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La première mission de Jehanne la Pucelle

Le convoi de ravitaillement arrivé à Orléans le 29 avril 1429


samedi 14 janvier 2017, par Jean-Pierre Bernard

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Avril 1429 - Orléans est assiégée depuis octobre 1428 par les troupes anglo-normandes et bourguignonnes.

Jehanne, considérée alors comme un chevalier, part de Blois avec sa petite troupe, accompagnée d’une armée et escortant un convoi de ravitaillement.
Le convoi chemine lentement, s’arrêtant presque à chaque village, et précédé du clergé qui chante des cantiques.
On ne marche pas vite ! Les chariots sont tirés par des boeufs.

Ils passeront par la rive gauche de la Loire. Jehanne, trompée par les capitaines, et ne connaissant pas encore les lieux, s’apercevra ensuite qu’on l’a trompée. Elle voulait passer par la rive droite, mais les autorités militaires avaient décidé que cela était trop risqué. Jehanne, elle, avait l’impatience d’en découdre avec les « Godons ».

A Chécy, près d’Orléans, le vent devenu favorable, des bateaux purent arriver, que l’on affrêta afin qu’ils redescendent la Loire, vers Orléans, chargés en particulier du blé.

Quant à Jehanne, elle fit son entrée solennelle vers 20 heures, au soir du 29 avril 1429, et fut accueillie avec enthousiasme par la population.
Avec elle, suivaient les armes, les munitions, les canons, et une partie des vivres venus de Blois.
Le blé, lui, transita donc par chaland.

Tandis que Jehanne prenait gîte chez Jacques Boucher, trésorier du duc d’Orléans, les responsables de la cité décidèrent de reporter au lendemain le déchargement et le stockage du contenu du chaland.

Jehan Le Camus trouva quatre hommes qui passèrent la nuit sur l’embarcation, pour ne pas la laisser sans surveillance, au cas d’un raid anglais, et aussi pour éviter que de mauvais drôles ne viennent se servir.
L’un des notables, Guiot Boilève, proposa de louer son grenier pour y entreposer la plus grande partie de la cargaison. Comme tout n’y tiendrait pas, Gilet Guéret traita de gré à gré pour la location du sien, plus petit semble-t-il, afin d’accueillir le reste.

Au matin du 30 avril, sous la surveillance du sergent Colin Nolet et du notaire Jehan Caseau, des hommes réquisitionnés par Jehan Le Camus vidèrent le contenu du chaland, montèrent les sacs de blé près de la Porte Bourgogne, et aidèrent au chargement dans des chariots qui y avaient été amenés, pour le transfert en ville vers les deux greniers.

Les hommes de Jacquet Compaing, Charlot L’Huillier, Guillot Toët (24 porteurs pour ce dernier) s’affairent au chargement des véhicules, et sur le dos de ceux qui transportent des sacs à dos d’homme. Charlot a même fait venir une femme afin de recoudre les sacs qui pourraient être déchirés ou percés.
Les voituriers sont prêts à partir : Colin Gallier, avec 8 charrettes, Bernard du Puy qui fera trois voyages avec la sienne, et un certain Caseau (famille du notaire ?) qui en fera deux, et le valet de la paroisse Saint-Marc, tout près de là, qui fera aussi trois voyages.

Raoulet de Recourt, Fouquet Rose et quelques autres avaient été placés en divers endroits, le long des rues, sur le passage des convois, afin de noter les rotations, s’assurant ainsi du nombre des sacs et qu’ils ne dérivaient pas du chemin prévu. Le blé fut ainsi mis en sûreté dans les deux greniers.

Il fallut ensuite le mesurer. Le notaire Jehan Cailly y vaqua plusieurs journées, accompagné entre autres de Pierre Novion qui, lui, y passa douze jours. C’est dire si le stock entreposé était conséquent (dans ce nombre de jours est probablement compris le temps passé pour la distribution).

Guiot Boilève dut loger et nourrir chez lui certains de ceux qui firent le travail, tels que Jehan Morchoasme, Jehan Martin, le notaire Cailly peut-être, et quelques autres, car il reçut 4 sols parisis pour sa dépense. Cette opération a dû mobiliser une soixantaine de personnes, que la villa paya ou fit payer.

