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Une journée à la mine


dimanche 1er avril 2001, par Roger Arcis, Rosalie Largier

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La mine « tournait » vingt-quatre heures sur vingt-quatre grâce à trois postes de travail : le poste un, celui du matin, de six heures à quatorze heures ; le poste deux, celui du soir, de quatorze heures à vingt-deux heures ; et enfin le poste trois, la nuit, de vingt-deux heures du soir à six heures du matin.

Au cours de ce dernier poste, les équipes de travail s’activaient essentiellement à l’entretien et à la réparation du chantier pour le lendemain.

Arrivés au puits, les mineurs se changeaient dans la salle dite des "pendus. Là, ils rangeaient leurs vêtements dans des paniers qui étaient ensuite hissés au plafond à l’aide de chaînes. A l’à pic, au-dessus de nos têtes, silencieux comme des pendus, les habits se trouvaient ainsi à l’abri de l’humidité, de la poussière... et des vols. Là-haut, dans ce plafond, se balançaient, comme des loques muettes, les derniers liens qui reliaient les mineurs à leur famille, à la lumière du jour, avant de descendre dans les abîmes de la terre.

Ensuite, les hommes se rendaient à la lampisterie où, en échange d’un jeton de présence, ils se munissaient d’une lampe. Chaque jeton portait un numéro ; Celui-ci permettait d’identifier le propriétaire de chaque lampe.

Après la lampisterie, fardés de leurs outils, les mineurs s’embarquaient dans la « cage » et descendaient au coeur du puits. La descente s’exécutait par petits groupes ; chaque cordée s’arrêtant à son niveau des de travail : au niveau 220, dans la première galerie, se trouvaient d’abord plusieurs pièces tout en maçonnerie, genre blockhaus, le bureau des ingénieurs, la recette, et parfois encore l’écurie, vestige du temps où les bennes étaient tirées par des chevaux.

Arrivés à destination, les hommes se mettaient en place : les mineurs étaient là, en plein effort, avec leurs marteaux piqueurs qui faisaient tressaillir tout leur corps noirci. D’autres, avec pelles chargeaient les blocs de houille dans des bennes, pendant que leurs compagnons boiseurs s’acharnaient à « butter » pour empêcher les éboulements. Tous n’étaient revêtus que d’un slip ou d’un pagne. Seuls deux yeux immenses brillaient sur les « gueules noires ».

Chaleur et humidité étaient difficilement supportable. La dernière galerie, étroit tunnel n’ayant guère plus d’un mètre de haut, était parcourue par de gros tuyaux véhiculant l’oxygène.
Les piqueurs étaient payés à la tâche ; plus ils abattaient de charbon et plus leur salaire était important (deux à trois fois celui d’un manoeuvre).

Tandis que les hommes travaillaient au fond du puits, des femmes, les clapeuses, triaient le charbon. Ce dernier était remonté de la mine dans des bennes puis vidé dans de grandes gaines. Une trappe le retenait. Pour commencer le triage, les clapeuses actionnaient cette trappe et faisaient tomber le charbon sur le « replat ».

Les pierres d’un côté, les bois de l’autre, elles ne laissaient partir sur le tapis roulant que le précieux combustible. Parfois, celui-ci était encore brûlant. Ensuite, le charbon partait dans un concasseur puis tombait dans des wagons. Ce travail était pénible et mal rémunéré.

A la fin de leur journée de travail, les mineurs remontaient à la lampisterie. Là, ils posaient leur lampe et reprenaient leur jeton de présence. Ensuite, pour tous, direction les douches en commun. Il s’agissait d’une immense salle où le carrelage reflétait une certaine propreté. Une chaleur moite s’en dégageait. Les douches étaient alignées sur un côté sans aucune séparation et des bancs disposés perpendiculairement facilitaient le rangement. Sans gêne, les mineurs se déshabillaient. Dans leurs masques négroïdes, deux yeux brillaient et leurs dents paraissaient plus blanches à chaque mouvement de leurs mâchoires. Sur leurs corps maigres, le relief luisant des muscles se mouvait dans des restes de sueur où les poils et la crasse de charbon se confondaient.

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