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Une épitaphe surprenante


vendredi 18 juin 2021, par Jean-François Bouteloup

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Il y a quelques temps, une de mes connaissances a trouvé 2 tombes en partie enfouies sous la végétation sur la propriété d’un ami à Chatillon/Loire (45). Il les a dégagées, a gratté la mousse qui recouvrait les inscriptions et a ainsi mis au jour 2 épitaphes dont l’une est plutôt surprenante et soulève bon nombre de questions.
Ces 2 tombes sont celles de Cyr Louis DEVAILLY et de son épouse Louise Suzanne GODARD, propriétaires de cet endroit au XIXe siècle.

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La mort les a séparés
CI-GIT
Louise Suzanne GODARD
Femme DEVAILLY
décédée le 25 février 1857
dans sa 46e année
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Elle emporte dans la tombe
les regrets de ses amis
et de son infortuné mari
dont elle fit hélas trop peu de temps
l’ornement et le bonheur.
Sa bonté, sa douceur,
sa tendresse et ses vertus
causent tout mon désespoir.
Repose doucement ô ma bien-aimée
dors sous cette pierre en attendant
qu’au signal donné par l’Eternel
tu téveilles
pour être un ange dans le ciel
comme tu l’étais sur la terre.
JE T’ATTENDS Ô MON CHERI
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Dieu les réunira
CI-GIT
Cyr Louis DEVAILLY
décédé
le 5 mars 1896 dans sa 89e année

A dame Louise Suzanne GODARD
Son épouse
Je répondrai à ton appel
Ô ma bien-aimée et les méchants
qui nous ont si longtemps
et si injustement décriés et persécutés
trouveront le complément
de leur punition
dans la justice divine.
De même que sur la terre
nous nous vengions des ingrats
et des pervers en leur faisant du bien
de même alors nous prierons pour eux.
C’est une vengeance digne de nous
ADIEU MA CHERIE


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Étonnante par sa longueur, l’épitaphe de Louise Suzanne reste malgré tout classique : Cyr Louis y vante les qualités de son épouse décédée et exprime son désespoir de l’avoir perdue, avec quelques maladresses de style, bien compréhensibles de la part d’un homme éprouvé et sans doute peu habitué aux écrits littéraires.

Gravée sur la stèle 39 ans plus tard, l’épitaphe de Cyr Louis semble malgré tout avoir été prévue – en partie – dès le décès de sa femme.

Quel contraste entre ces 2 épitaphes pourtant rédigées par la même personne !
L’une parle d’amis, de douceur, de tendresse et d’ange. L’autre parle de méchants, de pervers, d’ingrats, de persécution et de vengeance ; des mots que l’on ne s’attend pas à trouver sur une tombe, et sous lesquels pointent l’amertume et la rancune.
Cyr Louis prétend s’être vengé des méchants en leur faisant du bien et en priant pour eux, mais on sent qu’il ne leur a pas pardonné. Il espère d’ailleurs que « la justice divine » leur infligera « un complément de punition » (ce qui laisse supposer que ces méchants ont déjà été punis sur terre…)

Qui sont les 2 personnes qui reposent sous ces pierres ?

Louise Suzanne GODARD :
Elle est née le 17 novembre 1810 à Châtillon/Loire.
Son père, Etienne GODARD, propriétaire, s’est marié tardivement pour un premier mariage : il avait en effet 49 ans quand il a épousé le 23 janvier 1810, Anne Suzanne BINET, 33 ans, également propriétaire.
Le mariage sera de courte durée puisque Anne Suzanne décèdera fin 1815 laissant 2 enfants : Louise Suzanne qui a alors 5 ans et un petit frère qui décèdera 6 mois plus tard.
Etienne GODARD ne se remariera pas et élèvera seul sa fille unique dans la grosse ferme dont il est propriétaire.
Lorsqu’il décède le 1er mai 1832, sa fille Louise Suzanne est dans sa 22e année. Elle est l’unique héritière des biens de ses parents et elle se retrouve seule pour gérer le domaine.
Il est temps pour elle de se marier. Ce sera chose faite 4 mois et demi plus tard.