Au vu du nombre de charretées, peut-être peut-on estimer que ce sont entre 2 et 3.000 sacs de blé qui arrivèrent ce jour-là dans la ville, si cette estimation est correcte.
Les Orléanais purent ainsi fabriquer le pain qui leur manquait.

Les registres de la cité font mention de l’arrivage du blé et de l’entrée dans la ville, ainsi que des sommes payées ou remboursées aux protagonistes.
Presque six siècles après, il est émouvant de connaître les noms de ces gens, qui passent ainsi un peu à la postérité, noms dont certains se retrouvent encore de nos jours dans la ville d’Orléans.

Extrait des comptes de la ville

1° - Blé du 29 avril amené par bateau :

  • A Jehan Le Camus, pour bailler à quatre hommes qui couchèrent au chalan au blé la nuit que on l’amena - 8 sous parisis.
  • A Jehan Le Camus, pour bailler à certains compaignons qui apportèrent le blé du chalan à la porte Bourgoigne et qui aidièrent à charger les voittures - 12 sous parisis.
  • A Colin Nolet, sergent, et Jehan Caseau, nottaire, pour leur sallaire d’avoir faict informacion, pour la ville, du blé emblé (pris) au chalan - 44 sous parisis.

2° - Louage de greniers pour recevoir le blé :

  • A Gilet Guéret, pour le louaige de son grenier où a esté mis et distribué partie du blé amené de Bloiz, « aux deux fois », par composition faicte avec lui - 64 sous parisis.
  • A Guiot Boillève, pour le louaige de son grenier où a esté mis la plus grant partie du blé de la ville et mesuré - 4 livres parisis.

3° - Portage de ce blé :

  • A Jehan Le Camus, pour paier deux hommes qui ont aidié à porter le blé derrenièrement amené - 4 sous 7 deniers parisis.
  • A Jacquet Compaing, pour bailler aux porteurs de la porte Bourgoigne, pour ce qu’ilz aidièrent à descharger les bléz qui derrenièrement furent amenés en ceste ville - 16 sous parisis.
  • A Charlot L’Uillier, pour despence faicte en chargeant ledit blé à la porte Bourgoigne, et pour une femme qui couzoit les poiches qui estoient despecées - 2 sous 8 deniers parisis.
  • A Guillot Toët, pour le sallaire de luy et de 24 porteurs qui ont porté le blé de la ville, de la porte Bourgoigne en grenier, par marchié faict avec eulx - 7 livres 4 sous parisis.

4° - Transport par voitures :

  • A Colin Gallier, pour huit voictures de ses chevaulx et charrette d’avoir mené de la porte Bourgoigne en l’ostel de Guiot Boillève partie du blé de la ville naguières amenés de Bloiz ; à 16 deniers parisis la voicture, valent 10 sous 8 deniers parisis - 10 sous 8 deniers parisis.
  • A Bernard du Puy, voicturier, pour trois arres (*) de sa voicture à amener ledit blé - 4 sous parisis.
  • A Caseau, pour arres [1] de semblable cause - 2 sols 8 deniers parisis.
  • A Jehan Le Camus, pour bailler au varlet (sorte d’appariteur) de Sainct-Marc pour trois arres pour semblable cause - 4 sous parisis.

5° - Contrôle du chargement :

  • A Raoulet de Recourt, pour despence faicte par luy, Fouquet Rose et aultres, qui tailloient (marquaient sur des tailles, ou registres) les arres dudit blé au long des rues - 4 sous parisis.

6° - Mesurage du blé dans les greniers :

  • A Pierre Novion, pour son sallaire de douze journées qu’il a vacquées à mesurer le blé de la ville, à 4 sous parisis par jour, valent - 48 sous parisis.
  • A Jehan Cailly, nottaire, pour plusieurs journées d’avoir vacqué à mesurer le blé - 6 livres parisis.
  • A Guiot Boillève, pour despence faicte en son ostel quand on mesura le blé, par Jehan Morchoasme, Jehan Martin, Cailly et aultres - 4 sous parisis.

Voilà pour cet arrivage.
Un autre convoi, venu aussi de Blois, arrivera à Orléans le 4 mai suivant. Pour celui-ci, on trouve, s’y rattachant, la mention suivante :

"Item, payé à Jehan de La Rue, pour despence faicte en son ostel par les nottoniers (bateliers) qui amenèrent les blés qui furent amenés de Bloiz le 4è jour de may - 13 livres 13 sous parisis."

