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Une belle histoire… de guerre


jeudi 3 février 2011, par Jacques Auguste Colin †

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Chalon sur Saône, 1er janvier 1945

Je m’étais engagé quatre mois auparavant dans l’armée DE LATTRE avec la ferme intention d’en découdre avec la peste brune et j’étais là, blotti dans un compartiment sans fenêtre d’un train de récupération qui ne voulait pas partir...

L’offensive allemande des Ardennes était en train de finir dans la débâcle, mais la poche de Colmar résistait toujours...

J’avais eu mon baptême du feu pendant l’offensive de novembre vers Belfort... et même envoyé maladroitement une dizaine d’obus de quarante en direction d’un messerschmidt surgi soudain des nuages dans le ciel de Béthoncourt !

Non, ces quatre mois de campagne dans le Jura n’avaient pas été la charge héroïque que j’imaginais... Le froid, la pluie, la boue, puis la gale et les poux... et quelques pluies de « minenwerfer » avaient singulièrement refroidi mon enthousiasme ! Mais enfin je pouvais désormais postuler au titre d’ « ancien combattant » [1].

Et voilà que, nanti d’un ordre de mutation dans l’Armée de l’air, je venais de passer trois jours à courir en vain les charcutiers de Chalon-sur-Saône... pour récupérer un carnet de croquis de guerre, exécutés pendant la campagne du Jura, bêtement oublié avec ma musette de campagne dans le GMC d’un G.I. trafiquant de choucroute, qui m’avait pris en stop au carrefour d’Héricourt et qui m’avait déposé au carrefour de Dôle vers Dijon...

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Seul dessin retrouvé en 1945, détaché de mon carnet perdu…

Un convoi sanitaire chargé de blessés s’était immobilisé sur la voie contiguë, tandis que remontaient vers le nord et le front d’incessants convois de matériel et de munitions... Transi, blotti entre mes deux sacs marins, je lui avais à peine accordé un regard...

Mon amie la Saône charriait ce jour là de petits glaçons, et j’étais là à rêver aux plongeons de l’été de la libération et aux formidables parties de pêche que j’y ferai après la guerre...

Enfin, après une longue attente dans le froid et la nuit tombée le train sanitaire avait disparu vers le sud, tandis que mon convoi s’ébranlait vers le nord, dans le bruit de vapeur s’échappant d’une vieille locomotive de récupération... Un moment sorti de ma torpeur, j’y replongeai avec délice.

............................................................................................................

Il n’était pas loin de minuit, et mon train de fortune s’était arrêté, dévié sur une voie de garage d’une station inconnue, tandis que défilaient d’incessants et longs convois sur la voie principale...

J’entendis des bruits de pas sur le ballast. Des voix pestant contre l’obscurité totale s’élevaient ; quelqu’un était à la recherche d’un compartiment.

Je m’approchai de la porte sans vitre, et à la faible lueur d’une « bardinette » [2], cadeau de mes amies chalonnaises, j’aperçus parmi quelques ombres, les reflets brillants des galons d’épaule d’un officier en battle-dress.

Ravi de la possibilité d’avoir quelques camarades pour ce voyage interminable, j’ouvris la porte et invitai le lieutenant à me rejoindre avec ses compagnons. En fait il s’agissait de la femme et la fille de ce militaire en permission... Ils étaient venus passer le réveillon à Beaune, ville qui était le berceau de toute la famille et rejoignaient leur domicile à Dijon.

Dans la quasi-obscurité, la voix du lieutenant était sympathique. Il était très disert et très attentionné pour le jeune combattant que j’étais. J’appris très vite que nous nous étions côtoyés pendant la campagne du Jura, qu’il avait pris part à la prise de Belfort, avec le 4e RTM, avant d’être replié sur Auxonne, atteint par la limite d’âge...

La température extérieure avait encore chuté et dans le compartiment ouvert à tous les vents nous nous étions serrés les uns contre les autres. Les parents faisant face à la jeune fille qui peu à peu se blottissait contre mon flanc droit, ce qui, entre nous, provoquait en moi un certain trouble délicieux et inconnu qu’inconsciemment je cherchais à prolonger...

