www.histoire-genealogie.com


Bonne Année 2019

----------

Accueil - Articles - Documents - Chroniques - Dossiers - Album photos - Entraide - Testez vos connaissances - Serez-vous pendu ? - Éditions Thisa


Accueil » Articles » La vie militaire » « Nos Poilus » » Les fusillés de la Grande Guerre

Les fusillés de la Grande Guerre


jeudi 8 janvier 2015, par Madeleine Arnold-Tétard

Répondre à cet article

Que sait-on vraiment de cet aspect de la grande guerre 14/18 ? Nos livres d’Histoire rapportent-ils ces « passages par les armes » que ces pauvres poilus, n’ayant plus voulu combattre (car s’étant révoltés contre leur hiérarchie), ont payé de leur vie, sous la fusillade de leurs propres camarades, bien obligés d’obéir aux ordres, cette rébellion justifiée !

Non, c’est bien évident, aucun de nos livres d’Histoire ne rapporte ces douloureux moments. Très peu de ces poilus ont, à ce jour, été réhabilités… Nous nous donc sommes penchés, plus particulièrement, sur l’un de ceux-ci ayant été fusillé « pour l’exemple » le 9 février 1915 à WESSERLING !

JPEG - 72.3 ko
Pierre Mestre

Ce soldat, Pierre MESTRE originaire de Haute-Loire, ayant combattu pour le 28e Régiment de Chasseurs venait de guerroyer sur le haut des Vosges. Sans doute, son régiment se préparait-il pour la bataille du LINGEKOPF, opération de grande envergure élaborée dans les premiers mois de 1915 où le Haut Commandement Français envisageait une série d’opérations offensives ayant pour but de nous donner la possession de la Haute Vallée de la FECHT et de MUNSTER. Entre sa conception et son exécution, cette opération fut l’objet de nombreuses modifications, tant au point de vue de l’étendue du front d’attaque, que de l’importance des effectifs à y engager et des résultats que l’on y espérait.

Que s’est-il passé pour le soldat MESTRE ?

Venait-il de combattre sur l’HARTMANNSWILLERKOPF, dont les opérations se déroulèrent entre le début janvier 1915 jusqu’à mars 1915 ? Il y a de fortes chances puisque le 28e bataillon de Chasseurs, occupe le sommet du Vieil Armand dès le début janvier où l’ennemi lance tout un bataillon à l’assaut du sommet occupé par deux sections de Chasseurs. Les Allemands sont tout d’abord repoussés et subirent des pertes sérieuses.

JPEG - 110.7 ko
Carte des opérations militaires Haute Vallée de ST AMARIN – THANN (Vieil-Armand voir flèche)

Le 21 janvier 1915 l’attaque reprend. On entend crépiter la fusillade de la 1re compagnie et son héroïque clairon : le Chasseur MONSIEUR qui sonne la charge et refrain du bataillon. Ces hommes, ce sont tous de rudes montagnards de l’Auvergne, de l’Ardèche, des Alpes, de l’Allier de la Loire, Rhône et Drôme. Ils vont renouveler sur le sommet vosgien, au milieu des neiges, l’exploit accompli par leurs ancêtres dans les sables brûlants de l’Afrique à Sidi-Brahim. Les Allemands concentrent sur le sommet le terrible feu de MINENWERFER.

Un dépôt de munitions des Chasseurs saute ainsi que le dépôt de vivres qui est brûlé. Le sous-lieutenant CANAVY est écrasé par les bombes : un éclat lui a emporté la tête.

Épuisés par ces combats incessants, dès le lendemain, les braves Chasseurs se taisent soudainement : le clairon, ne sonne plus.

Ils sont tous complètement anéantis par ces jours et nuits de bataille et la 1re Compagnie a capitulé, ayant perdu les 2/3 de son effectif. Il ne reste plus qu’une poignée de défenseurs à la grande stupéfaction des Allemands. A tel point que la valeur de ces hommes est mise en avant par le commandant de la troupe Allemande qui ne peut se retenir de dire : « Vous êtes des braves » et de leur faire rendre les honneurs au passage en les autorisant à défiler dans Mulhouse le fusil sur l’épaule !

Mais ensuite…

La possession du Vieil-Armand dominant la plaine de 600 mètres, était absolument indispensable à l’armée Française.

Mais le 9 février qu’est-il donc arrivé pour que le Chasseur du 28e Régiment Pierre MESTRE soit passé par les armes ? La fiche de décès le concernant, retrouvé sur le site « MEMOIRE DES HOMMES », ne nous en apprend guère sur ce « passage par les armes » .

JPEG - 156.8 ko
Fiche de décès du soldat MESTRE (Mémoire des Hommes)

Et surtout pourquoi a-t-il été exécuté à WESSERLING ? En effet, l’État-Major des armées se trouvant à SAINT-AMARIN, on pouvait se poser la question sur ce lieu choisi ?

Autant d’interrogations que nous pouvions, légitimement nous poser… Par ailleurs, sa petite-fille, Madame T., aura tout entrepris pour faire réhabiliter sa mémoire car enfin, quel mal avait-il fait pour être ainsi exécuté sommairement dans cette campagne Alsacienne qui fut sa dernière vision ? Ce pauvre 2e Classe avait-il soudainement décidé de fuir ces batailles incessantes, étant l’un des ultimes rescapés de sa Compagnie lors de cette terrible bataille du Viel-Armand pour laquelle, il n’était sans doute guère préparé à une telle boucherie ?

Âgé de 33 ans, marié, père de famille puisque descendance de nos jours, en avait-il plus qu’assez, de cette guerre qui ne devait durer que quelques jours et qui se prolongeait encore et encore en cette année 1915 et dont il ne voyait pas l’aboutissement ?

JPEG - 85.3 ko
Douaniers Allemands WESSERLING 1914/1918

Mais voyons désormais un peu plus avant sa vie telle qu’elle est au moment de son incorporation militaire en 1902 lors de son appel sous les drapeaux : Il est fils de Jean Augustin MESTRE et de VALETTE Rosalie décédés. Il a tiré le n°1 dans le canton de SOLIGNAC SUR LOIRE, étant né à ST CHRISTOPHE SUR DOLAISON en Haute-Loire.

Tout d’abord son signalement, il est blond, yeux bleus, un front ordinaire, un nez moyen comme sa bouche. Il est assez petit mesurant 1,59 m. avec un visage ovale. Il a un bon niveau d’instruction et est Maréchal-Ferrant de profession. Il est incorporé au 10e bataillon de chasseurs à pied à Grenoble à compter du 15 novembre 1903, arrivé au Corps le dit jour, sous le numéro matricule 2366 et Chasseur de 2e Classe – il sera renvoyé en congé le 6 novembre 1906 et aura donc fait 3 années de service. Passé dans la Réserve le 1er Octobre 1906.

Rappelé à l’activité par la suite de la Mobilisation générale du 2 août 1914, arrivé le 12 août 1914, il décèdera le 9 février 1915 à WESSERLING (Alsace). Il fait la campagne contre l’Allemagne du 12 août 1914 au 8 février1915. Un secours de 150 francs sera payé le 25 mars 1915 par le 28e Bataillon de Chasseurs à pied à Mme Veuve MESTRE (avis collectif du 28e Bataillon de Chasseurs du 14 mai 1915).

Pierre MESTRE a habité tour à tour au PUY, Place du Breuil chez monsieur PRIVAS voyageur de commerces. Puis chez monsieur GAGET à LYON (tout au moins sa veuve) – (fiche matricule n° 1294 Mestre Pierre A.D. LE PUY Recensement militaire page 389/669) – Sa fiche matricule militaire ne comporte aucun élément quant à son « passage par les armes » . Il n’est nullement indiqué qu’il fut exécuté, uniquement y figure : la date de sa mort à WESSERLING.

Que doit-on en déduire ?

Un soldat « fusillé pour l’exemple » désigne, dans le langage courant, un militaire exécuté après décision d’une juridiction militaire intervenant non seulement dans un cadre légal pour un délit précis mais aussi dans un souci d’exemplarité visant à maintenir les troupes en parfait état d’obéissance.

Cette pratique est à distinguer des condamnations à mort après passage en cour martiale, avec audition de témoins, conformément au Code de justice militaire, parfois utilisée par les états-majors de différents pays impliqués dans le conflit. Elle ne saurait non plus être confondue avec celle de la décimation (dans la Rome antique, pratique consistant à tuer un soldat sur dix de façon aléatoire) qui a existé ponctuellement à Rome et dans quelques armées modernes même si, dans plusieurs affaires d’abus d’autorité, et par certains aspects, elle a pu laisser apparaître des points communs. L’armée française a comptabilisé, en octobre 2014, un total de 1008 fusillés dans ses rangs dont 82 sans jugement.

Sur les 82 fusillés sans jugement, 27 furent fusillés pour désobéissance militaire documentée par les archives militaires, 55 exécutés et tués.

JPEG - 35.5 ko
Tribunal militaire dans une église…

En 1915 sur 481 condamnations, 296 hommes furent exécutés, dont 31 condamnés en février pour 22 exécutés ce même mois…

Il y avait plusieurs sortes de passages par les armes, les principales furent :

  • Mutilation volontaire
  • Désertion, abandon de poste
  • Espionnage
  • Passage à l’ennemi

Dans quelle catégorie peut-on classer le soldat MESTRE ?

Qu’avait-il fait de si grave qu’ayant combattu jusqu’au 8 février 1915, il soit exécuté dès le lendemain ?

(Autant de questions qui restaient sans réponse et qui montraient bien toute l’ambiguïté de ces exécutions sommaires trop longtemps restées dans l’ombre. Quelques fusillés célèbres seront réhabilités par les Présidents de la République assez tardivement, mais combien d’autres resteront à tout jamais dans l’oubli. POURQUOI WESSERLING fut-elle témoin de ces « passages par les armes » abominables ?)

J’ai enfin trouvé cette réponse, que je vous livre in-extenso, récit relaté par sa petite-fille Madame T. Voici donc ce qui s’est déroulé et qui a conduit le soldat MESTRE au peloton d’exécution :

« Il y a des passés qui, décidément, ne passent pas. Près d’un siècle après la Grande Guerre, Marie-Thérèse T., veut comprendre pourquoi le sort a frappé aussi injustement son grand-père. Début février 1915, Pierre Mestre est enrôlé dans un bataillon de chasseurs à pied qui manoeuvre dans les Vosges. Avec deux de ses camarades, il est envoyé sur un coteau pour dérouler des barbelés quand les Allemands le prennent pour cible. Il court se mettre à l’abri, attend une accalmie et rejoint son régiment, avec ses rouleaux de fil de fer sur le dos. Il a perdu la trace du reste du groupe. Sur le chemin, il croise deux officiers qui, le voyant seul, le soupçonnent d’être un déserteur. Pierre Mestre est traîné devant une cour martiale et fusillé sans attendre devant la troupe, réunie pour l’occasion. On fait jouer la fanfare devant sa dépouille ».

Ceci reste une honte de l’armée Française qui, sans jugement, sur une simple décision arbitraire de deux officiers, eux-mêmes seuls à ce moment-là sur le terrain, va condamner ce brave poilu à mort sans aucun jugement !

La réhabilitation ?

Le gouvernement hésite encore. "C’est le dernier sujet clivant de la Première Guerre mondiale, souligne l’historien Jean-Yves Le Naour, auteur de « Fusillés ».

Enquête sur les crimes de la justice militaire (Larousse : « Si ce débat est déminé à temps, les commémorations pour le centenaire pourront être consensuelles. Et le pays se retrouvera autour de la tombe commune." Le ministre délégué aux Anciens Combattants, Kader Arif, a commandé à l’universitaire Antoine Prost un rapport, qui sera rendu en septembre. "C’est un sujet très sensible, sur lequel il faut être prudent", souligne le ministre. Quand il était élu local, François Hollande s’était pourtant mouillé. Le 27 mars 2009, le conseil général de la Corrèze, qu’il préside alors, vote une délibération pour que les fusillés soient considérés comme des "soldats à part entière de la Grande Guerre".

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Une enquête d’Hervé de CHALENDAR, journaliste à l’Alsace nous en dit également plus sur les fusillés de FELLERING-WESSERLING ; voici donc un extrait de cet article daté du 12 février 2012, qu’Hervé de Chalendar avait consacré dans les pages de l’ALSACE. C’est un dossier consacré aux fusillés enterrés à Husseren-Wesserling. Il y racontait notamment la confusion qui avait fait enterrer, sous le nom de Maistre, le soldat Pierre Mestre. Grâce à l’ouvrage sur les fusillés de cette guerre, on connaît désormais mieux le sort des hommes qui reposent dans le silence de la vallée de Thann. Pierre Mestre, originaire de la Haute-Loire, était soldat au 28e bataillon de chasseurs alpins (BCA). Il a combattu dans tous les points chauds des Vosges dont le Hartmannzwillerkopf. Début février 1915, alors qu’il est chargé de convoyer du matériel avec d’autres soldats, il est pris sous le feu ennemi. Devant ses juges, il reconnaît sa « faute » et un « moment d’affolement ».

Il est fusillé le 8 février et enterré à Husseren-Wesserling, comme Joseph Perret, de Plancher-Bas. Selon l’enquête d’Hervé de Chalendar, Pierre Mestre a été confondu avec Pierre Maître, mort, lui, en 1916. Celui-ci n’a pas été fusillé. Soldat, lui aussi, au 28e BCA, il a été gravement blessé par un obus. Il est mort des suites de cette blessure. Autre élément qui pèse lourd dans cette histoire de confusion de sépulture, Pierre Maître a été enterré en 1922, dans son village natal du Puy-de-Dôme. En lisière d’un bois Les soldats : Fernand Humbert, de Lyon Joannès Poizat, de Saint-Genus-Laval (Rhône) et l’adjudant Casanova de Paris furent fusillés le même jour, au lieu-dit Heidenfeld, en lisière d’un bois proche de Husseren-Wesserling, puis enterrés dans la commune haut-rhinoise.

