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Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue


vendredi 11 juin 2021, par Sonia Landgrebe

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Des noms presque effacés sur une double sépulture ancienne, une inscription intrigante, une bonne dose de curiosité, et bien sûr une vraie passion pour la généalogie et la compréhension des histoires familiales : voilà comment j’en suis venue à effectuer des recherches sur deux familles bien éloignées de mes racines, et à découvrir un événement qui a dû beaucoup marquer les habitants de St Vaast la Hougue, jolie commune côtière de la Manche, en 1894 ...

Une fois n’est pas coutume, pour cet article l’inspiration ne m’est pas venue de mes ancêtres, ni de ma région d’origine.
Etant activement impliquée dans l’indexation des tombes anciennes via le programme « Sauvons nos tombes » de Geneanet, pour en préserver la mémoire et faciliter leur repérage par d’éventuels descendants, je me suis fait depuis quelque temps une spécialité d’examiner des sépultures notées comme illisibles, pour tâcher de ‘repêcher’ quelques noms – voire des informations complètes sur les défunts, incluant leurs dates de naissance ou décès et même occasionnellement des mentions complémentaires. Il suffit parfois de bien zoomer sur l’image pour parvenir à déchiffrer les inscriptions, même si elles ne se détachent pas au premier abord, et au besoin, de croiser avec la recherche Geneanet pour obtenir ou confirmer les noms, prénoms et dates dans leur intégralité. Je précise que cette recherche ne me sert qu’à valider ce que je vois ou devine : je ne prends en compte que les informations que j’arrive à lire sur la sépulture (et ce même lorsqu’il y a un écart avec les données trouvées sur Geneanet, ce qui arrive parfois).

Une double sépulture à Saint Vaast la Hougue

C’est ainsi qu’au hasard de mes pérégrinations sans géographie particulière parmi les tombes « illisibles » de Geneanet, je me suis retrouvée (virtuellement bien sûr) au cimetière de Saint Vaast la Hougue, dans la Manche, avec ce double monument encadré par une grille de fer forgé [1] :

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Vue générale de la sépulture

Cette vue d’ensemble était complétée de deux autres photos plus rapprochées, une par stèle. Les inscriptions présentes sur ces dernières paraissaient très abîmées, et a priori impossibles à déchiffrer. Néanmoins, le niveau de qualité étant suffisant, un zoom rapproché m’a permis de décrypter, ligne à ligne, les informations suivantes :

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Stèle N°1
« ICI
reposent
N. et A.
DOUCET
unies
jusqu’à
la mort
1894
Priez
pour elles »

L’inscription « unies jusqu’à la mort » m’a intriguée. Il pouvait difficilement s’agir d’un couple de femmes ainsi honoré, le contexte de l’époque ne s’y prêtant guère ; j’ai donc pensé à des sœurs, visiblement décédées la même année (sans qu’une aucune indication ne figure quant à leur âge).

JPEG - 52 ko
Stèle N°2
« ICI
reposent
A. et P.
RENOUF
unies
jusqu’à
la mort
1894
Priez
pour elles »

J’ai été surprise ensuite de trouver sur le second monument exactement la même mention, toujours au féminin, et avec la même année de décès ... Seuls les noms étaient différents. Probablement deux sœurs, à nouveau. Là, j’ai évidemment pensé à un drame collectif.

Qui étaient N. et A. DOUCET, A. et P. RENOUF, « unies jusqu’à la mort » ?

Poussée par la curiosité, j’ai d’abord vérifié ce que je pouvais trouver via la recherche Geneanet, avec ces patronymes et cette date, sur la commune de Saint Vaast la Hougue. Et je suis aussitôt tombée sur les décès suivants :

  • Marie Nathalie DOUCET, le 9 juillet 1894 à St Vaast, âgée de 12 ans
  • Adrienne Gabrielle Berthe DOUCET, le 9 juillet 1894 à St Vaast, âgée de 9 ans, sa sœur
  • Constance Armandine RENOUF, le 9 juillet 1894 à St Vaast, âgée de 12 ans
  • Palmyre Marie Alphonsine RENOUF, le 9 juillet 1894 à St Vaast, âgée de 9 ans, sa sœur.

Cette double sépulture était donc celle de quatre petites filles, deux paires de sœurs plus précisément, âgées respectivement de 9 et 12 ans, décédées toutes les quatre le même jour ... L’hypothèse du drame se confirmait.

Que s’était-il passé le 9 juillet 1894 à St Vaast la Hougue ?

Restait à identifier les événements survenus ce jour-là à St Vaast. Orientant mes recherches vers la presse ancienne, j’ai trouvé un article du Journal de l’arrondissement de Valognes, en date du 13 juillet 1894 [2], relatant de manière très précise la tragédie qui a impliqué ces quatre fillettes.

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Journal de l’arrondissement de Valognes
Daté du 13 juillet 1894

C’est un bien triste épisode que nous narre cet article : celui d’un groupe d’enfants jouant au bord d’une jetée, dont l’une tombe à la mer suite à une imprudence, et trois autres essaient de la sauver ... En vain, les quatre petites filles y ayant laissé la vie.
On ne peut qu’imaginer la panique de l’autre fillette de 11 ans, partie chercher du secours, mais ne pouvant en obtenir à temps ; et surtout, la détresse du petit frère de 7 ans, assistant à la noyade de ses deux sœurs et de leurs deux amies, trouvant enfin un sauveur potentiel, mais trop tard ...

