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Accueil > Articles > La vie militaire > « Nos Poilus » > « Au Bois des Haudronvilles »

« Au Bois des Haudronvilles »

Une entraide réussie à travers l’Atlantique

Le jeudi 10 mars 2011, par Michel Guironnet, Raymonde Friberg

Le temps, l’âge, la santé, la langue et l’éloignement : tous ces obstacles cèdent lorsqu’il y a la passion... et Internet.

Début février 2010, je reçois ce mail :

"Je viens de lire l’histoire d’Antoine Theureau avec grand intérêt.
Mon père a été brancardier pendant la 1re guerre (j’ai 83 ans) et d’après l’histoire de famille il aurait reçu une citation pour avoir fait, tout seul, des prisonniers allemands (????).

Il est mort en 1936, alors que j’avais 9 ans. Mes souvenirs sont flous. Y a-t-il un endroit où je pourrais rechercher cela ?

Premiers échanges

Mon père était Joseph Daygue né à Besseges, Gard, le 19 mars 1896. Son père était originaire de Monpezat-sous-Bauzon, Ardèche, d’où il était parti travailler dans les mines de Besseges.

Votre aide serait très appréciée. Bien à vous. Raymonde (Daygue) Friberg".

Ma réponse ne tarde pas :

"Pour que je puisse vous aider, il me faut connaître le nom du régiment où était affecté votre père. Auriez vous des cartes postales qu’il aurait envoyé du front à sa famille... ou bien son livret militaire, ou d’autres papiers qui pourraient me donner des pistes ?

Vous pouvez aussi demander son registre matricule aux archives départementales de son lieu de résidence à 20 ans, lorsqu’il s’est fait recenser.
Ce doit être dans le Gard.

Dans ce registre, conservé en série R, vous devriez trouver des renseignements sur ses états de service militaires, dont le régiment...

Ensuite, grâce au Journal de Marche et Opérations de celui ci, nous pourrions peut être retrouver cette citation !

Voilà pour un début. N’hésitez pas à me recontacter".

Par retour, elle me répond : "Grand merci pour votre prompte réponse. Je vais suivre vos conseils et je crois, écrire aux AD de l’Ardèche, car à l’âge de 2 ans il est venu habiter Montpezat avec son père et sa sœur (ma grand-mère étant morte en couches).

Hélas je n’ai pas de papiers concernant mon père, tout a disparu pendant la guerre. J’ai quelques photos de lui en uniforme.

À cela, je lui réponds :

"Vous avez raison de tenter cette démarche auprès des archives.

Si vous pouvez m’envoyer par mail les scannes de ces photos de votre père en uniforme, peut être y aura-t-il un indice pour identifier le régiment... ou bien au dos des photos une annotation. Bon courage !"

Quelques jours après, je reçois deux photos.

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Joseph Daygue casqué
Joseph Daygue porte sur cette photo un casque Adrian. La photo peut donc être datée d’après septembre 1915. Joseph porte un casque d’infanterie, bien reconnaissable à son insigne.

En faisant un agrandissement de la photo, sur le col de sa veste, on distingue bien le numéro 156. Joseph est alors, très probablement, au 156e Régiment d’Infanterie.

Piste confirmée, sur l’autre photo, par le même numéro sur le col et le port d’une fourragère obtenue par le 156e RI [1] .

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Joseph Daygue tête nue

"Comment savoir s’il a eu une citation ? Seuls ses états de service pourront nous le dire, grâce à son registre matricule.

En attendant, vous pouvez consulter le Journal de Marche et Opérations (J.M.O) de ce régiment sur le site Mémoire des Hommes.

Pour retrouvez trace de Joseph, si c’est le bon régiment, il faut tout dépouiller... un gros travail ou de la chance !"

Comme en 1918, une alliance franco-américaine

"Merci pour les informations, si précieuses. Je vais lire peu à peu toutes les infos sur ce régiment. Peut être aurais-je la chance de trouver son nom !
« Je sais que cela sera assez long à lire mais je suis prête à le faire », m’écrit elle.

"Mon problème sera d’obtenir le carnet militaire des archives. Je vais essayer par la SAGA dont je suis membre. Sinon, je demanderais à une dame américaine, contactée par internet dont l’arbre contient un Daygue, descendant d’une famille Eschalier de Montpezat. Depuis 3 ans, je l’ai aidée dans ses recherches sur Montpezat.

