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Les fontaines en ville et au village

Le samedi 17 novembre 2007, par Gisèle Lameth, Thierry Sabot

Autrefois, c’est-à-dire bien avant que l’eau n’arrive au robinet de chaque foyer, les fontaines publiques étaient avec les puits et les cours d’eau les seuls lieux d’alimentation en eau potable.

Souvent situées au centre d’une place, elles constituaient alors un lieu majeur de la sociabilité villageoise, un lieu d’échanges, de discussions et parfois de conflits, vers lequel convergeaient principalement les ménagères et les enfants, au moins deux fois par jour, le matin et le soir.

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Fontaine d’Ecouvres (Meurthe et Moselle)
La fontaine est ici associée à un lavoir. Les usages sont bien différenciés. Parfois, un abreuvoir complète le mobilier.

Toutes les couches sociales se retrouvaient à la fontaine pour chercher de l’eau, laver le ligne ou la vaisselle. Sur la carte postale d’Ecouvres, ci-dessus, voyez le contraste entre les personnages en sabots du premier plan, et les endimanchés à chapeaux de l’autre côté du lavoir. Avez-vous aussi remarqué la présence toujours nombreuse des enfants près de ces édifices (cf. la carte postale de Thiais, ci-dessous) ?

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Fontaine de Thiais (Val-de-Marne)
Place de la Fontaine et avenue de la République à Thiais. La fontaine est circulaire à borne centrale décorée et ornée d’une vasque.

La fontaine publique, autrefois symbole d’urbanisme et de civilisation, parfois de grandeur de la cité, voire d’hygiène, exigeait un investissement, en travail, en argent, payé par tous pour en assurer la pérennité (voyez les dépenses des municipalités pour l’entretien des fontaines dans les délibérations des conseils municipaux).

Il faudra attendre l’arrivée de l’eau courante dans les maisons et les étables pour voir la fin de la corvée d’eau journalière et l’allégement d’un fardeau multiséculaire.

Aujourd’hui, si les fontaines ont perdu leur usage domestique, elles n’en restent pas moins des éléments appréciés du patrimoine communal.

Bibliographie :

  • André Châtelain, Patrimoine rural, reflet des terroirs, Paris, Rempart, Desclée de Brouwer, collection Patrimoine vivant, 1998.
  • Paul Delsalle, Le cadre de vie en France aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, Paris, Ophrys, Synthèse & histoire, 1995.
  • Daniel Roche, Histoire des choses banales, naissance de la consommation, XVIIe-XIXe siècle, Paris, Fayard, 1997.

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4 Messages

  • Les fontaines en ville et au village 15 août 2009 10:41, par "mbalmeuspuchaux

    Très apprécié les fpntaines dans les villes et les village. Hélas elles ont tendances a disparaitre. Il est très agréable pendant une ballade ou une visite de pouvoir se rafraichir à
    une fontaineJe suis pour la réintroduction des fontaines avec poussoir pour économiser l’eau.

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    • Les fontaines en ville et au village 12 octobre 2009 06:56, par N Cadenieres

      Il est très rare en effet de trouver des fontaines dans les villes ou villages et pourtant tous en possédaient ! c’était notre PATRIMOINE, ou sont elles passées ? et lorsque MIRACLE ! l’on en trouve , l’eau n’est pas potable...( sic ! !!) avec ça comment se désaltérer après une ballade, une visite ? faut il encore dépenser un peu d’argent pour de l’eau ? Messieurs les maires, ressortaient nos fontaines, si vous les avez encore... les vilageois tout comme les tourismes vous diront MERCI

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  • Les fontaines en ville et au village 15 août 2009 12:26, par Colette Boulard

    Dans les regroupement d’habitations, qu’ils soient urbains ou villageois, les besoins des humains et des animaux ont naturellement impliqué l’amélioration progressive des systèmes de captation de l’eau. Les volontés publiques ont parfois amené les autorités locales et nationales à développer une politique très forte de création de fontaines, abreuvoirs, lavoirs, tant pour un meilleur confort de vie que pour des raisons d’hygiène et de santé. Ce fût notamment le cas en Franche-Comté, et, plus généralement, dans l’Est de la France vers la fin du XVIIIe et au XIXe siècle. Il nous en reste un très intéressant et beau patrimoine parfois réalisé par des architectes renommés, surprenant aujourd’hui les touristes qui les découvrent.

    Il est important de remarquer que le circuit de l’eau est à peu près toujours très cohérent par rapport à l’usage des lieux : on puise ou récupère sous une arrivée de l’eau propre (fontaine et/ou abreuvoir) puis on rince et enfin on lave. L’eau salie ne peut servir à rincer, pas plus que l’eau de rinçage ne peut servir à abreuver les animaux de la ferme. Les fonctions d’abreuvoir d’une part, et de lavoir-rinçoir, d’autre part, peuvent être scindées. On emportait chez soi les seaux d’eau nécessaires à tous les usages domestiques : cuisine, nettoyage des aliments, vaisselle... C’était l’un des rôles des femmes, mais aussi des enfants. Jean Valjean ne rencontre-t’il pas ainsi Cosette à quelque distance de chez les Thénardier ?
    La première photo de votre article montre une fontaine-lavoir très simple ; utilisant la pente du terrain, elle présente deux bassins qui permettent de séparer deux usages : l’eau salie du lavoir - si je vois bien le cliché - ne peut remonter vers le bassin supérieur.

    Si la plupart de ces fontaines et lavoirs, purement utilitaires et faites avec les moyens locaux sont non couvertes et de plan rectangulaire, il en existe d’autres plus savantes et à l’architecture ambitieuse, ainsi des lavoirs couverts ressemblant à des temples antiques, tel celui de Loray (Doubs) ou celui, très connu, d’Etuz (Haute-Saône). D’autres non couverts, ont un plan au sol de superbe dessin, tels ceux signés des frères Pambet, notamment à Beaumotte les Montbozon, Fontenois les Montbozon, Noroy le bourg ou de Grandmougin à Crevans (Haute-Saône)... Il existe aussi de curieuses mairies-lavoirs, l’une étant juchée au dessus de l’autre comme à Cussey sur l’Ognon (Doubs) ou à Mailleroncourt Saint Pancras (Haute-Saône).

    Vers le milieu du XIXe siècle, et en lien avec les fonderies qui se développaient, le métal a été utilisé pour les fontaines tout comme dans le reste de l’architecture. Parallèlement le symbolisme de la statuaire utilisée a évolué parallèlement à la mode et au contexte socio-hitorique. On trouve des représentations de sujets antiques et républicains, des lions, des dauphins, mais aussi des justice et des libertés triomphantes, des vignerons tel celui de Salins (Jura). Méconnue des français, la Franche-Comté est très appréciée des touristes suisses et allemands, et pas seulement pour ses fontaines-lavoirs. Sa découverte me marque encore !

    On rencontre assez souvent un peu partout des fontaines-lavoirs non couvertes qui ont été ultérieurement fermées au froid et recouvertes d’un toit protecteur. Comme me le dit un jour de manière un peu provocatrice un ancien élu : une femme qui meurt, ça coûte plus cher qu’une vache !

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  • Les fontaines en ville et au village 15 août 2009 18:52, par bricor

    Il est impossible de parler de fontaines sans citer la ville aux cent fontaines, Aix en Provence. L’une d’elle, sur le cours Mirabeau a une margelle très basse pour que les brebis puissent s’abreuver au cours de la transhumance, une autre donne encore de l’eau chaude venant du sous sol....

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