On relèvera deux points complémentaires à la fin de l’article :

  • La souscription ouverte pour l’érection d’un monument en hommage aux petites victimes : c’est donc à cette participation collective que l’on doit leur double sépulture, toujours visible de nos jours ;
  • La recommandation aux parents de ne pas laisser leurs enfants seuls pour éviter ce type d’accidents : était-il bien utile d’en rajouter à la douleur des familles, en les culpabilisant ainsi publiquement ? Il est vrai que nombre de journaux de l’époque relatent des faits divers de toutes sortes, parfois sordides, dont beaucoup mettent en cause des enfants livrés à eux-mêmes. Ce conseil se voulait donc sans doute bienveillant, non stigmatisant – du moins je le suppose.
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La rue de Réville
(Source : Delcampe)

La carte postale ancienne ci-dessus nous montre la rue de Réville au début du XXe siècle. Le drame a dû se dérouler dans le prolongement de cette route, au nord de la commune.
Je n’ai pas trouvé trace d’un lieu-dit « la Glissade » ; j’imagine en tout cas que la jetée, si elle existe toujours au même endroit, ne comporte plus cette pente dangereuse ... [3]

Qui étaient les familles DOUCET et RENOUF ?

Pour compléter ce récit, j’ai effectué quelques recherches au sujet des deux familles concernées, sur le site des Archives Départementales de la Manche.

  • Nathalie et Adrienne DOUCET étaient orphelines de mère, et sans autre frère ou sœur en vie (une seule autre sœur avait brièvement vécu en 1884).
    Leur mère, Marie Louise ANNEBRUN, était décédée en 1886 à seulement 21 ans (elle s’était mariée à 15) ; leur père, Jacques DOUCET, était journalier agricole. Tous deux étaient natifs de St Vaast.
    Au recensement précédant le drame, en 1891, les fillettes vivaient à l’hospice ; leur père, qui habitait seul rue des Champs, ne pouvait peut-être pas subvenir à leurs besoins. Il avait eu par ailleurs quelques démêlés avec la justice, en 1878 et 1886, pour coups et blessures [4]. Remarié en 1892 avec Joséphine TRONQUET, il ne semble guère avoir vécu avec elle non plus : lors des recensements de 1896 et 1901, il réside au hameau de St Vaast dans la famille de sa sœur, sans son épouse.
    J’ignore si les petites filles habitaient avec lui et leur belle-mère au moment des événements. Je ne sais pas non plus s’il a eu des enfants de son second mariage, car les registres en ligne de St Vaast s’arrêtent malheureusement en 1892, sauf pour les tables décennales mais ces dernières ne permettent pas de faire le tri parmi les naissances DOUCET. Jacques décédera à St Vaast en 1918, à 66 ans, précédé deux ans plus tôt par sa seconde épouse.
  • Armandine et Palmyre RENOUF avaient pour parents Alphonse RENOUF, débitant de boissons, et Jeanne GOUEES. Mariés à St Vaast en 1879, ils n’étaient pas originaires de la commune : lui était natif de La Pernelle, village limitrophe, et elle était une enfant trouvée de l’hospice d’Avranches, à plus de 100 kilomètres au sud.
    Contrairement aux sœurs DOUCET, Armandine et Palmyre avaient plusieurs frères et sœurs, 5 au total. Parmi ces derniers, deux étaient décédés quelques mois plus tôt : Auguste à l’âge de 3 ans en novembre 1893, et Constant à l’âge de 10 ans en décembre 1893 ... J’en ignore les circonstances ; quoi qu’il en soit, le couple RENOUF-GOUEES a perdu quatre enfants en huit mois à peine. On n’ose imaginer ce qu’ils ont dû traverser. Le père décédera quatre ans plus tard, en 1898, à l’âge de 47 ans seulement. Sa veuve perdra encore un enfant, le petit dernier, en 1906, alors qu’il avait 14 ans. Jeanne GOUEES veuve RENOUF était encore en vie en 1921, débitante de boissons dans la rue Triquet. Je n’ai pas trouvé son décès.
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Vue de St Vaast la Hougue : les quais
(Source : site des Archives Départementales de la Manche)

Que sont devenus le petit Adrien et la jeune Berthe ?

Adrien RENOUF, qui a vu à l’âge de 7 ans ses sœurs se noyer sous ses yeux, sera charpentier mais aussi représentant de commerce. Il est grand pour l’époque : 1,79 m sur sa fiche matricule. Recensé avec sa mère jusqu’en 1911, il part ensuite s’installer à Cherbourg. En 1912, il épouse à La Glacerie [5] Eugénie PITRON ; ils auront diverses adresses à Cherbourg et à Tourlaville [6]. Il participe à la Grande Guerre où il sera blessé par un éclat d’obus dès septembre 1914, puis affecté à l’intérieur du pays comme charpentier, chez un constructeur de Cherbourg.
En 1933, le couple rachète le café-restaurant « Au Travailleur », 93 rue Carnot à Cherbourg [7]. Je perds la trace d’Adrien après 1936.

Berthe LEBLOND, la fillette de 11 ans qui était allée en vain chercher du secours pour ses amies, était la petite dernière d’une fratrie d’au moins six enfants ; sa mère était décédée peu après sa naissance. Au recensement de 1891, Berthe habitait avec son père et ses frères et sœurs dans la Grande Rue. Elle se marie en 1905 à St Vaast avec Edmond Auguste MAILLARD ; d’après Geneanet, ils ont eu au moins un fils, avec une descendance jusqu’à nos jours. Je ne sais rien de la fin de l’existence de Berthe.

Postérité et mémoire

Le couple DOUCET-ANNEBRUN n’a pas eu de postérité au-delà de ses trois filles, décédées l’une en bas âge et les deux autres dans les circonstances que l’on sait.
En revanche, le couple RENOUF-GOUEES a pu avoir une descendance par deux de ses sept enfants :

  • Adrien RENOUF, le petit frère mentionné précédemment ; d’après un arbre Geneanet, il a eu au moins une fille, elle-même pourvue de descendance. Je n’ai rien pu vérifier ni suivre son parcours, faute de registres en ligne.
  • Louis RENOUF, l’aîné, qui avait 14 ans au moment des faits ; devenu forgeron, il se marie à St Vaast en 1904 avec Hortense LEBLOND (a priori sans lien proche avec Berthe malgré son patronyme). Ils vivent d’abord à Carentan, à une quarantaine de kilomètres au sud de St Vaast, puis à Cherbourg, avant de revenir à St Vaast en 1924, où Louis reprend le débit de boissons de sa mère, rue Triquet. Le couple y est encore en 1936. Toujours d’après Geneanet, ils ont eu au moins un fils, parti s’établir à Paris, et qui a une descendance actuelle.

