’artilleurs). Il en ressort presque toujours une immense frustration de n’avoir pas reçu les ordres permettant de résister à la poussée allemande, car chaque fois qu’une réaction française s’est produite, les allemands ont stoppé, voire parfois ont reculé : ils s’attendaient en fait à une véritable résistance et n’ont eux-mêmes pas compris l’ampleur de leur succès.Il faut malheureusement faire une fois encore le constat de la faillite du haut commandement, plus fait pour les querelles de salon que pour la guerre.
      Ouf...
      Cordialement
      Jacques Pageix

      Répondre à ce message

      • Excellent message, mais cela est très bien décrit, repris et analysé dans « l’étrange défaite » de Marc Bloch pur héros dans toute sa vie et immense historien. Dans ma carrière je me suis souvent inspiré de son style, et de son sens aigu de l’analyse. Le témoignage de votre grand-père conforte celui de mon père (oral) quand, en Syrie en 39 il a reçu des bandes mitrailleuse au lieu du ravitaillement. La France de1940 était gouvernée par des gens intelligents mais perdus d’honneur et l’armée commandée par des supérieurs incapables.
        Rajoutons que le gouvernement savait exactement ce que préparait Hitler, ou aurait dû le savoir, puisqu’il l’avait annoncé. Qu’en outre, tous les avertissements émanant de citoyens allemands ont été systématiquement écartés. La moitié de ma famille étant allemande, j’ai de cela des témoignages écrits.

        Répondre à ce message

        • Tout à fait solidaire de votre avis. Mon grand père, à la suite de ses mémoire de guerre 1939-1940 a écrit un article sur les causes de la défaite de juin 40, que je n’ai pas intégré dans mon blog mais qui mériterait d’être lu...
          Un tout petit exemple : mon grand père fit 3 prisonniers allemands ; voici l’extrait du récit : "Dans la soirée, on nous avise qu’un avion allemand a atterri vers la Maison Forestière. Tainturier me demande aussitôt de partir avec un détachement à la recherche des aviateurs. On entend quelques coups de fusil, et notre jeune camarade nous ramène trois prisonniers, dont deux blessés, qui sont soignés avec empressement et évacués par le toubib, lequel, se voyant déjà prisonnier, apprend par cœur en allemand la phrase « j’ai soigné vos blessés », et pense ainsi se ménager des garanties. Cette anecdote ridiculisera définitivement ce pleutre dans notre popote.
          Le prisonnier valide m’est présenté. Il est tout jeune et son attitude digne et réservée. Une cohue curieuse l’entoure. Je le fais dégager et charge mon capitaine adjoint de l’interroger. Il s’attendait, dit-il, à être fusillé.
          Nous le rassurons en lui offrant quelques cigarettes, après quoi Laurent le conduit à l’État-major avec les documents qu’il n’a pu détruire et qui paraissent assez importants. Il est reçu presque fraîchement : il a l’impression d’avoir dérangé ces messieurs" (!!!)
          Bien cordialement.
          Jacques Pageix
          Contrairement au recueil de ses souvenirs de 1914-1918 présenté ici, les mémoires de 1939-1940 (env. 200 pages) sont à lire dans mon blog sous forme condensée.

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