Elle va aller visiter l’Ardèche en juin et je suis sure qu’elle pourra m’obtenir ces info. Jusqu’à maintenant j’allais en France régulièrement mais maintenant je ne pense plus y aller seule".

Intrigué, je lui demande :

« Si je comprends bien, vous ne résidez pas en France ...C’est vrai qu’avec internet, les distances n’ont plus d’importance. »

« Vous avez bien compris », me répond elle. « Je réside aux USA depuis 1946, m’étant mariée avec un soldat américain en 1945. Nous avons passé 38 ans très heureux avec nos 3 enfants et il est décédé en 1983, 5 semaines après notre retour de France. Depuis je vis seule au New Hampshire.

J’ai fait de nombreuses visites aux archives de l’Ardèche, à la mairie de Montpezat. J’ai commencé à rechercher mes racines après avoir accompagné mon fils a l’église des mormons où il recherchait la ligne des Friberg qui sont d’origine suédoise.

Le jour où j’ai vu le nom Daygue sur un document j’étais prise dans la joie des trouvailles (Daygue est un nom assez rare).

Bien qu’étant née dans l’Ardèche, j’ai vécu le plus longtemps dans les environs de Dijon.

Il y a 3 ou 4 ans, je suis allée en France avec ma fille aînée et nous avons visité des parents retrouvés grâce a la généalogie à Paris, en Dordogne, sur la Cote d’Azur et en Ardèche. Voyage merveilleux.

Hélas mes cousins germains, chez qui je faisais pied à terre quand j’allais seule, sont octogénaires comme moi et ne conduisent plus. Je conduis toujours mais je ne pourrais pas louer une voiture en France à cause de mon âge. L’idée de ne plus aller en France me tiraille mais il faut faire face à la vérité.

… Encore trop bavarde. Amicalement, Raymonde. »

Et notre conversation continue ainsi, au fil des mois, jusqu’au jour où Raymonde, sur les conseils éclairés de son amie et du Conservateur des archives de l’Ardèche, obtient communication du registre matricule de son père.

État des services de Joseph Daygue

Les jeunes gens de l’arrondissement de Largentière, en Ardèche, et par conséquent ceux de la commune de Montpezat, relevaient du bureau militaire de Pont Saint Esprit.

Fin juillet dernier, les archives départementales du Gard retrouvent le registre matricule de Joseph Daygue.

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Etat des services de Joseph Daygue

Joseph étant né en mars 1896, il aurait dû être mobilisé avec les hommes de la classe 1916, c’est à dire le 8 avril 1915.

Sur le carnet matricule, il est noté que Joseph Daygue a été « classé dans la 5e partie de la liste en 1915 » du fait d’une « faiblesse. »

Sa fille m’explique ainsi cette faiblesse : « il n’était pas assez grand, l’année suivante il avait un peu plus grandi et à la fin de la guerre il mesurait 1 m 70. »

En 1916, Joseph est « classé dans la 1re partie de la liste ». Comme bien d’autres jeunes de son âge, il doit partir au front.

À noter son degré d’instruction indiqué « 2 », ce qui signifie qu’il sait lire et écrire.

« Détail des services et mutations diverses »

- « Incorporé à compter du 26 août 1916, arrivé au corps (52e Régiment d’Infanterie) et soldat de 2e classe le dit jour.

  • Passé au 157e Régiment d’Infanterie le 11 janvier 1917 ; aux armées le 11 janvier 1917.
  • Passé au 156e Régiment d’Infanterie le 14 juin 1917.
  • Passé au 84e Régiment d’Infanterie le 10 mars 1919.
  • Passé au 45e Régiment d’Infanterie le 13 mai 1919.
  • Mis en congés illimité de démobilisation… par le dépôt du 55e R.I le 24 septembre 1919.
  • Se retire à Montpezat (Ardèche), certificat de Bonne Conduite accordé.
  • Classé AS (Affecté Spécial) comme ouvrier à la Cie P.L.M au Teil au 26 mars 1921… »

Joseph ne reste que quelques mois au 52e RI et ne doit pas être alors sur le front car il est noté « aux armées le 11 janvier 1917 » lorsqu’il rejoint le 157e RI.

