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La famille de Jehanne la Pucelle - Mariage de Jehan du Lys avec Macée de Vézines.

Etude d’un acte de mars 1456.


jeudi 21 juin 2007, par Jean-Pierre Bernard

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Jehan du LYS, neveu de la Pucelle, se marie à Orléans en mars 1456 avec Macée de VEZINES (parfois VERINES). Etude du contrat de mariage et des arrangements financiers qui furent alors souscrits.

Jehanne la Pucelle avait trois frères : Jacquemin, Jehan et Pierre. Ce dernier, fait prisonnier avec elle à Compiègne, finira par s’établir dans la région Orléanaise, où se trouvaient aussi leur mère, Isabelle de VOUTHON, dite « Romée », et un frère de celle-ci, Mengin de VOUTHON.

Pierre eut un fils : Jehan, qui prit le nom de « du LYS » après l’anoblissement par Charles VII. Il se marie à Orléans, en l’église de Saint-Pierre-le-Puellier (qui existe toujours), et Isabelle y assista.

Jehan du LYS, donc, fils de Pierre d’ARC/du LYS, allait épouser Macée de VEZINES, d’une famille d’origine Berrichonne.
Le père de Macée, Jehan de VEZINES, écuyer, avait en fief le lieu de Villiers-Charbonneau, situé sur la paroisse d’Ardon, en Sologne, au sud d’Orléans, et qui reviendra plus tard, par Macée, à Jehan du LYS.

Le mariage fut célébré le 19 juillet 1456 à Orléans. A cette occasion, la cité offrit aux jeunes époux la somme de 16 livres parisis, dans une bourse en velours qui coûta elle-même 2 sols et 4 deniers.

Le repas avait eu lieu la veille, lundi 18 juillet, sans doute dans la maison où résidait Isabelle, à deux pas de l’église en question dans la rue des Africains.

La cité avait acheté chez Simon Le Mazier, hôtelier de l’Auberge de l’Ange, 51 pintes de vin, « tant blanc que vermeil présenté par la ville au disner et soupper les nopces du filz (de) messire Pierre du Liz, chevalier, frère de feu Jehanne la Pucelle, pour ce qu’il estoit venu faire sa feste du village (de Sandillon) en ceste ville, et n’avoit point de bon vin vieil de provision pour pouvoir festoyer. »
(comptes de la ville)

Venons-en au contrat de mariage :

  • « Le samedy XXVIe jour de mars avant Pasques. Jehan du Lis, escuier, fils de messire Pierre du Lis, chevalier, et de dame Jehanne (Baudot), sa femme, en la présence et de l’auctorité de ses ditz père et mère, d’une part, et Jehan de Vézines, escuier, et damoiselle Jehanne Gouygnete (ou Gouynette), sa femme, d’autre part ; lesdictes femmes auttorisées... Confesse que au traictié de mariaige et par le mariaige faisant dudit Jehan du Lis, à la personne de damoiselle Macée, fille desdicts Jehan de Vézines et de damoiselle Jehanne, sa femme, ilz ont faict entre eulx les dons, dote, promesses, convenances et choses cy après déclairées.
  •  »C’est assavoir que ledit Jehan du Lis a promis de prandre ladicte damoiselle Macée, par nom de mariaige, et ledict Jehan de Vézines et sa femme la luy ont promise donner et bailler à femme et espose se (si) Dieu et Saincte église si accordent.

Une promesse de mariage était alors une chose très importante, et la rompre constituait un acte très grave.

Jehanne la Pucelle elle-même fut assignée à l’Official de Toul, tribunal ecclésiastique, pour avoir rompu la promesse de mariage que Jacques d’Arc avait faite pour elle à un jeune homme de la région. Elle s’en tira en affirmant « qu’elle ne lui avait rien promis ».

Poursuivons la lecture de l’acte ; Jehan de Vézines promet d’accorder une rente aux futurs jeunes époux :

  • « Et avec ce ont lesdits Jehan de Vézines et sa femme promis paier et bailler ausdits Jehan du Lis et damoiselle Macée, à cause d’elle, chascun an, durant les vies desdits de Vézines et sa femme, la somme de dix livres parisis de rente, aux termes de Sainct-Jehan-Baptiste et Noël, par moictié, le premier terme commençans à Noël prouchain venant ».