Au sein de ces deux branches RENOUF, le souvenir du drame survenu à St Vaast le 9 juillet 1894 s’est-il transmis dans la mémoire familiale ? Rien n’est moins sûr.
Et à St Vaast la Hougue (prononcer St Vâ), jolie commune touristique d’environ 1 700 habitants de nos jours (contre 2 600 à l’époque), sait-on encore ce que commémore ce double monument dans le cimetière ? En tout cas, il est toujours là, debout, près de 130 ans après la tragédie.
Certes, la stèle des petites DOUCET a perdu sa croix, et celle des petites RENOUF est fendue à la base, sur le côté ; quant aux inscriptions, elles ne sont plus très lisibles. Peut-être une rénovation s’impose-t-elle ? Ou faut-il laisser sombrer dans l’oubli cette triste page de l’histoire de St Vaast, qui avait si durement touché deux familles en 1894 ? La réponse ne m’appartient pas, même si j’ai évidemment ma préférence ...

Notes

[2Source : Normannia, le patrimoine écrit de Normandie https://www.normannia.info/ark:/86186/5nmz#?c=0&m=0&s=0&cv=1

[3Une rapide recherche générale m’a permis de constater que St Vaast était marquée depuis toujours par les noyades et disparitions en mer, comme en témoigne la Chapelle des Marins, et ce encore de nos jours avec le décès de trois pêcheurs en janvier 2021. Je précise que je l’ignorais totalement, ne connaissant pas du tout la région.

[4Source : fiche matricule – Site des AD50, circonscription de Cherbourg, classe 1872, n°481, p78/271

[5Commune aujourd’hui rattachée à Cherbourg.

[6Aujourd’hui également rattachée à Cherbourg.

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48 Messages

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 07:41, par Hugues DEWYNTER

    Bravo ! Monsieur.
    Belle recherche et remarquable résultat !
    C’est parfait d’avoir retrouvé l’article de la presse locale relatant ce tragique fait divers.
    Le "fin du fin" serait que quelqu’un de la descendance de cette famille prenne contact avec vous !
    Mes félicitations et bonnes vacances.
    HD

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 10:55, par Sonia Landgrebe

      Bonjour,
      Je vous remercie de votre commentaire, bien que n’étant pas un "Monsieur" et étant encore loin des vacances 😉
      Oui j’ai eu de la chance de trouver cet article, très complet. Quant à être contactée par un.e descendant.e, j’en serais évidemment ravie ! C’est un peu mon espoir à chaque publication d’article, et il se réalise parfois ...
      Au plaisir,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 08:16, par martine hautot

    Merci pour ce récit où l’on voit vraiment la triste vie de ces familles modestes ,beaucoup d’ orphelins de mère ,d’enfants morts en bas âge et puis la guerre 14 pour couronner le tout ! le coeur se serre ... Qui dira que c’était le bon temps ?
    Martine

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 10:57, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Martine,
      En effet, cette recherche m’a plongée au cœur de ces familles dont l’existence était difficile et jalonnée d’épreuves ... C’était le lot de beaucoup de gens à cette époque.
      Merci pour votre commentaire,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 10:45, par Colette Boulard

    Bravo pour tout. Bravo d’avoir essayé de dépasser les difficultés de lecture pour arriver à décrypter les noms sur des photos de tombes jugées illisibles par d’autres, et d’en faire un choix pour vous intéresser, justement, à ces morts-là. Bravo d’être allée faire des recherches pour découvrir, au-delà des seuls noms et dates, ce qui arriva à ces quatre défuntes.
    vous reconstruisez un pan de l’histoire des familles concernées, vous les rappelez à notre mémoire et c’est touchant. Vous montrez que des tombes peuvent avoir beaucoup à nous dire.

    le site Landru cimetière ( https://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article3705 ) , amateur de sépultures et leur histoire, ne note que peu de tombes intéressantes à St Vaast la Hougue. Vous venez d’en rajouter une.

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 11:06, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Colette,
      Oui, les cimetières ont beaucoup à dire, surtout ces tombes délaissées, oubliées par les familles mêmes ... C’est bien pour cela que j’ai à cœur de tâcher de raviver un peu de cette mémoire, par l’indexation et l’acharnement à décrypter ce qui n’est presque plus visible.
      Cela dit, c’est la première fois qu’une de ces tombes abandonnées a piqué ma curiosité au point de me pousser à faire des recherches ... Le sujet n’est pas gai, mais en écrivant cet article j’ai eu le sentiment de rendre une sorte d’hommage à ces petites filles et leurs familles.
      Je ne connaissais pas le site Landru sur les cimetières. Merci beaucoup.
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 10:50, par Pierrick Chuto

    Bravo Sonia pour cet article.
    Recherches fort bien menées. Les journaux d’époque renferment de vrais trésors et je m’en sers beaucoup pour écrire mes livres.
    Bien cordialement
    Pierrick

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 11:17, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Pierrick,
      Oui c’est une mine d’or en effet. Pas toujours 100% fiable, comme en témoignent parfois les divergences autour d’un même événement selon les différents journaux, mais riche d’enseignements en tout cas !
      Merci, et au plaisir de vous lire,
      Bien cordialement
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 11:27, par Yveline Dangles

    Très touchée par cette triste histoire, dans un contexte familial déjà difficile, surtout pour la famille Doucet. J’étais heureuse de voir que au moins le petit Adrien avait survécu jusqu’à l’âge adulte et qu’il a eu une postérité. Admirative de votre travail de recherche, sur cette histoire, et de façon générale, pour déchiffrer les inscriptions dites illisibles. Merci !

    Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 15:14, par sandrine Faichaud

    Bonjour Sonia
    Tellement de choses se cachaient derrière ses lettres illisibles gravées sur ces stèles. Quelle belle initiative d’avoir chercher à comprendre la tragédie familiale. En premier lieu, 2 très anciennes tombes qui accrochent l’œil, jumelles et entourées de balustrades. Les noms apparaissent, des petites sœurs décédées en même temps. Il faut aller plus loin pour comprendre et voilà l’article de journal grâce à qui nous comprenons tout.
    Des inconnues pour vous,... combien de fois suis je tombé sur des actes d’état civil d’inconnus au cours de mes recherches dans les registres paroissiaux qui méritaient que l’on creuse davantage à cause d’une mention spéciale, ou plusieurs décès le même jour dans un tout petit village... Cela vaut la peine de regarder plus loin et vous en êtes la preuve, juste par amour de la généalogie et des recherches pour mener l’enquête.
    Bravo pour ce travail qui a mis à jour le drame d’une famille modeste dans un petit village. L’histoire de France n’est pas seulement celle des Rois...
    Cordialement
    Sandrine

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 11:31, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Sandrine,
      Merci beaucoup pour votre chaleureux commentaire. Oui, que ce soit pour des tombes anciennes ou des actes dans les registres, parfois quelque chose accroche notre attention, voire notre émotion, alors même que nous n’avons aucun lien avec les individus cités ... C’est la première fois que je vais aussi loin dans des recherches en dehors de ma famille, et je n’ai pas regretté cette incursion dans la petite histoire d’une commune (et d’une région) que je ne connaissais pas du tout.
      Cordialement,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 19:02, par Jean Magnier

    Bonjour,
    Bravo pour ce sauvetage !
    Tout est réuni pour faire une belle histoire : intrigue, décryptage, enquête minutieuse, révélation dramatique !
    Mais aussi, bel appel à la découverte du cadre : Saint-Vaast vaut le détour !
    Cordialement.
    Jean Magnier

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 11:35, par Sonia Landgrebe

      Bonjour,
      J’aime assez le mot de "sauvetage" que vous avez employé dans votre commentaire. J’aurais voulu pouvoir faire davantage pour ces fillettes, mais à défaut, j’ai essayé en effet de sauver leur mémoire ...
      Cela dit, peut-être est-elle encore vivace dans cette jolie commune de St Vaast la Hougue, je n’en sais absolument rien ! Quoi qu’il en soit, au-delà du sujet de l’article, ce que j’ai pu découvrir de cette commune sur le Net m’a donné de m’y rendre un jour.
      Cordialement,
      Sonia

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue... des cousines ? 11 juin 19:25, par Jocelyne Cathelineau

    Bonjour Madame Landgrebe
    Quelle surprise en ouvrant la Gazette de cette semaine de voir apparaître le nom du pays natal de ma mère. Ma mère est en effet née le 5 juin 1931 à Saint-Vaast la Hougue où son père était marin-pêcheur.
    Nous pourrions être cousines avec deux des malheureuses fillettes car dans notre arbre généalogique, qui remonte très haut, il y a des Renouf. Et aussi des Leblond. Quant aux Doucet... eh bien la grande amie de ma mère à l’école s’appelait Doucet. Les autres patronymes cités me disent quelque chose, mais ne sont pas représentés dans notre arbre.
    Je vois ma mère après-demain et lui porte bien sûr l’article à lire, elle va être très intéressée ! Elle qui a vécu à Saint-Vaast entre 1931 et 1947 à peu près est peut-être de ceux qui ont perdu la mémoire du drame : sa famille est enterrée à Montfarville (pas loin !) elle n’a peut-être jamais eu l’occasion d’aller au cimetière de Saint-Vaast. Pour une fois, c’est moi qui vais en savoir plus qu’elle sur son cher pays natal (le nombril du monde, pour elle, rien de moins).
    Bravo pour votre recherche. Je serais bien sûr pour qu’on rende "lisible" cette tombe et l’avertissement aux parents qu’elle constitue. Donc, pour un peu de rénovation et la pose d’une plaque racontant succinctement le drame, ce qui donnerait aux gens qui la verraient l’envie de chercher.
    Cordialement
    Jocelyne Cathelineau (je porte pour ma part le nom poitevin de mon père - mais ma mère est née Launey, un patronyme ultra courant dans le nord-est du Cotentin).

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    • il serait bien sûr intéressant de faire remettre en état cette double sépulture. la base est de savoir qui sont les ayant-droits des concessionnaires,les personnes au nom desquelles la concession a été prise, et pour quelle durée. Questions soulevées à diverses reprises sur des forums, donc je ne reviens pas là-dessus. Néanmoins, et même si la concession est devenue caduque,le fait est qu’elle est là et pourrait donc être remise en état.
      Une possibilité s’offrirait, du type de celle qui a présidé à la réalisation de la tombe : Intégrer cette tombe (et d’autres ?) dans la liste du petit patrimoine à préserver, dans le cadre du plan local d’urbanisme ( P.L.U.) de la commune. Une liste existe déjà dans le P.L.U. de st Vaast, qui pourrait être complétée. Cette reconnaissance acquise, et, parallèlement, la concession juridiquement transmise si-besoin par les ayant-droits à la commune, c’est cette dernière qui pourrait faire exécuter des travaux, soit à son propre titre, soit par le biais d’une association des amis du patrimoine local. Des aides financières, des subventions seraient alors possibles.
      A noter que le besoin premier est une simple suppression des lichens, facile et peu coûteuse à faire.