(mandement à payer du 14 octobre 1429)

Ce qui prouverait que cet autre convoi, sous le commandement de Dunois, n’était pas entré dans la ville par voie de terre, à travers les bastilles de la rive droite de la Loire, mais au contraire, comme celui du 29 avril, que les blés descendirent encore par le fleuve.
Pour Jehan de La Rue, le chiffre relativement élevé de la dépense (sans doute s’agissait-il d’une auberge), montre que les nottoniers qui transportèrent les blés amenés le 4 mai étaient en grand nombre, et conséquemment que l’arrivage était considérable.
Jehan ne fut payé qu’en octobre.

Remarques :

  • Au 2°, plus haut, on a pu remarquer que Gilet Guéret avait loué aussi son grenier au 4 mai, pour y mettre partie de la cargaison, car il est précisé "aux deux fois".
  • Au 6°, on voit que Pierre Novion resta 12 jours à mesurer et distribuer le blé aux habitants et à la garnison, ce qui donne du 30 avril jusqu’au 11 mai. Il était donc encore occupé à cette tâche pour l’arrivage du 4 mai, et même après la délivrance de la ville.

Le 7 mai au soir les Tourelles du pont étaient reprises et, le 8, l’armée anglo-bourguignonne partit sans combattre, pour se replier sur Meung et Beaugency.

A Orléans, la joie régnait et la liesse était à son comble !
En effet, cela bougeait vite dans la cité : seulement huit jours auparavant, Jehanne la Pucelle était entrée dans la ville, qu’elle avait traversé pour aller loger chez son hôte, Jacques Boucher, le trésorier, et la délivrance était effective.

Le 1er mai 1429, premier dimanche de Jehanne sur place, elle avait assisté à la messe à la cathédrale Sainte-Croix.
Le même jour, Jacquet Leprêtre, garde de la prévôté (son frère Jehan est le prévôt) est chargé de présenter à Jehanne, au nom de la ville, 7 pintes de vin à six deniers la pinte (environ 8 litres).

Le mardi 3 mai, dans la journée, avait eu lieu la Procession de la Vraie-Croix, qui avait traversé la ville. Le même Jacquet avait été chargé de payer deux sous parisis à ceux qui avaient porté les torches.
Ce même jour, les garnisons de Montargis, Gien, Château-Renard, du pays de Gâtinais, de Châteaudun, avec un grand nombre de gens de pied armés de traits et de guisarmes, étaient rentrés dans Orléans pour contribuer à sa défense.

Raoulet de Recourt, l’un des Procureurs, est chargé de présenter à Jehanne "une belle alouse" (alose : un poisson). Et au soir, une armée conduite par Dunois, qui avait quitté Blois, vient après une marche forcée, passer la nuit à quelques lieues d’Orléans.

Le blé amené par Jehanne avait donc été fort utile pour nourrir tous ces gens.

Le convoi et sa préparation

Le mercredi 27 avril 1429, nous l’avons vu, un convoi de vivres, de munitions et un corps d’armée quittaient Blois pour aller ravitailler et aider les assiégés d’Orléans, avec Jehanne la Pucelle en tête.

Il y a seulement 60 kilomètres entre les deux villes, ce qui aujourd’hui ne nous soucierait même pas, mais à l’époque cela représentait plusieurs jours, car le convoi ne cheminait pas vite.

Le clergé marchait devant, chantant des hymnes, et les chariots tirés par des boeufs ne devaient pas aller bien vite.
66 voitures, 400 têtes de bétail, de l’artillerie, des armes, du blé, de la poudre, du salpêtre, des boulets et plusieurs milliers de traits et flèches (celles-ci seront remboursées à Dunois).
Jehanne dira, à la séance de son Procès du 26 février 1431, que dix à douze mille hommes l’accompagnaient, chiffre fortement exagéré (voir plus loin).