En fait, comme me le fait très justement remarquer Raymonde, ma correspondante, à l’occasion de l’un de ses nombreux messages transatlantiques, ce n’est probablement pas le 157e RI, régiment qui alors se bat vers Salonique durant la Campagne d’Orient. Ce régiment y sera jusqu’à l’Armistice.

Joseph Daygue, son père, est affecté au 9e Bataillon du 157e RI... Ce qui fait toute la différence !

Au 9e Bataillon du 157e

Le JMO du 9e Bataillon [2] s’ouvre à la date du 22 avril 1915 par cette note préliminaire :

« Par ordre ministériel et sur la demande du Général Commandant en Chef, il a été crée un certain nombre de bataillons de marche d’infanterie destinés à servir, en arrière du front, de dépôt de passage.

En conséquence, le Général Commandant le 14e Corps d’Armée avait ordonné à la date du 20 avril la création à Gap d’un de ces bataillons. Ce bataillon a été formé par des prélèvements sur les 3 corps ci-après : 52e, 157e et 159e d’infanterie, chacun de ces corps entrant pour un tiers dans sa composition. Par dépêche ministérielle en date du 22 avril, ce bataillon prit le N° 9 du 157e d’Infanterie et les compagnies furent numérotées 33e, 34e, 35e, 36e compagnies. »

À la date du 11 janvier 1917, on relève ce passage : « Arrivée à Toul d’un détachement venu du 52e RI dépôt de Montélimar (Drôme) faisant partie des récupérés des classes 1913 à 1917 visés par la note du G.Q.G (Grand Quartier Général) N° 14706 en date du 18 décembre 1916.

Ce détachement est cantonné à la caserne Lamarche à Toul. Il comprend : 2 officiers, Lieutenant Huet et Sous-Lieutenant Demaison, et 266 hommes. Il est rattaché administrativement à la 36e Cie du bataillon comme fraction détachée »

Joseph Daygue doit être l’un de ces « récupérés. »

« 12 juin 1917… le 9e Bataillon du 157e RI dirige sur le D.D du 156e RI un renfort de : 1 chef de section, 2 sergents, 4 caporaux, 83 soldats. L’embarquement à lieu à 15 heures en gare de Toul ».

Présent, très probablement, parmi ces soldats : Joseph Daygue.

Au 156e Régiment d’Infanterie

À partir de juin 1917, nous suivons le parcours de la 39e Division d’Infanterie [3] dont fait partie le 156e RI avec les 146e et 153e RI :

  • 5 au 25 juin 1917 : retrait du front et repos dans la région de Saint-Nicolas-de-Port.
  • 25 juin au 4 novembre : mouvement vers le front ; occupation d’un secteur vers Pont-à-Mousson.
  • 4 novembre 1917 au 10 janvier 1918 : travaux de 2e position vers Rosières-en-Haye et Blénod-lès-Pont-à-Mousson.

À partir du 3 janvier 1918, mouvement vers Toul ; repos et instruction.

  • 10 janvier au 29 mars 1918 : à partir du 16 janvier, occupation d’un secteur à Verdun (cote 344 et la ferme Mormont).
  • 29 mars au 25 avril 1918 : retrait du front ; repos.
  • À partir du 17 avril : transport vers le front dans la région de Bergues, puis dans celle de Poperinghe.
  • 25 avril au 6 mai 1918 : engagée, au nord du mont Kemmel (en liaison avec l’armée britannique), dans la 3e Bataille des Flandres. Violentes attaques de l’ennemi, secteur vers le Scherpenberg et la Clytte.
  • 6 au 26 mai 1918 : Retrait du front ; transport vers Dunkerque puis dans la région de Villers-Cotterêts ; repos.
  • 26 mai au 3 juin 1918 : engagée dans la 3e Bataille de l’Aisne ( offensive allemande dans la région de Soissons).
  • 3 au 22 juin 1918 : mouvement par étapes vers l’est de Paris ; instructions d’unités américaines.
  • 22 juin au 30 juillet 1918 : occupation d’un secteur sur les deux rives de la Marne, vers Château-Thierry et Vaux.
  • Les 1er et 6 juillet, attaque des positions ennemies dans la région de Vaux.
  • À partir du 21 juillet, engagée dans la 2e Bataille de la Marne : Le 21 juillet, occupation de Château-Thierry.
  • 30 juillet au 8 août 1918 : retrait du front, repos au sud de Commercy.
  • 8 août au 28 octobre 1918 : occupation d’un secteur vers l’étang de Vargévaux et Chauvoncourt.