Le corps du sous-officier a été ensuite transféré à Colmar. Les autres suppliciés inhumés à Husseren-Wesserling sont les soldats Lamidé, Martineau, Morelli, Petit et Prieur. Alexandre Martineau, soldat au 68e bataillon de chasseurs à pied, a été passé par les armes le 3 août 1915, en compagnie de Clotaire Lamidé, du 37e régiment d’artillerie. Eugène Morelli, lui, était originaire de Nice et combattait au sein du 7e bataillon de chasseurs à pied. Condamné à mort pour des raisons inconnues, aujourd’hui, il a été fusillé également à Wesserling, le 19 juillet 1915. Quant à Célestin Petit, de Pontigny, dans l’Yonne, il a connu le même sort. Soldat au 37e régiment d’artillerie, il a été fusillé le 1er septembre 1915. Enfin, Victor Prieur, né à Paris et militaire au 13e bataillon de chasseur à pied, a été fusillé le 25 avril 1915.

JPEG - 169.8 ko
Tombes des fusillés de WESSERLING

Sources principales :

  • Wikipédia = Les fusillés de la grande guerre
  • Pierre MESTRE : Archives départementales de Haute-Loire (fiche matricule militaire) - Mémoire des Hommes (fiche de décès de P. MESTRE)
  • Article à sa mémoire par sa petite fille Mme M.T. T. (site sur les Fusillés de la grande guerre)
  • Hervé de CHALENDAR : l’ALSACE article sur les Fusillés d’HUSSEREN-WESSERLING 2012
  • G.MÉNY Musée Serret ST AMARIN (carnet de l’abbé MOYSSE)
    ICONOGRAPHIES : Collection personnelle, photo familiale Mme M.T. T.
  • Ch’timiste
  • L’Alsace.

En savoir plus sur : L’express.


Le 28e Bataillon de Chasseurs à Pieds
Guerre 14/18 (Site Ch’timiste - photo des Régiments)

Monsieur Gilbert MÉNY Conservateur du Musée SERRET de ST AMARIN, m’a également adressé et je l’en remercie bien sincèrement, copie du carnet tenu par l’Abbé MOYSSE alors chargé d’âmes de la paroisse d’HUSSEREN-WESSERLING où il détaille cette journée du 9 février 1915 lorsqu’on lui a demandé d’assister le pauvre Pierre MESTRE dans ses derniers instants. Il écrit ceci :

« Vers minuit le lieutenant qui a sa chambre chez nous est venu frapper à ma porte pour m’annoncer la triste nouvelle que le matin à 7 heures aurait lieu une exécution capitale, en me priant de vouloir assister le condamné. Il s’agissait d’un soldat, condamné à mort et devant être fusillé le matin. Sur ma remarque, qu’un soldat brancardier dormait dans la maison, qui pourrait faire cette triste besogne, il est allé lui parler de l’affaire. Il a accepté la tâche. Le matin, dès 6 heures, la maison était en éveil. Le soldat prêtre est allé trouver le malheureux condamné. Il l’a trouvé dans d’excellents sentiments religieux et l’a accompagné au lieu d’exécution, sur la prairie derrière le cimetière, disant, après lui avoir donné l’absolution, le chapelet avec lui dans le fourgon… Le condamné lui a exprimé ce sentiment : il est triste de mourir ainsi si jeune, sans recevoir la sainte communion. Il a été heureux d’apprendre que c’était un prêtre qui l’accompagnerait. « L’exécution a eu lieu à 7 heures précises. Le prêtre était présent. Le corps a été porté au cimetière où le tombeau avait été préparé en attendant. Il y repose en attendant la résurrection bienheureuse. Le soldat avait été condamné à mort par le Conseil de Guerre pour acte de Félonie devant l’ennemi… Je ne connais pas d’autres détails, il s’appelait Pierre MESTRE du 28e Bataillon de Chasseurs à pied, natif de la Haute-Loire, marié, un enfant, sa mère vivant encore et ayant une soeur religieuse. Il me semble qu’il est mort dans les meilleurs sentiments de religion. Requiem in pace ! »

Et de rajouter également le lendemain : « Ce matin, d’assez bonne heure, on a encore fusillé un malheureux soldat, condamné par le Conseil de Guerre. Il a été enterré en notre cimetière. C’est le CINQUIEME qui y repose attendant la résurrection. »

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

57 Messages

  • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 09:58, par Agnès HECTOR

    Madame,

    Votre article est incompréhensible et se contredit à chaque instant :
    Vous faites dire à la descendante de Pierre MESTRE que son grand-père a été fusillé après passage en cour martiale.
    Vous dites que devant ses juges, il a avoué « sa faute » et « un moment d’affolement ».
    Le curé confesseur indique que « le soldat a été condamné à mort par le Conseil de Guerre pour acte de félonie devant l’ennemi. »

    Et vous en concluez que "Ceci reste une honte de l’armée Française qui, sans jugement, sur une simple décision arbitraire de deux officiers, eux-mêmes seuls à ce moment-là sur le terrain, va condamner ce brave poilu à mort sans aucun jugement !

    Votre démarche est probablement idéologique et votre opinion en tant que telle doit être respectée, mais elle n’a pas sa place dans un forum de généalogie, qui nécessite rigueur scientifique et objectivité.

    Cordialement,

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 11:04

      Vous êtes qui madame pour juger aussi sévèrement cet article que j’ai écrit pour réhabiliter la mémoire de ces hommes ?
      Je n’ai fait que dire les événements tels qui se sont déroulés et ai relaté, in-extenso, ce qui a déjà été publié sur ce sujet en détaillant chaque point tels qu’ils étaient expliqués !
      Je sais qu’il y a des informations contradictoires, elles ne sont pas de mon fait, mais de ceux qui ont donné celles-ci, sur lesquelles je me suis appuyée.
      Pour ce que j’en ai compris et déduit c’est que P.MESTRE a été réellement fusillé, sans réel procès étant donné le peu de temps accompli entre son arrestation et l’exécution.
      Bien cordialement, vous souhaitant une bonne année !
      M.Arnold Tétard

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 16:20, par Agnès HECTOR

        Madame,

        Je ne « juge » pas votre tentative de réhabiliter un ou des fusillés, ce qui est tout à fait respectable, comme indiqué dans mon commentaire.

        Ce que je constate, c’est la mauvaise rédaction de l’article qui est brouillon, manque de rigueur et porte des informations contradictoires,

        Et ce que je conteste c’est votre conclusion « idéologique » relative à la « honte de l’armée », laquelle a sans doute existé dans un certain nombre de cas, mais n’apparaît nullement dans les faits que vous relatez ; il vous reste manifestement bien du travail à effectuer pour parfaire votre argumentaire afin de « publier » votre démarche.

        Il est évident que tous les poilus étaient morts de peur, que nous l’aurions été à leur place et que notre compassion leur est acquise, à tous : à ceux qui ont combattu avec courage ou par désespoir et à ceux qui ont simplement tenté de survivre, éventuellement en « tirant au flanc ».
        Tant que l’on n’y est pas confronté dans sa chair, on ne peut connaître ses réactions dans des conditions extrêmes, et si les héros sont des héros, c’est parce que leur courage est hors norme.
        Tous ne peuvent donc pas être des héros mais tous méritent notre respect.

        Toutefois, aujourd’hui, dans notre confort du 21e siècle, acquis chèrement par le sang de nos ancêtres, et avec notre individualisme forcené qui verrait sans doute bien peu d’entre nous se battre aujourd’hui pour notre pays, il est facile de critiquer les jugements expéditifs des cours martiales.
        Comment ne pas comprendre la réaction d’officiers, voyant leurs hommes se faire tuer par milliers dans des conditions terrifiantes (obus, lance-flammes, gaz moutarde ...), qui trouvent sur leur chemin un soldat « égaré » sans explication plausible !

        Suite à votre article, je viens de faire une recherche sur internet et je trouve que la descendante de Pierre MESTRE reconnaît elle-même qu’il y a eu un jugement :
        http://www.la-croix.com/Actualite/France/Fusilles-de-14-18-l-interminable-souffrance-des-familles-2013-10-01-1030396

        Elle le conteste avec ses tripes et cet article-là est émouvant, oui, car on voit que la faute d’un homme, excusable, a été à l’origine d’une épouvantable vengeance sociale sur sa famille par les planqués de l’arrière restés au village. C’est cela la véritable honte !

        N’empêche que les tripes ne suffisent pas, une copie du jugement de cour martiale serait la bienvenue pour un dossier sérieux.

        Quand à « qui je suis », je ne suis rien, Madame, non plus que vous.

        Je suis l’arrière-petite-fille d’un héros de la Guerre de 1914-1918 (Médaille militaire. Croix de guerre 1914-1918 avec palme), côté français, et d’un rescapé « malgré-nous alsacien » envoyé sur le front russe dans des conditions apocalyptiques, côté allemand. Ce dernier a vécu âgé et je sais par ma mère qu’il n’a pas mis une grande motivation au combat !

        [Mes deux autres arrières-grands-pères étaient trop âgés pour partir sur le front].

        Ces soldats sont revenus tous deux blessés dans leurs corps et meurtris dans leurs âmes.

        J’aimerais penser qu’ils auraient pardonné à leurs congénères moins « costauds » dans leur tête, mais ce serait refaire l’histoire avec notre mentalité d’aujourd’hui : totalement anachronique.

        Il est sans doute plus facile de pardonner à un ennemi avéré qui s’est battu loyalement qu’à un co-équipier défaillant !

        Cordialement,

        Répondre à ce message

        • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 09:16

          Madame
          Vous pouvez penser et écrire ce que vous voulez, nous sommes encore dans une République de Droits, mais je crois que vous offensez non seulement moi-même mais également tous ceux m’ayant aidé à écrire cet article, ainsi que Thierry SABOT lui-même qui a jugé bon de le publier !
          Vous avez sans doute la science infuse et sachez que moi aussi j’ai dans mes Aïeux des grands-pères tout aussi valeureux que le vôtre et qui ont défendu leur pays avec toute la hargne souhaité. Dieu merci ils s’en sont sortis mais n’ont jamais eu à parler de leur guerre car même s’ils ne furent point blessés de sang sur le front ils en gardèrent tellement de séquelles qu’ils ont disparu avant que je n’ai eu la chance de vraiment les connaitre.
          Si je me suis intéressée à P.MESTRE ce n’était qu’uniquement pour comprendre pourquoi WESSERLING mon petit village d’Alsace si calme aujourd’hui avait pu servir pour ces exécutions ! Quant au procès, d’après l’abbé qui l’a assisté dans ces derniers moments, il n’en eut point ou si vous appelez procès le fait qu’on lui ai signifié qu’il allait être fusillé alors oui effectivement il a eu un procès ! Je ne suis pas certaine que madame T. ait connaissance du journal de l’abbé ayant assisté aux derniers instants de son grand-père car c’est un document absolument inédit que j’ai eu la chance d’obtenir !
          Bonne journée madame et continuez d’être agressive comme vous l’êtes, pour ma part, je n’agresse personne, j’ai écrit les choses telles qu’elles se sont présentées à moi et je n’ai pas de compte à vous rendre
          M.A.T.

          Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 12:17, par Guinard

      Bonjour,
      Quelle manque de tact et de respect de votre part. Qui peut le mieux en parler que la famille. Pour se permettre de critiquer il faut connaitre le sujet et apparemment vous ne le connaissez pas. Il faut des années de recherches dans les dossiers judiciaires pour émettre des opinions. Personnellement, je suis en cours de rédaction d’un livre suivi de conférences sur ce sujet et ce soldat en fait partie car j’habite la Haute-Loire. Cela va faire 4 ans, que je cherche et recoupe les données diverses, qui là, vous avez raison se contredisent souvent. Les actions menées par cette dame sont connues de nous tous, et je l’admire par le fait qu’elle se bat pour son grand-père.

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 14:46

        Mon seul souci dans cette histoire et franchement je ne vois pas du tout où se trouve mon manque de respect, bien au contraire c’est parce que je respecte très hautement ce sujet que j’en parle, était de mettre en exergue ce coin d’ALSACE que je connais PARFAITEMENT bien puisqu’il est celui où ont vécu mes ancêtres !
        J’ignorais effectivement, totalement, que ce charmant coin de la haute vallée de la Thur, avait été le siège de tels passages par les armes et c’est ce qui, uniquement, a motivé mon envie d’en savoir plus, après avoir vu un reportage sur TF1 qui l’avait évoqué ! J’ignorais également que vous seul aviez préséance sur cette histoire !
        Tant mieux pour votre livre, auquel je souhaite beaucoup de succès car ces pauvres fusillés ont besoin que l’on parle d’eux pour défendre leur mémoire, mais pour ma part, je n’ai jamais eu l’intention d’insulter quiconque et ai fait cet article sans aucune envie de contrarier qui que ce soit  ! Aussi je vous prierai d’être un peu moins agressif - Je serai pleinement satisfaite de pouvoir apporter à Mme T. quelques informations supplémentaires qui puisse l’aider à réhabiliter la mémoire de son grand père, c’est mon seul souhait.
        J’ai tenté de la joindre mais sans succès.
        Bonne journée
        M.A.T.

        Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 11:38

    Hommage aux 550 fusillés pour exemple, comme : celui du Cotentinois Maupas & autres exécutions sommaires par centaines, assassinés par l’état-major & l’Etat français.

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 11:40, par J.J.Bonnin

    Ce récit m’a beaucoup ému.
    Je passe bien volontiers sur toutes les contradictions que cette étude peut présenter (d’abord, la photo du chasseur Maistre, qui est déclaré deuxième classe, alors que le personnage sur la photo semble porter des galons de caporal ?).
    Je passe bien volontiers sur ces détails pour ne retenir que l’extrême sauvagerie de la hiérarchie militaire (et du curieux silence de la hiérarchie ecclésiastique)qui, à la première occasion, faisait bon marché de la vie des soldats, soit en les envoyant au feu, sachant pertinemment qu’ils n’en rechaperaient pas, soit en les condamnant pour des prétextes que je me permets de qualifier de futiles.

