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La langue de chez nous : Le battou


vendredi 25 juin 2010, par Michel Lapalus

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Quelle langue parlaient nos ancêtres ?

À l’initiative de Michel Lapalus, auteur du blog Écrire le patois, une langue comme les autres, voici une rubrique qui vous invite à découvrir ou revisiter la langue parlée par nos ancêtres, la langue de la maison, pour reprendre une expression d’Henriette Walter.

Car, si aujourd’hui la langue française est omniprésente sur tout le territoire, jusque dans les villages et les petits « lieux-dits » les plus reculés, il fut un temps où le français n’était pas uniformément répandu dans le pays.

Or ce temps n’est pas si ancien. Il suffit d’évoquer le souvenir de nos grands-parents ou arrière-grands-parents pour retrouver quelques bribes de patois et la magie de quelques belles expressions bien mystérieuses à nos oreilles.

Le battou, c’est le lavoir, mais aussi le battoir - une palette en bois utilisée pour battre le linge au moment du rinçage.

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La battou ou une maluche, en patois du Velay

Le lavoir peut être le lavoir municipal construit souvent à la fin du 19e siècle ou simplement, avec ou sans abri, une mare, une rivière, un ruisseau.

Le linge est sorti du beuillou, ancêtre de la lessiveuse. Mis dans la panire –la paniére en osier- et installé sur la s’vire ( la breutte, la beurouète ) -la brouette-, il s’en va jusqu’au lavoir.

Une heure, deux heures ou trois heures de travail ! Les genoux : ankylosés ! Le dos : douloureux ! Les mains : glacées ! Tout ça, n’empêche pas de bavarder, ni parfois de chanter.

Le plus dur est sans doute le retour car le lavoir est généralement situé plus bas que le village.

Ah ! dz’é eub-yi d’vos y dère, y a ran qu’des feunes u battou.
Ah ! j’ai oublié de vous le dire, il n’y a que des femmes au lavoir.

Et si par hasard, un homme se propose pour prendre les brancards de la brouette ; ce n’est jamais tout à fait… par hasard.

La grand-mère, essoufflée, s’est arrêtée au milieu de la côte. Elle se souvient :
« A moi aussi, on est venue pousser ma brouette… Il y a si longtemps… Plus personne, aujourd’hui… Adieu fleurette, bonjour misère… ! »

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8 Messages

  • La langue de chez nous : Le battou 26 juin 2010 07:52, par alcide

    Bon article sur le patois .Je n’ai que 60 ans et lorsque j’étais jeune je l’ ai poussée la brouette dans les cotes.
    dans le poitou on disait lavou pour le lavoir et aussi battou pour le battoir.C’est une magie de retrouver ses racines et de faire revivre le passé.

    merci

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  • En patois vendéen on utilise le terme voisin de « battour ». La caisse en bois dans laquelle la lavandière s’agenouillait se dénommait « le carrosse ».
    Pour ma part j’ai encore en mémoire une vieille femme qui, au début des années 1970, poussait encore sa brouette de linge. J’étais enfant dans un village de Vendée, à Mareuil sur Lay.

    Voir en ligne : La langue de chez nous : Le battou

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  • La langue de chez nous : Le battou 26 juin 2010 08:27, par boixe

    Originaire du marais poitevin et ayant 62 ans, j’ai moi aussi utilisé le battou, été comme hiver, et dans ce cas il fallait parfois casser la glace avant de commencer le travail...

    Par contre, dans cette région plate et quadrillée de canaux, pas besoin de pousser la brouette dans les côtes et chaque maison ayant son lavou, ce n’était pas un moment de causette comme autour d’un lavoir collectif.

    Merci pour ces articles qui nous rappellent notre enfance.
    Cordialement

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    • La langue de chez nous : Le battou 26 juin 2010 14:42, par K14077

      Ch’eu nous en Poitou, ô l’était le battou, la beurouette et le genouillon.La « beurouette » était spéciale,longue, grosse roue de bois ferrée,avant et fond lattés sans côtés.Qu’é fi de garce, ô l’é sûr qu’l’était dur le raidillon....

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  • La langue de chez nous : Le battou 26 juin 2010 16:16, par bourven

    Bien vu ; et dans toutes les régions il y avait des Lavandières. En Bretagne, le lavoir était collectif et les « causeries » permanentes. Tant pis pour celle ou celui qui avait la faveur d’être sur la sellette ; au bout d’un quart d’heure il était « habillé pour l’hiver » car c’était parfois méchant.
    Si vous voulez voir un « spectacle » de Lavandières faites un tour au village de Poul-Fétan à coté de Quistinic (56310).
    Prévoyez la journée car bien d’autres explications sur la vie paysanne vers 1900 vous y attendent.

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  • La langue de chez nous : Le battou 21 août 2010 23:33, par pérou

    La lecture de ce document me rappelle une réflexion de Michel Bouillot, historien local de Cluny, malheureusement aujourd’hui décédé, qui lors de la visite d’un village, en arrivant devant un lavoir disait malicieusement : « voici l’académie de la médisance ! ». A cela quelqu’un un jour posa la question : "et aujourd’hui où pourrait se trouver l’académie de la médisance ? devant la grille de la sortie de l’école ?

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