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La stratégie de Jehanne.

L’opinion d’un général français sur les qualités militaires de Jehanne la Pucelle.

Le jeudi 27 janvier 2022, par Jean-Pierre Bernard

Que peut-on penser des qualités militaires de Jehanne ? Bien qu’elle ne fut jamais véritablement un chef d’armée, tout au plus un chef de bande dans les dernières semaines avant son arrestation à Compiègne, Jehanne n’était pas dénuée de qualités de chef militaire.
Voici ce qu’en pense un général de l’armée française :

  • Stratégie : Art de conduire la manoeuvre en vue de la bataille. Vision claire du but à atteindre, esprit de décision, appréciation des moyens à mettre en oeuvre, énergie et rapidité dans l’exécution, choses qui sont à la portée d’un esprit clair et d’une volonté ferme, surtout à une époque où les moyens sont limités et leur déplacement des plus simples.
  • Tactique : Art de conduire la bataille elle-même. Affaire d’hommes de métier et d’expérience.

Du point de vue stratégique, on peut diviser en trois périodes les opérations militaires menées par Jehanne du 22 avril 1429, date du départ de Blois, au 23 mai 1430, date de la sortie sous les murs de Compiègne :

  • 1° Une période durant laquelle Jehanne est vraiment stratège, et s’arroge même les prérogatives du chef politique, puisqu’elle fixe elle-même les buts de la campagne et conduit ensuite celle-ci. C’est la période qui s’étend du 22 avril (1429) au 22 juillet (1429) date du sacre de Charles VII à Reims.
  • 2° Une période pendant laquelle elle conduit des opérations qui ne sont pas celles qu’elle voudrait. C’est la période qui va du 23 juillet (1429) au 12 septembre (1429), date où elle dépose ses armes en ex-voto à Saint-Denis.
  • 3° Une période pendant laquelle Jehanne ne peut plus faire de stratégie et devient chef de bande.

1re période :

Jehanne a un objectif précis qu’elle proclame dès l’ouverture de Chinon : faire lever le siège d’Orléans et conduite le roi à Reims pour y recevoir le sacre. Manoeuvre en deux temps :

A - Premier temps exécuté en moins de deux mois, du 22 avril au 18 juin, ce qui pour l’époque est fulgurant. Du 11 juin au 18 juin, trois places prises et une victoire en rase campagne.

B - Après Patay, Charles VII croit possible la marche sur Reims. Jehanne change de tactique et entreprend une "campagne de pacification", faisant alors se soumettre les villes. Après le sacre, la phase est terminée, et Jehanne indique la voie pour exploiter les succès militaires : continuer la reconquête du royaume, et surtout reprendre sa capitale, Paris.

2e période :

Mais le roi et sa cour sont déjà las de cette guerre, et veulent reprendre les interminables négociations avec les Bourguignons et les Anglais.
Du 23 juillet au 26 août le tracé des marches des armées du roi est soumis à deux forces : la volonté de Jehanne tire vers Paris, le désir du roi va vers la Loire (on songe à reprendre la bonne vie à Bourges). On échoue devant Paris. L’armée est licenciée.

Jehanne gagne à Saint-Pierre-le-Moutier, mais échoue à La Charité-sur-Loire. Depuis Reims, Jehanne n’est plus aidée.

3e période :

Jehanne se bat donc pour son compte ; elle se fait chef de bande et renonce à toute stratégie. Elle va là où on l’appelle au secours, sans plan établi à l’avance : Melun, Lagny, Compiègne.

A Compiègne, le duc de Bourgogne voulait la ville, et demande le secours de Jehanne. Dans l’action engagée, on sent l’hésitation, on agit suivant les circonstances sans vue d’ensemble, peut-être même sans autre but que d’aider "les bons amis de Compiègne".

Jehanne n’était pas tacticienne, mais fut un bon stratège. La politique de Charles VII tendait à ne plus recourir à la guerre. Il n’était donc plus possible de faire de la bonne stratégie, sauf dans la période qui va de l’entrée à Orléans au sacre de Reims.
Charles VII entama une phase diplomatique.

Mais la force morale de Jehanne était extraordinaire. Elle a changé l’âme de l’armée, celle des habitants des cités, peut-être même celle de la France entière.

L’exemple de son énergie, de sa volonté, de son enthousiasme a rendu confiance à ceux qui croyaient que tout était perdu.

C’est là son véritable message.

(Extrait et résumé de : "La stratégie de Jeanne d’Arc", par le général Pigeot, député du Sahara - Bull. trim. de la S.A.H.O., nouvelle série, tome 1, 1er trimestre 1959).

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