    Ces exécutions ont été et demeureront un honte pour la Nation tant que l’on n’aura pas réhabilité toutes les victimes de ces sinistres abus.

    JE SUIS AUSSI CHARLIE

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 13:28, par M.T.Villain

    Bonjour,
    Evitons les polémiques.
    la fiche de P.Mestre ne fait état d’aucun conseil de guerre. Exécution sommaire ? perte des documents ?
    Il nous est très facile, confortablement installés près du feu, de blâmer le comportement de certains poilus transis de froid et de peur, essayant de survivre dans la boue, parmi les rats, ne comprenant pas toujours l’absurdité des ordres, atteints dans leur chair, dans leur coeur, dans leur âme et qui dans un moment de ras le bol ont dit :"stop".
    J’aimerais vous conseiller l’excellent livre de J.Y.Le Naour, FUSILLES, (Ed. Larousse), qui donne à réfléchir.
    Je respecte tous les Poilus (ils ont des droits sur nous a dit Clemenceau), et pose la question « Qu’aurions-nous fait dans les mêmes conditions ? »
    Cordialement.

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 15:08

      Oui je me suis penchée sur le livre de monsieur Le Naour aux éditions LAROUSSE.
      Effectivement la fiche trouvée sur Mémoires des Hommes ne fait pas mention de conseil de guerre il y est uniquement indiqué « Passé par les armes », sans autre forme d’informations.
      Elle est telle que je l’ai trouvée sur le site indiquée.
      J’ai également sa fiche matricule trouvée sur les AD de Haute-Loire qui ne fait pas état non plus de conseil de guerre.
      Par ailleurs, jamais je n’ai eu l’idée de blâmer aucun des fusillés pour l’exemple, ce n’est absolument pas mon intention bien au contraire ! Je pense que vous l’avez bien compris.
      Merci en tous les cas pour votre commentaire. Ce que je constate c’est que cet article ne laisse pas indifférent c’était bien le but.
      M.A.T.

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 06:21, par M.T.Villain

        Je me suis probablement mal exprimée.
        Le mot « blâmer » ne s’adressait pas à vous, mais à tous ceux qui font ou faisaient l’amalgame entre « fusillé » et « lâche ».

        Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 25 février 2016 17:41

      Mon compatriote vendéen- et « Père la Victoire »- aurait donc dit, si je vous cite :
      " (ils ont des droits sur nous "a dit Clemenceau),

      Sur c
      le dossier des « Fusillés pour l’exemple » et de la Justice Militaire, il était nettement moins sympa en citant ce « vieil adage poitevin et vendéen » (peut-être !!!) ..
      i
      « ll suffit d’ajouter militaire à un mot pour lui faire perdre sa signification.
      Ainsi la justice militaire n’est pas la Justice,
      la musique militaire n’est pas la Musique . »

      tiré de "Au soir de la pensée"

      gentil...tout plein, je trouve !

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 25 février 2016 21:16, par M.T.Villain

        Bonsoir.
        Clemenceau n’aimait pas l’Armée. « La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires »
        En 14 il y avait une forte rivalité entre les prérogatives du pouvoir civil et du pouvoir militaire.
        Cordialement.
        M.T.Villain

        Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 13:48, par J.J.Bonnin

    A l’intention de madame Arnold-Tétard
    Je vous prie de bien vouloir excuser la maladresse de mes propos : je n’ai pas pensé que les contradictions que l’on rencontre dans ce compte rendu étaient de votre fait, mais qu’elles sont dues à la confusion qui pouvait régner dans cette période troublée.
    Et même le seraient-elles que cela n’enlève rien à la cruauté insupportable de cette époque et aux conséquences tragiques qu’elles ont engendré.

    Comme beaucoup de familles de France, j’ai des ancêtres qui ont péri pendant cet horrible conflit.

    Même si aucun d’eux n’a été fusillé pour l’exemple, je vous remercie pour votre œuvre de réhabilitation, bien qu’il soit trop tard pour rétablir la justice.

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 15:00

      Vous êtes bien volontiers excusé(e)... Je me suis moi-même posé les mêmes questions que vous mais j’ai voulu justement exposé tous les aspects connus. Il est vrai qu’en cette période plus que troubles (1915), il y eut énormément de pertes de documents, de compte-rendu etc.. d’ailleurs l’article de Monsieur de CHALENDAR (que je connais très bien), montre lui aussi ces aspects de contradictions multiples dans la recherche des éléments concernant ce fusillé, puisque ce dernier a même été confondu avec un autre personnage, presque un homonyme...
      Je sais que je n’ai pas la science infuse pour débattre de ce douloureux problème mais, je n’ai voulu surtout heurté personne et ne l’ai fait qu’uniquement dans le but d’apporter un peu d’eau au moulin sur ce malheureux cas et, surtout, parce que je me suis posée la question du LIEU de l’exécution qui est, comme dit dans une réponse que je viens de donner : celui ou vécurent mes ancêtres Alsaciens - je connais bien ce pré et j’ignorais totalement - jusqu’à ce que je l’apprenne par un Média (TF1 pour ne pas le citer) - qu’il s’agissait de ce pré de WESSERLING aujourd’hui si calme et où seuls quelques pécheurs ( au bords de la Thur toute proche) guettent désormais, non pas des ennemis, mais de pauvres truites ayant le malheur de se faire prendre, mais bien souvent remises à l’eau...
      Bien cordialement,
      M.A.T.

      Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 9 janvier 2015 15:00, par Ch. Wucher

    Ce petit mot juste pour signaler une faute de frappe. Dans la phrase : « Il fait la compagne contre l’Allemagne du 12 août 1914 au 8 février 1915. », il s’agit évidemment de campagne contre l’Allemagne.
    Chacun a pu rectifier en lisant, mais c’est mieux en le disant.
    Cordialement

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 07:32, par CHARON

    Je sais que mon père (°1891 +1970) a été parmi les mutins les plus actifs du chemin des Dames, mais il n’a pas été condamné à mort. Où puis-je trouver des renseignements le concernant à ce sujet ? Je sais une chose : il a commencé comme Ire classe, est passé brigadier, peut-être brigadier chef mais a achevé celle-ci comme Ire classe. Il est né dans la Sarthe : j’ai obtenu son dossier militaire sur lequel figure un « cache » qui ne permet pas de voir une certaine partie de ce dossier. Comment faire pour en savoir plus à son sujet ? Merci.

    N.B. Il a reçu la croix du combattant et la médaille militaire, a été blessé plusieurs fois. En février ou mars 1918, sans doute trop diminué par ses blessures, il a été affecté à la gare de chemin de fer du Tréport où il a servi comme aiguilleur.

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 09:16, par J.J.Bonnin

    (et du curieux silence de la hiérarchie ecclésiastique) »

    Oui, je m’étonne de ce silence : à moins que vous me prouviez le contraire, on ne possède à ma connaissance aucune déclaration de la hiérarchie ecclésiastique.

    Elle devait bien être au courant de ces faits, pour demander à qui de droit des explications à propos de ces exécutions ?

    Je présume que les prêtres avaient le devoir d’alerter leur hiérarchie sur le traitement inhumain et injuste réservé à certains combattants, leurs frères en Jésus Christ, comme ils le prétendent.

    Certainement ils ont fait de leur mieux pour adoucir la peine de ces hommes, et leur place n’était pas enviable, pas plus que celle des soldats du peloton, chargés de tirer sur leurs copains.

    Aucun prélat n’a à ma connaissance eu le courage et la compassion d’un monseigneur Théas, par exemple, dénonçant les persécutions antisémites.

    Je ne juge pas, je ne veux surtout pas sur ce site engager une polémique, je constate, un point c’est tout.

    Dans les œuvres de fiction sur le sujet, je vous recommande le film de Stanley Kubrick : les Sentiers de la Gloire, ainsi que le livre de l’écrivain Roger Vercel (officier pendant le conflit 1914/1918)Capitaine Conan ainsi que le film éponyme de Bertrand tavernier.

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 15:19, par M.T.Villain

      Le film Les Sentiers de la Gloire, bien que prenant quelques libertés avec les usages dans l’armée française, est basé sur un fait réel. A savoir l’exécution « pour l’exemple » de 4 caporaux pris au hasard après le refus de repartir à l’attaque du Moulin de SOUAIN, de la 2e Cie du 336e d’infanterie. Les hommes étaient « comme des sacs », fourbus, démoralisés et conscients que l’ordre était inexécutable.
      Il s’agit de LECHAT, GIRARD, LEFOULON et MAUPAS.
      L’épouse de ce dernier, institutrice, perdra son emploi, son logement de fonction, et subira l’opprobre de son entourage.
      Elle se battra après la guerre pour obtenir la réhabilitation de son époux, et elle l’obtiendra.

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 25 février 2016 05:12, par robin des bois

        « Le Fusillé - veuve MAUPAS »  :

        • chez isoète- réédition de 1994
        • dessins de TARDI, préface de Madeleine REBERIOUX
        • [ Note de l’éditeur :
          Cette nouvelle édition de « Le Fusillé » par Blanche MAUPAS est un fac-similé de la première édition datée de 1934 à la Maison Coopérative du Livre - PARIS.]

        Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 11:10, par n.livoti

    Je vous signale une conférence-débat qui sera donnée sur les Fusillés pour l’Exemple et sur la réhabilitation, à l’Amicale Laïque de La Ferté sous Jouarre (77) le samedi 11 avril par un historien de La Libre Pensée.
    Cordialement.

    JE SUIS CHARLIE

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 11:14, par René Mettey

    sans revenir sur le possible ton un peu rude de la remarque d’Agnès Hector, et les répliques tout aussi rudes, il faut noter que cet article est très mal rédigé, et se soucie peu de la démarche historique. On nous présente la photo d’un soldat de 2e classe (et mestre était effectvelent deuxième classe quand il fut exécuté), alors qu’il a les galons de caporal ou sergent (étant en noir et blanc, on ne peut savoir si les galons sont de couleur ou dorés. j’ai déjà eu du mal à identifier les grades sur d’autres photos). On nous montre « des douaniers allemands », alors que celui de droite est français ! (il s’agit de photos classiques de douaniers des deux camps s’opposant sur la frontière franco-allemande des Vosges). tantôt il ne passe pas en cour martiale, tantôt il y passe ! Il est dit « Il n’est nullement indiqué qu’il fut exécuté », alors que la fiche l’indique clairement, et que « passé par les armes » est inscrit en-dessous et en plus clair... Et que penser de « il y avait plusieurs sorte de passage par les armes : mutilation volontaire, désertion etc... »
    Toujours est-il que cet exemple montre la sauvagerie de certains officiers français qui satisfaisaient leurs instincts de puissance en faisant fusiller des hommes qui simplement se retrouvaient isolés après une attaque ! (il y eut quantité d’autre exemples dont un lieutenant retrouvé... blessé, fut accusé de désertion, et fusillé sur un brancart !).

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 10 janvier 2015 21:44, par Cathy

    J’ai recherché sa transcription de décès au Puy en Velay.
    Malheureusement il n’y a rien de noté sur les circonstances de sa mort ; sauf le jour, l’heure et le lieu ( 8 février 1915 à 7h à Wesserling ). Et non le 9.

    Par contre, il y est noté qu’il était chasseur de 2e classe mais célibataire.

    Si la transcription de décès n’avait pas été établie par le Quartier général de la 66e division d’Infanterie, rien n’aurait pu laisser imaginer qu’il avait participé à la guerre.
    Dommage car il y a bien participé jusqu’au 8 février,en risquant chaque jour sa vie comme tous les autres soldats, même s’il s’est perdu ce 8 février, il ne méritait pas la mort. Pour l’exemple, comme on dit !!!!!!!!!!

    ( Le Puy en Velay - année 1915- acte 414 page 65 / 109 )

    J’espère que tous ces soldats seront réhabilités un jour.

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 11 janvier 2015 09:43, par Martine Hautot

    Bonjour

    Sur le site mémoire des hommes ,les dossiers des Conseils de guerre des fusillés de 14/18 ont été mis en ligne .Pas de renseignements supplémentaires pour Pierre Mestre .Mais d’autres dossiers sont très instructifs ,surtout quand il y a eu demande de réhabilitation :c’est le cas du dossier d’André Lecroq ,un ouvrier de la vallée de la Bresle ,en Seine Inférieure fusillé en Mai 1915 .Je n’ai aucun lien familial avec lui mais ai été touchée par l’histoire de cet enfant de l’assistance ,reconnu bon soldat par ses chefs et puni de mort pour un moment d’"aberration" . En 2005 une plaque a été mise sur le monument aux morts de Blangy sur Bresle rappelant qu’andré Lecroq est décédé « par fait de guerre » le 18 mai 1915 ,grâce à l’action militantte et obstinée du Docteur Bruno Garraud.

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 11 janvier 2015 23:31, par mennessier

    De par mon travail, et ayant des collègues qui se sont affairés sur ce travail a la demande du président de la République,j’ai beaucoup appris sur le thème.
    Pour comprendre les méthodes, il faut se plonger dans le livre « les fusillés pour l’exemple » du général André Bach ed : Tallandier.
    A cette époque l’armée a voulu créer un code de justice militaire en s’appuyant sur certains textes datant de 1870 afin de sanctionner ceux qui désobéissent aux ordres même si ceux-ci paraissent irréalistes en le complétant par la suite.

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 12 janvier 2015 09:16, par M.T.Villain

      Pouvez-vous expliquer votre dernière phrase.
      De plus vous dites qu’il est question de ceux « qui désobéissent » or bien des fusillés n’ont désobéi à rien du tout.

