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14/ La Grande Guerre et les Morel de Lavoine : correspondance familiale et témoignage historique.

Janvier 1916

Le vendredi 20 mars 2026, par Jean Magnier

Gaspard a obtenu une permission en fin d’année. Il va conserver son emploi de forgeron jusqu’à la fin de la construction du nouvel atelier de chargement d’obus à Yzeure, près de Moulins. En plein hiver, les conditions de travail sont particulièrement pénibles.
Il changera de pension et peut compter sur Claudia et Célina pour un indéfectible soutien à distance.
Ses deux frères Claude vont quitter le secteur de Soissons pour la région parisienne. Le plus jeune, Claudi, a obtenu à son tour une permission, ainsi que Bonnet, le chasseur alpin.
L’hiver est rude pour tous. La lassitude et l’espoir d’une paix prochaine sont partagés.
Tous manifestent le souci de maintenir le lien familial par le courrier.

Pour lire les épisodes précédents

Lettre de Gaspard.

Il est bien rentré de permission, quoique sérieusement éméché, et a repris son travail sans délai ! Il doit rendre ses effets militaires.

Moulins le 4 janvier 1916
Chère femme et chère fille

Deux petits mots pour vous donner de mes nouvelles je suis toujours en bonne santée et je désire de tous cœur que vous en soyez de même je suis arrivé a Moulins en bon port et surtout avec une bonne cuite enfin je suis toujours été bien content de mon voyage je suis arrivé au chantier a une heure je n’ai pas beaucoup fait de travail dans m’a soirée mais ça s’est bien passé
Aujourd’hui j’ai reçu une lettre de Roanne pour que je rende mes effets militaires il y a rien a comprendre le Capitaine du Bureau de chargement de Moulins m’avait dit de ne pas les rendre mais comme c’est d’urgence je m’en vais les renvoyés demain ça me débarrassera toujours surtout que ce n’est que des guenilles
Pour aujourd’hui mes chéries je termine en vous embrassant mille fois bien fort votre bien dévoué mari et papa qui vous aime et ne vous oublieras jamais Morel Gaspard
Bien le bonjour aux amis et parents de m’a part.

Carte-lettre de Bonnet.

Le chasseur alpin se réjouit d’apprendre la permission de ses deux frères Claude et espère aussi en obtenir une alors qu’il affronte l’hiver dans les tranchées alsaciennes.

Historique du 53è bataillon de chasseurs alpins.
Le 7 novembre vient relever à Sondernach* où il restera jusqu’au 8 mars 1916.

*Sondernach est à 27 km au sud-est de Colmar. Voir épisode précédent à la date du 8 décembre.

Mardi le 4 janvier 1916
Cher belle sœur et nièce

Je répond a votre lettre qui mas fait plaisir de savoir de vos nouvel et de savoir que mes deux frères on passer le noêl vers vous
pour quand a moi je suis toujours en bonne santée et en vous soiithan cher belle sœur et nièce mes vœux de bonne année et espérer qu’il soit meilleur que selle qui vient de secouler
ma situation ses toujour la même d’être au trancher.
Cher belle sœur j’esper d’avoir une petite permision pour allez vous voir abientôt
je fini en vous embrassent de tout cœur M B.

Lettre des frères Claude à Claudia et Célina.

Lettre rédigée par l’aîné dit Le Dode. Le second Claudi Le Jeune, en retour de permission, vient de rejoindre son frère, un peu en retrait de la première ligne, dans le secteur de Soissons. Sous la menace des obus, leur unité est chargée de construire des abris.
Ils misent sur la protection divine pour les préserver jusqu’à la fin de la guerre. Ils ajoutent l’envoi de meilleurs vœux.

Le 4 Janvier 1916
cher belles sceur et nies

Je fais réponse a votre lettre qui ma fais un si grand plaisir de savoir de vôt nouvelles et de seux de mon frères Gaspard aussi que mon frère Claudie
moi aussi je suis toujour en bonne santer pour le moment et on désirent de grand ceur que ma lettre vous trouve tous les deux de memes telle qu’il ma quitte
cher belles sceur et nies mon frères a tariver hier soir et je suis etant très content de le voire ariver pour ma protent plusieur petite nouvelles
on n’est dans les trancher mais la compagnie ne les prand pas c’este fois on n’est de tranvaille pour les auttres compagnie
on travaille tout les deux ensembles et on ne marches pas la nuit on na nôt nuit pour nous on n’est pour faire des abrit et plusieur petite chose
a parre les aubus on pacera un mois pas trot malleu
pour les aubus on n’est pas a surrent nulle plasse
enfin il faut toujours vivre en n’espairrransse Dieu nous a grader jusca préssent et il faut lavoir l’espoire quil nous grade jusca la fin
le temps n’est toujour pas trot mauver pour le moment il ne fais pas froit il faut esperrent que liver passe comme sa
Enfin cher belles sceur et nies je suis aubliger de finir pour aujourd’hui car dans la journée on na pas beaucoup de temp de reste
On vous envois a tout les deux des millier de bon baisser de tout nôtre ceur vot deux beaux frère et oncle pour la vie
Morel

cher belles sceur et nies j’ais oubliyer de vous soitent la bonne année je vous la soite bien heureusse et que l’année prochaine on puisse la soittent de vive voix et sans brasser de tout ceur tout ce qui faut çes la fin bien vite

Lettre de Gaspard.