      Répondre à ce message

      • Rebonjour Colette,
        N’étant pas du tout au fait des procédures en la matière, je vous remercie de votre éclairage. S’il existe encore des ayant-droits, peut-être n’auront-ils pas le souhait de préserver ce triste souvenir ? Je pourrais le comprendre, même si en tant que passionnée de généalogie et d’histoire, je préférerais évidemment que la mémoire de ces petites filles soit prolongée.
        Cordialement,
        Sonia

        Répondre à ce message

        • C’est un domaine très complexe. Supposons la situation d’une concession perpétuelle (ou "à perpétuité’ ce qui est la même chose) donc location à perpétuité. Quelles qu’en soient les motifs, les ayant-droits ne souhaitent plus avoir cette location et les responsabilités liées (entretien, responsabilité si accident etc.). Ils peuvent renoncer à cette concession et le faire savoir par écrit à la mairie. La commune, si elle le souhaite peut prendre le relais pour sauvegarder cet élément patrimonial, par exemple comme je l’ai indiqué précédemment.
          Si la concession est échue et que les ayant droits ne veulent pas la renouveler, la commune reprend l’emplacement. Pas forcément tout de suite.
          C’est à priori plus facile pour une commune qui a un patrimoine limité et un cimetière avec peu de tombes "particulièrement intéressantes" que pour une ville plus importante (mais pas forcément aisée) avec plusieurs cimetières, plus de tombes à intérêt particulier...

          Des associations existent, concernant ce patrimoine spécifique et mal aimé, qu’il faudrait voir se développer, d’autres naître.

          Répondre à ce message

    • Bonjour Madame Cathelineau,
      Je serais effectivement très curieuse de savoir si votre maman se souvient d’avoir entendu parler de ce drame, et si vous cousinez avec les petites victimes !
      Et je serais évidemment ravie que la tombe puisse être restaurée.
      Merci pour votre commentaire, et au plaisir d’en savoir davantage peut-être dans les prochains jours ...
      Cordialement,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 11 juin 20:38, par Suzanne

    Bravo pour ce travail !
    Petit village que je connais bien...
    Cordialement

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 13:47, par jacqueline coudroy de lille

    très complet, certes, mais aussi très émouvant. Le volet humain de cette enquête ne laisse pas indifférent.

    Répondre à ce message

    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 15:05, par Sonia Landgrebe

      Bonjour,
      Oui au-delà des faits et de leur analyse, le volet humain est bien sûr une composante essentielle des recherches généalogiques, en tout cas pour moi ...
      Merci de votre passage,
      Cordialement
      Sonia

      Répondre à ce message

      • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 12:21, par Colette Boulard

        Bien sûr ! L’histoire qui inclut l’humain, le sensible , ce qui redonne à sa manière vie à nos aïeux et essaie de les connaître, les comprendre un peu est pour beaucoup d’entre nous toujours présent. Heureusement.

        A propos du petit patrimoine funéraire, je vous suggère de d’aller musarder du côté d’un intéressant exemple de gestion concernant, pour le coup, un cimetière et non une tombe :
        cimetière de la pernelle - patrimoine val de sienne.
        (le lien est trop long à coller) St Vaast n’est pas loin !

        Répondre à ce message

        • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 14:12, par Sonia Landgrebe

          Merci Colette pour cette information concernant le cimetière de la Pernelle, commune d’où était originaire le père des petites RENOUF ... Suite à vos indications je viens de trouver un rapport complet, que je prendrai le temps de lire à tête reposée.
          Bon dimanche !

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 15:47, par catherine marquet

    Bonjour,

    Merci pour votre article, très intéressant et vos recherches.
    Quelle tragédie !!
    Catherine

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 12 juin 16:22, par Agnès HECTOR

    Bravo pour cette superbe recherche, fouillée, illustrée. Votre rédaction en est extrêmement agréable à lire. Je vous félicite. Quant à la morale de l’article de presse, les journalistes ont toujours été des donneurs de leçon. Ils ne le sont pas moins aujourd’hui qu’hier. Le fait divers est érigé en exemple à ne pas suivre : inattention, imprudence, manque de vigilance, ils ne s’adressent pas aux victimes mais à leurs lecteurs ... Sur l’état des tombes, c’est dommage. En d’autres temps, un hussard noir ou un curé en soutane aurait à son tour fait oeuvre morale pour les faire nettoyer au cours d’une sortie scolaire ou de catéchisme. Autre temps, autres moeurs...

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    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 13:59, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Agnès,
      Merci beaucoup pour votre ressenti sur le plaisir de lecture, c’est très important pour moi au-delà des événements qui sont relatés.
      Vous n’avez sans doute pas tort, pour les journalistes, même si la forme a évolué ...
      J’ignore dans quelle mesure autrefois on prenait davantage soin des tombes qu’aujourd’hui, mais je ne porte pas de jugement sur cet abandon : il n’existe pas de descendants directs, et les descendants indirects actuels n’ont probablement pas connaissance de cette tombe, du moins je le suppose. Quant à la commune, a priori elle a vu se succéder de nombreuses victimes de noyade en mer, et cette sépulture-là n’est sûrement qu’une parmi des dizaines ...
      Cordialement,
      Sonia

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 08:35, par Veronique de Mortillet

    J’ai beaucoup apprécié votre article. Vos recherches pour élucider les inscriptions du monument sont passionnantes. Un grand bravo.

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 09:13, par Jacques

    Bonjour Sonia,

    Tout d’abord, félicitations pour votre article passionnant.

    Si je vous écris, c’est aussi intéressé.
    Comme vous, je parcours les cimetières, mais à la recherche des tombes de militaires de toutes époques.
    J’ai créé -il y a plus de 15 ans - un site (dont je vous donne l’adresse ci-dessous) dont le but est de répertorier ces tombes individuelles.
    Si, au cours de vos visites de cimetières, vous trouvez des tombes de militaires, merci de penser à moi.
    Bien cordialement.

    Jacques SEYNAEVE
    https://seynaeve.pagesperso-orange.fr/

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    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 15 juin 08:53, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Jacques,
      Merci pour votre commentaire. Il m’arrive de visiter des cimetières, mais le plus souvent c’est en ligne que j’y passe du temps, pour l’indexation sur Geneanet. Je suis allée voir votre site, c’est une remarquable base de données ! Et je vois que vous consultez déjà "Sauvons nos tombes" de Geneanet. Donc votre demande concerne-t-elle uniquement le repérage de tombes militaires lors de visites "physiques" des cimetières ?
      N’hésitez pas à me contacter pour mieux m’expliquer comment je peux vous aider. Mon pseudo Geneanet est mariland.
      Bien cordialement,
      Sonia L.

