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Le séjour de Gilles de Rais à Orléans

Septembre 1434 à août 1435


vendredi 28 janvier 2005, par Jean-Pierre Bernard

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Gilles de RAIS, tueur d’enfants et pédophile notoire (déjà !) était pourtant l’un des compagnons de Jehanne la PUCELLE, particulièrement lors du siège d’Orléans, en 1428-1429. La Pucelle l’avait assez fortement marqué, pour qu’il dépense une fortune pour relater son histoire sur les lieux mêmes.

De septembre 1434 à août 1435, Gilles de RAIS séjournait à Orléans où il faisait représenter le « Mystère d’Orliens », qui fit jouer des centaines de personnes. Cette oeuvre (d’un inconnu ?) de 20.529 vers coûta à Gilles plus de 80.000 écus d’or. Une fortune !
(Madame Régine Pernoud disait qu’il prit à sa charge « quelques tréteaux » !)

140 personnages défilaient sur scène, sur une sorte de podium installé près du pont, et les costumes ne devaient être portés qu’une seule fois !

Ce grand seigneur, compagnon de Jehanne la PUCELLE, maréchal de France à 24 ans, fut aussi le plus sombre des tueurs et des pédophiles, et on lui fit un procès à Nantes, où il fut condamné à mort.

A Orléans, il dépensait sans compter, et les habitants regrettèrent son départ. Il se déplaçait avec une suite énorme, et avait même une « chapelle », avec chantres, chorale et chanoines, plus encore sa maison militaire.

Il fallut loger tout ce monde à Orléans.

Gilles était logé à l’hôtel de la Croix d’Or, et son frère, René de La SUZE, au Petit-Saumon.

Doyen, dignitaires et chanoines de sa chapelle à l’Ecu de Saint-Georges. Les chantres chez Jehan FOURNIER, à l’Enseigne de l’Epée.

Les hérauts d’armes, le capitaine d’armes, quatre chevaliers, l’armurier, le trompette et leurs compagnons en quatre auberges : la Tête Noire, le Grand Saumon, la Coupe et l’Image de Sainte-Marie-Madeleine.

Ses serviteurs et ses valets en trois hôtels.
Il avait fait garder ses chariots et loger ses chevaux à la Roche-Boulet et à l’Enseigne du Fourbisseur.
Quelques auberges encore pour ses invités et le reste de sa suite.

Il y eut quelques problèmes avec la justice du duc d’Orléans, comme pour Noël Le COUTURIER, « serviteur de Monseigneur de RAIS », qui fut alors condamné à une amende de 16 sous « pource qu’Estienne GALU, sergent de Monseigneur le duc, naguère vouloit faire l’exécution, en l’ostel de la Tête Noire ouquel ledit Noël estoit logié, pour la taille de l’église, ledit Noël s’est adressé oudit sergent et lui a dit qu’il n’estoit que pilleux et qu’il n’emporteroit rien dudit ostel, et tira sa dague et fist plusieurs aultres rebellions ».

Gilles de RAIS, incapable de rembourser Jacques BOUCHER, trésorier du duc d’Orléans à qui il devait 192 pièces d’or, « pour cause de prest à luy faict de nouvelles dettes et en oultre aultres sommes qu’il doit, tant en or et en argent comptant, comme en vins et aultres denrées... à paier avant que ledit seigneur parte d’Orliens », il lui laissait en gage « ung cheval bayard à longue queue qui est ès mains de Colin Le GODELIER, avecques ung cheval noir appelez Cassenoiz et huit chevaulx de harnois garnis de harnois ».

On sait ce qu’il advint ensuite de Gilles. Sa fortune dilapidée, ses erreurs commises contre le Clergé, et surtout les très nombreuses disparitions d’enfants et leurs meurtres sauvages, tout cela allié à la pratique de la sorcellerie et de l’alchimie, lui valurent son arrestation, sa condamnation à mort après un procès dont la lecture soulève le coeur, et son exécution sur une île de la Loire, près de Nantes.
Il est curieux de constater que Jehanne fut amie de cet homme, dont elle ne soupçonnait certainement pas les dérives.
Jehanne avait marqué Gilles, et il lui vouait une affection particulière. Le charisme de celle-ci et le fait qu’elle ressemblait physiquement à un jeune garçon, un jeune page, y sont-ils pour quelque chose ?

Toujours est-il qu’à Orléans, après les évènements de 1428-1429, Gilles se souvint d’elle et fit jouer ce spectacle, durant pas mal de temps, sur les lieux mêmes des combats, risquant de se ruiner, et c’est d’ailleurs ce qui arriva. Il ne pouvait déjà plus rembourser au trésorier du duc les sommes empruntées.

Pour servir à l’histoire d’Orléans.

(d’après recherches personnelles à la Médiathèque d’Orléans).