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 12 janvier 2015 12:46, par mennessier

        Joffre en accord avec le Ministre de l’époque Messimy préparait des textes afin d’obtenir des résultats face à l’ennemi.S’il n’y en avait pas suffisamment (même si les soldats étaient un peu blessés il les envoyaient au front. Les chefs étaient à l’arrière (ils ne risquaient rien eux).
        Il fallait obéir.
        Lisez le livre et vous connaîtrez d’avantage la méthode employée . Il faut le lire lentement et non comme un romain. Il revient souvent en arrière

        Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 17 février 2015 20:40

    Bonjour,

    Avez-vous une idée de la date de la photo venant du site chtimiste (celle où vous avez mis une fléche dessus pour identifier Pierre Mestre) ?
    Je ne vois pas trop la ressemblence et en regardant la photo d’origine qui a une meilleure définition, on constate que ce chasseur-là est du 68e. Je sais bien que c’est le bataillon « frére » du 28e, mais je ne pense pas que l’on passe de l’un à l’autre sans que cela apparaisse quelque part, hors cela n’apparait nul part pour Pierre Mestre ?

    Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 21 février 2016 20:09, par robin des bois

    Bonjour à tous,

    Un peu « surpris »(pas forcément agréablement) par la tonalité des Echanges- ou plutôt des Non-échanges "- sur un tel thème de discussion !
    Personnellement j’ai toujours été bouleversé par ce dossier des « fusillés », qui recouvre parfois des drames impensables et invraisemblables, voire même de vrais « crimes de guerre », notamment lorsque l’on plonge dans la partie des « Exécution sommaires »... et il y en a eu ..
    Même si l’on en reste dans la "procédure réglementaire, telle qu’elle fut "prévue par l’Etat Français et ses « représentants officiels », il leur faut assumer les chiffres suivants qui parlent d’eux-mêmes et défient toutes les règles de la Logique et du Cartésianisme à la française  :

    • chiffre officiel des fusillés revus en Nov 2014, pour le centenaire du début 14-18 : 953 fusillés , dont 639 pour désobéissance
    • chiffres d’Aout 1914 à Décembre 1915 (à revoir à la hausse, en fonction de la rectif 2014) :
      * 1914 : 271 C à Mort - 199 exécutions
      * 1915 } : 481 C à mort - 296 exécutions
      Or donc en 17 mois seulement (soit le 1/3 des 51 mois de guerre 14-18), 500 exécutions minimum sur les 953 officielles (plus de 50 % !! )
      Cherchez l’erreur, d’autant que les principaux mouvements de rebellion sont rattachés à l’année 1917
      Il y a, comme qui dirait, un petit problème de « Justice »
    • conçue et rendue par des Militaires
    • et celle conçue et rendue par un Corps indépendant ..
      JOFFRE et Cie doivent assumer SVP .
      Ce document en PDF, à l’intention du Corps enseignant, est plutôt très bien fait ; et il permet- 100 ans après- de garder son calme, tout son calme !! (encore faut-il prendre le temps de le lire attentivement...)
      http://www.cndp.fr/fileadmin/user_upload/POUR_MEMOIRE/fusilles/120106_PM-fusilles-grande-guerre.pdf

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 25 février 2016 07:02, par villain

      Bonjour.
      Oh que si, le sort des fusillés révolte beaucoup de nos contemporains et plus encore les hommages rendus aux Etats Majors criminels remerciés avec une Légion d’Honneur.
      Sur le forum de mon article « Un espion à Paris en 1916 » j’emploie le terme « révulsée ».
      Votre référence sur le livre concernant MAUPAS me concerne à double titre.
      Mon beau-père a été grièvement blessé au Moulin de SOUAIN la veille de l’incident qui a donné lieu au jugement infâme contre les quatre caporaux
      J’ai connu Madeleine Rébérioux qui a écrit la préface du livre. c’était une spécialiste de Jaurès.
      Cordialement
      M.T.Villan

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 26 février 2016 09:37, par robin des bois

        Dans le cadre du monde de « l’Absurde Militaire »- vraiment « à mourir de**** »- j’aime beaucoup ces « 2 belles histoires inhumaines » de 14-18 :

        Sachant par ailleurs que je reste volontairement dans le chapitre des « Fusillés pour l’exemple », ce qui exclut ceux des « éxécutions sommaires » et des « attaques- suicide », dont celles de NIVELLE et MANGIN !

        Répondre à ce message

        • Les fusillés de la Grande Guerre 29 février 2016 21:07, par robin des bois

          Jean-Norton CRU , que j’ai évoqué dans l’article intitulé « Faire mentir DORGELES », analyse en 1929 un bouquin paru en septembre 1917 : « La justice aux armées »

          Il l’a retenu parce que :

          • son auteur De PLANHOL est un combattant du front,
          • il traite d’affaires de « justice militaire » qui se sont passées au QG de sa division (il est du 90e RI)
          • il a exercé les fonctions de défenseur au conseil de guerre de sa division.

          * Voici quelques extraits cités par J-Norton CRU :
          « les deux tiers environ des crimes ou délits commis par les soldats ont pour origine l’ivresse et la peur »(page 29)

          * sur "les mutilations volontaires"
          "...bien que les législateurs eussent du être avertis, la loi moderne ne prévoyait point ce crime ...
          L’autorité militaire décida de poursuivre les mutilations volontaires sous l’inculpation d’abandon de poste"
          (page 90)

          * Autre intérêt de son article, CRU donne- dès 1929- une liste de noms de militaires qui ont traité par écrit de ce dossier de Justice militaire :

          • 1re liste :
            "BONNET- JULIA - MAROT- REDIER .. etc ",
          • 2e liste : celle de « défenseurs qui ont raconté les faits »
            "BALLEIDIER- JEANBERNAT- JOLINON- MOREL.JOURNEL- RIMBAULT- SCHMITZ- TEZENAS du MONTEL- VAILLANT.COUTURIER et quelques autres peut-être "

          Répondre à ce message

          • Les fusillés de la Grande Guerre 6 mars 2016 21:00, par robin des bois

            Je me permets de revenir sur un document de MdH , intitulé
            "Le Corpus des fusillés documentés"
            * sur cette page :
            http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?laref=601&titre=le-corpus-des-fusilles-documentes

            * aux 825 fusillés, documentés par les « Archives des Conseil de guerre »- tableaux 1 à 3- (+ le T4 : ventilation annuelle des 563 actes de désobéissance déjà comptés dans les 825)

            * s’ajoutent :

            • le tableau T5 : 27 (dont 7 anonymes) "Fusillés sans jugement", documentés par les Archives militaires
            • le tableau T6 :102 "Fusillés après jugement", documentés par « d’autres sources »
            • le tableau T7 : 55 "Exécutés et tués sommairement" , identifiés dans les Archives militaires .

            J’observe que :

            * les explications fournies sur cette page me paraissent intéressantes dans leur « essai de définition » et dans leur « honnêteté intellectuelle » sur les évaluations chiffrées, et les incertitudes chiffrées qui subsistent notamment pour les tableaux 6 et 7,ceux- là même qui continuent de m’interpeller de plus belle...
            ...de même que la signification exacte

            • du T5 :"Fusillés sans jugement pour désobéissance "
               : pourquoi pas les mettre dans « Exécutions sommaires » ?
              Evidemment cela aurait un côté un peu plus « bestial » :
              CF les fameuses pancartes des Poilus de Verdun : « Chemin de l’Abattoir »
            • et du T6 : « Fusillés après Jugement, documentés par d’autres sources (sous-entendu » que les conseils de guerre"). Mais quel type de jugement alors SVP ?
            • exemple des 35 soldats du 251e RI, dont l’arrière grand-père de mes enfants (si l’ordre du Colonel GAUCHER a bien été exécuté le 12/04/16 ) : je les compte en T5 ou en T7 ?

            Le total de cette réévaluation officielle s’élève donc à 1 009 fusillés et exécutés à la date du 28/11/2014.

            Répondre à ce message

            • Les fusillés de la Grande Guerre 15 avril 2016 21:38, par robin des bois

              Je reviens d’un séjour d’une semaine à VERDUN, où je suis allé en famille (12 personnes) déposer quelques roses coupées sur les tombes de plusieurs soldats tués en 1916, dont :

              • l’un des arrières grands-pères de mes enfants, tué le 12 aril 19016 au bois des Caurettes/Cumières/MortHomme, enterré à CHATTANCOURT
              • 2 autres soldats (dont j’ai aidé à localiser les tombes) et enterrés l’un à ESNES en Argonne, l’autre au « Mémorial GLORIEUX » à VERDUN : ces deux soldats recevaient- je pense- leur première visite depuis 100 ans !!!!(impressionnant)
                *** Mais pour en revenir au dossier des FUSILLES  :
                une double surprise m’attendait :
              • au nouveau MEMORIAL, le récit audio des « 2 Fusillés pour l’exemple, sans jugement », les sous-lieutenants HERDUIN et MILAN
              • à Fleury sous Douaumont, je tombe sur le très sobre et très beau monument érigé à leur mémoire : j’ai pris 3 photos qui- je l’espère- seront correctes .
              • Du coup j’ai retrouvé leur histoire sur le bouquin sorti dès 1925 par R.G. REAU "les crimes des conseils de guerre"

              Et pourtant, pour 2 raisons incroyables et énormes, ce dossier ne devrait pas y figurer !!!
              Je cite le livre de REAU :

              • primo : «  ceci se passait en juin 1916.
                Depuis le 17 avril, les Cours martiales étaient supprimées »
                sic
              • secundo : cet extrait d’une lettre du ministre Louis BARTHOU dès 1921 :

              "Il résulte de ce débat comme des documents antérieurs que votre mari, le lieutenant HERDUIN, a été exécuté sans jugement"

              • tertio : un autre témoin digne de foi- le capitaine LUTZ- donne les noms des "criminels" ou « assassins » :
                "L’ordre d’exécution a été donné par le Général BOYER.
                Au ministère de la Guerre se trouvent trois rapports concernant le drame de FLEURY :
              • un du général BOYER exigeant la fusillade
              • un du général LEBRUN , blâmant le général BOYER
              • et un du général NIVELLE, qui commandait alors l’armée, approuvant le général BOYER"
              • Enfin, les détails de l’exécution de ces 2 Héros sont absolument « bouleversants et ahurissants » (ceux donnés par le Mémorial sont pratiquement les mêmes que ceux du bouquin de REAU, daté de 1925 !! ...

              Répondre à ce message

              • Les fusillés de la Grande Guerre 10 novembre 2016 11:13, par Yves DUFOUR

                Tous les messages ci-dessus montrent à la fois l’intérêt porté à cette problématique et une certaine méconnaissance du sujet.

                Pour le cas de Pierre Mestre, je suggère de lire cet article :http://prisme1418.blogspot.fr/2015/07/la-reconstitution-de-la-tragique.html

                Pour le corpus de fusillés présenté sur MDH et demandé par l’ancien ministre qui parlait dans son communiqué de 1009 soldats fusillés, cet état n’a certainement pas été réalisé par un historien, même Antoine Prost n’en connait pas l’origine. Je suggère cet article http://prisme1418.blogspot.fr/2015/03/resultats-de-lanalyse-quantitative-des.html. A noter que parmi les 1009 fusillés, on trouve des fusillés nommés militaires qui sont en réalité des civils et 176 fusillés nommés comme victimes civiles par MDH qui sont en réalité des assassins pour une grande partie.

                Concernant Herduin et Millant, ces exécutions sortent du cadre légal du code de justice militaire (aucun jugement) et de cadre de l’article 121 du règlement sur le service en campagne. A noter que la Cour d’Appel de COLMAR qui les a innocentés, a écrit d’une part que l’abandon de poste devant l’ennemi est bien établi mais a souligné les 2 sous-lieutenants n’étaient pas conscients d’avoir commis une faute.

                Concernant l’évolution du fonctionnement de la justice militaire, je renvois à cet article http://prisme1418.blogspot.fr/2014/11/de-la-responsabilite-politique-dans-la.html
                Le fonctionnement de cette justice a beaucoup évolué durant la guerre et cela s’est ressenti sur la manière de juger les militaires et le nombre des fusillés. Les 27 avril et le 8 juin 1916 sont des dates charnières dans cette évolution comme le sera le 20 avril 1917.

                Le prisme est un groupe de chercheurs travaillant sur la problématique des fusillés de 14/18. Ce groupe comporte en son sein le général Bach auteur de livres sur le sujet.
                D’autres interventions nécessiteraient des réponses mais le sujet est très vaste.

                http://prisme1418.blogspot.fr/

                Répondre à ce message

                • Les fusillés de la Grande Guerre 10 novembre 2016 15:56, par robin des bois

                  Bonjour à Vous,

                  • Merci pour cette réponse et le lien concernant prisme14-18 dont il me reste à découvrir le contenu( ce qui prendra visiblement un certain temps ...) ..
                  • puisque le général BACH fait partie de prisme14-18, j’en profite pour redire ma haute estime pour l’auteur d’un bouquin alliant-selon moi- connaissances et rigueur du milieu militaire ... et "humanisme personnel", appréhendant bien la "détresse morale de nos petits « Poilus de 14-18 ».
                  • surpris quand même par quelques annotations découvertes ici ou là qui m’ont fait « sursauter » ; par exemple :
                    * fiche MdH dite « Corpus des Fusillés » : serait peu fiable et « non validée » par des Historiens !
                    Ah bon, personnellement moi j’aime beaucoup MdH- outil que je trouve remarquable !!!
                    Et d’abord qu’est-ce qu’un "Historien « SVP ?

                  ** les Lieutenants HERDUIN et MILLANT  : »abandon de poste" a conclu la Cour d’Appel de COLMAR, mais SVP sur quelle base légale et/ou quel témoignage avéré, puisque :

                  • d’une part ils ont été innocentés.
                  • d’autre part, ils ont été fusillés sans avoir été jugés !!!.
                    et quand on lit leur parcours militaire avant VERDUN, y a pas photo : ce sont d’"Honnêtes Gens" !!!
                    On ne pourrait pas les croire un peu sur parole SVP !!!.....

                  *** A contrario, je pourrais vous mettre sous les yeux un texte officiel ( JMO de la 69e DI), où un Colonel (GAUCHER) écrit qu’il a ordonné de faire tirer à la mitrailleuse à 08 h du matin le 12 avril 1916 sur ses propres troupes du 251e RI : bilan 35 morts du 251e RI ce jour là .
                  Oh « miracle militaire » : ils sont tous « morts pour la France, tués face à l’ennemi » .par devant ou par derrière..