Au cours de sa permission, il a pu rencontrer ses parents et sa sœur Maria qui lui ont offert des étrennes.
Une démarche de Claudia pour lui obtenir un emploi serait mal venue.
Il envisage de demander une embauche dans l’Atelier de chargement d’obus en cours de construction à Yzeure et échapper ainsi à un retour au front. A Moulins, « il fait un vieux sale temps de brouillard. ».

Moulins le 6 janvier 1916
Chère femme et chère fille
A l’instant, je viens de recevoir vos deux aimables lettres qui m’ont fait plaisir d’apprendre que vous étiez en bonne santée pour quand a moi je me porte toujour bien et j’espère que m’a lettre vous trouvera de même
Chères petites amies vous me demandez si j’ai vue le père et la mère dimanche mais oui ces deux pauvres vieux sont venus a la gare ainsi que m’a sœur pour me donner leurs petites étrennes je ne voulez pas l’a prendre mais ils m’ont forcé ce n’est que deux francs mais cela n’y fait rien cela fait voir qui ne m’oublie pas
Cher femme au sujet de la demande que tu voulez faire a Mr Oger (?) laisse donc ça tranquille car je crains que une fois ce serez finit il faudrais rentré dans mon dépot
peut-être que je resterai a Moulins c’est ce que j’ai envie de demander pour rentrer a l’atelier de chargement* l’a je serez sûr de ne plus aller a la guerre enfin je vais attendre encore quelques temps.
Chères petites amies vous me dites qu’il fait bien beau chez nous mais a Moulins c’est tout le contraire il fait un vieux sale temps de brouillard.
Allons chéries je termine pour ce soir en vous embrassant mille fois bien fort votre tout dévoué mari et papa qui vous aime Morel Gaspard Bonjour aux amis et parents

* Voir : 11e épisode à la date du 21 octobre. Arrêt sur image : Entreprise MERCIER.

Lettre de Gaspard.

Les travaux de construction de l’atelier de chargement tirent à leur fin, mais Gaspard le forgeron devrait y participer jusqu’au bout. Il se préoccupe de son équipement vestimentaire et de sa toilette. Des sabots, restés à la maison, lui seraient particulièrement utiles.

Moulins le 11 janvier 1916
Chères petites femmes
Je vous écris deux petits mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment, et je désire de tout mon cœur que vous en soyez de mêmes.
Chère femme et chère fille ne soyez pas étonnés si j’ai tardé un peu a vous écrire car vraiment je n’ai pas beaucoup le temp et plus j’ai démonté ma forge je ne sai pas encore si je va la remonter
a Moulins les travaux commencent a bien se tirer j’ai entendu dire que l’usine allait marcher au commencement Février cependant il y a encore beaucoup de travail comme forge je crois bien que demain je vais l’a remonter car je crois avoir du travail pour un mois.
Chère petite femme, tu me dit que tu veux me faire faire un pardessus mais m’a chérie tu me feras faire une veste et un gilet car si j’ai le bonheur de me rentouner ça me feras plus besoin qu’un pardessus. Je ferez comme je pourrez pour le moment.
Mes chéries il ne me manque rien pour le moment il n’y a que vous
si j’avais mes deux sabots ils me ferait bien plaisir en ce moment par ce vieux temps de boue
il fait un vieux vilain temp a Moulins il pleut tous les jours et c’est très humides tu me les enverras m’a chérie avec deux chaussettes ainsi qu’un rasoir et un blaireau tu ne mettras pas celui que j’avais sur le front car il ne coupe plus rien la moitié du temp je n’ai pas le temp de me faire raser et je pourrais me raser moi même dans m’a chambre
Plus grand nouveau a vous dire pour le moment j’ai envoyé mes effets militaires hier soir
Allons bonsoir mes chéries et recevez mille bons baisers de votre tout dévoué qui vous aime et pensens a vous continuellement Morel Gaspard

Lettre de Gaspard.

L’envoi de ses sabots est impatiemment attendu, les conditions de travail sont exécrables. Il envisage de changer de pension, l’actuelle étant devenue trop coûteuse. Il a reçu des nouvelles d’un ami mobilisé et de ses frères Claude.