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2 Messages

  • Le séjour de Gilles de Rais à Orléans 4 janvier 2009 19:56, par Sylvain Rousseau

    Je suis très intéressé par vos recherches personnelles à la médiathèque d’Orléans.
    Avez vous relevé, dans vos recherches, des annotations sur le séjour d’Ambroise de Loré (compagnon de Jehanne également) dans la ville ?

    merci de votre réponse,

    Cordialement,

    Sylvain Rousseau pour la Geste des Dragons
    http://www.lagestedesdragons.com

    Répondre à ce message

    • Le séjour de Gilles de Rais à Orléans 5 janvier 2009 10:33, par Jean-Pierre BERNARD

      Bonjour Sylvain.
      Merçi, tout d’abord, d’avoir lu cet article sur Gilles de RAIS.
      Pour vous répondre, au sujet du passage à Orléans d’Ambroise de Loré, et de sa participation au siège :
      Ambroise apparaît à la cour de Charles VII, début avril 1429, et celui-ci le charge d’accompagner Jehanne la Pucelle jusqu’à Blois, où il participera avec elle à la préparation du convoi de vivres, armes et ravitaillement qui partira de Blois le 27 avril, pour arriver à Orléans le 29. Il fera partie de l’escorte de ce convoi. Le compte n°26 d’Hémon Raguier, trésorier des guerres de Charles VII précise :
      "Aux capitaines et chiefs de guerre cy-après nommés. Ordre du 27e avril, donné à Chinon, pour ... (un mot) et habillemens mener en la ville d’Orliens :
      .....
      A messire Ambroise de Loré, chevalier, 32 hommes d’armes et 33 archiers : 463 livres."

      (troupe assez conséquente)
      Jehanne entre en ville le 29 au soir, avec environ 600 hommes, et Ambroise repart à Blois avec le Bastard d’Orléans (Dunois) pour ramener un autre convoi et le reste de l’armée.
      On sait qu’il participe à presque toutes les actions, à Orléans, aboutissant à la délivrance de la ville : le 4 mai, bataille et prise de la bastille de Saint-Loup, le 6 mai, bataille pour la prise du couvent des Augustins devant le pont, le 7 mai, reprise des Tourelles. Le 8 mai, les anglo-normands se replient, et il est chargé, avec La Hire et une centaine d’hommes, de les suivre, sur environ 8 lieues, pour savoir où ils se repliaient.
      Il sera aussi avec Jehanne à la prise de Jargeau, à Meung, Beaugency, Patay, au sacre à Reims, à Lagny et à Compiègne avec Jehanne.
      Dans les comptes de Hémon Raguier, on ne le retrouve qu’au n° 33, où il touchera ce qu’ on peut appeler un rappel de solde :
      "Aux seigneurs, chiefs et capitaines cy après nommez, la somme de 400 escus d’or et xiiij.m iiij.c lvij livres x sols tourn. (14.457 livres et 10 sols tournois) qui, ès moys de may et juing 1429, du commandement et ordonnance du Roy nostre sire, leur a esté paiée et baillée par le dit Trésorier sur le payement d’eulx et leurs gens, pour distribuer et départir entre eulx, pour leur aidier à supporter les grans frais, charges et despenses que faire leur avoit convenu ou service dudit seigneur de son sang et lignaige, chiefs de guerre et aultres barons, chevaliers et escuiers, estans en son service dessus dict, à l’encontre de ses anciens ennemis et adversaires les Anglois, en l’advitaillement de la ville d’Orliens, devant laquelle les dits ennemis avoient lors longuement tenu le siège, en la recouvrance des villes et forteresses d’Yenville, de Jargeau, Mehun, Baugency et aultres occupées par lesdicts ennemis, en l’exil déboutement et victoire que le dit Seigneur avoit eue sur iceulx ses ennemis ou dit moys de may, et aussi du voyage et assemblée que ledit Seigneur avoit ung peu paravant faicte à Reims pour la faict de son sacre et couronnement, dont iceulx capitaines n’avoient eu pour eulx et leurs dits gens aulcune récompensation ne paiement soufisant d’icelui Seigneur, considéré leurs services, estas, le grant nombre de leurs gens et aultres choses raisonnables à veoir et considérer. C’est assavoir :
      ......
      A Monsr. le Bastard d’Alençon et à messire Ambroise de Loré, chevaliers, iij.c escus d’or et iij.m iiij.c l liv. tourn. (400 écus d’or et 3.450 livres tournois."

      C’est donc, à priori, un acompte sur ce qui leur est dû, car ils n’avaient pas touché de solde depuis un bon moment.

      A Orléans, on ne le signale pas pour une action spéciale. Il était là, sans doute à l’intérieur des remparts de la ville.
      Né en 1395 et décédé en mai 1446 à Paris, dont il fut le prévôt durant 10 ans, de 1436 à 1446.
      Il avait auparavant participé à la fameuse bataille d’Azincourt (1415) et à d’autres.
      Son blason : « d’hermine à trois quintefeuilles de gueule. »
      Voilà ce que je peux dire, en souhaitant ainsi vous agréer quelque peu.
      Bonne et heureuse année 2009.
      Cordialement.
      Jean-Pierre BERNARD

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