                  Mais, là malgré la preuve JMO, y a aucune trace de « criminels de guerre »
                  contrairement aux « criminels » qui figureraient par hasard -et par erreur- parmi les « fusilles de la fiche Corpus de MdH »...etc etc ...
                  ou « de la valeur du témoignage militaire- essai d’analyse et de critiques », aurait pu écrire Jean-Norton CRU

                  **** quant à l’explication des courbes des « fusillés de la fin 1914 et de 1915 », la débandade française d’Aout/ Septembre 14 et le sous- équipement de l’artillerie lourde française face à celle de l’armée allemande me paraissent une raison évidente qui crève les yeux ..
                  - Heureusement que nos petits « Poilus de l’Infanterie » étaient là !!...
                  - Et re belotte pour Verdun dès la fin février 1916 !!!!

                  Bon j’arrête et merci de m’avoir lu -Rdb

                  Répondre à ce message

                  • Les fusillés de la Grande Guerre 10 novembre 2016 20:38, par Yves DUFOUR

                    Bonsoir

                    Concernant Herduin et Millant, comme je l’ai indiqué, ces 2 militaires ont été fusillés en dehors des cadres légaux (celui fourni par le législatif : Code de Justice Militaire et celui fourni par l’exécutif : article 121 du règlement sur le service en campagne). Ce que je le faisais remarquer, c’est une partie de l’arrêt de la Cour d’Appel de Colmar qui a innocenté ces 2 militaires tout en indiquant que l’abandon de poste semble établi. La lecture des arrêts des différentes Cours qui ont statué sur ces cas, est très intéressante.

                    La mise en ligne des dossiers des fusillés est une très bonne chose. Nous la réclamions depuis longtemps. Cela permet à chacun de mieux connaitre ces évènements tragiques même si le fonctionnement de la justice militaire n’est pas facile à appréhender au premier abord.

                    Concernant le « corpus » évoqué dans un précédent message par un autre intervenant qui faisait référence à ce tableau http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?laref=601&titre=le-corpus-des-fusilles-documentes

                    En dehors du fait que le chiffre de 1009 soldats français fusillés est incorrect puisqu’on y trouve, des soldats étrangers fusillés, 176 civils fusillés soit pour espionnage soit pour assassinat, ces tableaux comportent des incohérences.

                    Le tableau n°2, par exemple, mentionne des Cdg armées, arrière, Paris et outre-mer. Cette décomposition n’est pas correcte.

                    Il n’existe que 2 types de Conseils de guerre :

                    • ceux aux Armées (à 5 juges ou 3 juges) qui ont fonctionné dans 3 zones géographiques (Nord-est de la France, en Orient ou Dardanelles, au Maroc et au Sud de la Tunisie
                    • ceux à l’arrière, à 7 juges qui ont fonctionné en France (dans les secteurs qui ne relevaient pas du général en Chef) Marseille, Lyon, Bordeaux,...., au siège des régions militaires, en Algérie (département français) et au Nord de la Tunisie

                    Par exemple, dans le tableau 2, les Conseils de guerre « Paris » sont des Conseils de guerre à 7 juges donc de l’arrière, exactement comme ceux de Marseille ou de Bordeaux. Ceux d’outre-mer, sont à 5 ou 7 juges suivant les cas.

                    Nous avons demandé, comme la CNIL l’autorise, la communication des éléments qui ont permis de réaliser ces tableaux, afin de pouvoir les comparer avec les nôtres, refus de MDH.

                    La logique d’établissement de ces tableaux ne correspond pas à une logique historique ou de fonctionnement de la justice militaire ce qui n’est pas fait pour aider les lecteurs à s’y retrouver.

                    Sur MDH, les textes explicatifs du fonctionnement de la justice militaire comportaient et comportent encore des erreurs, nous avons en signalé certaines qui ont été corrigées.

                    http://prisme1418.blogspot.fr/

                    Répondre à ce message

                    • Les fusillés de la Grande Guerre 10 novembre 2016 23:25, par robin des bois

                      Rebonjour à vous et merci pour ces précisions

                      * Concernant le dossier des S/Lt HERDUIN et MILLANT, les analyses faites 100 ans après m’ intéressent moins que les « écrits d’époque » et les « témoignages de Témoins directs » ..

                      ** Je viens d’avoir la curiosité de parcourir- rapidement il est vrai- le document 26N 758/3 de MdH , soit le JMO du 347e RI : j’éprouve toujours une certaine émotion à en ouvrir un

                      • Pour une petite « mise en jambe » rien ne vaut la lecture des journées du 5 juin 1916 au 9 Juin 1916 : l’ambiance y est croyez-moi
                      • Par exemple, j’ai noté en vrac :
                        ° de violents bombardement continuellement : arrosages quasi permanents des 1res lignes avec des 105/150 et 210 allemands
                        °pas de lignes de tranchées dans le secteur, contrairement aux croquis donnés aux officiers, mais des trous d’obus- reliés entre eux par les H. de Troupe- en font office
                        ° les lignes téléphoniques coupées
                        ° Les pertes journalières sont les suivantes :
                        * 05/06 : 08 tués/31 blessés/1 disparu (pages 24/25)
                        * 06/06 : 15 blessés (page 27)
                        * 07/06 : 12 tués/46 blessés/1 disparu (pages 28 à 30)
                        * 08/06  : aux pages 34 à 51 de la visionneuse MdH
                        Officiers : 3 t./15 bl/15 disparus
                        Sous-Off : 8 t/16 b/48 disparus
                        H de troupe : 48 t/116 bl/ 531 disparus
                      • A noter SVP les chiffres des « disparus » : leur nombre très important au mois d’aout 19414 (CF Lunéville) faisait penser à nos grands chefs que beaucoup de soldats « se laissaient faire prisonniers » !!! (si si si)
                        Avec un peu de patience, ils ont fini par comprendre que ces "disparus étaient finalement des « soldats sans tombe » par la force des choses- des « âmes errantes »- pulvérisés sous la violence des bombardements ; d’ ailleurs ils ne sont jamais revenus !!!
                      • les « disparus du 8 Juin 1916 à Fleury S/Verdun » : idem avec la violence des bombardement

                      **** Et en bouquet final : ce lien vers la page 56 de la visionneuse MdH : "Un chef d’oeuvre d’Exécution"
                      24 heures pour boucler l’affaire : fallait le faire !!!

                      Voici le lien Mdh à exploiter SVP par le WEBMaster .(.car je sais pas faire) :
                      http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YToxMDp7czoxMDoidHlwZV9mb25kcyI7czo3OiJhcmtvX2lyIjtzOjg6ImltZ190eXBlIjtzOjM6ImpwZyI7czo0OiJyZWYwIjtzOjQ6IjE3MzUiO3M6NDoicmVmMSI7czoxOiI2IjtzOjQ6InJlZjIiO2k6MjM3MDtzOjQ6InJlZjMiO3M6NzE6IjFHTS9KVU5JVEVTMTQxOC9MT1QwNS8yNl9OXzc1OF8wMDMvU0hER1JfX0dSXzI2X05fNzU4X18wMDNfXzAwMDFfX1QuSlBHIjtzOjQ6InJlZjQiO3M6NzE6IjFHTS9KVU5JVEVTMTQxOC9MT1QwNS8yNl9OXzc1OF8wMDMvU0hER1JfX0dSXzI2X05fNzU4X18wMDNfXzAwNjFfX1QuSlBHIjtzOjE4OiJpZF9hcmtfZWFkX2ZhbWlsbGUiO2k6MDtzOjE2OiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sIjtiOjE7czoyMToidmlzaW9ubmV1c2VfaHRtbF9tb2RlIjtzOjQ6InByb2QiO30=#uielem_move=242.5399932861328%2C73&uielem_islocked=0&uielem_zoom=55&uielem_brightness=0&uielem_contrast=0&uielem_isinverted=0&uielem_rotate=F

                      page 56

                      • Il me reste à parcourir le JMO de la 52e DI du fameux général BOYER (car, au niveau Division et Régiments, il peut y avoir de sacrées surprises !!!)
                        Et jusqu’à preuve du contraire, un JMO est un document officiel et historique

                      Merci de votre attention -RdB

                      Répondre à ce message

                    • Les fusillés de la Grande Guerre 10 novembre 2016 23:40, par robin des bois

                      Désolé,

                      l’exécution des s/Lts HERDUIN et MILLAN date bien du 11 juin 1916
                      et non du 09/06 comme je l’ai écrit par erreur
                      (j’ai été induit en erreur par le début de la page 56 de la visionneuse MdH)

                      Toutes mes excuses - Rdb

                      (à noter que le JMO de ce 347e RI s’arrête définitivement à la page 61 :
                      je suppose qu’il a du être dissous suite aux pertes subies,
                      et peut-être aussi suite aux répercussions de l’exécution des S/Lt HERDUIN et MILLAN qui étaient des officiers issus du rang ...)

                      Répondre à ce message

                      • Les fusillés de la Grande Guerre 11 novembre 2016 07:51, par robin des bois

                        Re- bonjour à tous en ce 11 novembre 2016,

                        * Je terminais mon précédent post en écrivant ceci :
                        Et jusqu’à preuve du contraire, un JMO est un document officiel et historique
                        ** Or donc je viens de parcourir- en lecture rapide- le JMO de la 52e DI, mise sous les ordres du général BOYER début Juin 1916 (document 26 N 364/1 de Mdh)
                        Je pourrais y revenir plus en détail si cela intéresses quelqu’un sur ce forum ..

                        *** En tout cas sont confirmés, au niveau du JMO de cette 52e DI- les constats du JMO du 347e RI, notamment :

                        • bombardements allemands incessants à l’artillerie lourde
                        • absence de tranchées en 1re ligne de front, remplacées par des trous d’obus reliés entre eux par les hommes de Troupe
                          -"Les communications (tel. et coureurs)font presque constamment défaut entre le PC du 103e Btn et la ligne de front... Les Chefs de bataillon disparaissent ou sont tués" (sic)
                        • les lourdes pertes du 103e Bataillon et de son 347e RI(celui de HERDUIN et MILLAN)

                        Mais ce qui m’épate le plus -compte tenu de ma remarque d’entrée - est que ce JMO a visiblement été remanié après coup.
                        Je m’appuie sur les « constats visuels » suivants :

                        • avant la page 58 : CR en écriture manuscrite
                        • pages 62 et suivantes : CR en écriture manuscrite :
                          Et ce qui me saute aux yeux :
                        • les CR de la page 58 à 61 (correspondant aux journées du 4 juin au 26 juin) sont dactylographiés
                        • qui plus est, la page 62 de la visionneuse MdH montre visiblement que plusieurs pages de ce JMO ont été arrachées !!

                        A partir de là .... à chacun de juger de la valeur de ce JMO comme document officiel émanant du Général BOYER et reflétant sa version des évènements !!
                        Sauf erreur de ma part, je n’ai trouvé aucune trace des 2 fusillés HERDUIN et MILLAN (...passés en « pertes et profits » ?)

                        Pour terminer ce chapitre en ce 11 novembre 2016 : le lieu de cette « tragédie humaine » se situe sur la ligne extrême de l’avancée allemande en « rive droite », sachant que le fort de VAUX ( juste à côté)s’était rendu le 7 juin aux Allemands, avec « les Honneurs de la guerre »...
                        Ah qu’ils étaient braves, eux, les pigeons du Colonel RAYNAL !!

                        ...En ce 11 novembre 2016, je salue la mémoire des petits sous- Lieutenants HERDUIN et MILLAN :

                        • « sortis du rang » par avancement
                        • et promus Lieutenants grâce à leur « exécution » :
                          c’est beau çà !!!

                        Répondre à ce message

                        • Les fusillés de la Grande Guerre 11 novembre 2016 14:39, par Yves DUFOUR

                          Bonjour

                          Le 11 juin est effectivement la date mentionnée sur la minute du greffe de la Cour d’Appel de Colmar.

                          L’établissement de cette date pouvait poser des problèmes. En effet, l’instruction ministérielle du 23/07/1894 sur l’état civil aux Armées, interdisait l’inscription sur les registres d’état civil des décès des régiments, de la mort violente (suicide, duel ou exécution capitale). Ceci dit, sur les registres d’état civil des décès des régiments, on trouve quelques informations sur ces décès mais en dehors des pages dédiées à l’état-civil.

                          Les informations présentes sur les MPLF doivent être prises avec précaution. En effet, ces fiches n’étaient pas destinées à être publiées mais ont uniquement servi à l’établissement des livres d’or des communes où seulement une partie des informations étaient utilisées.

                          Pour les fiches N-MPLF, c’est pire. Les erreurs sont très fréquentes et c‘est normal car ces fiches n’avaient pas vocation à être utilisé ou diffusé.

                          http://prisme1418.blogspot.fr/2015/05/les-fiches-dites-des-non-morts-pour-la_4.html

                          Les personnes qui indexent ces 2 types de fiches, doivent se montrer très prudentes et vérifier systématiquement toutes les informations présentes sur les fiches.

                          Concernant les JMO, même si leurs rédactions étaient codifiées, le contenu est très variable. Certains sont très précis, d’autres très vagues même sur les pertes « classiques ». Exemple pour un que je connais très bien, les tableaux A, B, C des pertes sont manquants. En 1914, on parle de « grosses pertes », plus tard, on parle de X tués, c’est rarement nominatif.

                          Il ne faut jamais oublier le contexte dans lequel ces documents ont été rédigés, pas très loin de la « mitraille » comme le montre le registre d’état civil des décès des régiments que j’évoquais, avec le bord bien entamé par le passage d’un éclat d’obus (commentaire ajouté par l’officier d’état civil).

                          http://prisme1418.blogspot.fr/

                          Répondre à ce message

                          • Les fusillés de la Grande Guerre 11 novembre 2016 20:42, par robin des bois

                            Monsieur DUFOUR,

                            * J’apprécie votre « patience » avec moi, et pouvoir échanger avec vous.