Moulins le 12 janvier 1916
Chère femme et chère fille
Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment et j’espère que ma présente vous trouve de même
je crois que vous n’aurez pas reçu m’a lettre du 11 courant sur l’aquelle je vous demandé mes sabots car m’es chéries je vous assure qu’ils ne me serait pas de trop par ce vilain temp de pluie et de bous
Aujourd’hui chères petites j’ai forgé toute la journée dehors par une pluie battante et pas chaude je vous assure que si ça dure je ne suis pas a la noce c’est pourquoi si j’avais mes sabots je serais peut-être mieux.
A Moulins tout devient de plus en plus cher a la pension ou je suis veux nous augmenter je ne sais pas si je resterai cependant a 3,15 F par jour* sans coucher je trouve que c’est beaucoup surtout qu’on nous donne pas de trop les restes ne sont pas lourds
Mes chéries il ne faut pas pour cela vous émotionner car je me tournerai toujours
J’ai reçu aujourd’hui une lettre du Gibus** il est toujour en bonne santée mais le (temps ?) lui dure beaucoup lui aussi
mes deux frères*** m’ont écrit aussi ils se portes bien je ne leur ait pas fait réponse car ils n’ont pas mis leur adresse et je ne me souvient pas du n° du secteur veuillez donc me l’envoyer sur votre prochaine lettre
En attendant une réponse de suite je termine en vous embrassant mille fois bien fort et de tout mon cœur votre bien dévoué mari et papa Morel Gaspard

* Il gagne 0,60 F de l’heure.
** Gibus. Surnom de son ami Gilbert Fradin, mobilisé au 104e R.I.T.
*** mes deux frères. Les deux Claude : le Dode et Claudi le Jeune.

Lettre de Claudia et Célina.

Les sabots sont expédiés. Claudia et Célina sont prêtes à répondre à toute demande.
Une petite cousine est guérie et un voisin est en permission.

Lavoine le 15 janvier 1915
Bien cher mari et papa
Ces deux petits mots de lettres pour te donner de nos nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment nous sommes toujours en bonne santé et nous désirons de tout cœur que tu en sois de même.
Cher petit ami, hier nous avons porté tes sabot à la gare et ils auront bien du partir aujourd’hui par le train ce qui fait que tu les auras peut-être sous peu.
Bien cher petit mari et papa tu nous dis sur ta lettre que tout augmente à Moulins et que et que tu n’as pas bien de reste à ta pension et bien cher ami malgré celà il ne faut pas te priver de ce qui te sera nécessaire et si tu n’as pas assez d’argent pour te suffir nous t’en enverrons bien demande nous rien que et nous t’en enverrons nous t’enverrons bien aussi du manger si tu veux et ne te prive pas pour nous demander ton nécessaire et tu nous fera plaisir car tu sais bien cher ami que rien ne nous manque que toi.
Cher papa, je t’avais bien dit que la petite cousine de l’oncle Claudi* était bien malade mais elle est bien guérie et ce n’était probablement qu’une grippe comme le passe tous les enfants.
Il y a le Bourru des Beurre (?) qui est venu en permission pour six jours lui aussi.
Allons bien cher petit mari et papa nous ne voyons pas grand nouveau à te dire tout ce que nous te recommandons une fois de plus c’est de bien te soigner et de ne pas te priver tant pis pour l’argent que veux tu quand on travail plus que l’on peut il faut bien que l’on se soigne pour qu’après la guerre si tu as le bonheur de revenir au moins tu pourras travailler.
Allons bien cher petit cœur reçois de ta bien cher petite femme et fille qui t’aiment et qui ne cesse de songer à toi des milliers de bons baisers. Claudia et Célina Morel

Voici l’adresse de tes deux frères : Morel Jean Claude et Morel Claude jeune au 298e d’infanterie
20e Cie 2e section secteur postal (58)

* la petite cousine de l’oncle Claudi. Probablement, Clotilde, 7 ans, fille de Claudi, le Jeune.

Lettre de Gaspard

Il fait froid et les sabots ne sont pas arrivés.
Il a fait la fête en changeant de pension, désormais il est en colocation étroite ! Le temps de trajet de la nouvelle pension au chantier est bien plus court.
Il prévoit une rencontre à Moulins avec son ami Jean-Mary, permissionnaire.

Moulins le 17 janvier 1916
Chère femme et chère fille
Deux mots pour vous dire que je suis toujours en bonne santée et je désire de tout cœur que vous en soyez de même.
Chère femme je n’ai pas encore reçu les sabots que tu m’as envoyé j’espère les recevoirs demain
a Moulins voici deux jours il fait très froid surtout la nuit et le matin mais le courant de la journée il fait très beau mais je crois que ça ne vas pas durer enfin nous tirons quand même du côté des beaux jours
Chères petites amies hier dimanche j’ai travaillé toute la journée et le soir j’ai fait St Martin* j’ai changé de pension je me suis rapproché du chantier j’en suis plus qu’a 10 minutes nous sommes trois dans une maison particulière et je suis avec Monsieur Demayet** et je crois que je n’aurais pas mal rencontré, je paye 3,50 F et couché seulement il faut coucher a deux cela n’y fait rien ce seras bien moins fatiguant qu’avant.