Quelques jours avant le départ du convoi qui se préparait, on fit prévenir les assiégés par un nommé Jehan Langlois, bourgeois d’Angers, de sa prochaine arrivée.
Ce sont les comptes de la ville d’Orléans qui nous apprennent ce détail, et la joie que cette heureuse nouvelle fit éprouver aux habitants et combattants de la ville.
Jehan Langlois fut bien reçu, et la ville remboursa les frais de son séjour :

  • A Guillaume Bastien, hoste de l’Escu Sainct-Georges, pour despence faicte en son hostel par Jehan Langlois, bourgeois d’Angiers, qui apporta lectres du blé que la roine de Cécille (Yolande d’Aragon, belle-mère de Charles VII et reine de Sicile), avoit donné à la ville d’Orliens - 44 sous parisis.
  • A Jehan Morchoasme, ledit jour, pour despence faicte à donner à disner audit Jehan Langlois, pour tous, présents les procureurs - 9 livres 10 sous parisis.
  • A Raoulet de Recourt [2] pour bailler audit Jehan Langlois pour don que la ville luy fist, du consentement des procureurs, 10 escuz d’or qui ont cousté chascun 44 sous parisis, valent - 22 livres parisis.

Jehan Langlois a dû repartir content d’avoir accompli sa mission, et d’avoir été si bien récompensé par les habitants d’Orléans.

Avant la formation de ce convoi, des Orléanais avaient été envoyés à Blois, pour acheter des armes, des munitions et des vivres (le blé fut payé par Yolande d’Aragon), et concourir à la prompte organisation de celui-ci :

  • A Geffroy Drion, d’Orliens, pour avoir vacqué par l’espace de vingt jours, en deux voyaiges qu’il a faiz d’Orliens à Bloiz pour recevoir et mectre en sauf le blé que la roine de Cécille avoit faict amener audit lieu de Bloiz pour la ville d’Orliens... et pour l’achat de certaine quantité de toilles à faire sacz à mectre le blé et sallepestre... et desquelles choses ledit Geffroy a baillé ses parties, comme il appert par icelles... - 70 livres 14 sols parisis.
    (comptes de forteresse, 1428-1430, chap.29, Arch.Municip. d’Orléans).

Et aussi :

  • A Jehan Le Camus, pour bailler à Denis de La Salle, pour trois procureurs envoiez à Bloiz pour le faict des blés... - 8 sols parisis.
  • A Jehan Cailly, notaire, pour V seaulx de V procurations envoiées pour la ville de Bloiz, pour le faict du blé et des poudres... - 5 sols parisis.
    (mandements et quittances des dépenses de commune, en 1429 et 1430).

Accompagnement du convoi - Comptes de Hémon Raguier

  • Compte n°13 - Aux capitaines et chiefs de guerre cy après nommés - Ordre du 27e avril, donné à Chinon, pour ... (1 mot) et habillemens mener en la ville d’Orliens.

1- A Monseigneur Gilles de RAIS, pour luy aidier à supporter les frais et pour assembler les capitaines et gens de guerre, et aussi pour 25 hommes d’armes et 11 archiers de sa compaignie - 895 livres.

2- A Gauthier de BOUSAC, escuier, 40 hommes d’armes et 60 de traict - 680 livres. A aultre fois audit Gauthier - 212 livres 10 sols.

3- A Archades de La TOUR, 26 hommes d’armes et 26 de traict - 325 livres.

4 - A Jehan FOUCAUD, chevalier, 22 hommes d’armes et 20 archiers - 327 livres 10 sols.

5 - A Messire Ambroise de LORE, chevalier, 32 hommes d’armes et 33 archiers - 463 livres.

6 - A Robert Le FEUVRE, archier, pour luy et 38 archiers - 140 livres.

7 - A Thudual Le BOURGEOIS, escuier, 15 hommes d’armes et 11 archiers - 164 livres.

8 - A Bertrand de La FERRIERE, et au Bastard de BEAUMANOIR, escuiers, 22 hommes d’armes et 28 archiers - 323 livres.

Total payé : 3.529 livres et 20 sols (probablement parisis).
Ce qui représente 182 hommes d’armes, 142 archers, et 86 « hommes de trait » (archers ou arbalétriers), soit 410 hommes.

A chaque homme d’armes : 1 page et 1 coutillier, soit 182 x 3 = 546.
Archers et hommes de trait : = 228,
pour un total de 774 combattants environ.

  • Compte n°14 - Aux capitaines et chiefs de guerre cy après pour conduicte de vin et aultres nécessités pour l’avitaillement et fortification de la ville d’Orléans - Ordre du mois d’avril 1429 après Pasques.

