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Faut-il se jeter à l’eau ?

Pour effectuer un sauvetage... il faut être en bateau !

Le lundi 1er septembre 2008, par Jean-Pierre Bernard

Un ami de la famille a été, durant une quarantaine d’années, secrétaire général de la Mairie de Saint-Jean-de-Braye (Loiret). Où l’on voit que l’Administration est parfois tatillonne... même pour les propositions de médailles de sauvetage. L’essentiel de cette petite anecdote a été tiré d’un petit recueil dont mon ami est l’auteur.

La Loire, aujourd’hui seul fleuve « sauvage » d’Europe, a toujours été dangereuse, avec ses remous, ses courants, et bien des personnes se sont noyées par imprudence au long de ses rives.

A l’époque où le fleuve était navigable, il existait une marine spécifique et des ports établis tout au long de son cours, avec toute un peuple de mariniers, d’éclusiers etc.

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La Loire entre Saint-Loup et Combleux.
Cliché de l’auteur.

De nombreux actes de sauvetage ont été relatés, et, parfois, les communes proposaient les sauveteurs pour une médaille.

Ce fut le cas pour Noël Victor BOUDEAU, marinier au port de Saint-Loup en bord de Loire, près d’Orléans.

Il accomplit plusieurs actes de dévouement, notamment en 1867 et 1874, où il sauva deux personnes de la noyade.

Le Maire de Saint-Jean-de-Braye le proposa pour une médaille d’honneur, sans doute du type de celle-ci, pour les sauvetages en Loire :

Médaille du sauvetage en Loire.

Le 4 août 1874, le Préfet informait qu’il transmettait avec avis favorable cette proposition à Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Intérieur.

Le 15 septembre suivant, une lettre du Préfet répercute une demande d’enquête, provenant du Ministère.
En voici un extrait :

« ... D’après les renseignements recueillis, le sieur BOUDEAU était en bateau lorsqu’il a opéré le dernier sauvetage et, dès lors, il ne semble pas à Son Excellence qu’il ait couru dans cette circonstance un danger assez sérieux pour mériter une médaille d’honneur. »

L’Administration reconnaît tout de même le mérite de BOUDEAU, et le texte poursuit :

« Quant au sauvetage qui remonte à 1867, les témoins affirment que le sieur BOUDEAU a exposé ses jours. Il importerait cependant de savoir s’il était également en bateau ou s’il a été obligé de se jeter à la nage. C’est sur ce point que j’appelle votre attention. »

CQFD...

On n’obtient pas si facilement une médaille de sauvetage !

L’acte de courage a dû être enfin reconnu car, le 22 mars 1875, à défaut de médaille, le Préfet accordait au sieur BOUDEAU, qui ne s’était pas posé toutes ces questions, une récompense pécuniaire.

Mais BOUDEAU, lui, n’avait pas attendu pour sortir ces personnes de l’eau !

Source : D’après « En singeant... et papotant. Recueil d’anecdotes Abraysiennes », de François Marchand. Elvire Editions, Beaugency. Imp. IBD, Bellegarde - 1991.

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