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 20:34, par Jocelyne Cathelineau

    rebonjour Madame Landgrebe
    C’est mon second courrier. Je suis la fille de Jeannette Launey née à Saint-Vaast la Hougue en 1931, avec dans mon ascendance des Maillard, des Leblond, des Lepetit comme le cantonnier, des Renouf... Je vous avais dit que la grande copine d’école de ma mère était Germaine Doucet (à Saint-Vaast on disait plutôt "Mèmène Douchet").
    Je m’étais avancée en disant que ma mère dont toute la famille est enterrée à Montfarville (à 5 km) n’était jamais allée au cimetière de Saint-Vaast. Elle a perdu en 1939 sa jeune soeur (du croup) et Marthe-Monique a été enterrée à Saint-Vaast dans une concession provisoire. Lors de ses nombreuses visites au cimetière, ma mère n’a jamais remarqué le monument des quatre petites noyées et ses parents et grands-parents (tous du coin) ne lui en ont jamais parlé. J’ai assisté plusieurs fois à la "fête de la mer" en août, où le curé monte sur un bateau dans le port, chargé de fleurs, et jette les fleurs dans les vagues alors qu’un micro égrène les "péris en mer". Et tout le monde pleure sur le quai car il n’est guère de famille qui n’ait eu un marin disparu. Oui, ces petites ont été oubliées, c’est très triste... Mon mail va être trop long, je vous en fais un deuxième à la suite ! Jocelyne Cathelineau

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 13 juin 20:46, par Jocelyne Cathelineau

    rerebonjour Madame - voici la suite du message du 13 juin

    Ma mère est revenue au cimetière dans les années 70, porteuse d’une croix pour remplacer celle de Monique, disparue. Elle a appris à cette occasion que la tombe n’existait plus, ayant fait l’objet d’une reprise. Mais je crois que lorsqu’un monument a été bâti par souscription, on a l’obligation de ne pas l’enlever. Hélas, pas d’obligation d’entretien...
    J’ai interrogé ma mère sur la famille Doucet qu’elle a bien connue. Il y avait deux familles Doucet, apparentées mais en conflit "Doucet les riches" et "Doucet les pauvres". D’après ce que je lis sur le père des petites Doucet (métier, maille à partir avec la justice, enfants placées...) il est fort probable que les Doucet que ma mère a connus soient de la branche des "pauvres Doucet". Vous ne pouvez savoir si ce père veuf et remarié a eu des enfants avec sa seconde épouse, mais il est plus que probable qu’il venait d’une famille nombreuse comme il y en avait tant. Alors les petites victimes peuvent être les filles d’un frère, d’un oncle...
    Une seule solution si vous ne pouvez voir les actes sur Internet : vous trouver un ou une correspondant-e qui ira pour vous aux Archives Départementales de Saint-Lo ou encore voir les registres en mairie, s’ils y sont. Je suis hélas trop loin, et je ne pars qu’une semaine cet été, et je m’arrête en Mayenne où vit ma fille... sinon, je vous rendais avec plaisir ce service. Je ne vous propose pas ma cousine qui vit là-bas, la paperasserie ne l’intéresse pas, dommage !
    Trouver un correspondant doit être possible. Quand il n’y avait pas Internet et les registres numérisés, on y avait recours. Un risque toutefois : les Archives Départementales de la Manche ont brûlé en 1944, avec la quasi totalité de la ville de Saint-Lo. Il faut donc plutôt chercher, non pas "l’exemplaire du greffe" mais le registre original en mairie.
    Je suis très bavarde. Mais votre recherche est passionnante, l’histoire de ces quatre petites victimes vraiment touchante... ma mère, 90 ans, voulait cet après-midi, aller à Saint-Vaast ! Et moi aussi.
    Je vous félicite et vous encourage à explorer encore quelques pistes, dont celle des registres originaux "papier" et du-de la correspondant -e.
    Cordialement
    Jocelyne Cathelineau

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    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 14 juin 21:33, par Sonia Landgrebe

      Bonsoir Madame Cathelineau,
      Merci beaucoup pour vos trois nouveaux messages, qui font revivre un peu du St Vaast d’antan, et dont l’enthousiasme me fait chaud au cœur ! Je ne suis donc pas la seule à m’être passionnée pour cette histoire.
      C’est intéressant de savoir que votre maman n’avait jamais entendu parler de cette tragédie ni remarqué ce monument dans le cimetière. Il faut dire que ce triste événement a eu lieu près de 40 ans avant sa naissance, et que les habitants de St Vaast n’avaient pas forcément envie d’en cultiver le souvenir ...
      Concernant l’ascendance immédiate des petites Doucet, je la connais puisque leurs actes de naissance sont accessibles en ligne : elles étaient les filles de Jacques Doucet et Marie Louise Annebrun. Ce que j’ignore, c’est si elles ont eu des demi-frères ou demi-sœurs par le second mariage de leur père. Et je ne me vois pas solliciter quelqu’un pour vérifier toutes les naissances Doucet dans ces années-là ... Si un jour je vais sur place (et j’avoue en avoir envie), je ferai peut-être un saut en mairie, avec un peu de chance ces actes-là y sont encore. Mais vous y serez sans doute avant moi puisque vous y avez des racines !
      En tout cas pour moi il ne fait guère de doute que ces fillettes appartenaient à la famille que vous appelez "Doucet les pauvres".
      La cérémonie des "péris en mer" doit être très émouvante. Je vais répondre un peu mieux sur ce point suite au commentaire laissé par "Modestine".
      Merci encore pour votre enthousiasme, et pour votre envie partagée de faire sortir de l’oubli ces quatre petites filles !
      Au partir de partager, peut-être, de prochaines découvertes.
      Bien cordialement,
      Sonia L.