1- A Gaston de LESGO, escuier, 25 hommes d’armes et 15 de traict, à 4 livres pour homme d’armes et 40 sols pour homme de traict - 90 livres.

2- A Arnaud GUILLOT de BOURG, 20 hommes d’armes et 20 hommes de traict, au même prix - 120 livres.

3- A Galardon de GOULARD, escuier, 20 hommes d’armes et 20 de traict - 120 livres.

4- A messire Rigaud de FONTAINES, chevalier, 15 hommes d’armes et 15 de traict - 90 livres.

5- A Alain GIRON, escuier, 30 hommes d’armes et 30 de traict - 180 livres.

6- A messire Louis de GAUCOURT, chevalier, 10 hommes d’armes et 20 de traict - 60 livres.

7- A Bertrand de TOULOUSE, escuier, 20 hommes d’armes et 20 de traict - 120 livres.

8- A Jehan GIRARD, escuier, 20 hommes d’armes et 20 de traict - 120 livres.

Total payé : 900 livres (probablement parisis).
Ce qui représente 160 hommes d’armes, 160 archers, soit 320 hommes.

A chaque homme d’armes : 1 page et 1 coutillier, soit 160 x 3 = 480.
Archers et hommes de traict : = 160,
pour un total de 640 combattants environ.

Donc, en récapitulant :

  • compte n°13 : 774 hommes.
  • compte n°14 : 640 hommes.
  • l’Amiral de Culant : 200 hommes.
  • le Bastard d’Orléans : 100 hommes.
  • la « maison » de Jehanne : 12 hommes, soit : 1.726 hommes.

Il faut rajouter les charretiers 150 environ, le clergé et divers, les autres troupes (duc d’Alençon...), on voit que c’était un convoi important.

Mais, d’après cette estimation, il semblerait que le corps d’armée parti de Blois avec Jehanne, pour accompagner le convoi, se composait probablement de moins de 3.000 hommes.
On est donc loin de l’estimation de La Pucelle qui a sans doute gonflé le chiffre à bon escient.

Une grande partie repartira pour Blois, pour regagner plus tard Orléans.
Jehanne entrera dans Orléans avec 200 lances (environ 600 hommes), au soir du 29 avril 1429.

Ravitaillement amené :

  • du blé,
  • de la poudre,
  • du salpêtre,
  • du vin (compte 14),
  • des armes,
  • de l’artillerie,
  • des munitions, des traits, des boulets,
  • du bétail (400 têtes).

Itinéraire présumé de Blois à Orléans

Blois - Vineuil - Montlivault - Saint-Dié-sur-Loire - Muides - Nouan-sur-Loire - Saint-Laurent-des-Eaux (où ils auraient passé la première nuit) - Lailly-en-Val - Cléry (où se fit sans doute la seconde halte) - puis par les bois de MAISONFORT, ils se dirigèrent vers Saint-Cyr-en-Val (où ils passèrent le dhuy) pour atteindre, près de Melleray, la Loire qu’ils traversèrent à l’Ile-des-Bourdons, à la hauteur de Chécy.

Voilà la première mission de Jehanne, sa première expédition militaire.

Sources :

  • Comptes de ville d’Orléans et comptes de forteresse - Médiathèque Orléans.
  • Bulletins S.A.H.O.
  • Comptes de Hémon Raguier.
  • Divers.

Notes

[1arres ou arroy : du mot latin arraiare = harnacher un cheval. On peut dire ici chargement, charretée.

[2Raoulet de Recourt, avec 4 autres notables d’Orléans, était parti à Janville, en Beauce, au nord d’Orléans, en mai 1417, au devant d’Isabeau de Bavière, reine de France, épouse de Charles VI et mère de Charles VII (encore Dauphin), pour savoir quand celle-ci arriverait dans la cité, lors de son exil forcé, et demander que la troupe qui l’accompagnait ne logeât pas dans la ville, car on craignait des débordements. Il reçut pour cette mission 12 sols parisis. Il était peut-être marchand de vin, car, avec Estienne Germe et Guillaume Ligier, ils se partagèrent 15 livres 4 sols parisis pour 3 tonneaux de vin « qui furent présentés à ladicte royne. »

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