                            ** Je souhaite que les lecteurs de ce forum puissent lire la page 56 du JMO du 347e RI  :
                            http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YToxMDp7czoxMDoidHlwZV9mb25kcyI7czo3OiJhcmtvX2lyIjtzOjg6ImltZ190eXBlIjtzOjM6ImpwZyI7czo0OiJyZWYwIjtzOjQ6IjE3MzUiO3M6NDoicmVmMSI7czoxOiI2IjtzOjQ6InJlZjIiO2k6MjM3MDtzOjQ6InJlZjMiO3M6NzE6IjFHTS9KVU5JVEVTMTQxOC9MT1QwNS8yNl9OXzc1OF8wMDMvU0hER1JfX0dSXzI2X05fNzU4X18wMDNfXzAwMDFfX1QuSlBHIjtzOjQ6InJlZjQiO3M6NzE6IjFHTS9KVU5JVEVTMTQxOC9MT1QwNS8yNl9OXzc1OF8wMDMvU0hER1JfX0dSXzI2X05fNzU4X18wMDNfXzAwNjFfX1QuSlBHIjtzOjE4OiJpZF9hcmtfZWFkX2ZhbWlsbGUiO2k6MDtzOjE2OiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sIjtiOjE7czoyMToidmlzaW9ubmV1c2VfaHRtbF9tb2RlIjtzOjQ6InByb2QiO30=#uielem_move=256.8500061035156%2C73&uielem_islocked=0&uielem_zoom=53&uielem_brightness=0&uielem_contrast=0&uielem_isinverted=0&uielem_rotate=F

                            En ce 11 Novembre du 100e anniversaire de VERDUN,
                            c’est un « devoir de mémoire » à rendre aux simples Poilus morts dans cette « boucherie de VERDUN ».
                            page de gauche SVP, où vous remarquerez qu’il y a aussi un « trou » plein d’interrogations !!!

                            *** Je vous propose respectueusement la réflexion suivante en ce 11 Novembre 2016 :

                            • Vous et moi, nous sommes nommés en « Conseil de Guerre » comme « défenseurs » des 2 dossiers suivants ;
                              ( sachant bien l’un et l’autre que le Grand Q. Général avait demandé une fois de plus aux « petits Poilus de l’Infanterie » de s’opposer à l’Artillerie Lourde Allemande en se faisant « tuer sur place plutôt que de se rendre », pour sauver VERDUN !)

                            ° premier dossier : les soldats tenant le Fort de Vaux capitulent le 7 juin 1916 en se rendant aux Allemands, sur une position militaire clairement identifiée
                            ° deuxième dossier : à un Km de là le lendemain, les sous-Lieutenants HERDUIN et MAILLAN, positionnés dans des trous d’obus à la Ferme de THIAUMONT(sans même la présence d’une « tranchée de 1re ligne de front ».. et donc sans position clairement identifiée ) et soumis à découvert à des tirs de 210 allemands.
                            Ces 2 sous-lieutenants, pour sauver ce qui leur reste d’hommes, essaient de rejoindre l’unité la plus proche.

                            ° Question qui nous est posée, à vous et à moi ?
                            Où se trouve SVP « l’abandon de poste » le plus flagrant face à l’ennemi en ce mois de Juin 1916 SVP ?

                            (et je n’aurai pas le culot de vous parler de la perte du Fort de DOUAUMONT le 26/02/1916 !!!
                            Mais quel est le « brave Militaire » qui a osé prononcer l’expression « Abandon de poste », dans le dossier HERDUIN et MAILLAN SVP ? )

                            Merci de m’avoir lu ... RdB

                            Répondre à ce message

                            • Les fusillés de la Grande Guerre 12 novembre 2016 15:42, par Yves dufour

                              Bonjour

                              Ces évènements sont très difficiles à appréhender pour nos contemporains, en effet, le problème réside dans la difficulté à se mettre dans le contexte des lois et des mentalités de l’époque ce qui est rarement fait.

                              Prenez le cas d’un juge d’un conseil de guerre, ce s/officier ou cet officier. Dans son abri de tranchée, il apprend que le lendemain, il sera juge au sein d’un conseil de guerre qui statuera sur le sort de plusieurs militaires.

                              Il faut se souvenir que :

                              • depuis le décret du 17/08/1914, le recours en révision a été suspendu
                              • depuis le décret du 01/09/1914, le recours en grâce auprès du président de la république doit rester exceptionnel (c’est le terme du décret ministériel). La règle est : on juge, on exécute si l’accusé est reconnu coupable puis on adresse un compte-rendu au ministère de la justice
                              • les circonstances atténuantes n’existent pas en temps de guerre pour les crimes « militaires »

                              Le conseil de guerre est convoqué pour juger un militaire inculpé d’abandon de poste en présence de l’ennemi ou de refus d’obéissance pour marcher contre l’ennemi (pour information, le ministre de la guerre a bien précisé dans un courrier que le refus ne consiste pas dans un refus verbal mais simplement dans le fait de ne pas exécuter l’ordre qui a été donné). Ce « crime » au sens juridique, est sanctionné dans le code de justice militaire par la peine de mort (article 213 ou 218 alinéa 1).

                              Quelle est la marge de « manœuvre » des juges : nulle. On acquitte l’accusé ou on le condamne à mort. Jusqu’au 27 avril puis au 8 juin 1916, la réglementation ne changera pas.

                              Dans la pratique, la justice militaire s’est auto-régulée depuis 1915 puisque les 2/3 des jugements de condamnés à mort seront adressés à la présidence de la république par les généraux commandants les divisions et ceci en totale contradiction avec la loi qui précise bien que le recours en grâce auprès du président de la république doit rester exceptionnel. Les décrets des 27 avril et 8 juin 1916 vont entériner une situation de fait.
                              http://prisme1418.blogspot.fr/2016_04_01_archive.html

                              Mais on est dans les généralités, or à force de travailler sur ces dossiers, on s’aperçoit qu’on ne peut pas généraliser tous ces cas individuels. C’est le sens du message de la petite fille de Lucien Bersot (le pantalon rouge au cinéma) à l’hôtel de ville de Paris lors du Colloque sur les fusillés de janvier 2014. En effet, elle a déclaré qu’elle était contre une réhabilitation collective des fusillés tout en étant favorable aux demandes individuelles des familles et ceci devant les représentants de la LDH, de la libre pensée et de tout l’auditorium très silencieux (j’étais présent). Cette prise de position interloque les personnes qui ne sont pas bien au fait du contenu des dossiers mais le Prisme est totalement en phase avec cette déclaration, c’est pour cette raison que nous soutenons les actions visant à innocenter Pierre Mestre.

                              Les témoignages des juges sont rares mais l’étude de ces évènements doit se faire dans sa globalité : le régiment était-il à l’arrière, en première ligne, dans un secteur calme ou très difficile ?

                              Prenez le cas du Lt-colonel Superbie du 171e RI, on vient de le désigner pour présider un conseil de guerre qui va juger des militaires du 56e RI. En quoi est-il concerné ?
                              En 2 mots, l’action se passe dans le secteur du bois d’ailly dans lequel le 56e RI a perdu beaucoup d’hommes pour conquérir ces parcelles de terre française. Usé, il est relevé par le 8e RI qui perd en moins d’une journée ce que le 56e RI avait des mois à conquérir, on fait revenir le 56e (c’est une brillante unité) alors qu’il était épuisé pour reprendre le terrain perdu. Beaucoup d’hommes feront défection, 23 risqueront la peine de mort mais l’intervention directe du président de la république, les sauvera. On a appelé au pied levé le 171e RI de Superbie pour aider le 56e RI qui a fait défection. Le 171e RI accusera très rapidement de grosses pertes à tel point qu’on le relèvera rapidement mais c’est le commandant de ce régiment qui va présider le conseil de guerre qui va juger 23 militaires du 56eRI. Quelles étaient les pensées de ce colonel vis à vis de ces 23 quand il pensait à son régiment « out », à tous ses propres soldats morts ?

                              Pour revenir à Herduin et millant, c’est une Cour civile, en l’occurrence la cour d’appel de Colmar qui parle d’abandon de poste en présence de l’ennemi dans la minute de son arrêt. Ces 2 exécutions ont eu lieu en dehors du cadre légal d’un conseil de guerre par exemple mais il est probable que l’autorité militaire les a verbalement accusés de ce crime avant d’utiliser à tort l’article 121 du règlement sur le service en campagne, pour les exécuter sommairement. Mais il faut regretter que ces 2 militaires ne soient pas passés devant un conseil de guerre. En effet, en juin 1916, ils auraient bénéficié d’un recours en révision, des circonstances atténuantes ou d’un recours en grâce auprès du président de la république. De plus, depuis octobre 1915, un courrier ministériel précise qu’une demande de grâce formulée par un juge ne peut être bloquée par le général commandant la division, déjà avant cette date, nous connaissons des cas similaires où le général ne s’est pas opposé à ces demandes directes de grâce qui le « court-circuitait ».

                              Les 2 cas que vous évoquez, sont assez difficilement opposables. D’une manière générale, le rôle du Prisme n’est pas de juger mais d’expliquer, après chaque lecteur peut se déterminer en toutes connaissances.

                              Les cas où les inculpés sont nombreux comme celui des 4 caporaux de Souain où toute une compagnie a refusé de marcher contre l’ennemi, ont généré des dysfonctionnements judiciaires. L’autorité militaire ne pouvant évidemment pas juger toute une compagnie. On a pris quelques individus, on a les jugés, condamnés puis exécutés certains. Pour l’affaire des 4 caporaux, la cour spéciale de justice militaire a innocenté les 4 caporaux en précisant : attendu que s’il est contraire à l’idée de justice, que la répression ait été ainsi limitée d’une façon arbitraire, aux seuls caporaux condamnés pour une faute commise par toute une compagnie, il est matériellement établi, et d’ailleurs, non contesté, que ces caporaux, ont reçu de leur chef, l’ordre de marcher contre l’ennemi et qu’ils ne l’ont pas exécuté. C’est le premier argument énoncé dans l’arrêt de la Cour, d’autres arguments ont été énoncés mais celui-ci est primordial. Non seulement, c’est le 1er argument mais les idées de « contraire à l’idée de justice », de « répression limitée de façon arbitraire », sont tout à fait novatrices dans ces procès.
                              C’est la notion de « fusillé pour l’exemple » que cette cour a énoncé. Pour chaque cas, on doit analyser le dossier pour savoir si on est en présence de cette notion ou pas.

                              Je me remets aux recherches

                              http://prisme1418.blogspot.fr/

                              Répondre à ce message

                              • Les fusillés de la Grande Guerre 13 novembre 2016 07:24, par robin des bois

                                Bonjour à tous, et à vous M.DUFOUR

                                J’ai retrouvé sur Prisme14-18 votre dossier sur les 23 soldats du 56e RI("Une catastrophe évitée", écriviez-vous) :
                                me manquait la datation de l’évènement : Mai 1915

                                Et bien que je ne sois pas « Historien » (ce qui m’autorise une certaine liberté de ton et la possibilité de « poser des questions bêtes et méchantes »), par exemple :

                                • Pour moi, mai 1915(bataille d’Artois), çà pourrait se résumer à çà (un txt qui n’est pas de moi) :
                                  ["Le coût humain de cette grande offensive, sans résultat stratégique majeur, fut tragique pour l’armée française : 102 000 pertes, soit le double de celles subies par les Allemands lors de l’ensemble des attaques françaises et britanniques entre Arras et Festubert.]
                                  Une "boucherie donc, typique du duel entre l’artillerie lourde allemande et les corps(+ fusils et mitrailleuses) de nos « petits POILUS fantassins »
                                  ***à noter que Pétain y était !
                                • petit rappel, utile selon moi :
                                  ° chiffre 1915 des « fusillés pour l’exemple et pour désobéissance » : 237
                                  ° chiffre 1917 (année des mutineries) des "fusillés pour l’exemple et pour désobéissance : 74
                                  *** à noter aussi que Pétain y était encore, remplaçant en catastrophe son successeur à VERDUN, le boucher « NIVELLE »

                                SVP M DUFOUR :

                                • j’ai cru comprendre que le PETAIN de 1915 et de 1917 n’était plus tout à fait le même entre ces deux dates, face aux « Fusillés pour l’exemple » ?
                                  (il est vrai que les règles de notre belle « Justice Militaire » avaient sensiblement évolué en deux ans !!!) ; à moins que- très catho- il soit peut-être allé à LOURDES entre- temps... et entre deux femmes !!!.
                                • pourquoi ne pas reclasser tout simplement les" Exécutions sommaires "(tout du moins celles qui ont été « repérées ».. - parce que le chiffre exact !!!!- et les « Fusillés sans Jugement », au bilan des « Crimes et délits » ( donc y compris ceux des Gradés de l’Armée)

                                Perso ,et comme je m’intéresse beaucoup aux « Crimes de Guerre », aux « Crimes de masse contre l’Humanité , aux Génocides », je redis que toutes ces exactions à l’intérieur de l’Armée française ne peuvent absolument pas rejoindre l’une des ces catégories (CPI/TPI) :
                                cela reste bien un problème franco-français à classer obligatoirement dans la catégorie « Crimes et Assassinats » de la Justice française

                                J’ai un âge certain, j’ai ma « Carte du combattant » :
                                ce sont des dossiers d’une « Tristesse infinie ».
                                Il faut, selon ma perception de ces évènements :

                                • se souvenir de la Mémoire de ces Malheureux,
                                • penser aux souffrances subies par leur entourage et
                                  leur famille proche (CF Blanche MAUPAS, la femme de HERDUIN ... et d’autres bien sûr).
                                • constater que, 100 ans après de tels carnages précurseurs d’autres carnages encore plus grands,
                                  on est « cul et chemise » avec l’Allemagne !!!!
                                  Cela aurait donc très bien pu se passer autrement pour le même résultat 100 ans après !!!