A cette époque coexistaient la livre tournois (de Tours) et la livre parisis (de Paris), cette dernière étant un peu plus forte.

On édicte que les époux pourront, soit accepter la rente de 10 livres parisis, soit opter pour une somme de 150 écus d’or (beau pactole !), payée en une seule fois, mais, en ce dernier choix, renoncer alors à tout ce qui pourrait échoir à Macée sur l’héritage de ses parents, choix à faire après leurs décès :

  • « Et a esté dit et accordé que, après le trespas desdits de Vézines et sa femme, lesdits Jehan du Lis et damoiselle Macée prandront à touzioursmés (à perpétuité) ladicte somme de 10 livres parisis de rente sur les héritaiges et biens desdits de Vézines et sa femme, ou pour et en lieu d’icelle rente, la somme de cent et cinquante escus d’or pour une fois paiés (réglés en une seule fois), pour et en lieu de toute et telle partie et porcion de biens meubles et héritaiges que à icelle damoiselle Macée pourra eschoir et advenir par les successions de sesdits père et mère, faire le pourra par ainsi que elle ne aura pas ladicte somme de 10 livres parisis de rente, ne ladicte somme de CL (50) escuz d’or ».

Donc, soit la rente, soit les 150 écus d’or mais pas de droit à l’héritage, ou droit à l’héritage mais plus de rente et pas d’écus. Qu’ont-ils choisi ?

A présent, les sommes et conditions concernant les du LYS, et les clauses en cas de décès :

  • « Et pour ledict mariaige estre consommé et acompli, ledit Jehan du Lis a doéé (doté) et doe (dote) ladicte damoiselle Macée de la somme de cent escuz d’or de doe à prandre pour une fois sur la part des biens qui, par la succession dudit Jehan, avendront (adviendront) à ses héritiers  ».
  • « Ou cas toutes voyes que ledit Jehan yra de vie à trespassement avant elle sans enfans d’eulx, et se enfans y a, elle ne prandra pour sa dicte doe que cinquante escuz d’or à prandre comme dessus ; lequel dote se prandra tel comme dessus est dict ou cas que ledit Jehan yroit de vie à trespassement avant ses dicts père et mère ».
  • « Et se ledit messire Pierre et sa femme vont de vie à trespassement avant ledit Jehan leur filz, ladicte damoiselle Macée sera doée de dote coustumée ou de ladicte somme de cent escuz d’or ou choix d’elle ».

Que veut dire : « de dote coustumée » ? Sans doute y avait-il une règle.

Et une dernière clause pour les enfants, qui pourront toucher la part de leur mère Macée, si celle-ci décède avant ses parents (cette clause ne jouera pas, Jehan et Macée n’ayant pas eu de descendants directs) :

  • « Et a esté dit par ledit mariaige faisant que au cas que ladicte damoiselle Macée yroit de vie à trespassement avant ses dits père et mère, et même ou l’un d’eulx, délaissant enffans de leur dit mariaige, que lesdits enffans vendront (viendront), ce bon leur semble, aux successions desdits de Vézines et sa femme, avect leurs aultres enffans (c’est-à-dire les frères et soeurs de Macée), pareillement que feroit ladicte damoiselle Macée si elle estoit vivant, et y présenteront sa personne.
    Paié par messire Pierre XVI deniers, et par ledit Vézines 11 solz
     ».

Un contrat en bonne et due forme, où tout est prévu.

Jehan et Macée n’eurent pas de descendance, et leurs biens, en particulier la métairie de Bagneaux, à Sandillon près d’Orléans, reviendront à une cousine de Jehan, Marguerite du Lys.

Cela posera d’ailleurs des problèmes avec d’autres ayant cause de Jehan du Lys, venus de Lorraine, cousins éloignés qui se contenteront d’une somme d’argent.
Ceci fera l’objet d’un autre acte que nous étudierons ultérieurement.

Sources :

  • Minutier de Me. Paillat, notaire, Orléans.
  • Bull. SAHO, médiathèque Orléans.
  • Comptes de la ville.

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