Cyr Louis DEVAILLY :
Louise Suzanne, toute nouvelle propriétaire, épousera donc Cyr Louis DEVAILLY à Châtillon/Loire le 12 septembre 1832.
Cyr Louis est né à Henrichemont (18) le 7 août 1807. C’est le 2e enfant d’une fratrie de 3. Ses parents quitteront Henrichemont pour s’installer ensuite à Beaulieu/Loire (45) où ils sont propriétaires.
Au moment de son mariage, Cyr Louis était clerc de notaire mais il abandonnera bien vite son travail pour devenir à son tour propriétaire.

Le couple n’aura pas d’enfants. Quand Louise Suzanne décèdera, après 25 ans de mariage, Cyr Louis choisira de la faire inhumer sur sa propriété, sans doute pour la garder près de lui, mais peut-être aussi pour protéger sa tombe des « méchants » et des « pervers ».

Il sera son seul héritier et deviendra ainsi propriétaire des biens que sa femme possédait à Châtillon et dans les communes voisines de Cernoy et Saint-Firmin. Il ne se remariera pas et s’éteindra 39 ans plus tard, dans sa ferme, à près de 90 ans.

La curieuse épitaphe de Cyr Louis soulève bien des questions :

Qui peuvent bien être ces gens qui ont persécuté cette famille ? Et pourquoi ?

Ne sachant trop où chercher pour trouver des réponses, j’en ai donc été réduite à émettre des hypothèses :

• Des envieux en voulaient-ils à Cyr Louis, simple clerc de notaire, d’avoir épousé un beau parti et d’être ainsi devenu un riche propriétaire sans se donner trop de mal ?

• Des membres de la famille GODARD (très nombreux à Chatillon à cette époque) auraient-ils été frustrés de voir qu’en l’absence d’enfants, cet important patrimoine allait « sortir » de la famille ?

• Ou bien la religion pourrait-elle être la cause de leurs tourments ?

Louise Suzanne était peut-être protestante. Je n’ai trouvé aucun document qui le prouve, mais ses grands-parents – aussi bien paternels que maternels – l’étaient incontestablement (donc ses parents aussi, vraisemblablement).

Quant à Cyr Louis, tout prouve que sa famille était catholique. D’ailleurs ses grands-pères maternel et paternel étaient titulaires de charges auxquelles seuls des catholiques pouvaient prétendre au XVIIIe siècle : l’un était notaire, contrôleur des actes, et l’autre était conseiller du roi, officier de la gabelle (grenetier au grenier à sel d’Henrichemont).

Les mariages « mixtes » entre protestants et catholiques étaient-ils mal vus à cette époque (milieu du XIXe siècle) ?

Quelles persécutions ont-ils subies ?

Deux faits divers relatés dans le Journal du Loiret apportent peut-être un début de réponse à cette dernière question.

Journal du Loiret du 29 juin 1850 : incendie à la ferme :

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S’il évoque, à la fin de son article, le tonnerre qui aurait fait brûler 6 maisons, la veille, près de Cosne (à environ 30 km), le journaliste ne mentionne pas l’orage comme cause possible de l’incendie de la ferme de Cyr Louis et Louise Suzanne : « Le feu avait pris on ne sait comment… »

Pourrait-il s’agir d’un incendie criminel ?

Dans un long article très détaillé, le Journal du Loiret du 6 avril 1876 fait le récit d’une audience qui s’est déroulée au tribunal d’Orléans. Un jeune garçon de ferme de 13 ans était jugé pour avoir volé de l’argent à son maitre Cyr Louis Devailly.

Encouragé par ses parents, il lui avait dérobé en plusieurs fois, plus de 17 000 francs « en argent, or et billets », avec la complicité d’un charretier de 19 ans qui avait repéré les endroits où leur maître cachait son argent et ses clés.

17 000 F, c’est une belle somme si l’on compare avec le prix des maisons à cette époque : sur le même journal, à la rubrique des ventes immobilières, j’ai repéré une « Jolie maison de campagne dans le Val » à vendre pour 15 000 F.

Heureusement, Cyr Louis a pu récupérer près de 12 000 F retrouvés dans diverses cachettes !

Voilà où m’ont menée ces 2 épitaphes (un grand merci à Jean qui m’a transmis la photo de ces stèles).

Peut-être les lecteurs de La Gazette auront-ils d’autres explications ou des pistes de recherches à me suggérer ?

Merci à tous pour votre aide...