Chères amies vous me dites que Jean Mary*** est venu en permission je serez très content de le voir mais pour le moment il m’est impossible de quitter l’atelier avant l’heure il y aurez que le soir après cinq heures
s’il partait par le train du matin a six heures il arriverai a Moulins**** a onze heures et demie le temp lui durerai bien trop jusqu’a cinq heures et demie a moins enfin il pourrait s’arrêter a Vichy et prendre le train qui part pour St Germain a une heure il arriverai a Moulin vers les quatres heures il pourrai m’attendre chez Monsieur Genestre Cros en face la gare mercredi a cinq heures vingt j’irez voir.
Je ne vois pas grand autre chose a vous dire pour le moment je termine en vous envoyant mille bons baisers
Morel Gaspard Chez Monsieur Colas Route de Lyon Moulins Allier

* j’ai fait St Martin. Par référence à la célèbre foire, faire la fête.
** Monsieur Demayet. Jean Demaillet. Employé de chemin de fer à la gare de Lavoine. détaché le 3 décembre 1915 à Moulins dans la même entreprise Mercier que Gaspard. (lettre du 4 décembre 1915)
*** Jean Mary. Jean Fradin. Classe 1896. Cultivateur de Lavoine. Frère du Gibus : Gilbert. (lettre du 12 janvier)
**** il arriverai a Moulins. De Lavoine à Moulins : environ 90 km
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Moulins Yzeure
Localisation des pensions et atelier de Gaspard.

Lettre de Claudia et Célina.

Elles n’ont pas encore vu Jean-Mary, le permissionnaire.
Elles se réjouissent du changement de pension. Toutefois, la cohabitation va nécessiter quelques précautions de vêtements de nuit !
Faut-il payer le loyer du jardin ?
Peut-on se dispenser d’affranchir le courrier ?

Lavoine le 18 janvier 1916
Cher mari et papa
En réponse à ton aimable lettre que nous attendions avec un grand empressement et qui nous a fait un très grand plaisir d’apprendre que tu es toujours en bonne santé pour quand à nous deux nous en sommes de même et nous désirons de tout cœur que notre présente lettre te trouve de même.
Bien cher ami Jean Mary n’est pas encore revenu nous voir et nous ne savons pas comment il fera mais s’il vient nous lui ferons la commission.
Cher petit ami, nous sommes très contente que tu nous dis que tu as changé de pension et surtout que tu nous dis que tu seras peut-être mieux et au moins maintenant après avoir travaillé toute la journée tu n’auras pas à faire un si long parcourt pour te rendre à ta pension. Cher ami puisqu’il faut que vous couchiez à deux il va falloir que tu te change un peu plus souvent et si tu n’as pas assez de linge dit-moi le dans ta prochaine lettre et je t’enverrai des chemises ou des flanelles enfin ce que tu auras le plus de besoin.
Cher petit mari sur ta lettre, tu ne me parles pas de ce que je t’avais demandé sur ma lettre tu ne me dis pas s’il faut payer la ferme du jardin et sur ta prochaine lettre n’oublie pas donc pas de m’en parler. Cher ami chez nous aussi pendant les derniers de la semaine il a fait très froid et il a même gelé fort mais hier et aujourd’hui nous ont paru deux journées de printemps tant il faisait un temps doux.
Cher mari ne sois pas étonné si nous n’avons pas affranchi ta lettre car c’est un essaie que je veux faire et l’autre jour j’en ai reçu une des tiennes qui n’était pas affranchie non plus et on ne nous a rien réclamé pour la retirer si on te demande rien tu nous le diras et nous ne les affranchirons plus. Mais s’il faut que tu donnes quelque chose nous les affranchirions plus mais s’il faut que tu donnes quelque chose nous les affranchirons.
Allons bien cher petit ami nous ne voyons plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui la cousine Francine et tous les amis se joignent à nous pour te donner bien le bonjour.
Nous sommes pour la vie tes deux bien chères petites femmelettes qui t’aiment et t’embrassent des milliers de fois bien fort. Claudia et Célina Morel

Carte-lettre des frères Claude à Claudia et Célina.

Les deux frères sont toujours stationnés dans le secteur de Soissons*. Ils sont sans nouvelles récentes de Gaspard.

* Voir 12è épisode à la date du 6 novembre.

