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La langue de chez nous : Le saute-go’ya


jeudi 11 mars 2010, par Michel Lapalus

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Quelle langue parlaient nos ancêtres ?

À l’initiative de Michel Lapalus, auteur du blog Écrire le patois, une langue comme les autres, voici une rubrique qui vous invite à découvrir ou revisiter la langue parlée par nos ancêtres, la langue de la maison, pour reprendre une expression d’Henriette Walter.

Car, si aujourd’hui la langue française est omniprésente sur tout le territoire, jusque dans les villages et les petits « lieux-dits » les plus reculés, il fut un temps où le français n’était pas uniformément répandu dans le pays.

Or ce temps n’est pas si ancien. Il suffit d’évoquer le souvenir de nos grands-parents ou arrière-grands-parents pour retrouver quelques bribes de patois et la magie de quelques belles expressions bien mystérieuses à nos oreilles.

Qu’est-ce que le saute-go’ya : de go’ya ou gouilla… flaques d’eau, petite mare ?

C’est celui qui sait éviter les flaques d’eau boueuse du chemin. En fait, il s’agit de l’entremetteur de mariage qui négocie entre les deux familles la dot de la fille (le trousseau : draps, torchons, chemises… le tout en toile de chanvre), les apports en nature ou en argent de chacun, les frais de la noce…

Le saute-go’ya qui s’appelle aussi le mariou (le marieur) fait donc la navette entre deux maisons parfois éloignées. Il sait éviter les flaques d’eau du chemin comme il sait éviter ou résoudre les conflits d’intérêt souvent présent dans cette situation. La négociation ne concerne que les parents, le garçon et la fille en sont totalement exclus.

Le saute-go’ya est un mot qui dit bien ce qu’il veut dire ; le patois ne manque pas d’images pour s’exprimer. Dommage, qu’il rappelle un passé (loin d’être terminé dans certains pays) où la place de la femme ne semblait guère enviable. La fille s’en va vivre chez ses beaux-parents. Elle quitte un groupe familial pour un autre où il lui faudra une belle dose de patience et d’habileté pour réussir son intégration.

Une phrase du patois résume bien la situation :

T’pou maryi ton gars quand t’vodra, ta feu’ye quand t’porra

Tu peux marier ton fils quand tu voudras, ta fille quand tu pourras

Il faut comprendre que le fils valait plus que la fille (vieille tradition multi-millénaire) : force physique vraie ou supposée du garçon, capable d’assurer la vie ou la survie de la famille et des vieux parents, coût de la dot pour marier la fille, etc…

Le saute-go’ya a disparu. Aucune femme ne s’en plaindra !

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8 Messages

  • La langue de chez nous : Le saute-go’ya 13 mars 2010 09:36, par René GODI

    Le lien vers le blog, en bas de page, débouche sur une erreur. Gênant ! Surtout pour qui s’intéresse aux parlers locaux (vos patois). Merci.

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  • La langue de chez nous : Le saute-go’ya 13 mars 2010 11:40, par annieseguinet

    Le patois existe toujours dans nos campagnes ; non seulement par les anciens, mais beaucoup de jeunes s’ils parlent « français » dans le langage courant, ils gardent le patois dans les noces, les fêtes de famille où les chansons et les rites sont toujours dits en patois. J’habite la Vendée depuis 30 ans, et il y a non seulement le patois du bord de l’océan (où je vis) mais également la patois bocain (dans le bocage) et le patois maraîchin (dans le marais poitevin)
    Bonne journée
    Annie Séguinet

    Répondre à ce message

    • La langue de chez nous : Le saute-go’ya 13 mars 2010 12:46, par rené Mettey

      Oui, hélas ! Je viens de vivre une noce chez des amis de longue date en Charente Maritime. Tout le monde parlait en patois, c’est à dire en français mâtiné de parlanjhe, mais personne en parlanjhe lui-même ! (pour ceux qui ne le savent pas, le « parlanjhe » est le poitevin-saintongeais, véritable langue de Poitou-Aunis-Saintonge, qui fut langue administrative et littéraire).

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  • La langue de chez nous : Le saute-go’ya 13 mars 2010 12:50, par rené Mettey

    Assez de féminisme mal compris ! Dans ces contrats avant mariage, le garçon devait aussi apporter quelque chose. Dans une nouvelle de Maupassant illustrée à la télé, on voit la fille apporter ses meubles (qu’elle voudra reprendre plus tard, en disant « je veux mon bien ») et le garçon s’engager à labourer des terrains du beau-père !

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    • La langue de chez nous : Le saute-go’ya 14 juin 2010 09:57, par Bris

      J’ai été très surprise effectivement par un contrat de mariage de 1830, où l’on décidait que le futur n’aurait droit à pratiquement rien, et où tout favorisait la future, pourtant issus tous les deux d’un milieu paysan très simple

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  • 14 mars 2010. Bon dimanche. Comme toujours j’ai adoré La Gazette que je viens de recevoir. Je suis québécoise. De souche française. Mes ancêtres paternel et maternel venaient du 17 et du 16. Au Québec, la langue que nos ancêtres parlaient au 17e siècle se parle encore ici.

    C’est le JOUAL, comme on dit ici.

    Nos ancêtres pour désigner un CHEVAL disait un JOUAL. Et ça se dit encore dans certaines régions du Québec.

    Une personne qui parle encore le PATOIS amené de France par nos ancêtres, on dit « elle parle joual ».

    Je suis très fière de parler encore la langue de mes ancêtres venus de France.

    Ce n’est pas facile à écrire. Et à comprendre non plus, pour des oreilles pas trop initiées.

    C’est certain, qu’il y a des personnes, BIEN PENSANTES, qui voudraient que le français dit international soit le seul français qui soit parlé au Québec et ces personnes lèvent le nez sur le « JOUAL ».

    Au risque de les perturber, le JOUAL sera toujours parlé au Québec. C’est une de nos GRANDES richesses.

    Et nous avons, au Québec, une « chanson à répondre », une chanson folklorique, amené par nos ancêtres de France, dont le refrain contient les paroles rapportées dans votre article "marie ton fils quand tu voudras, marie ta fille quand tu pourras.

    Continuez à me faire parvenir des articles plus intéressants les uns que les autres. Vous me faites passer de très moments.

    Hélène LeBoeuf
    Trois-Rivières, QUÉBEC.

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  • La langue de chez nous : Le saute-go’ya 15 mars 2010 11:47, par JPG

    Pour moi le gouya c’est plutot un ruisseau plus ou moins bourbeux. Le saute gouya serait donc un saute ruisseau, ce qui à mon sens conviendrait mieux au marieur

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