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19 Messages

  • Une épitaphe surprenante 18 juin 14:10, par martine Hautot

    Bonjour ,Châtillon sur Loire avait au XIX siècle son temple protestant ,son pasteur et même une école normale protestante ,je pense que les deux communautés ne se mêlaient guère .Il faudroit voir s’ il y a eu une cérémonie religieuse lors de leur mariage et laquelle ? L’enterrement de la femme sur la propriété est peut-être aussi un signe .Il y avait à Châtillon ,un cimetière pour les protestants et un pour les Catholiques .La sépulture dans la propriété permettait d’inhumer les deux dans un même lieu ,même s’ ils n’étaient pas de la même religion .
    A signaler victime d’ un second incendie Journal du Loiret du 22 Septembre 1893 à Pierrefitte es bois

    Répondre à ce message

    • Une épitaphe surprenante 19 juin 00:59, par Denise Bouteloup

      Merci Martine pour ces précisions. Le temple existe toujours (utilisé pour le culte 1 fois par mois), et l’ancien cimetière protestant aussi, mais il "accueille" maintenant tout le monde.
      Je vais chercher s’il y a eu une cérémonie religieuse, mais où peut-elle avoir lieu en cas de mariage "mixte" : au temple ? à l’église ?
      Comment avez-vous su qu’il y avait aussi une école normale protestante au XIXe siècle ?
      Je n’avais pas vu cet article sur le second incendie : encore un incendie dont les causes sont inconnues... A cette époque, on ne peut pas incriminer les courts-circuits !

      Répondre à ce message

  • Une épitaphe surprenante 19 juin 18:38, par Corinne Decabane

    Bonjour,

    En lisant la presse ancienne, je m’aperçois que le nom DEVAILLY est cité à plusieurs reprises dans des articles d’incendies, de vols, par exemple, ayant eu lieu à Châtillon sur Loire.
    Je me demande donc s’il s’agit toujours de la même personne : Cyr Louis DEVAILLY ? Il n’y a bien sûr pas de doute lorsque le prénom est précisé, ou bien lorsque le nom indiqué est DEVAILLY GODARD.
    Son seul frère, Léandre DEVAILLY, docteur en médecine, Chevalier de la Légion d’Honneur, est domicilié à Paris.

    S’il s’agit bien de Cyr Louis, alors il y a, peut-être, un début d’explication dans l’article intitulé "Affaire GITTON : vol qualifié" du n° du 26/07/1884 du Journal du Loiret.

    Pour en être sûr, il serait sans doute intéressant de consulter les archives judiciaire à la recherche du jugement de la Cour d’Assises du Loiret aux environ de 1879 concernant un sieur DEVAILLY. J’espèce que ces documents n’ont pas disparu lors de l’incendie des AD d’Orléans en 1940...

    Autres articles de presse :
    le 16/09/1851 - un incendie
    le 05/10/1859 : mention d’un vol
    le 01/11/1867 : incendie
    le 06/04/1876 : vol
    le 29/06/1878 : affaire jugée aux Assises du Loiret
    le 04/07/1878 : vol

    Répondre à ce message

    • Une épitaphe surprenante 19 juin 23:52, par Jean-François Bouteloup

      Merci Corinne pour vos recherches qui, je le crains, ont permis de trouver la vraie raison de ces persécutions. J’aurais préféré qu’elle soit plus "honorable". Quelle déception !
      Tout est dit dans l’article du 26-07-1884 : « attentats à la pudeur », « des faits révoltants d’immoralité », « une vie honteuse », « il a corrompu la jeunesse de Châtillon »...
      Ces vols et incendies à répétition étaient donc sûrement les vengeances de ses jeunes victimes.
      Je vais prendre contact avec les Archives du Loiret pour savoir si j’ai une chance de trouver trace de ce jugement aux Assises du 04-07-1878 qui l’a condamné à 5 ans de réclusion.
      M. DEVAILLY aurait mieux fait de ne rien faire inscrire sur sa tombe : nous n’aurions rien su de ses sordides agissements !
      En tout cas, merci encore pour avoir élucidé ce « mystère. »

      Répondre à ce message

      • Une épitaphe surprenante 21 juin 08:54, par martine hautot

        Ne soyez pas si sévère ,peut-être que cet homme qui était attiré par les jeunes garçons aimait aussi sincèrement sa femme .Pendant des années ,l’ homosexualité devait être cachée absolument et un des meilleurs moyens de la cacher était de se marier .Pensez à Gide . Les parents des jeunes domestiques qui les envoyaient en connaissance de cause , connaissant la réputation du maître ,pensant y trouver un profit ,n’étaient pas innocents non plus.
        Voyez l’ensemble du procés ,vous en saurez peut-être plus ,