Historique du 298è Régiment d’Infanterie :
Le 30 décembre 1915 « Le régiment reprend ses emplacements dans le secteur de Saint-Christophe. »

Soissons le 18 Janvier 1916
Cher belle seur et nies on fait réponse a votre aimable carte a lettre qui nous a bien fait plaisir de savoir de vôt nouvelles et en même temp pour vous en doner des nôtres qui son toujour bonne pour le momen et en désirent de grand ceur que nôtre carte vous trouve tout les deux de même telle qu’il nous quitte
pour le frère Gaspard voila quelque jour qu’il nous a pas et crit
Cher belle seur et nies nous sommes toujour au même endroix a faire toujour le même boulot et pour le temp il n’est même pas trot mauver il tonbe un peux d’eau de temp en temp mais il ne fait pas trôt froix Cher belle seur et nies on va vous cuitait pour aujourd’hui en vous donent nôt mailieure a mitier et des milliers de bon baisser de tout notre ceur vos deux beaux frères

Carte-lettre de Bonnet à Claudia et Célina.

En Alsace, dans les tranchées boueuses de Sondernach, à 20 km de Colmar, le chasseur alpin espère une proche permission.
Lui aussi est en attente de nouvelles récentes de Gaspard.

Jeudi le 20 Janvier 1916
Cher belle saur et nièce
Je fais réponse a votre carte qui mas fait un grand plaisir de savoir de vos nouvel en même temp pour vous en donnez des mienne que je suis toujour en bonne santée et mas situasion et toujour la même et sa fait très boullier aussi il y a de la niege dans les montagne (. . . )
enfin chère belle saur je m’atend a une petite permision a la fin du mois s’il y a pas du retard.
Voila quelque temt que je n’est point reçu de nouvelle du frère Gaspard je m’avez lui écrire en même temp de vous
Je finis en vous embrassent tous bien fort ton baux frère pour la vie. M B.

Lettre des frères Claude à leur frère Gaspard.

Toujours à Soissons, employés à construire des abris, ils attendent une proche relève en exprimant leur lassitude et leur attente de la fin de la guerre. Écrire dans de telles conditions est un exercice difficile.

Le 21 Janvier 1916
Cher aimables frères
Je fait réponse a ta lettre qui nous a bien fait plaisir de savoir de tes nouvelles çon natender de puis quelle jour que tu et toujour en bonne santer
et nous aussi nous sommes toujour en bonne santer pour le moment et on désirrent de grand ceur que notre lettre te trouve de même telle qu’il nous quitte
Cher frère nous sommes toujour au même en droix pour le moment et toujour a faire le même petit boulot mais lons croix que ce n’est pas pour lontemp on parle con va etres relever soupée pour aler au repôt et on croix aussi çon va changer de secteur
on va aler au repos et après on ne çes pas hou lon va aler mais comme on n’est a bituée a voyager sa nous fait rien en na ten dans la fin de la geurre pourra venir çar sa comensse bien a mal marcher dans plusieurs endroits mais ça ne serait pas trop tôt car tout le monde en a en ont soupé de cette geurre.
au vivement cher frères quil finis pour nous revoir tous ensembles et boirre un bon canon.
cher aimables frères je suit au bliger de te cuitent pour aujourd’hui çar il faut que je parte au travaille on na toute nôt nuit pour nous mais on na pas beaucoup de lumière pour ecire on n’est aubliger de profitent d’un petit moment le jour
lon t’emp voix nôt maiheure a mitier et des millier de bon baisser de tout nôtre ceur tent deux frères pour la vie Morel

Historique du 298è Régiment d’Infanterie : « Le 22 janvier 1916, le régiment quitte Soissons et va cantonner à Choui (Chouy) où il s’embarque en camion le 24 pour aller cantonner à Senlis et Vineuil (Vineuil Saint-Firmin). » De Soissons à Senlis, il y a environ 60 km.

Lettre de Gaspard.

Il a pu rencontrer son ami Jean-Mary. Les sabots sont arrivés et appréciés. Le travail presse.
Il suggère de différer le paiement du loyer du jardin.
Si du bois est encore en dépôt à la scierie, il faut le faire rentrer.
La mort d’un voisin ne le surprend pas.
Il rappelle que l’affranchissement du courrier est obligatoire.

Moulins le 23 Janvier 1916
Chère femme et chère fille
Je m’empresse de vous passer deux petits mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment et j’espère que ma lettre vous trouvera de même.
Chères petites hier je suis allé trouver le Jeanmary* a l’endroit que je vous avais indiqué nous avons passer un bon petit moment ensemble il m’a dit qu’il n’était pas rentré vous dire au revoir car vous n’étiez pas levées c’étais cinq heures du matin
aujourd’hui Dimanche je travaille toute la journée c’est bien ennuyeux de ne pas avoir un moment de repos mais ça presse
je vous direz que j’ai reçu les sabots vous ne seriez jamais combien je suis content de les avoirs aumoins je suis chaud les pieds et je suis sec.
Cher femme tu me demande s’il faut payer la ferme du jardin fais comme tu voudras mais tu pourrai bien laisser faire encore quelque temp le Mathieu (?) n’atend pas ça pour acheter du pain dans quelque temp tu seras peut-être plus riche
tu me disais aussi que j’avais du bois a la scierie que j’avais acheté avec le parent je ne me rappelle pas s’il y est toujours je crois bien que je l’ai scier enfin rend toi compte et tu le ferez amenez a la maison
Chères petites femmelettes je n’ai pas grand nouveau a vous apprendre pour le moment a Moulins il fait un joli temps ces jours derniers
je ne suis pas étonné de la mort du Prussien (?) car c’est un homme qui était user
Allons mes chéries vous donnerez bien le bonjour de ma part a madame Ternoire** a Françine*** ainsi qu’a tous les amis
pour aujourd’hui je termine ma lettre en vous embrassant mille fois bien fort votre tout dévoué mari et, papa qui ne cesse de vous aimer et de penser a vous Morel Gaspard