À partir du 13 septembre, Bataille de Saint-Mihiel (front bois d’Ailly, étang de Vargévaux).

À partir du 16 septembre, occupation d’un secteur vers Hattonchâtel et le bois du Chaufour.

  • 28 octobre au 9 novembre 1918 : retrait du front, mouvement vers la région Toul, Nancy ; repos.

Durant ces derniers mois de la Grande Guerre, la 39e Division d’Infanterie combat avec les troupes américaines des Ier, IVe et Ve C.A.U.S, participant à la célèbre « percée du Saillant de Saint Mihiel », action décisive pour la poursuite des combats.

Les citations de Joseph Daygue [4]

« Cité à l’ordre du régiment N° 147 du 30.9.18 : soldat d’élite, brave et courageux. Le 27.9.18, l’ennemi ayant été signalé en avant du petit poste qu’il occupait, s’est présenté spontanément pour suivre son chef de section en patrouille, est tombé sur deux ennemis à l’improviste qu’il a réussit à faire prisonnier. Croix de Guerre Étoile de bronze »

« Cité à l’ordre de la division N° 171 du 12 octobre 1918 : soldat remarquable d’entrain, d’énergie et d’audace. Le 27 sept (embre) 1918, l’ennemi ayant été signalé, s’est porté hardiment en avant, surprenant deux ennemis qu’il réussi à faire prisonnier. Croix de Guerre Étoile d’argent »

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JMO 26 N 335 de la 39e DI

En comparant ces citations avec les positions du 156e Régiment d’Infanterie à cette date, je conclue que l’action qui a valu sa Croix de Guerre à Joseph Daygue s’est passée au Bois des Haudronvilles, à l’ouest de Metz.

« A ce moment, la réduction du saillant de Saint-Mihiel était complètement terminée. L’ennemi s’étant reporté sur une deuxième position .../... notre offensive était volontairement arrêtée et nous organisions le terrain conquis.

Fin septembre et commencement octobre (1918), le 15-6 alternait avec le 146e pour occuper la position d’avant-postes du bois des Haudronvilles-Bas, à l’est de la route de Beney à Saint-Hilaire, et la position de résistance du bois Chauffour, à l’ouest de cette route.

L’ennemi, démoralisé par sa récente défaite, était devenu tout à fait passif. À peine manifestait-il une certaine activité d’artillerie.

Par contre, nous le harcelions sans discontinuer : reconnaissances, patrouilles, coups de main se succédaient en particulier dans la région des étangs de La Chaussée. »

(Extrait de l’historique du 156e Régiment d’Infanterie)

En parcourant le JMO du 156e RI entre le 20 et le 28 septembre 1918

« 20 septembre : reconnaissance de secteur dans la journée. Dans la nuit du 20 au 21, le III / 156 (3e bataillon du 156e) relève le bataillon Béthouard du 146e RI sur la position d’A.P (Avant Poste) Mouvement sans incidents. Pertes : 1 évacué malade. »

21 septembre : le matin, à 9 heures, sur un terrain au Nord Est de Buxières, le Général Pougin ? procède à la remise des décorations aux militaires de la D. I (la 39e Division d’Infanterie) jusqu’à l’ordre de la DI inclus. Y assistent : 1er Bataillon du 156, 1 Compagnie de revue du 146e, 1 Compagnie du 153e, un détachement du Génie, de l’E.D et de l’A.C.D, les 3 drapeaux, les 3 musiques.
Le Lieutenant Colonel Guitry commande les troupes. Après la revue et la remise des décorations : défilé. »

Dans la nuit du 21 au 22, le I / 156 relève le II / 146 sur la position de résistance, le II / 156 relève le I /146 en réserve. Journée calme pour le III / 156 qui est déjà en ligne.

Dans l’après midi, la 10e (compagnie) effectue la reconnaissance du Bois des Haudronville-Bas. Dans la seconde partie de la nuit (du 21 au 22) une forte reconnaissance reconnaît la partie Nord Est du Bois des Haudronville Bas et situe la ligne des sentinelles ennemies à 600 mètres Sud de la lisière Nord Est du Bois.