        Répondre à ce message

        • Une épitaphe surprenante 21 juin 23:32, par Jean-François Bouteloup

          Ce n’est pas - bien sûr - l’homosexualité de M. DEVAILLY qui est l’objet de ma « sévérité », mais les actes auxquels il s’est livré sur ses employés, parfois très jeunes ( 12 ou 13 ans), achetant leur silence ou leur consentement par une promesse d’argent qu’il n’honorait pas toujours, semble-t-il.
          Merci pour le renseignement sur l’école protestante de Châtillon.

          Répondre à ce message

          • Une épitaphe surprenante 22 juin 08:32, par martine hautot

            Bonjour,
            Vous avez bien sûr raison de condamner ce qui est condamnable ,mais notez qu’ à la même époque le maître qui séduisait la petite bonne ,la mettait enceinte et parfois la chassait se retrouvait rarement devant des juges ! une différence de traitement qui en dit long sur la morale de l’ époque.
            Une histoire qui mêle affaires sexuelles et affaires d’ argent . Pourtant la maison de Devailly ,j’ai regardé le site des gîtes municipaux, n’a rien du château qu’ on pouvait imaginer .Après sa condamnation ,il a dû rentrer au pays ,comment y vivait-il ,c’est son frère médecin à Paris qui s’est, semble-t-il ,occupé de son enterrement et a fait mettre la stèle ? Ma curiosité me poussera peut-être à aller voir les recensements .
            Cordialement,
            Martine

            Répondre à ce message

        • Une épitaphe surprenante 22 juin 09:05, par Colette Boulard

          Très juste !

          Quelle chance d’avoir découvert ces deux tombes, de les avoir exhumées si je peux dire. Quelle chance que des stèles aient été ainsi gravées, permettant un jour à l’auteur de se pencher sur elles et de chercher ce qu’elles cachent, peut-être, des vies des défunts. C’est bien intéressant.

          Répondre à ce message

          • Une épitaphe surprenante 23 juin 22:30, par Denise Bouteloup

            Merci Colette pour votre commentaire.
            Ce travail de recherche qui s’apparente parfois à une enquête, fait tout l’intérêt de la généalogie qui ne se limite pas, comme certains le pensent, à une recherche de dates de naissances, mariages et sépultures.
            Quand je lis la Gazette, je suis toujours épatée de voir comment certains, et certaines bien souvent, arrivent - à partir d’une simple photo ou de maigres indices - à élucider des mystères, reconstituer des histoires familiales, compléter des branches ou découvrir des faits cachés.
            Bravo et merci à tous ces passionnés.

            Répondre à ce message

  • Une épitaphe surprenante 19 juin 18:45, par Corinne Decabane

    j’ai fait une "fausse manip" et envoyé ma note un peu rapidement...
    Bonne lecture à vous,

    Corinne

    Répondre à ce message

  • Pouvez-vous préciser le nom du lieudit0
    avec mes remerciements.
    denis jeanson

    Répondre à ce message

    • Une épitaphe surprenante 21 juin 23:42, par Jean-François Bouteloup

      La ferme de M. DEVAILLY se trouvait dans le quartier des Prés à Châtillon/Loire, d’où son nom de ferme des Prés. Elle a aujourd’hui en grande partie disparu pour faire place à un EHPAD (Résidence des Prés). Il ne subsiste qu’un bâtiment - la maison des maîtres - transformé en gîte municipal (gîte des Prés), et un terrain maintenant racheté par un particulier.
      Mais pourquoi ce détail vous intéresse-t-il ?

      Répondre à ce message

  • Une épitaphe surprenante 23 juin 11:22, par Jacques Lorphelin

    Bonjour

    D’après le calculateur de conversion francs-euros de l’Insee, 17.000 francs de 1876 corresponds à environ 68 000 euros d’aujourd’hui.

    Pour ce qui concerne la tombe, son emplacement sur un terrain privé confirme que Louise Godard était bien de confession protestante. Les protestants sont en effet les seuls, encore aujourd’hui, à être autorisés à se faire enterrer en dehors des cimetières.

