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La Bourbonnaise

par Catherine Hermary-Vieille


dimanche 1er juin 2003

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« D’un oeil expert, Le Bel, premier valet de chambre du roi, avait examiné Jeanne de la tête aux pieds. Cette femme était d’une rare beauté. D’emblée on discernait sa force vive, son charme, son tempérament, une volonté de fer qui faisaient les grandes maîtresses royales. Et d’elle se dégageait une lumière presque soyeuse : « Sa Majesté va être satisfaite », pensa-t-il.

Satisfaite, elle le fut au-delà de ses espérances. Car personne, en cette année 1769, n’aurait pu soupçonner l’amour fou qui allait bientôt unir Jeanne du Barry à Louis XV, le monarque libertin et tout-puissant qui un jour lui déclara : « C’est à moi de me mettre à vos pieds, et pour le reste de ma vie. »

Un extrait : Recouvert par la chaussette de grosse laine bistre, l’oeuf de bois était doux, sensuel au creux de la main d’Anne Bécu. II n’était pas cinq heures du soir mais le crépuscule de novembre obligeait la jeune femme à repriser devant l’étroite fenêtre diffusant une lumière maussade dans le réduit où une repasseuse et une raccommodeuse entretenaient chaque semaine les frasques de quelques moines vivotant dans ce vieux couvent de Vaucouleurs. Le regard perdu dans la perspective terne des labours où s’élevait çà et là un bosquet décharné, Anne songeait au frère Ange. Depuis des semaines, il venait la surprendre, rapprochait d’elle petit à petit un tabouret tandis qu’elle ravaudait et, sans dire mot, la dévorait du regard. Anne aimait ce jeu du chat et de la souris, l’un guettant un signe, l’autre le retenant par coquetterie pour prolonger cette situation équivoque dont elle se sentait maîtresse. A près de trente ans, elle connaissait le désir des hommes et, plus d’une fois, y avait cédé. Mais un moine évoquait des plaisirs troubles parce que interdits, une aventure presque aussi romanesque que celle vécue par son père, le beau Fabien Bécu pour lequel la comtesse de Montdidier, dont il était le cuisinier, était devenue folle d’amour au point de l’épouser.

L’auteur : Née à Paris, Catherine Hermary-Vieille, lauréate du prix Femina 1981 pour Le Grand Vizir de la nuit, est l’auteur de plusieurs ouvrages qui ont connu un grand succès : L’Épiphanie des Dieux, prix Ulysse, La Marquise des ombres, L’Infidèle, prix RTL Grand Public, Romy, Le Rivage des adieux, Un amour fou, prix des Maisons de la Presse 1991, La Piste des turquoises, la trilogie Les Dames de Brières.

Notre avis : Dans ce superbe roman d’amour, Catherine Hermary-Vieille ressuscite la figure controversée de cette femme qui a marqué l’Histoire et a régné sans partage à la cour et dans le coeur du roi. Avec la rigueur historique d’une biographe et le talent sensuel d’une grande romancière, elle rend à cette exquise comtesse, autrefois fille du peuple, la place qu’elle mérite : celle d’une femme exceptionnelle.

P.-S.

par Catherine Hermary-Vieille, Paris, Editions Albin Michel 2001, Le Livre de Poche, 2003, 544 pages. 6,95 €.

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