Le train avait repris sa route à petite vitesse... L’air glacé s’engouffrant dans les baies sans vitrage, je sortis d’un sac marin les deux couvertures réglementaires et nous nous enveloppâmes deux par deux dans cette protection tandis que la conversation était entretenue autant pour se réchauffer que pour mieux faire connaissance. Mes interlocuteurs avaient un chaud accent bourguignon et l’inconnue qui se pressait contre moi, bien que peu diserte, roulait délicieusement les « rr »... avec une voix juvénile et fraîche. Avec une malice qui certainement ne trompait personne, j’actionnai à tout propos la « bardinette » pour essayer d’apercevoir son visage... Mais ce fut peine perdue... Je ne fus pas plus heureux quand nous débarquâmes à six heures du matin en gare de Porte Neuve à Dijon. L’endroit et les alentours étaient déserts, éclairé par un minuscule lumignon, le thermomètre indiquait moins 17°... et la nuit que nous venions de passer n’était pas de nature à faire se prolonger les effusions !

J’avais à rejoindre au plus tôt ma nouvelle affectation, au dépôt de l’Armée de l’air. Devant mon désarroi de ne trouver aucun foyer d’accueil pour militaire en transit, les parents de la jeune fille m’offrirent de terminer la nuit à leur domicile qui se trouvait à quelques centaines de mètres dudit dépôt, la caserne Krien.

C’est donc une demi-heure plus tard, après une course au pas de charge dans l’air glacé que je pus enfin apercevoir l’objet des mes émois secrets de la nuit.

Dans la petite salle à manger où j’avais déposé mon paquetage, elle avait appliqué, droite comme un I, le dos au radiateur qui commençait à chauffer et quand nos regards se croisèrent pour la première fois, je sentis confusément que c’était elle que j’attendais depuis si longtemps et que tôt ou tard, nos vies seraient indissolublement liées...

Elle portait une robe bleue à pois blancs (aujourd’hui, elle me dit qu’elle était rouge !) qu’agrémentait de petits galons et un col de dentelle assortie. Une chevelure abondante aux reflets roux encadrait un visage un peu poupin mais rayonnant de jeunesse innocente.

Mais ce sont les yeux et le regard de la belle qui m’accrochèrent irrémédiablement... un regard bleu, pur, franc, ingénu sans malice, mais prêt à se donner à qui saurait le prendre...

Le jeune sergent qui inscrivait les jeunes engagés arrivant au dépôt [3] me fit comprendre que personne ne m’attendait ici, et que si j’avais quelque point de chute à Dijon j’étais libre d’incorporation en attendant une nouvelle affectation.

Je ne connaissais personne d’autre que mes compagnons de voyage et me vint donc l’idée de leur demander de me louer la chambre inoccupée de leur fils, déporté en Allemagne... En fait c’est avec gentillesse qu’ils m’offrirent la pension complète.

C’était sans calcul de ma part, mais c’est un fait incontournable : j’avais un pied dans la place !

Je passais mes journées à visiter la ville, accompagnant et raccompagnant ma belle au lieu de son travail, nous découvrant peu à peu l’un l’autre.

Que croyez-vous qu’il arriva ?

À la fin de janvier nous étions secrètement fiancés...
Non ! non ! pas fiancés à la mode 2000 où "l’on fait Pâques avant les Rameaux" comme disait son père... Nous nous étions promis, tout simplement, avec ce délicieux émoi de l’attente. Nous étions puceaux tous les deux et heureux de l’être, bien que l’attirance physique ne nous fisse pas défaut. Mais c’était encore dans l’air du temps que de se respecter jusqu’à l’éventuel mariage. Ce que nos modernes gourous psychanalystes prendraient pour un refoulement de la libido, n’était à nos yeux qu’un temps de patience volontaire, destiné à éprouver la force et la permanence de nos sentiments.

La solde au front m’ayant laissé quelques économies, 300 francs 1945, je les engloutis toutes dans une petite bague en argent que je lui remis la veille de ma nouvelle affectation en unité combattante, au début de février 1945.

Elle la porte toujours...

Note complémentaire :

Fin février, je fus affecté au Groupe de Reconnaissance 2/33, stationné à Luxeuil, puis après le passage du Rhin à COLMAR libérée. C’est en qualité de dessinateur et interprétateur photo que j’eus l’avantage de participer à l’exposition de l’Armée Française au Grand Palais à PARIS en présentant ces 6 panneaux à la gloire de l’Armée de l’Air : Ce fut ma première participation à une exposition collective !

Après la victoire, je fus envoyé au Maroc et nous nous mariâmes à mon retour en novembre 1946.

Cela a l’air de la photo d’un grand mariage bourgeois...! et pourtant nous étions très pauvres..Je n’avais en poche, en tout et pour tout que ma première solde de sous officier mécanicien, breveté en septembre... Ma belle tenue fantaisie était une tenus de sortie de surplus américains teinte en bleu marine pous la circonstance, et ma belle avait confectionné elle-même sa robe de mariée...coupée par sa maman...