    Avant la Révolution, les défunts protestants étaient interdits dans les cimetières alors catholiques et donc se faisaient enterrer dans leurs propriétés. Cette dérogation a été depuis reconnue par la loi.

    Répondre à ce message

  • Une épitaphe surprenante 23 juin 22:57, par Denise Bouteloup

    Concernant la sépulture de Cyr Louis (catholique) et de Louise (protestante), l’explication donnée par Martine dans son 1er message me semble la bonne : comme il y avait à Châtillon un cimetière pour les catholiques et un autre réservé aux protestants, le seul moyen pour eux de reposer côte à côte, était de se faire inhumer sur leur propriété.
    Les lois actuelles qui fixent les conditions très strictes de telles inhumations, n’existaient sûrement pas à cette époque.

    Répondre à ce message

  • Une épitaphe surprenante 24 juin 19:35, par Corinne Decabane

    Bonjour,

    Je reviens sur des éventuelles pistes de recherches afin d’en savoir plus sur ce couple.

    En plus de la piste des archives judiciaires, d’après la Table des successions et absences, pour l’épouse, vous pouvez demander à consulter son testament olographe.
    Pour l’époux, le document n’est pas en ligne, mais il y a sûrement également un testament.
    Dans la presse, Le Journal du Loiret, il est fait mention à plusieurs reprises d’un legs DEVAILLY.
    Exemple dans le n° du 22/08/1901, un domestique de ferme reçoit le 3e prix de 50 francs (legs Devailly) pour bonne moralité et bons services.
    C’est peut-être grâce à ce legs que la commune s’est rendue propriétaire du futur gîte communal ?
    Et vous y trouverez peut-être un indice sur la création des épitaphes...

    Enfin, vous pouvez rechercher une trace de l’accord du Maire ou du Préfet pour leurs inhumations sur leur terrain privé.
    En effet, Lorsque Louise Suzanne GODARD est décédée, en 1857, l’inhumation était régie par le Décret impérial sur les sépultures promulgué le 12 juin 1804 par Napoléon Bonaparte à Saint-Cloud.

    Voici les 3 articles importants :
    Art. 14 : Toute personne pourra être enterrée sur sa propriété, pourvu que ladite propriété soit hors et à la distance prescrite de l’enceinte des villes et bourgs.

    Art. 15 : Dans les communes où l’on professe plusieurs cultes, chaque culte doit avoir un lieu d’inhumation particulier ; et dans le cas où il n’y aurait qu’un seul cimetière, on le partagera par des murs, haies ou fossés en autant de parties qu’il y a de cultes différents, avec une entrée particulière pour chacune, et en proportionnant cet espace au nombre d’habitants de chaque culte.

    Art. 16 : Les lieux de sépulture, soit qu’ils appartiennent aux communes, soit qu’ils appartiennent aux particuliers, seront soumis à l’autorité, police et surveillance des administrations municipales.

    Comme vous le précisez, il y a une très forte probabilité que Louise Suzanne GODARD soit de religion protestante tout comme ses grands-parents :

    Et comme l’a précisé Martine, à l’époque, le seul moyen qu’ils avaient pour être inhumés ensembles, était donc le choix d’un terrain privé. Ce n’est que la loi du 14 novembre 1881 qui a mis fin au régime des cimetières confessionnels, municipaux ou privés.

    Bien cordialement,
    Corinne

    Répondre à ce message

    • Une épitaphe surprenante 26 juin 00:23, par Denise Bouteloup

      Merci Corinne pour toutes ces pistes que j’exploiterai lors de ma prochaine visite aux Archives du Loiret.
      J’avais repéré les 2 actes de 1788 (déclaration d’union conjugale) que vous me signalez. C’est ce qui m’avait permis d’en conclure que les grands-parents de Louise Suzanne GODARD étaient protestants (et en même temps de découvrir l’Edit de tolérance de novembre 1787...)
      J’ai remarqué aussi que les actes de baptême des parents de Louise Suzanne n’étaient pas libellés comme ceux des enfants de catholiques : l’expression « né(e) du légitime mariage » ne figure pas.
      Son père Etienne GODARD est même dit « fils naturel de Louis GODARD et Madeleine BONNET » (20-01-1761 27/241).
      Merci pour l’intérêt que vous portez à cette histoire.
      Cordialement

      Répondre à ce message

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