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6 janvier 1568 : La bataille de Cognat (Allier)

Le lundi 5 novembre 2007, par Jacques Lafaure

Le 6 janvier 1568 une troupe de huguenots (ou protestants) destinée à l’armée de Condé qui assiège Chartres, traverse l’Allier sur le pont de Vichy et se dirige vers l’ouest. A la sortie des Bois de Randan, elle rencontre une armée catholique venue lui barrer la route ; les huguenots la bousculent et continuent leur chemin…

Ce combat qui a pris le nom de bataille de Cognat n’est qu’une péripétie secondaire dans l’embrasement qui a secoué le royaume de France durant la seconde moitié du XVIe siècle mais un fait marquant pour l’histoire régionale.

C’est le hasard qui fait se rencontrer ces deux armées en Bourbonnais, à quelques km de Vichy : l’armée des Huguenots avec à sa tête le capitaine Poncenat vient du sud ; quelques jours plus tôt elle a subi une défaite à Champoly dans l’actuel département de la Loire.

Le 3 janvier Poncenat et ses lieutenants arrivent à Vichy et commettent des exactions contre les édifices catholiques de la cité : le couvent des Célestins est par exemple incendié. Au matin du 6 janvier ils franchissent l’Allier sur le pont qu’ils détruisent et découvrent, du village de Cognat légèrement en hauteur, l’armée catholique en contrebas, dans la plaine de la Limagne.

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Le cadre de la bataille, en contrebas de l’église

Quelles sont donc les forces en présence ? Les protestants forment peut-être une armée de 4 000 hommes avec une infanterie expérimentée et une cavalerie de 5-600 hommes qui est son point faible. Les catholiques ont à leur tête le seigneur de Saint-Hérem, gouverneur d’Auvergne, et sont sensiblement plus nombreux : une infanterie de 3 à 4000 hommes obéissant à l’évêque du Puy Antoine de Saint-Nectaire et une cavalerie de 1000 à 1200 chevaux. Dans ses rangs la noblesse du Forez est représentée avec Jacques d’Urfé et celle du Bourbonnais avec Jean Motier, comte de Lafayette et seigneur de Cognat.

L’armée protestante, sur le rebord du plateau, occupe une position plus favorable. En avant-garde 120 arquebusiers ou « enfants perdus » sont dépêchés ; une partie de l’infanterie reste en réserve et la cavalerie stationne au nord de l’église de Cognat.

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La petite église de Cognat-Lyonne

Les catholiques franchissent le ruisseau qui coule au pied du village et partent à l’assaut des positions protestantes : ils sont reçus par le feu des arquebusiers en embuscade.

La seconde phase de la bataille est constituée par la contre-attaque protestante : ils descendent dans la plaine en cherchant à encercler leurs adversaires ce qui provoque la fuite des catholiques en ordre dispersé. Les fuyards sont poursuivis quelques temps par Poncenat . Ce dernier, de retour au camps de base (sans doute à Cognat) n’est pas reconnu par les siens et tué d’un coup d’arquebuse.

Ainsi les catholiques avec une centaine ( ?) de morts - dont le seigneur de Cognat - ont échoué pour barrer la route aux protestants. Dans cette bataille quelque peu inachevée, s’ils ne remportèrent pas une victoire décisive, du moins purent-ils poursuivre leur chemin vers Chartres et le prince de Condé.

Outre les récits des deux ou trois chroniqueurs (voir bibliographie) qui évoquent cet événement et qui constituent les principales sources, cette bataille de Cognat est représentée sur une gravure sur cuivre de 1569, œuvre de Tortorel et Périssin.

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La fresque de l’église
D’après la gravure sur cuivre de Tortorel et Périssin.

L’archéologie semble attester de la bataille : en 1978 furent découvertes sur la commune de Cognat deux sépultures humaines en pleine terre. Le matériel recueilli (épingles, clous, céramiques) permet d’avancer la période de la fin du Moyen Age, voire le XVIe siècle : il se pourrait que ces sépultures soient consécutives à la bataille de 1568 mais les preuves manquent.

Une épée avec pommeau bouleté, fusée, garde à section circulaire et lame à double tranchant a été retrouvé à Cognat. Cette dague est caractéristique du XVIe siècle et est sans aucun doute en rapport avec la bataille : elle était portée par les arquebusiers à pied et les pistoliers à cheval. Elle accompagnait la rapière tenue dans l’autre main.

Sources :
Nous reprenons en bibliographie les principales sources dont se sont inspirés les historiens pour évoquer cette bataille :

  • Voisin de la Popelinière Lancelot, La vraie et entière histoire des troubles et choses mémorables, avenues tant en France qu’en Flandres, et pays circonvoisins, depuis l’an 1562, La Rochelle, 1573 Livre III, p. 100-102
  • Belle-Forest François de, Les Grandes Annales et Histoire générale de France de Philippe de Valois jusqu’à Henri III, Paris, 1569, Livre VI, Chapitre 106, p. 1664
  • Mezeray, Histoire de France, 1646, t. II, fol. 983-984.

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