Tu me disait sur une de tes lettres que tu n’avais pas affranchi une de mes lettres mais c’est bien défendu c’est qu’on n’y a pas fait attention ce serait plus facile a moi, mais c’est le facteur qui pourrait vendre la mèche

* Jeanmary. Jean Fradin dit Jean-Mary, frère de Gilbert, mobilisé au 104è R.I.T.
** madame Ternoire. Madame Terrenoire, institutrice de Lavoine.
*** Francine. Épouse d’Antoine Lagnieu boulanger de Lavoine, remobilisé après avoir été malade.
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Scierie du village Pion à Lavoine.

Lettre de Claudia et Célina.

Le retard du courrier, bien qu’excusable, est toujours mal ressenti.
Des directives sont attendues à propos du bois entreposé à la scierie.
Elles ont reçu de bonnes nouvelles des deux Claude.

Lavoine le 24 janvier 1916
Bien cher mari et papa,
Nous nous empressons de répondre à ton aimable lettre qui nous a fait cher petit ami un si grand plaisir de savoir de tes nouvelles car tous ces temps-ci que nous recevions pas de lettres nous étions bien ennuyée et combien ces quelques jours nous ont parru longs et cher petit mari écrit nous donc une petite lettre tous les deux jours pour nous dire que tu te portes toujours bien cela nous renderez heureuses car nous comprenons fort bien que quand tu as travaillé toute la journée tu n’as pas envie de te mettre à faire une longue lettre mais au moins tous les deux jours fait nous une petite lettre et tu nous fera un très grand plaisir.
Bien cher petit mari et papa chez nous il fait toujours un très grand beau temps et il ne fait pas froid et l’on ne dirait pas que nous sommes en hiver tant il fait doux.
Cher mari quant au bois que je t’avais parlé, je suis allée voir à la scierie mais je ne l’ai pas reconnu et ce matin j’ai parlé au fils du Parent (?) et il m’a dit que son père l’avait vendu au petit Camard (?) mais que si tu voulais le garder qu’il n’y avait pas de mal de fait qu’il nous l’amènerai. Eh bien cher petit ami tu me répondras de suite pour me dire s’il faut le garder et tu me diras aussi combien tu l’avais acheté.
Cher mari et papanouce les deux oncles Claudie et Claude nous ont écrit tous les deux et ils sont toujours en bonne santé et t’envoient bien le bonjour. La cousine Francine aussi t’envoie bien le bonjour et ainsi que tous les autres parents et amis.
Cher petit ami, nous ne voyons plus grand chose à te dire pour aujourd’hui nous sommes toujours en bonne santé et nous désirons de tout cœur que tu en sois de même.
Allons, cher petit ami pour aujourd’hui nous t’embrassons des milliers de fois bien fort et de grand cœur. Ta bien chère petite femme et fille qui t’aiment et pensent à toi. Claudia et Célina Morel

Carte-lettre de Jean-Mary Fradin à Claudia.

Son passage à Moulins a été bien arrosé !

26 Janvier 1916
Mont chere cousine
Je suis rentré a ma compagnie le 23 le matin Je suis toujour en bonne sennter et je désire de tous ceur que ma lettre te trouve comme ils me quite.
Chère cousine je peux te dire que je suis partie de Moulin a uneure du matin mée javer bû un boncoux
Je ne vois rien plu a te dire pour au jourduit je termine ent te serrant une bonne poigne de main voila mon adrese
Fradin Jean Mary au 103e Territorial 7e Compagnie Secteur Postal N 71

Historique du 103è Régiment d’Infanterie territorial.
Le 3 janvier (. . .) le régiment prenait part à la garde des tranchées d’Erches.
Erches est à 33 km au sud-est d’Amiens dans la Somme

Lettre de Claudia et Célina.

Le retard du courrier est toujours péniblement ressenti.
Claudia a été souffrante, mais se remet.
Bonnet espère venir prochainement en permission.
Bonne nouvelle : les poules commencent à pondre !

