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Les secrets d’écriture de « Laboureurs d’espoirs » Acte 15 - Scène 2

Acte 15 - L’honorable Gilles Morinays - Scène 2 - L’élu, député à la sénéchaussée de Rennes


vendredi 1er mai 2009, par Alain Morinais

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Avec « Laboureurs d’espoirs », les Morinays mettent en scène l’histoire des laboureurs bretons vivant leur Révolution, au jour le jour, telle qu’elle put être perçue et vécue dans la campagne rennaise, quand l’espoir s’y invite en 1789.

Jan, Simon et Joseph nous font vivre les labours, les fenaisons, les métiers d’antan, la vie des simples gens, perturbés par les événements, mais, attendant tout des changements annoncés. Nous partageons avec eux les coutumes, les véritables croyances et les superstitions, les pratiques amoureuses, les jeux et les fêtes du peuple des campagnes

Acte 15 - L’honorable Gilles Morinays

Scène 2 - L’élu, député à la sénéchaussée de Rennes

"— Vous savez à quel point je partage vos préoccupations. Je vis comme vous la misère du moment. Je suis aussi le témoin quotidien des efforts considérables déployés par l’honorable Gilles Morinays et le bureau de fabrique pour, avec si peu de moyens, améliorer tout ce qui peut l’être en nos parties communes. Gilles vous connaît tous, il sait toutes vos difficultés à vivre. Vous le connaissez tous, hier l’enfant du pays, aujourd’hui l’homme sage et respecté. Vous savez qu’il est le meilleur d’entre nous ! C’est pourquoi, je vous propose d’élire l’honorable homme Gilles Morinays, premier député de la paroisse, tout en lui confiant la responsabilité de rédiger, pour vous, le cahier des doléances de Vezin. Si vous êtes en accord avec ma proposition, je vous demande de le manifester en levant le bras.

Le général accueille la proposition du curé par un tonnerre de battements de sabots, tapant des pieds à faire vibrer saint Méen, dont la statue, voilée d’un nuage de poussière montant du sol, n’avait pas le souvenir d’une telle frénésie collective exprimée à l’intérieur de la maison sacrée. Pendant un long moment, les bras se lèvent à l’unisson ; les regards, échangés d’un banc à l’autre, rayonnent d’une joie communicative qui semble balayer les fatigues, les tristesses, les colères, les peurs, la faim aussi, qui marquaient les visages quelques instants plus tôt.

Gilles était resté debout, à la droite du curé, quand celui-ci proposait sa candidature à la députation. Il est donc à présent bien placé pour mesurer son influence sur l’assemblée.

Pierre lève un bras après l’autre, comme pour voter deux fois, et recommence sans cesse pour être sûr d’être vu. Grégoire se claque les cuisses avec le plat des mains, puis lève les bras au ciel, avant de répéter le mouvement de plus belle. Anne serre son frère Joseph dans ses bras ; ils sautillent ensemble à pieds joints, face à face, tous les deux enlacés comme des enfants joyeux. Bertrand se frappe la poitrine à grands coups de poings. Le père Colleu ne peut retenir une grosse larme qui coule sur sa joue crevassée d’engelures. Mathurin tape des mains sur les épaules de son voisin. Le grand Jacques se tient la tête entre les poings serrés comme s’il voulait se persuader que tout ceci n’est pas un rêve."

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Le Jeu des questions du grand Jacques





Question de l’acte 15 - Scène 2 : Les députés aux États généraux de Versailles représenteront les trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état. Pourtant, la noblesse et le clergé bretons constitueront, ensemble, une particularité exclusive, laquelle et pourquoi ?

Vous trouverez la réponse la semaine prochaine dans l’acte 15 - Scène 3

Réponse à la question de l’acte 15 - Scène 1 : En 1789, le laboureur breton est écrasé d’impôts et de charges diverses (voir la réponse à la question du Grand Jacques de l’acte 7). Quelle est la part restant, en proportion des produits de son travail, dont le laboureur peut jouir réellement après s’être acquitté de ces contributions ?

"— On voit, en Bretagne, le laboureur jouissant à peine du tiers du produit de son travail. Le laboureur qui retire annuellement cent livres du produit de sa terre, paie ordinairement, dix livres de capitation, au moins douze livres par an pour les corvées ordinaires et extraordinaires, quatre livres, plus ou moins, de rentes féodales, ajoutant à cela seize livres et dix sols pour les trois vingtième. Sur la somme de cent livres ainsi réduite de quarante-deux livres dix sols, il faut encore déduire les réparations et les cas fortuits. Il n’est plus tolérable qu’une portion privilégiée vive dans l’opulence, exempte de toute retenue sur ses revenus, tandis que les propriétaires de fonds, bien plus utiles et bien plus attachés à l’État, gémissent sous le poids des impôts. La contribution des rentiers fournirait au dit seigneur roi des secours réels, sans surcharger ses peuples. Il est d’autres moyens sûrs et faciles de faire rentrer des sommes considérables, en examinant les fortunes rapides de ces gens, dont le faste et la magnificence semblent insulter la calamité publique."

Gilles Morinays dans Laboureurs d’espoirs.

À suivre… Acte 15 - L’honorable Gilles Morinays - Scène 3 - Le coq de village

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