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En l’année 1809, en Espagne, la peine de la potence est abolie

On la remplace par un traitement « plus humain »

Le mardi 1er avril 2008, par Jean-Pierre Bernard

Les aléas de l’histoire, et le désir de conquête de Bonaparte, ont fait que l’Espagne, en cette année 1809, avait pour roi Joseph, frère de celui qui était l’empereur Napoléon 1er.
Comme toujours, des bonnes choses et des mauvaises vont se produire.
Tenir l’Espagne n’était pas chose facile, et beaucoup de victimes sont à déplorer.

Dans sa grande mansuétude, le roi Joseph promulgue, entre autres, un décret, à la date du 19 octobre 1809, dont voici les termes :

"S.M. a rendu le décret suivant le 19 de ce mois :
D. Joseph Napoléon, etc., sur le rapport de notre ministre de la justice, ouï notre Conseil d’Etat.

  • Art. 1er : La peine de la potence est et demeure abolie dans toute l’étendue de nos royaumes."

La pendaison était une peine courante à l’époque. En Espagne, comme ailleurs, on passa « la corde au cou » d’une multitude de condamnés, parfois pour des délits qui, de nos jours, vaudraient à son auteur à peine quelques années de prison.
Peine barbare, il est vrai, comme toutes les peines de mort que les pouvoirs en place décident, et qui est encore en application dans maints pays de notre planète en cette année 2006.

On se dit donc : « il est très bien, ce roi Joseph ; il a compris que la barbarie ne devait pas être un sentiment pour les humains, et que personne, quelque faute qu’il ait commise, ne mérite pas pareil traitement. »

Lisons l’article 2 de ce décret :

  • Art. 2 : « Cette peine sera remplacée par celle de la strangulation pour tout condamné à mort, sans aucune distinction de classe, d’état, de qualité, de sexe, ni de délit. »

Ah, bon ! On se disait aussi....!
Quelle différence y a-t-il intrinsèquement entre la potence et la strangulation ? Que l’on meure pendu ou étranglé, on meurt de toute manière.
Cette peine est tout aussi barbare, et implique certainement encore plus de participation du bourreau. En effet, pour la pendaison, on met la corde au cou du condamné, on ouvre la trappe... et le corps demeure retenu par le cou, par la corde, « jusqu’à ce que mort s’ensuive. »
Pour la strangulation, il est nécessaire que l’exécutant ait un contact beaucoup plus physique avec le condamné. De ses mains, il doit lui presser le cou, l’étrangler, retenant la personne, qui doit se débattre, et serrant de plus en plus fort jusqu’à ce que l’air ne passe plus.
Mais nous allons être vite rassurés en constantant que cette strangulation, qui s’opère sur l’échafaud, au moyen d’une espèce de collier de fer, était le supplice réservé aux condamnés appartenant à quelque classe privilégiée sous l’ancien gouvernement.« Ouf...! Alors ainsi c’est mieux ! Le roi dans sa grande bienveillance et son désir d’égalité, nous fait mourir de la même manière que les gens des classes »privilégiées". Et si, en plus, on utilise un instrument conçu pour cela, que demande-t-on de plus ? On sera content de mourir de la même manière que les nantis, les grands de ce monde, et au moins on aura quelque chose de commun avec eux !
Plus de différence entre les classes : tout le monde meurt pareil, strangulé !

On croit rêver !
C’est vraiment « blanc bonnet, bonnet blanc » que ce décret.
On aurait pu s’en passer, et tout bonnement, déjà à cette époque, si l’on avait eu quelque sentiment d’humanité, décréter que toute peine de mort est abolie, sous quelque forme que ce soit.
On n’en était pas encore là. Et nous n’avons hélas rien à envier à nos prédécesseurs sur ce point.
Regardons rapidement les deux autres articles qui composent le corps de ce décret :

  • Art. 3 : « Les condamnés ne pourront prolonger leur station dans la chapelle consacrée à cet objet, au-delà du terme précis de vingt-quatre heures. »

Là aussi... on ne lésine plus ! Plus question de traîner en attendant son exécution. Vingt-quatre heures maximum, et on opère ! Le bourreau n’a pas que cela à faire non plus...

  • Art. 4 : « Quel que soit le caractère ou la distinction, soit ecclésiastique, soit civile, soit militaire, d’un individu condamné à la peine capitale, il s’en trouvera dégradé par le fait même de la sentence prononcée contre lui. »

La cerise sur le gâteau...! Non seulement on nous met à mort, mais on nous retire nos grades, distinctions et autres. Quoique, une fois mort... quelle importance !
Heureusement, il nous restera encore la satisfaction d’être mort comme si l’on était un privilégié, le roi l’a dit. Quelle consolation !

Et le décret se termine ainsi :

"Notre Ministre de la justice est chargé de l’exécution du présent décret.
Signé : MOI LE ROI
Et par S.M.,le ministre secrétaire d’Etat
M.L. De Urquijo."

Et voilà, c’est ainsi ! Prenez acte, et faites-moi cela dans les formes prescrites.
C’est « MOI LE ROI » qui vous l’ordonne.
Il ne serait pas un peu imbu de lui-même, ce Joseph, ce « MOI LE ROI » ?

Evidemment, on se moque un peu, et c’est bien facile.
Mais, aujourd’hui, nous ne sommes pas meilleurs, nous les humains. Bien sûr, dans certains pays comme la France ou d’autres états, nous avons aboli la peine de mort, sous toutes ses formes, mais ce n’est pas encore le cas partout, loin de là.

Certains pays pratiquent encore la pendaison, la strangulation, voire la décapitation, et aussi, ce n’est pas plus « doux », les exécutions par chaise électrique ou injection d’un produit létal.
Il est vrai que, dans certains cas (et vous ne direz pas le contraire !)pour des crimes affreux ou absolument abominables, on souhaiterait presque que « la Loi du Talion » soit appliquée, mais il n’est pas nécessaire, à l’examen, d’appliquer la même sauvagerie que celle dont se sont rendus coupables certains criminels. « L’oeil pour oeil, dent pour dent » n’est pas une bonne solution.
C’est la société, et surtout, fondamentalement, l’être humain qu’il faudrait changer... et là !

C’était une petite digression sur la peine de mort, sujet vaste, grave et important s’il en est.

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