                                (c’est - je pense- mon dernier post sur ce fil de discussion ...
                                ... Et merci encore M. DUFOUR)

                                Répondre à ce message

                                • Les fusillés de la Grande Guerre 13 novembre 2016 22:28, par Yves dufour

                                  Bonjour

                                  Pour l’aspect quantitatif des fusillés, le Prisme a produit 2 articles relatifs à cet aspect. Le 2e article faisant suite à la mise en ligne des dossiers des fusillés. Cette mise en ligne ne nous a apporté que très peu de nouveaux cas. Elle nous a surtout fait connaitre beaucoup de civils qui ne font pas partie du cercle prioritaire de nos recherches.

                                  http://prisme1418.blogspot.fr/2015/03/resultats-de-lanalyse-quantitative-des.html

                                  Nos recherches remontant à plus d’une dizaine d’années, nous avons évidemment plus de cas que ceux présents sur MDH. Nous en avons découvert un nouveau assez récemment d’une typologie tout à fait nouvelle. Nous avons exploré des sources qui n’avaient jamais été ouvertes depuis des dizaines d’années vu les couches de poussière.

                                  Concernant les exécutés sommaires, l’autorité militaire disposait d’un levier fourni par l’exécutif. Il s’agit du Règlement sur le Service en campagne, promulgué en décembre 1913 sous la signature du Président de la République, Raymond Poincaré, lequel stipule dans son article 121 :
                                  « Les officiers et les sous-officiers ont le devoir de s’employer avec énergie au maintien de la discipline et de retenir à leur place, par tous les moyens, les militaires sous leurs ordres, au besoin, ils forcent leur obéissance »
                                  Ce n’est pas explicitement écrit mais les mots sont clairs. Néanmoins, ce levier ne pouvait être utilisé que sur l’instant non pas plusieurs heures après les faits. Ce levier « autorisait » les exécutions sommaires comme durant les débandades sur le champ de bataille ou suite au meurtre d’un militaire par exemple, la sanction était immédiate. Une bonne partie des exécutions sommaires rentre dans ces cas.
                                  Pour Herduin et millant, nous ne sommes pas ce cadre.

                                  Comme vous et comme beaucoup, mes GP, GO ont fait cette guerre, les uns sont revenus physiquement pas trop « touchés », les autres très gravement blessés, certains reposent dans les nécropoles.

                                  Répondre à ce message

                                  • Les fusillés de la Grande Guerre 14 novembre 2016 10:27, par robin des bois

                                    Bonjour à vous ,

                                    Extrait de votre dernier post :
                                    [Concernant les exécutés sommaires, l’autorité militaire disposait d’un levier fourni par l’exécutif. Il s’agit du Règlement sur le Service en campagne, promulgué en décembre 1913 sous la signature du Président de la République, Raymond Poincaré, lequel stipule dans son article 121 :
                                    « Les officiers et les sous-officiers ont le devoir de s’employer avec énergie au maintien de la discipline et de retenir à leur place, par tous les moyens, les militaires sous leurs ordres, au besoin, ils forcent leur obéissance »
                                    Ce n’est pas explicitement écrit mais les mots sont clairs. Néanmoins, ce levier ne pouvait être utilisé que sur l’instant non pas plusieurs heures après les faits. Ce levier « autorisait » les exécutions sommaires comme durant les débandades sur le champ de bataille]]

                                    Ouah … je ne connaissais pas du tout ce « texte de référence »… MERCI
                                    Et bien : voici un des exemples concrets de son application sur le JMO de la 69e DI-dont dépendait le 251éme RI (strictement rien sur le JMO du régiment)
                                    Dossier MdH : 26 N 392/1
                                    Lien de la visionneuse Mdh - à la page 53
                                    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YToxMDp7czoxMDoidHlwZV9mb25kcyI7czo3OiJhcmtvX2lyIjtzOjg6ImltZ190eXBlIjtzOjM6ImpwZyI7czo0OiJyZWYwIjtzOjQ6IjE5NDgiO3M6NDoicmVmMSI7czoxOiI3IjtzOjQ6InJlZjIiO2k6Mjc5MjtzOjQ6InJlZjMiO3M6NzE6IjFHTS9KVU5JVEVTMTQxOC9MT1QxNy8yNl9OXzM5Ml8wMDEvU0hER1JfX0dSXzI2X05fMzkyX18wMDFfXzAwMDFfX1QuSlBHIjtzOjQ6InJlZjQiO3M6NzE6IjFHTS9KVU5JVEVTMTQxOC9MT1QxNy8yNl9OXzM5Ml8wMDEvU0hER1JfX0dSXzI2X05fMzkyX18wMDFfXzAwNjZfX1QuSlBHIjtzOjE4OiJpZF9hcmtfZWFkX2ZhbWlsbGUiO2k6MDtzOjE2OiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sIjtiOjE7czoyMToidmlzaW9ubmV1c2VfaHRtbF9tb2RlIjtzOjQ6InByb2QiO30=#uielem_move=-608.3999938964844%2C-488.8000183105469&uielem_islocked=0&uielem_zoom=172&uielem_brightness=0&uielem_contrast=0&uielem_isinverted=0&uielem_rotate=F

                                    [ 12 avril 8 heures - Le colonel GAUCHER, Cdt la Brigade A, rend compte que des hommes des compagnies du 251e RI en 1re ligne, soumises à un bombardement excessivement violent, ont reflué en assez grande quantité.
                                    Il donne l’ordre de mettre une mitrailleuse en batterie et de tirer sur les fuyards ...]... Sic

                                    • le listing des morts du 251e RI, tués le 12 avril 1916 à MortHomme/Cumières s’élève à 34/35 morts( selon les sources )
                                      ** Parmi eux, l‘arrière grand-père de mes 4 enfants (soit 50% de ses arrière petits enfants)
                                      ***Son CV :
                                    • 32 ans en 1916
                                    • marié en 1913, une fille née en septembre 1914,( juste après la 1re bataille de la Marne où il fut blessé à la jambe gauche -et il en souffrira ensuite, surtout dans les tranchées de 1re ligne)
                                    • mobilisé au 251e Ri (réserve)
                                    • toute l’année 1915 : dans le secteur de SOUPIR, juste en face du « Chemin des Dames » (mais secteur calme en 1915)
                                    • 1916/1er trimestre : « ferme de NAVARIN » en Champagne
                                    • 10 avril 1916 au soir : arrive à VERDUN/rive gauche, secteur du MORTHOMME,
                                    • 11 avril 1916 : sa Cie monte en première ligne, en suivant un « guide local qui se trompe dans leur positionnement".
                                    • si bien que le 12 avril au matin, au lever du jour, cette Cie se trouve à découvert (côté SUD/SE),à flanc de colline.
                                    • le front principal allemand est bien au Nord/N-ouest de cette « rive gauche de Verdun » (le tunnel du KRONPRITZ débouche d’ailleurs sur ce « chemin ou ravin des Caurettes)
                                    • le QG français est à moins d’un km à leur sud, a CHATTANCOURT même ..
                                    • « Cerise sur le gâteau », cette Cie- visible de loin- se fait bombarder de la « rive droite de la Meuse  » , par l’artillerie allemande ( et pourquoi pas depuis le fort de DOUAUMONT alors aux mains des Allemands !!!)

                                    *je n’ai jamais eu le courage de raconter cet épisode à sa fille devenue ma belle-mère, « pupille de la nation dès 18 mois » . Elle est DCD à 96 ans, sans le savoir ; je ne pense pas qu’elle aurait été « en mesure de comprendre », elle qui confondait allègrement le « chemin des Caurettes » et le célèbre "bois des Caures » ; elle avait fini d’ailleurs par oublier que son père avait laissé des lettres. Elle avait subi dans son enfance une très stricte éducation de « pupille de la nation » (y compris pélerinages à Verdun et à Lourdes ) Vingt Dieux !!! ..
                                    ... Et devenue une Grand’mère formidable

                                    Mais il y a pire selon « ma perception de VERDUN » :

                                    • je suis tombé par hasard (en cherchant la tombe d’un jeune soldat, tué à 22 ans le 5 avril 1916 à HAUCOURT, et « porté disparu » en un premier temps)
                                      sur la bataille de HAUCOURT et le JMO du 69e RI, aux dates du 5 avril 1916 :
                                      une boucherie sans nom avec des milliers de morts (toujours liée à l’artillerie lourde allemande !!)
                                      Le rédacteur de ce JMO – excellent observateur et écrivain au demeurant- sort de l’ordinaire : il fait– selon moi- des constats sur les 2 artilleries en présence, sur l’état et le rôle des « liaisons téléphoniques » que je trouve assez remarquables .
                                      Il écrit même, en toutes lettres, que les moyens matériels français sont en infériorité par rapport aux moyens allemands !!!
                                      Mais « heureusement parlant pour nos Chefs et pour la France », là encore, il y avait physiquement les « corps de nos Poilus à offrir en échange » !!!
                                      Soit des milliers et des milliers de morts dans cet épisode d’HAUCOURT, avant que le MORTHOMME ne soit pris temporairement par les Allemands

                                      La réalité de la « guerre des tranchés » – notamment à VERDUN – ne peut se trouver que parmi les témoignages des personnes qui y ont vécu :
                                      * première règle à retenir (CF J-Norton CRU) : au-dessus d’un « certain niveau de grade militaire », les témoignages ne sont pas des « témoignages directs » : ils sont inexacts, voire faux...

                                    Répondre à ce message

                                    • Les fusillés de la Grande Guerre 15 novembre 2016 17:22, par YVES DUFOUR

                                      Bonjour

                                      Je laisse quelques minutes notre futur article sur 1917, un très gros morceau.

                                      Comme chacun, j’ai des ouvrages de référence. Le « Témoins » de J N Cru en est un, c’est un formidable ouvrage, un travail de titan fait cet ancien combattant qui a bien compris à son époque l’importance des témoignages et de la transmission de la vérité des faits. Parmi ses contemporains, beaucoup n’ont pas apprécié de se voir « mal classé ». A titre personnel, je préfère Pézard à Barbusse, l’emphase littéraire de ce dernier n’apportant pas à nos contemporains, la réalité des combats. Ceci dit, J N Cru fait parfois preuve de mauvaise foi.

                                      La thèse de jules Maurin parue en 1982, est également un fantastique ouvrage trop méprisé par nos universitaires.

                                      Le fonctionnement de la justice militaire ne se résume pas au seul code de justice militaire, il existe une grande quantité de courriers émanant du ministère de la guerre, du GQG, des responsables militaires, les décrets, les textes de lois. Cet ensemble de documents, les dossiers des fusillés, les archives du ministère de la justice, les témoignages validés à la J N Cru, la décomposition statistique de tous ces éléments permettent à la longue, d’avoir une vision assez correcte de cette justice. En effet, avant de commencer à rédiger l’article sur 1916, il a fallu pour aboutir au tableau et graphique présents en tête de l’article, établir un gros fichier excel (à partir de nos bases de données) condamné par condamné.

                                      Pour être crédible, le Prisme doit toujours rester impartial, rigoureux et robuste vis-à-vis des faits et de leurs interprétations. D’une manière générale, l’historien doit toujours s’appuyer sur des faits, sur des études statistiques. Les études que nous avons mené sur 1914, 1915 et 1916 répondent à ces critères et jusqu’à présent, personne n’a contesté ni nos chiffres, ni nos analyses.

                                      Exemple : Après analyse, nous pouvons maintenant affirmer qu’en 1916, les 2/3 des recours en grâce ont été adressés à l’instance politique pour décision et ceci en contradiction avec le décret du 01/09/14 qui n’envisageait ces envois qu’à titre exceptionnel. Cette nouvelle donnée n’apparait sur aucun des ouvrages consacrés aux fusillés.

                                      Cordialement

                                      Répondre à ce message

                                      • Les fusillés de la Grande Guerre 15 novembre 2016 18:48, par robin des bois

                                        C’est plutôt dense vos réponses !!!Je vais « fractionner » pour essayer de vous faire part de quelques-unes de mes réactions/réflexions :
                                        * sur J-N CRU : moi j’adore ; « la vérité n’existant pas à l’état pur », la qualité des témoins directs est primordiale.{{}}
                                        Je me suis procuré récemment ses « Correspondances », rassemblées et publiées par l’une de ses sœurs, la plus jeune je crois.
                                        La partie la plus passionnante- selon moi- consiste à le suivre dans sa réflexion sur la mise au point progressive et méthodique de son projet de bouquin(devant son écoeurement à lire des publications, romans et textes sur la vie des Poilus en première ligne).
                                        De" mauvaise foi" peut-être, mais il faut voir les vacheries qu’on lui a faites !!!
                                        Attaquer un prix GONCOURT aussitôt la Victoire Glorieuse obtenue : faut le faire !!!
                                        * Vous préférez PEZARD à BARBUSSE !!!
                                        Ben, PEZARD est "CLASSE I",avec GENEVOIS,DELVERT, MEYER etc .. Que du beau monde, quoi !!!{{}}
                                        Un petit bouquin que j’aime beaucoup est celui de Raymond JOUBERT ,excellent « valeurs morales et humaines.. et tué au front » (Classe II chez CRU)

                                        • Quant à GENEVOIX écrivain, conférencier Médias, père du Mémorial : en plus il est « Eternel » !!
                                        • BARBUSSE : j’aime pas ..CF la page 563 de « Témoins » sur son txt concernant un supposé massacre en première ligne de prisonniers allemands .. "ils font un ruisseau noir qui a afflué dans la rivière" : sic
                                          J-N CRU l’exécute en une seule phrase :
                                          « Un autre trait individuel de Barbusse est sa propension à créer des monstruosités, ce qui dénote chez lui un esprit morbide » {{}} ET VLAN
                                          Il y a peu, j’ai échangé avec une association qui montait un spectacle sur 14-18 ; un des membres-Instit- avait choisi des textes de BARBUSSE pour illustrer les « termes d’argot » soi-disant utilisés par les POILUS en première ligne. Or CRU aborde le sujet chez BARBUSSE pour le démolir !!!
                                          Heu l’Instit ne connaissant pas J-N CRU, par politesse, je me suis abstenu de continuer..
                                          etc etc

                                        *** les « Boucheries de VERDUN » : j’ai parlé « de milliers et milliers de morts côté rive gauche de la Meuse ».
                                        Je me suis dit : « tu exagères peut-être ; tu te trompes et tu trompes ton monde !!! »
                                        Par acquit de conscience, j’ai donc remis le nez uniquement dans la bataille d’HAUCOURT(du 4 au 8 avril 1916):résultat uniquement pour 2 Cies appartenant à la 11e DI(dite « division de fer ») :
                                        *26e RI : 20 Off. et 800 H TUES
                                        *69e RI : 30 off. et 1300 H TUES (dont mon petit soldat pulvérisé mais dont on a retrouvé des restes et sa tombe).
                                        soit 2150 TUES pour seulement 2 Cies de cette 11e DI

                                        **** Je termine en revenant aux « Fusillés » : j’ai déjà parlé du cas du « Fusillé -Vivant » : « incroyable Histoire » (heureusement qu’il avait eu la bonne idée de faire un gosse avant de partir à la guerre !!).
                                        Le général BACH en parle très bien ; et aux pages 247 et 248 de son bouquin, il publie une lettre de François WATERLOT ..
                                        .. c’est tout simplement formidable comme témoignage d’un Vrai Fusillé pour l’exemple( mais sans jugement là aussi)..