Lavoine le 27 janvier 1916
Cher mari et cher petit papa
Nous nous empressons de te transmettre ces deux mots de lettre pour te donner de nos nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment nous sommes toujours en bonne santé et nous désirons de tout cœur que tu en sois de même.
Bien cher petit ami voici quatre jours que nous n’avons pas eu de lettres de toi et le temps commence bien à nous durer. C’est y que tu es malade ou bien si tu nous oublie que tu ne nous écrie pas et nous t’emprions écrie nous donc de suite pour nous dire ce qui t’empêche de nous écrire.
Bien cher mari ces jours ci j’ai eu le mal de cou et mal à la tête et je suis restée pendant deux jours au lit mais bien cher petit ami je commence à bien mieux aller.
Cher mari ton frère Bonnet nous a écrit et il est toujours en bonne santé il espère venir en permission dans quelques jours.
Cher mari et bien cher papa aujourd’hui nous avons trois poules qui ont commencer à pondre et elles vont bien nous faire plaisir car quand l’on a des œufs c’est bien des choses dans un ménage et puis cher petit ami quand tu reviendras nous revoir nous en aurons pour t’en faire biber et manger.
Allons, cher mari et papa pour aujourd’hui nous ne voyons plus bien grand chose à te dire et tout ce que nous te recommandons c’est de bien te soigner et de ne pas te faire de mauvais sang et de nous écrire un peu plus souvent.
Reçois bien cher petit ami des milliers de bons baisers de tes deux bien cher petites femmelettes qui t’aiment et ne t’oublient pas Claudia et Célina Morel

Lettre de Gaspard.

Ses retards dans l’envoi du courrier sont bien involontaires, la colocation ne facilite pas la démarche.
La construction de l’atelier de chargement s’achève. L’embauche de nombreuses ouvrières est déjà commencée. Gaspard pense être maintenu sur place jusqu’à la fin des travaux.

Moulins le 27 janvier 1916
Chère femme et chère fille
Deux mots pour vous dire que je suis toujours en bonne santée et je désire de grand cœur que vous en soyiez de mêmes
Chers petits cœurs vous trouvez que je ne vous écrit pas assez souvent mais mes chéries croyez pas que je le fait exprès car vous devez bien comprendre lorsqu’on arrive le soir et que je sois débarbouillé il faut songer a manger la soupe quand la soupe et manger vous savez bien qu’on ne peux pas faire comme chez soi l’on a peur souvent de gêner mais ne croyez pas que je vous oublie pour cela au contraire je voudrez bien pouvoir vous écrire deux lettres par jour mais que voulez vous que je puisse y mettre sur ces lettres enfin je crois que vous même vous pourriez bien m’écrire un peu plus souvent au contraire cela vous ferez une distraction et a moi cela me ferez une grande joie.
Je vous direz que les travaux a Moulins* se tire bien mais pour moi je crois y rester jusqu’a que se seras tout finis a moins que ça me trompe en tout cas si je pars se seras bientôt je voudrez que vous voyez comme c’est curieux de voir les travaux qu’on a fait mais c’est interdit aux civils il vas y avoir beaucoup de femme qui seront employées dedans il y a quelques jours, il y en avait cinq cent d’inscrites.
Pour aujourd’hui je termine en vous embrassant mille fois bien fort votre petit mari et papa qui vous qui vous aime. Morel Gaspard

* les travaux à Moulins. Construction de l’atelier de chargement d’Yzeure.

Lettre de Claudia et Célina.

Bonnet est en permission mais elles ne l’ont pas encore vu.
Que faut-il faire du bois en réserve à la scierie ?
Des bas lui seront envoyés dès que nécessaire.
Le cousin boulanger est toujours mobilisé à Clermont.
Une bonne salade et des œufs frais l’attendront pour sa prochaine permission.

Lavoine le 29 janvier 1916
Bien cher petit mari et papa
Avec plaisir nous venons de recevoir ton aimable lettre qui nous a fait un très grand plaisir de savoir que tu es toujours en bonne santé pour quant à nous deux nous sommes de même et nous désirons de tout cœur que notre lettre te trouve de même.
Cher petit ami ton frère Bonnet est venu en permission pour six jours mais cher petit nous ne l’avons pas vu ce n’est que le facteur qui nous a dit qu’il l’avait vu et qu’il viendra demain a Lavoine.
Cher mari et papa sur ta lettre tu ne nous parle pas du bois dont je t’ai parlé sur ma lettre et bien cher mari sur ta prochaine lettre n’oublions dont pas de m’en parler.
Bien cher mari, je crois que l’autre jour j’ai fait un petit oublie je ne t’ai mis qu’une paire de bas mais bien cher petit mari un de ces jours je t’en enverrai une autre paire par la poste pour que tu puisses te changer quand les autres sont sales mais cher petit ami quand tes bas seront troués, tu ne les feras pas coudre à Moulins envoie-moi les donc et je t’en renverrai d’autres.
Cher mari et cher papa aujourd’hui il a fait bien moins beau que les autres jours et la nuit dernière il a gelé.
Allons bien cher petit cœur pour le moment il n’y a pas grand nouveau le cousin Mitron* est toujours a Clermont et la cousine Francine* et ainsi que le petit Ernest* t’envoient bien le bonjour.
Cher ami demain nous te récrirons et pour aujourd’hui cher petit ami nous sommes pour la vie tes deux bien chères petites femmelettes qui t’aiment et t’envoient des milliers de bons baisers et à bientôt que tu puisses avoir une autre petite permission
Claudia et Céline Morel