Nous avons fêté nos Noces de diamant en 2006, avec les trois générations de nos descendants.

P.-S.

Angers 30 janvier : je me suis décidé à publier ce texte sur mon magazine généalogique, sans vanité, mais avec le seul espoir qu’un jour lointain, une ou un de mes arrière-petit-enfants pourra s’émouvoir en découvrant comme je l’ai fait moi-même pour ma lignée, les joies et surprises de la recherche généalogique. (voir plusieurs articles pécédents..)

Notes

[1Le titre d’Ancien combattant est accordé après 90 jours en unité engagée.

[2La « Bardinette » inventée à Tournus par l’ingénieur BARDIN était un petite lampe électrique dynamo actionnée par pression de la main.

[3La caserne KRIEN à Dijon, où se pressaient de nombreux candidats à l’engagement, des « bleus » pour qui j’étais un « ancien », ce qui me valut de nombreux avantages !

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14 Messages

  • Une belle histoire… de guerre 3 février 2011 14:24, par andrevessot

    Bonjour Jacques,

    Merci pour votre article et bien sûr pour cette belle histoire, témoignage émouvant comme je les aime. C’est assez extraordinaire de pouvoir fêter ses noces de diamant avec plusieurs générations de descendants.

    J’espère que votre départ en Touraine (ou Anjou, je ne me souviens plus) s’est bien passé. Nous gardons un merveilleux souvenir de notre passage à Tournus lors du week-end de l’Ascension 2010.

    Bien amicalement.

    André VESSOT

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  • Une belle histoire… de guerre 4 février 2011 11:09, par Lucie24

    Encore, encore de ces témoignages.
    Tout simple, sans emphase, d’une bonne longueur, rythmé de photos... et qui en plus finit bien !
    Au début de la soixantaine, je commence à envisager d’écrire le livre de ma vie, non pour le publier mais pour laisser à mes descendants un témoignage. Je regrette tellement de ne pas avoir interrogé ma grand-mère quand il était encore temps. A vingt ans on n’y pense pas.
    Longue vie au couple.
    Lucie

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  • souvenir 4 février 2011 12:07, par Marie bredif

    Bonjour,

    En lisant vos souvenirs émouvants et sympathiques, je ne peux m’empêcher de penser que vous êtes l’auteur d’un tableau ("l’oeillet, Batz sur mer")qui orne mon séjour...et m’avait « tapé dans l’oeil » dans les années 80 à Angers !

    Merci pour la qualité de vos oeuvres

    Bien cordialement

    Marie

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  • Une belle histoire… de guerre 5 février 2011 07:41, par bcharon

    {{}}Bonjour,
    Vous avez donc été engagé dans l’armée DE LATTRE. Mon demi-frère, Albert CHARON, a fait, semble-t-il un parcours identique (comme parachutiste). Il est parti de Tunisie, a participé au débarquement en Sicile, en Italie, puis le Mont-Cassin, la Provence ... jusqu’à Colmar. L’avez-vous connu ?
    Merci. Bernard CHARON - 1832 rue du Moulin - 76480 Jumièges

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  • Une belle histoire… de guerre 5 février 2011 11:12, par pierre.latkowski

    Merci, Monsieur, pour oser dire aujourd’hui aussi sincèrement ce qu’était la mentalité des « jeunes » de cette époque. Entre autres, ce que le respect mutuel dans un couple peut avoir de valorisant. J’avais 21 ans en 1945, mobilisé en Algérie je faisais partie de la 1re Armée et le 27/02 je sautais sur une mine à Richtolsheim, à la veille de franchir le Rhin. C’est dire que votre récit me touche profondément et que j’en apprécie l’authenticité autant que la clarté et la propreté du style. Je suis heureux que vous ayez pu dans ces circonstances trouver le bonheur de toute une vie.

    Répondre à ce message

  • Une belle histoire… de guerre 5 février 2011 12:21, par Falempin -Gevenois

    bonjour- Je suis de la génération de la dernière guerre et j’ai regardé avec beaucoup de plaisir votre livre - J’ai aussi écrit mes mémoires à l’intention de mes enfants et petits enfants car le passé nous guide vers l’avenir - Je recherche mes ancêtres avec acharnement -
    Continuez , longue vie à votre famille -
    Amicalement Noëlla Falempin-Gevenois

    Répondre à ce message

  • Une belle histoire… de guerre 5 février 2011 14:07, par BASTIDE Robert
    • Ce récit est une page de la vie dans un moment particulier.Un peu de fraîcheur sur un lieu méconnu de certains, hormis ceux qui comme vous et les maquisards ont fait la guerre.Mon père avait prêter à ces derniers la maison de sa mère ,située à Monay(39).A 36 ans il aurait rejoint l’Armée DE LATTRE.Merci de cette histoire qui nous permet de ne pas oublier nos parents et de transmettre à nos petits enfants.