                                        SVP Vous ne pourriez pas nous la publier dans son intégralité sur ce forum ..GRAND MERCI au Général et à vous si vous le faites ..

                                        Bon j’arrête ... ;

                                        Répondre à ce message

                                      • Les fusillés de la Grande Guerre 15 novembre 2016 19:37, par robin des bois

                                        Sur votre dernier point :
                                        [Après analyse, nous pouvons maintenant affirmer qu’en 1916, les 2/3 des recours en grâce ont été adressés à l’instance politique pour décision et ceci en contradiction avec le décret du 01/09/14 qui n’envisageait ces envois qu’à titre exceptionnel. ],
                                        je ne comprends pas très bien.
                                        Même si je suis loin d’en connaître le contenu par cœur et ses subtilités, la publication de la Loi du 27 avril 1916,
                                        (relative au fonctionnement et à la compétence des tribunaux militaires en temps de guerre) a du changer psychologiquement beaucoup de choses , les Chefs Militaires « n’ayant visiblement plus la main » et devant désormais « rendre des comptes » si nécessaire.

                                        Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 16 novembre 2016 07:21, par robin des bois

    à M. DUFOUR

    (je change de case pour essayer de revenir en pleine page d’écran !!!)

    * je viens de lire votre article « prisme1914-1918 » :

    * j’ai particulièrement aimé les « Inter- titres de l’ article », soulignant les 5 phases principales de ce drame ("désactivation"/ « mise sous contrôle »/"re-désactivation" ... etc etc) au gré des évènements de cette guerre 14-18
    ..Cela ne change rien cependant à ma précédente interrogation posée..

    ** Avec votre permission, je souhaiterais souligner 2 aspects qui me paraissent « personnellement » importants pour la compréhension du dossier des « Conseils de guerre spéciaux et des Fusillés pour l’exemple » :
    - primo  : le rôle de JOFFRE dans la phase « désactivation du contrôle politique sur la J.M », à la veille de la 1re bataille de la Marne(05/09/1914) :
    je traduirais « Panique à bord »
    - secundo  : "les disparus du mois d’Aout 1914", liés aux bombardements de l’artillerie lourde allemande.
    Je suis frappé du silence qui entoure le nombre des pertes par disparition lors des offensives allemandes du mois d’août 1914 jusqu’à la 1re bat. de la Marne ; elles soulignent selon moi :
    ° d’une part : l’impréparation et infériorité manifeste de l’armée française sur le plan artillerie ;
    ° d’autre part, nos grands militaires avaient un peu oublié- me semble-t-il- que depuis 1870, on avait perdu « l’Alsace et la Lorraine », et qu’ en conséquence, les nouvelles frontières allemandes (avec leur artillerie lourde massée derrière) s’étaient quand même sérieusement implantées sur le sol français et rapprochées de Paris.
    Avec de longues préparations d’attaque à l’artillerie lourde, "bonjour les Disparus".
    Votre remarque- sur les bilans journaliers des pertes humaines au mois d’Aout 14 est très exacte : rien, rien de rien ... sauf des « évaluations de disparus »
    Le bilan chiffré journalier - voire la liste nominative des tués- apparaîtra dans les mois à venir (date exacte ???).

    Je suis convaincu que le mythe des « disparitions, désertions, abandons de poste etc » vient de là .
    D’où la nécessité de mater ces soi-disant trahisons et désertions en durcissant la discipline militaire et les sanctions : le décor du drame des « Fusillés pour l’exemple » est en place dès le 7 septembre 1914, grâce à JOFFRE et aux disparus du mois d’Août.

    *** Quant à combler le retard d’équipement en « artillerie lourde », avouer l’impéritie de certains Etats-majors (y compris pour la perte de Douaumont ), « on peut toujours se brosser même 100 ans après !! »
    Mais « heureusement pour la galerie », il y avait :

    • nos « valeureux Poilus de l’Infanterie », leurs corps et leurs baïonnettes !!!(CF les chasseurs de DRIANT en février 1916, « la Tranchée des Baïonnettes », "Debout les Morts de PERICARD)...
    • notre merveilleux « 75 »

    *** et puis après, quand vous nous parlerez de 1917 et des ses « mutineries » : nous aurons le renfort des « troupes indochinoises », « des troupes coloniales » (ex- « Force Noire » de Mangin) :
    CF leur première attaque au Chemin des Dames : SUPER !!!
    Au fait la reprise de Douaumont fin Oct 1916 : c’est en grande partie grâce à eux, au cas où on l’aurait oublié !!
    etc etc ...

    "Ah Dieu, que la guerre est jolie !"

    Répondre à ce message

    • Les fusillés de la Grande Guerre 19 novembre 2016 15:03, par yves dufour

      En 1916 comme en 1914 et 1915, le recours en grâce auprès du président de la république devait rester exceptionnel (termes du décret du 01/09/1914) mais notre étude pour 1916 montre les 2/3 des jugements ont été envoyés, pour décision, à l’instance politique, qui a fonctionné comme un filtre souverain, par décret, remettant en cause massivement les décisions des juges, puisque 83% des condamnations à mort, soumises au politique, ont abouti à la non-exécution des sentences prononcées par les conseils de guerre.
      Depuis le mois d’octobre 1915, un courrier du ministère précise qu’une demande de grâce formulée par les juges, ne peut être « bloquée » par le général commandant la division, la demande « doit » être transmise.
      Autres causes qui vont beaucoup modifier le fonctionnement la justice militaire :

      • la loi du 27/04/16 qui d’une part supprime les CDGS qui fonctionnent peu depuis plusieurs mois et d’autre part autorise les circonstances atténuantes pour les crimes militaires en temps de guerre.
      • le décret du 08/06/1916, rétablit le fonctionnement normal des recours en révision (recours supprimé depuis le 17/08/1914)
        Comme vous l’indiquez, le contexte global des batailles est important. A chaque étude de cas, nous étudions ce contexte que nous évoquons en quelques lignes car l’objectif du Prisme est l’étude des fusillés et du fonctionnement de la justice militaire.
        Comme vous pouvez le voir, je parle de « fusillés ». En effet, pour le chercheur/historien, seule l’étude du dossier dans son contexte permet de déterminer (pas dans tous les cas) si nous sommes en présence d’un fusillé ou d’un fusillé pour l’exemple. Si le militant associatif peut partir du postulat que tous les fusillés sont des fusillés pour l’exemple, le chercheur/historien ne le doit pas, il doit le démontrer au cas par cas.

      La notion de « fusillé pour l’exemple » n’existe pas dans l’anthropologie criminelle et des sciences pénales, ni dans le code pénal ou dans le code de justice militaire. Par contre, la notion d’exemplarité de la peine existe : le but essentiel de la loi pénale est de prévenir le délit, non pas seulement de la part d’un individu déjà délinquant mais encore de la part de tous les individus quelconques. A l’encontre de ces derniers, elle n’a pas d’autre moyen que de les menacer d’un mal plus ou moins considérable qu’on leur fera subir. Pour que cette menace produise tous ses effets, il faut qu’elle soit mise à exécution une fois le délit réalisé.

      Le terme de « fusillé pour l’exemple » s’est propagé dans les médias d’après-guerre par l’intermédiaire des mouvements contestataires comme la LDH. Ces mouvements ont utilisé des courriers de certains généraux qui parlaient de « faire un exemple »

      A noter, qu’une personne peut avoir une conduite exemplaire en sauvant par exemple une autre personne d’une noyade.
      La problématique de la notion de « fusillés pour l’exemple » est que chacun y voit ce qu’il veut y voir. On appelle cela la polysémie d’un concept.

      Pour étudier ce terme, il est intéressant de lire tous les arrêts des Cours qui ont statué et innocenté environ 40 militaires fusillés. Dans ces 40 arrêts, ce terme n’apparait jamais sauf dans 2 cas. Dans ces 38 premiers cas, en acquittant les militaires, les Cours ont invoqué, soit une mutilation volontaire insuffisamment prouvée, soit une culpabilité non établie, soit un doute subsistant, soit une erreur de procédure, en somme des erreurs judiciaires.
      Dans les 2 derniers cas :

      • pour les 4 caporaux de Souain : Lechat, Girard, Maupas et Lefoulon. la Cour a déclaré : attendu que s’il est contraire à l’idée de justice, que la répression ait été ainsi limitée d’une façon arbitraire, aux seuls caporaux condamnés pour une faute commise par toute une compagnie, il est matériellement établi, et d’ailleurs, non contesté, que ces caporaux, ont reçu de leur chef, l’ordre de marcher contre l’ennemi et qu’ils ne l’ont pas exécuté. C’est le premier argument énoncé dans l’arrêt de la Cour, d’autres arguments ont été énoncés mais celui-ci est primordial. Non seulement, c’est le 1er argument mais les idées de « contraire à l’idée de justice », de « répression limitée de façon arbitraire », sont tout à fait novatrices dans ces procès.
      • pour le caporal Morange, et les soldats Baudy, Fontanaud, Prébost. L’arrêt de cette même Cour évoque ce même schéma : attendu que l’on ne saurait trop réprouver le procédé contraire à l’idée de justice, utilisé en ce qui concerne deux des condamnés et consistant à faire désigner par le sort, ceux qui auront à supporter la responsabilité pénale des fautes commises par la collectivité à laquelle ils appartiennent. Là aussi, la Cour a acquitté ces militaires en utilisant le même type d’argument.

      L’argumentaire donné par la Cour souligne que quelques individus ont assumé à eux seuls, la faute de tout un groupe. Ils ont servi d’exemple. Ces condamnations pour l’exemple se sont conclues par des fusillés pour l’exemple.

      A chaque cas, on doit analyser le dossier dans son contexte pour savoir si nous sommes en présence d’un fusillé au nom de l’exemplarité de la peine ou fusillé pour l’exemple sachant je le répète que ces mots n’existent pas en droit.

      Répondre à ce message

      • Les fusillés de la Grande Guerre 19 novembre 2016 21:54, par robin des bois

        Merci infiniment pour votre réponse très argumentée :

        • je vous dirais modestement que j’ai besoin de relire soigneusement ce post pour bien en comprendre tous les éléments : donc SVP je reprendrai ce fil de discussion après « assimilation » (si j’y arrive !!)
        • je reviens ce jour d’une expo sur 14-18 organisée à Saint Nazaire (44) : je l’ai trouvé remarquable (idem la Conférencière, qui fut prof d’Histoire et qui- selon moi- « maitrisait parfaitement son sujet et a captivé son auditoire, moi le premier »).
          Elle a notamment mis en évidence 3 points dont je souhaite vous faire part :
          * « Affiches de la mobilisation générale » : auraient été « imprimées et tirées » avant 1910 !!!
          Si on les examine attentivement, elles sont non signées de manière précise et portent en effet une date de mobilisation en écriture manuscrite (et donc non imprimée come le reste de l’afffiche) : je n’avais jamaiss relevé ce point
          ** le Président du Conseil d’Oct 1915 à Mars 1917 est un dénommé Aristide BRIAND, Nantais officiellement, mais aussi Nazairien, parait-il pour « des raisons affectives » qui avaient fait beaucoup jaser localement !
          En tout cas, c’est sous sa présidence que la loi du 27 avril 1916 et le décret de juin 1916 sur la Justice Militaire ont donc été promulgués.
          *** cette Conférencière rejoignait le constat- que jai déjà formulé sur ce lien- au sujet du mois d’Aout 1914 :
        • la journée la plus meurtrière de toute la guerre 14-18 s’est déroulée le 22 aout 1914 du côté de ROSSIGNOL : bilan 27 000 morts.
          Et si l’on établit un bilan sur 4 jours, on atteint 40 000 morts !!! au cours de cette « bataille des frontières » qui a été très longtemps occultée par d’autres champs de bataille sans doute « plus glorieux » pour certains..
          L’artillerie allemande y a bien joué un rôle prépondérant : je serais curieux de connaître « l’estimation des disparus » sur ces 40 000 morts !!!

        .. encore merci à Vous ...

        Répondre à ce message

  • Les fusillés de la Grande Guerre 16 décembre 2016 11:58, par Gaillard Agnès

    Je cherche le nom d’un homme qui aurait été fusillé le 7 avril 1915 à Wesserling, après un conseil de guerre du 6 avril 1915. Cet évènement est noté, sans plus de précisions dans le carnet tenu par mon grand-père, du 11 régiment de chasseurs à cheval, cantonné à Urbès.
    Si vous avez ce renseignement cela me permettra de confirmer les faits relatés dans ce carnet. Merci

    Répondre à ce message

https://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




https://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2019 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Mentions légales | Conditions Générales d'utilisation | Logo | Espace privé | édité avec SPIP