Cher petit papa nous avons commencer de manger de ces bons pissenlits et cher petit ami je voudrais bien que tu puisses venir auprès de nous pour manger une bonne salade et de ces bons petits œufs de nos cocottes allons bonsoir petit père je vais porter ta lettre à la gare car il va bientôt faire nuit et je n’ai pas pu t’écrire plutôt car je suis allé en classe.

|* le cousin Mitron. Antoine Lagnieu, boulanger de Lavoine. Francine, son épouse et Ernest, leur fils.|

Lettre des frères Claude à Claudia et Célina.

Ils ont quitté Soissons pour Vineuil (Vineuil Saint-Firmin) et Senlis en région parisienne, leur bataillon va être passé en revue et décoré sur le Champ de courses de Chantilly.
Ils se plient aux exigences militaires, mais renouvellent leur souhait de voir venir la fin de la guerre.

Historique du 298è Régiment d’Infanterie :
« Le 22 janvier 1916, le régiment quitte Soissons et va cantonner à Choui (Chouy) où il s’embarque en camion le 24 pour aller cantonner à Vineuil (Vineuil Saint-Firmin) et Senlis »
« Le 298e régiment d’infanterie est désigné pour participer pendant une période de quinze jours à un service d’honneur auprès du G.Q.G. »

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Vineuil – Saint-Firmin - Senlis.
Geoportail.gouv

Le 29 Janvier 1916
cher belles sceur et nies
Je fais réponse a vôtre lettres qui nous a bien fait plaisir de savoir de vôt nouvelles, et en même temp pour vous en dôner des nôtres qui son toujour bonnes pour le moment et en désirrent de grand ceur que nôtre lettre vous trouve de même telle qu’il nous quitte
Cher belles sceur et nies voilà quelque jour çon na pas resut de nouvelles de nôt deux frères
Nous nous sommes plus a soissons voila huit jours nous sommes maintenent a Vigneux (Vineuil Saint-Firmin) a 40 Kiomette de Paris je croix bien con ne retournera plus a soissons nous avons une grande revût passer par le général en chaifes et une des corrassions du drapeau et a près on ne çes pas ce que ce qui ferons de nous dans quel secteur qu’il vons nous maitre
enfin on na pas de mauvessent a ce faire on n’est aubliger de marcher au sons de la musique mais s’il a rêtent tout sa sa nous ferrent bien plus plaisir car tout le monde en non bien asser enfin
cher belles sceur et nies on va vous cuitent pour aujourd’hui en vous dônent nôt maiheure a mitier et de grand baisser de tout mon ceur vôt deux beaux (frères) et oncl pour la vie Morel

Lettre de Claudia et Célina.

Permissionnaire, Bonnet est venu les voir à Lavoine. Il a tenté d’informer Gaspard mais s’est trompé d’adresse.
Le rapprochement fraternel serait pour Gaspard un motif recevable pour obtenir de son côté une permission, des voisins ont bénéficié de cette mesure.
Elles sont impatientes de voir cette rencontre se réaliser.

Lavoine le 31 janvier 1916
Bien cher petit mari et papa
Nous (nous) empressons de te transmettre ces deux petits mots de lettre pour te dire que nous sommes toujours en très bonne santé et nous désirons de tout cœur que tu en sois de même.
Bien cher petit ami hier ton frère Bonnet est venu nous voir et nous a dit qu’il t’avait envoyé une dépêche pour venir te voir et que tu avais le droit d’avoir une petite permission mais cette dépêche cher petite ami il l’a envoyé a ton ancienne adresse et nous n’avons point reçu de réponse et nous ne savons pas si tu l’auras reçu.
Eh ! bien cher petit ami si tu crois pouvoir réussir fais donc ton possible car tout le monde nous dise que tu as droit à ta permission il y a même le Beçon (Besson ?) gendre du Pérotin (?) qui est venu hier pour voir son beau frère qui venait du front lui aussi.
Allons bien cher petit cœur, espérons que bientôt nous pourrons être auprès de nous et hier soir nous croyons bien que tu seras venu et nous sommes allées voir au train
Cher petit mari et, papa chez nous il fait toujours bien beau mais il n’y a pas grand nouveau au pays et pour aujourd’hui cher petit cœur nous terminons en t’embrassant toutes les deux mille fois bien fort
ta bien chère petite femme et fille qui t’aiment et ne t’oublient pas Claudia et Céline Morel
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