De vifs engagements ont résulté de ces reconnaissances. Pertes : 1 sous officier et 4 hommes blessés par balles. »

22 septembre : à 8 heures, le Lieutenant Colonel prend le commandement du sous secteur Chauffour. Journée calme. L’artillerie ennemie exécute des tirs de harcèlement au cours de la nuit, sur les routes et les carrefours. Pertes : 1 homme blessé.

23 septembre : journée calme. Une patrouille se heurte au Groupe de Combat de gauche de la 10e Compagnie et se retire sous une vive fusillade. Pertes : 2 hommes évacués malades.

Dans la nuit, le II/156 relève le III/156 sur la position des Avant Postes sans incidents.

24 septembre : journée marquée par une grosse activité de l’artillerie ennemie, particulièrement anormale entre 21 heures et 0 heure 40. Une de nos patrouilles lancée à 9 h 15 devant l’un de nos G.C des A.P (Groupe de Combat des Avant Postes) ramène, après un court engagement, 3 prisonniers et met le reste du détachement ennemi en fuite (dont 1 sous officier – tous du 19e B.CP)
Pertes : 1 homme blessé par éclat d’obus, 1 malade évacué et 3 intoxiqués. »

25 septembre : journée plus calme qu’hier. Pertes : néant.

26 septembre : à partir de minuit, grosse activité de notre artillerie sur l’ensemble du front. Réaction de l’artillerie ennemie très faible d’une manière générale, nulle sur notre sous secteur.

Dès 4 heures 30, l’ennemi semble inquiet et lance de très nombreuses fusées d’une grande diversité de couleurs, particulièrement sur notre droite. 2 de nos patrouilles reconnaissent la partie Nord du Bois des Haudronville Bas, elles se heurtent aux sentinelles des petits postes ennemis qui ouvrent le feu. Pertes : 1 homme évacué malade, 1 blessé léger.

27 septembre : journée assez calme. À 10 heures 50, une patrouille capture en 357.1, 249.7 deux allemands du 19e B.C.P (dont un sous off). Circulation intense. Pertes : 1 blessé, 2 malades évacués.

28 septembre : activité plus grande de l’artillerie ennemie dont les tirs d’interdiction sur les carrefours et les routes diminuent mais qui effectue des tirs très violents d’obus à gaz sur zones. Pertes : 5 blessés, 2 malades, 2 intoxiqués (évacués). »

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Dans le JMO du 156e RI en 1918
Joseph Daygue n’est pas nommé mais c’est probablement de lui dont il s’agit ici.

Dans le J.M.O du 156e RI [5] à la date du 27 septembre 1918, est relatée, nous l’avons vu, la capture de soldats allemands par une patrouille. Il est indiqué pour localiser l’endroit : 357.1, 249.7.

S’agit-il des données géographiques du lieu ou ces chiffres peuvent ils être les coordonnées d’une carte d’état major ?

Grâce à la réponse de Jacques Seynaeve, de la liste Génémil, réponse accompagnée d’une carte, tout s’éclaire : ces coordonnées un peu
mystérieuses sont le quadrillage de la carte.

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Coordonnées d’un point sur le terrain
Carte extraite du JMO de la 39e DI pour 1918, DI dont faisait partie le 156e RI.

C’est bien le Bois des Haudronvilles... Tout correspond.

Avant l’Armistice et quelques jours après au 156e Régiment d’Infanterie

  • Départ le 7 novembre à 7 heures 30 de Germiny. Cantonnement à Ceintrey (au sud de Nancy).
  • 8 novembre : journée d’exercices.
  • 9 novembre : concours de tir de bataillon Remise des croix de guerre par bataillon.
C’est probablement ce jour là que Joseph Daygue est décoré de la Croix de Guerre.
  • 10 novembre : le régiment fait mouvement dans la fin de la nuit. Départ approximatif 23 h 45.

Ordre de marche des bataillons) I.II.III Itinéraire : Germiny, Pont St-Vincent, Nancy. Les 2 Compagnies (des manutentionnaires arrivées le 7 novembre) de Ceintrey ne bougent pas.

Cantonnements : tout le Régiment caserne Landremont à Nancy.

11 novembre : Signature de l’armistice. Journée de Repos, quartier déconsigné.

  • 12 novembre : la musique du 156e avec celles de la 39e DI et de la 18e DI exécute une retraite aux flambeaux dans la ville de Nancy dès 20 h 30.
  • 13 novembre : Marche du Régiment – Nancy – Champigneulles – Buxières – Malzéville- Nancy.

