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Les différentes étapes de la création d’une paroisse

Le vendredi 1er décembre 2000, par Thierry Sabot

Si l’origine des paroisses est souvent ancienne, nous allons suivre avec le texte ci-dessous les principales motivations qui ont conduit les habitants d’un petit bourg de la Loire (42) à réclamer un nouveau statut pour leur village. A travers ce document ce sont toutes les étapes de la création d’une nouvelle paroisse qui nous sont expliquées.

Avant 1789, la Ricamarie n’était formée que de quelques rues autour d’une petite place, quelques hameaux séparés du bourg par des prés et un ruisseau, et enfin un petit nombre d’habitations isolées.

La population était d’environ 1 200 habitants (dont 500 dans le bourg) et se composait essentiellement de serruriers (une centaine d’ateliers en 1804), d’armuriers, de forgerons, de rubaniers, de laboureurs et de charbonniers (mineurs).

Parmi les anciennes familles de La Ricamarie, citons les noms suivants : Boyer, Conorton, Couturier, Delorme, Digonnet, Drevet, Epalle, Ferraton, Grivolat, Jourjon, Lavial, Mounier, Paulet, Peyron, Pichon, Ploton, Prudhomme, Réocreux, Roche, Seux... (certains attestés depuis le 16° siècle).

Pour le spirituel, le bourg dépendait de la Grand’Eglise de Saint-Etienne où les habitants se rendaient, en toutes saisons, par des chemins difficiles, pour y célébrer les baptêmes, bénédictions nuptiales, inhumations et autres offices religieux.

Mais, en 1791, exaspérés par ces voyages fréquents, les Ricamandois adressèrent un mémoire aux administrateurs du District de Saint-Etienne afin de demander l’établissement d’une paroisse à la Ricamarie.

Cette pétition fait état de la création de la chapelle (en 1711) et du presbytère (en 1758), du développement du bourg, de l’évolution de la population et des difficultés que rencontrent les habitants pour se rendre à la Grand’ Église de Saint-Etienne.

Difficultés dues, à la distance séparant la Ricamarie de Saint-Etienne et du Chambon-Feugerolles, à l’état des chemins défoncés par les carrières de houille et de pierres, et à la neige qui forme des congères et ralentit la marche des voyageurs. Certains pétitionnaires déclarent même que lors du transport d’un corps, ils eurent les mains gelées ; une autre fois, ils furent contraints de faire glisser le cercueil sur des pentes glacées ; enfin, au contact des morts, surtout l’été, ils couraient le risque d’attraper une maladie infectieuse souvent mortelle...

Quelques mois après, les administrateurs du district de Saint-Etienne donnaient la réponse suivante à la pétition des Ricamandois (le texte de l’époque est respecté) :

" Messieurs, nos commissaires chargés de vous faire un rapport sur les changements à faire dans les circonscriptions des paroisses de cette municipalité (Saint-Etienne) vous présentent le résultat de leurs recherches et de leurs réflexions.

La population de cette ville (Saint-Etienne) et de sa banlieue se porte à 28 000 âmes environ, tel est le calcul le plus raisonnable qu’on peut en faire. Elle est trop considérable pour ne pas chercher à faciliter le service des ministres de la religion et le rapprocher autant que faire se pourra des citoyens.

En conséquence ils vous proposent d’adopter le changement de la chapelle de la Ricamarie en une église succursale, dans laquelle le vicaire desservant sera autorisé à baptiser les nouveau-nés et enterrer.

Vous connaissez les raisons qui doivent vous y engager. Les citoyens de ce canton en ont donné de très bonnes dans une pétition dressée à l’effet de demander l’établissement d’une cure au lieu de leur oratoire.

Nos commissaires ne sont point de ce dernier avis : plutôt que d’accorder ce dernier point, il serait plus naturel de les laisser avec leur chapelle, qu’on rendrait dépendante du ressort de la paroisse du Chambon qui n’en est qu’à demi-lieue. L’intention de nos sages législateurs n’est pas de multiplier les cures, mais seulement d’en former des arrondissements, d’après ce que demandent le peuple, le culte et les différentes localités.

Or assurément, La Ricamarie en ce sens devrait être supprimée comme paroisse si elle l’était. Leur oratoire changé en succursale, sans empiéter sur la paroisse du Chambon, au moins dans la vallée remplit les vues que vous devez avoir. Le voeu raisonnable et exprimé par ses habitants, la population assez considérable de ce bourg qu’on porte à 500 âmes, vous en font un devoir. Aucune relation commerçante ne lie ce bourg avec le Chambon ; presque tous serruriers, les Ricamariens (sic) ne travaillent que pour Saint-Etienne. Leur bourg doit donc rester uni avec le ville de Saint-Etienne comme il l’a toujours été.

L’arrondissement de ce canton prendre sur la montagne du midi tout ce qui était de la paroisse de Saint-Etienne, depuis la Vionne, bâtie au pied de cette montagne, jusqu’aux limites de la paroisse du Chambon ; on y peut joindre une maison à Cotatay, déjà dépendante de la paroisse de Saint-Etienne. La Chomette de Saint-Genest-Malifaux nous a paru devoir être réunie à La Ricamarie. Au couchant la paroisse du Chambon en serait les bornes, au nord la grande route du Puy, au levant les limites naturelles sont le mont sur lequel est situé la Béraudière.

Avec un travail aisé on peut faire des démarcations naturelles, le bassin étant absolument distinct de celui de Valbenoite.

Partout où les eaux coulent au bassin de la Ricamarie, ces terrains et dépendances appartiendront à ce canton, les terres et maisons situées dans le sens contraire seraient d’un canton différent, quelques morceaux seraient ambigus et on les désignerait comme devant appartenir à tel ou tel arrondissement (...)".

Ainsi dans leur rapport, les commissaires se prononcent contre la création d’une cure ou d’une paroisse à la Ricamarie. Selon eux, une simple église succursale dépendante de Saint-Etienne peut subvenir aux besoins de la population.

Sources :

Archives départementales de la Loire, série L : 860.

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