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 14 juin 08:46, par modestine

    Bonjour sur ces cartes anciennes dans ce lien on voit souvent des zones inclinées fort pentues et en effet très dangereuses. Sur une carte évocation du nom "rue Réville nouvelles villas" évoquée en nom de route dans l’article !
    il devait y en avoir beaucoup de ces zones inclinées et malheureusement étant terrains de jeux des enfants ; ; ; ; ; ;
    je n ai pas vu le nom "glissade" car ce devrait être le nom local coutumier donné par les habitants de par la fonction que les enfants en faisaient certainement souvent ! malheureusement jeux mortels lors d’une mer violente.Cette tombe et l article mirent à jour grâce à vous ce drame mais celà a du arriver malheureusement d ’autres fois en de telles configurations de lieux.Peut être que dans l ’église ou chapelle du village il y a un ex voto de ce drame ; ; ;c’était fréquent dans le domaine de la mer.

    https://www.communes.com/cartes-postales-anciennes-saint-vaast-la-hougue

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    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 14 juin 21:48, par Sonia Landgrebe

      Bonjour,
      Merci pour cette belle collection de cartes postales, qui en faisant revivre le St Vaast du début du XXe siècle, nous montre aussi, effectivement, ces pentes dangereuses en bord de mer. Une pernicieuse tentation pour les enfants, et il y a peut-être eu d’autres accidents du même genre comme vous le suggérez ; mais quatre petites filles d’un coup, cela a forcément dû être terrible ...
      Cordialement,
      Sonia

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 14 juin 14:39, par Jocelyne Cathelineau

    C’est encore moi ! Je vois avec satisfaction que votre article sur les petites disparues de Saint-Vaast la Hougue suscite plein de réactions. Il ne peut en effet laisser indifférent, et il y a encore beaucoup à chercher, particulièrement dans les registres de l’état-civil pas encore numérisés (pour connaître l’ascendance des victimes, donc les cousinages possibles - et la descendance de leurs parents).
    Vous serez sans doute intéressée par le lien que vous envoie une dame Annick, au sujet de la "bénédiction de la mer" à Saint-Vaast. C’est ce que j’appelais hier "la fête de la mer". J’en ai longuement parlé à ma mère hier, et cette vieille saint-vaastaise est formelle : jamais on n’a associé, aux marins péris en mer, le souvenir des quatre fillettes.
    Il n’empêche que je continue à croire, jusqu’à preuve contraire, que les petites Doucet étaient de la famille des "Doucet les pauvres", donc de la famille de l’amie d’enfance de ma mère, Germaine Doucet.
    Un jour, je verrai les registres, je saurai ! Et je serais heureuse de contribuer comme vous, Madame Landgrebe, à faire sortir de l’oubli ces quatre petites. Car il ne suffit pas de rénover un monument...
    Jocelyne Cathelineau

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    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 18 juin 21:17, par Sonia Landgrebe

      Bonjour Mme Cathelineau,
      J’ai repensé à vos remarques sur la famille Doucet et un possible rattachement à ceux que vous avez connus. Pour le cas où cela vous serait utile, les parents de Jacques Adrien Doucet, père des petites filles, étaient Charles Doucet et Mélanie Justine Ribet (selon sa fiche militaire). A toutes fins utiles ...
      Très bon week-end,
      Cordialement
      Sonia

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 19 juin 15:37, par Jocelyne Cathelineau

    Chère Madame Landgrebe
    De mieux en mieux ! Ma mère qui allait à l’école sait que le frère de sa copine Germaine Doucet s’appelait Charles et était surnommé "Charlot le pauvre". Comme je vous l’ai déjà dit, il y avait deux branches Doucet "Doucet les pauvres" et "Doucet les riches" et comme ces deux familles se jalousaient, les riches ayant appelé leur fils Charles, les parents pauvres en avaient fait autant lorsque leur était venu un garçon.
    Dans le nord-est du Cotentin on a très souvent l’habitude d’appeler les fils du nom du père ou du grand-père (quand le fils du grand-père s’appelait déjà comme lui !) et je soupçonne là-dessous un ancêtre pas si lointain, nommé Charles Doucet qui serait à l’origine des deux branches, la pauvre et la riche. Il faudrait pour cela savoir comment s’appelait le père du Doucet que vous avez retrouvé, né vers le milieu du 19e siècle.
    Et on verrait alors facilement si le père des deux petites victimes Doucet était cousin avec Germaine et "Charlot" Doucet...
    Ah, cette histoire est aussi triste que passionnante...
    A bientôt !
    Jocelyne Cathelineau

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  • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 19 juin 20:51, par Jocelyne Cathelineau

    REbonjour
    J’ai répondu vite tout à l’heure, donc mal...
    Je disais qu’il fallait trouver un ancêtre Charles Doucet éventuellement grand-père de Germaine et Charles Doucet dit Charlot le pauvre... pour établir que les petites noyées de Saint-Vaast étaient les cousines de la copine de classe de ma mère.
    Mais vous l’avez trouvé, époux de Mélanie Justine Ribet !
    Alors, maintenant il faut faire le chemin en sens inverse, et ça va être difficile car on n’a pas encore en ligne les actes d’état-civil : trouver l’ascendance immédiate de Germaine et Charlot. S’ils sont les enfants d’un frère de Jacques Adrien Doucet, eh bien oui, ils sont cousins !
    Je serais étonnée que ça ne colle pas. Le nom est courant, certes, mais les circonstances du décès, comme le contexte familial, évoquent énormément la famille "Doucet les pauvres". A noter que ma mère, à l’évocation de Saint-Vaast, reparle normand, et ne dit pas Doucet - mais "Douchet".
    Et, curieusement, ce nom très cotentinois est aussi représenté en Deux-Sèvres où j’habite. L’ancien maire d’un petit village proche de chez moi, poitevin 100 %, terrien et protestant depuis la Réforme, s’appelle Marcel Doucet. Je crois que là, il ne faut pas chercher de correspondances.
    Ah, si je pouvais me plonger dans les registres...
    Une possibilité : faire appel à la mémoire de ma mère, elle se souviendrait peut-être du nom du père de Germaine et Charlot Doucet, et peut-être du nom du père du père... Et après ce serait plus facile de chercher dans les registres. Au lieu de passer toutes les naissances Doucet, on chercherait avec des prénoms précis et des noms d’épouse.
    Bon, à bientôt !
    Jocelyne