Défilé dans la ville à l’aller et au retour. Départ 11 h 30 tenue en veste sans sac.

  • 14 novembre : préparatifs de départ.
  • 15 novembre : le Régiment fait mouvement. Départ 7 h 30 Itinéraire : Maxéville, Champigneulles, Bouxières (aux Dames), Custines, Millery, Autreville (sur Moselle). Ordre de marche : I, II, III.

En guise d’épilogue

Laissons le mot de la fin à ma correspondante :

"Je pense que quelque chose me guide à retrouver un peu de mon père : votre rencontre, votre aide et tomber sur des documents qui ont l’air de suivre son dossier militaire.

C’est grâce à vous, à votre intérêt pour la première guerre que je dois la joie que je ressens. Merci… Vivant en Amérique depuis 65 ans, j’ai perdu l’habitude des « cher Mr. ou chère Madame », je veux seulement vous dire que vous pouvez très bien m’appeler Raymonde ou Ramy".

Quelques mois plus tard, Ramy m’écrit :

"La personne qui m’avait envoyé les photos de l’armée a vu que mon père travaillait au P.L.M. et il est allé à Béziers photographier son dossier de travail...
Je suis si heureuse de pouvoir enfin combler les trous sur la vie de papa. Je n’ai jamais pensé que cela arriverait."

En généalogie, tout peut arriver... La preuve !

À suivre ?


[1La fourragère doit être verte et jaune, aux couleurs de la Médaille militaire

[29e Bataillon du 157e Régiment d’Infanterie JMO 26 N 700 /7 et 700/8

[3grâce aux sites incontournables Parcours de Guerre des Régiments français et Le Chtimiste

[4d’après son registre matricule

[5JMO 26 N 699/12 du 21 janvier 1918 au 4 août 1919

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4 Messages

  • « Au Bois des Haudronvilles » 13 mars 2011 18:03, par André Vessot

    Bonsoir Raymonde et Michel,

    Cet article m’a beaucoup ému, je comprends pour vous Raymonde l’importance de cette recherche sur un père qui vous a quitté alors que vous n’aviez que 9 ans. Je trouve assez extraordinaire cette coopération des deux côtés de l’océan. Vous avez raison « Tous les obstacles cèdent lorsqu’il y a la passion ». Je suis heureux qu’avec Michel qui est un grand connaisseur de cette période, vous ayez pu progresser dans la connaissance de l’histoire de votre père pendant la grande guerre.
    Bravo à tous deux pour cette très belle aventure et cette magnifique coopération. Bien cordialement.

    André VESSOT

    Répondre à ce message

  • « Au Bois des Haudronvilles » 13 mars 2011 20:13, par Hélène Leboeuf

    Bonjour. Un bonjour du Québec. Donc, presque voisine avec vous, Raymonde.

    Le MERCI que je vous dis est encore plus IMMENSE que la distance qui sépare la France de l’Amérique.

    MERCI de m’avoir permis de lire tout ce cheminement et de m’avoir permis de lire CES SI BELLES ET ÉMOUVANTES RETROUVAILLES avec vous, Raymonde et votre père.

    Je suis tellement HEUREUSE POUR VOUS.

    Et que seraient nos recherches généalogiques, en France, sans LES SUPPORTS ET AIDES que vous nous fournissez avec tant de générosité.

    MERCI À VOUS AUSSI.

    Hélène Leboeuf
    Trois-Rivières, Québec

    Répondre à ce message

  • « Au Bois des Haudronvilles » 25 mars 2011 14:32, par ded87pap69

    bravo pour la recherche et surtout pour le plaisir que Raymonde à du éprouver !

    C’est un plaisir d’avoir lu cet article,car il me fait penser à ma marraine, mariée à un Américain de l’aéroport de la « Martinerie » à Châtauroux (36) partie à Saint Louis du Missouri, puis à Chicago pour la retraite,dont je n’ai plus eu de nouvelle depuis le décès de ses parents, à Bourges.
    andré bregeras

    Répondre à ce message

  • « Au Bois des Haudronvilles » 27 janvier 2018 08:35, par Erica

    This is the story of my great grandfather. Ramy is my grandmother. So wonderful to have stumbled upon it.

    Répondre à ce message

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