Le langage utilisé est du bas-latin, et non du catalan. Aucune date, pas plus que le nom du rédacteur ne figurent. Cependant, plusieurs points de repère, notamment, la citation d’un philosophe français (J.B. Robinet) se référant à un ouvrage (De la nature) publié en 1761, permettent de fixer une date maximale d’ancienneté.
Une chapelle existait au hameau de Saint Sauveur dès le XIII° siècle, mais après transformation, elle devint une Eglise, consacrée, puis érigée en cure en 1759.

- Un extrait d’une page du carnet
Le premier curé s’appelait Valls ; puis en 1772 ce fut Louis Vidal et Jean Puig de 1775 à 1794. L’auteur du manuscrit serait vraisemblablement l’un de ces deux derniers prêtres.
Cet ouvrage comporte, en première partie, un "livre de métaphysique" avec trois chapitres : ontologie, aetiologie (?) et psychologie, puis en seconde partie, un traité de physique avec aussi trois chapitres : la cosmologie, les systèmes planétaires et le "ciel", auxquels plusieurs planches sont jointes.
Par curiosité intellectuelle, j’ai fait déchiffrer et traduire plusieurs passages par une personne qualifiée (élève chartiste à Paris). Ce fut une opération difficile car l’écriture est extrêmement petite et serrée et le texte comporte des abréviations classiques pour ces écrits, ou... personnelles.

- Une page de plans et de dessins
La référence aux différents systèmes planétaires et conceptions de l’univers (Ptolemée, Copernic, Tycho Brahé, Képler, Galilée), les données de physique (densité des solides par exemple) sont le témoignage d’une véritable érudition qui est tout-à-fait étonnante de la part d’un prêtre titulaire d’une petite paroisse reculée et coupée du monde comme pouvait l’être la région de Prats au XVIII° siècle.
Pour ma part, j’affiche une profonde admiration devant ce prêtre qui a tenu à laisser une trace écrite de ses connaissances et ses opinions de religieux notamment sur les théories de l’univers connues à l’époque.
Comme je l’indiquais au début, l’ouvrage ne contient ni le nom de l’auteur, ni une date ; si l’on note que la table des matières semble incomplète et que plusieurs pages sont restées vierges "in fine", on peut supposer que la rédaction a été interrompue... peut-être, hélas, par une cause fatale.
Le manuscrit de Saint-Sauveur
Messages
1. Le manuscrit de Saint-Sauveur , 30 octobre 2010, 08:30, par chrmalle
ce prêtre n’aurait-il pas justement été "exilé" dans ce coin reculé à cause de son érudition et peut-être de ses prises de position plus scientifiques que ne le tolérait l’église de l’époque ?
1. Le manuscrit de Saint-Sauveur , 30 octobre 2010, 11:38
Bonjour,
L’hypothèse de chrmalle me parait judicieuse.
Le prêtre en question n’a pu étudier les sujets évoqués dans le cursus normal d’un "curé de campagne".
La tolérance de l’église était plus que limitée à la fin du siècle des Lumières.
Il faudra, par exemple, attendre 1787 pour que Louis 16 revienne, par l’Edit de Versailles, sur l’abrogation de l’Edit de Nantes (Louis 14 en 1685)... et la Révolution, pour la liberté de penser.
GillesG
2. Le manuscrit de Saint-Sauveur , 30 octobre 2010, 15:37, par Jacky PASCAULT
Bonjour,
il est toujours triste de constater que le premier réflexe de l’homme est d’imaginer ou d’alimenter une polémique.
C’est dans l’humilité et l’isolement que l’on devient soi même ce qui permet à chacun de vivre dans la véritable intimité de Dieu. C’est alors que l’on peut recevoir des pensées, des idées ou même des révélations de fondements humanistes, scientifiques ou spirituels. L’intelligence de l’amour conduit à une forme d’érudition souvent inacessible par le monde extérieur. Tout le monde peut en faire l’expérience.
Jacky Pascault
3. Le manuscrit de Saint-Sauveur , 6 novembre 2010, 08:56, par radar
sur quels elements l’avez vous attribue a ce cure ?
si c’est bien a lui il peut
2. Le manuscrit de Saint-Sauveur , 30 octobre 2010, 12:20, par Jacqueline
superbe ! cet ouvrage précieux serait donc conservé dans les archives communales de saint Sauveur ? dans un petit musée ? aux archives départementales ?