    Répondre à ce message

  • Une belle histoire… de guerre 5 février 2011 17:02, par Gérard ROBETTE-PAPET

    Bonjour ,

    Ravi de vous retrouver sur le net ! Désolé de ne plus vous trouver sur notre route des vacances !! Mais nous avons aussi vendu la propriété de Bourgogne !!! C’ est effectivement un BEAU ROMAN , une BELLE HISTOIRE qui va émouvoir plus d’ un internaute . Portez vous bien . Gérard ROBETTE-PAPET

    Répondre à ce message

  • Une belle histoire… de guerre 5 février 2011 19:01, par C. Dujardin

    J’ai pris plaisir à lire cette histoire émouvante très bien contée d’ailleurs.On imagine très bien les scènes.
    Cela m’a paru un peu court, j’aurais bien continué à lire...

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  • Une belle histoire… de guerre 6 février 2011 08:36, par Polp17

    Votre récit est fort agréable et passionnant, d’autant qu’il ressemble étrangement au mien. Les différences :

    • En congé d’armistice je me suis réengagé à Lyon au 1er Bataillon du Génie de la 1re Division Française Libre.
    • A la fin de la guerre j’ai retrouvé mon amie d’enfance et nous nous sommes mariés dans les mêmes conditions.
    • Nous avons eu 6 enfants, 13 petits enfants et 23 arrières petits enfants, tous ne sont pas mariés. Alors !!
      J’ai également une photo, datée de 1980, réunissant toute la famille présente à l’époque.
      J’ai fait un arbre dans le même but.
      Différence : j’eus la chance de retrouver les écrits de mon Grand Père ajoutés aux souvenirs demandés à ma Grand Mère ils m’ont permis de créer mon arbre et d’écrire mes souvenirs.
      Féliitations pour votre récit et heureux de savoir être au moins deux à penser aux générations futures.
      Pol

    Répondre à ce message

  • Une belle histoire… de guerre 6 février 2011 11:04, par Natacha

    Bonjour,
    Vous avez écrit dans votre article que vous avez été engagé dans l’ armée DE LATTRE . Je suis intriguée par la signification de.ce nom car il s agit du.nom de famille de mes grands parents . J espere que vous me repondrez.
    Cordialement,
    Natacha
    chastana@hotmail.fr

    Répondre à ce message

    • Armée DE LATTRE 7 février 2011 09:25, par Maurice DELSARTE

      Bonjour Natacha,
      Excusez-moi de m’immiscer dans votre propos. Il s’agit à l’époque du Général DE LATTRE DE TASSIGNY. Mon père s’y trouvait.
      Bonne réception

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      • Armée DE LATTRE 12 février 2011 19:09, par Pierre NAUDET

        Bonsoir,
        Mon oncle Robert MERY, qui avait 20 ans, en faisait également parti. Il m’a raconté « sa » libération de Strasbourg après laquelle il avait joué sur un piano encore accordé !!
        Quelqu’un connaitrait-il ce nom ? Pour info : Mon oncle s’en est sorti presqu’intact, mais bien vivant.
        Amicalement
        Pierre NAUDET

        Répondre à ce message

  • Une belle histoire… de guerre 7 février 2011 11:44, par Jacques Auguste Colin

    Message collectif de l’auteur

    Il m’est impossible de repondre individuellement à toutes les questions posées par ces sympathiques réactions d’amis, connus ou inconnus, parfois retrouvés...

    J’ai été heureux d’apprendre que nous sommes encore quelques survivants ayant vécu un semblable destin... Privilège inappréciable, alors que tant d’amis chers ont disparu..!

    Pour répondre aux nombreuses questions induites par la partie guerrière du texte (introduction et photos), je proposerai prochaînement à publication sur votre « Gazette » le recit détaillé et circonstancié de ma courte et très modeste participation à la campagne du JURA, au sein de la 1re Armée(Général De Lattre de Tassigny), 1re DBFL (Gal Guillaume), 3e DIA ( Gal Montsabert), 36° Groupe FTA.

    Non pour m’en prévaloir, mais pour être utile aux historiens qui m’ont contacté en signalant la rareté des témoignages sur les Formation Territoriales Antiaériennes pensant la seconde guerre mondiale...

    A bientôt donc sur votre Gazette...

    Très amicalement

    Jacques Auguste COLIN

    Répondre à ce message

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