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    • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 20 juin 18:56, par Sonia Landgrebe

      Bonjour,
      D’après Geneanet, Jacques Doucet (fils de Charles) avait un seul frère, ou plutôt demi-frère : Louis Auguste Doucet, né du second mariage de son père. Ce dernier s’est marié successivement avec 2 sœurs Tiphaigne, en 1905 et 1921. Mais il n’est pas indiqué s’il a eu des enfants, et les registres ne sont pas accessibles en ligne ... Il faudrait donc que votre maman puisse retrouver les nom et prénoms des parents de Germaine et Charles, pour vérifier s’ils sont issus de cette branche. Pour info, Louis Auguste Doucet demi-frère de Jacques serait décédé en 1958 à l’âge de 80 ans, donc votre maman a pu le connaître. D’après son âge, il pouvait être le père ou le grand-père de Germaine et Charles, s’ils étaient de la génération de votre maman ...
      A bientôt peut-être !
      Bien cordialement,
      Sonia L.

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      • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 27 juin 23:20, par Jocelyne Cathelineau

        Bonjour
        Le dimanche, je vais voir ma mère qui s’intéresse passionnément à l’histoire des jeunes disparues de Saint-Vaast la Hougue et regrette d’avoir 90 ans et de ne plus se déplacer : elle serait prête à aller redresser la colonne des petites malheureuses !
        Je lui ai posé des questions. Ma mère a plein de souvenirs (les adresses, les prénoms des frères et soeurs de sa copine Germaine Doucet, les prénoms chez "Doucet les Riches"... hélas, le nom des parents de son amie lui échappe totalement. Elle est comme moi persuadée que deux générations avant Germaine et son frère "Charlot", les jeunes victimes appartenaient à la branche "Doucet les Pauvres" et que l’ancêtre commun serait Charles Doucet, père de Jacques et grand-père des petites victimes. Ce Charles Doucet sans doute né vers 1850... et qu’on pourrait peut-être retrouver aux Archives Départementales.
        Il faudrait pouvoir voir les registres en mairie de Saint-Vaast, années 20, 30 et suivantes pour connaître le nom des parents de Germaine Doucet née en 1931, Charles né vers 1924, Maria née vers 1926, Jacqueline née après 1926 et les deux petits derniers René dit Néné et Robert, dont ma mère se souvient qu’il habitait dans les années 60 "rue de la Galouette" à Saint-Vaast. Avec le nom de ce marin-pêcheur dit "Doucet le pauvre" et de son épouse (qui était vivante en 1969, ma mère l’a vue à l’enterrement de sa propre mère) il ne serait pas difficile de remonter... là où les actes sont en ligne, accessibles d’un clic.
        Le père de Germaine est à distinguer de son frère "Doucet le Riche" qui était pour sa part patron-pêcheur et avait dans les années 60 rebaptisé son bateau "le Kennedy". Ma mère sait très exactement où habitait Doucet le Riche, lui aussi pourvu d’une famille nombreuse : Charlotte, Raymonde née en 1931, Marcelle née après 1931, Armand, et bien sûr Charles, puisque les frères se jalousaient et avaient tenu à donner le même prénom à leurs fils (pour les appeler comme le grand-père ?)
        Quant à la famille Tiphaigne, ma mère la revoit bien, vivant hors le bourg dans un endroit nommé "Le Hameau de Saint-Vaast" route de Réville, là où les petites se sont noyées...
        Ma mère a été capable de me dessiner le plan de Saint-Vaast avec l’emplacement des maisons de Doucet le Riche (rue Croix-Marigny) et de Doucet le pauvre (à côté de chez elle)... si elle pouvait seulement se souvenir du prénom de Doucet le pauvre !
        Je brûle d’envie de voir les registres... ou de demander un acte de naissance. Mais ils ont moins de 100 ans, et je ne suis pas de la famille...
        Je vais tenter de regarder les AD de la Manche en ligne.
        A très bientôt
        Jocelyne

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        • Les jeunes disparues de Saint Vaast la Hougue 10 juillet 09:45, par Sonia Landgrebe

          Bonjour Mme Cathelineau,

          Tout d’abord, toutes mes excuses pour cette réponse tardive, mais je viens seulement de découvrir votre dernier message, n’ayant pas reçu d’alerte lorsque vous l’avez publié.

          Votre maman est une mémoire vivante du passé de St Vaast, et cela me fait chaud au cœur de savoir que l’article sur ces petites filles lui a permis de raviver tout cela, et d’éveiller votre intérêt à toutes les deux !

          Pour retrouver le "chaînon manquant" des Doucet, l’idéal serait effectivement d’obtenir l’acte de naissance de Germaine Doucet l’amie de votre maman pour connaître le nom et l’âge de ses parents, et ensuite remonter plus loin dans les archives. En principe le délai de communicabilité est maintenant de 75 ans (même si certaines administrations semblent rester bloquées sur 100 ans, d’après ce que j’ai entendu dire). Vous pouvez donc tenter cette démarche ? A défaut, vous pourriez envisager de poster une demande sur un groupe d’entraide généalogique pour la Manche, par exemple celui-ci : https://www.facebook.com/groups/genealogiemanche50
          Peut-être un généreux bénévole pourrait-il se rendre à la mairie de St Vaast pour relever l’acte de naissance de Germaine Doucet, ou même avec beaucoup de chance, peut-être la généalogie de cette famille a-t-elle déjà été étudiée par un des membres ...

          Je ne sais pas si vous êtes inscrite sur Geneanet ? Si oui, n’hésitez pas à m’y contacter pour poursuivre cet échange en privé ; mon pseudo est mariland.

          Très bon week-end à vous, et à bientôt pour une suite je l’espère !
          Bien cordialement,
          Sonia L.

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