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Un médecin sauve un nouveau-né (1785)

Le mardi 1er mai 2001, par Thierry Sabot

"L’enfant, qui était un gros garçon, vint au monde sans donner aucun signe de vie. Après lui avoir donné le baptême sous conditions, je le confiai à la sage-femme pour m’occuper de délivrer la mère qui perdait beaucoup. Acquitté de mon devoir envers cette dernière, je courus vite à l’enfant. Mon premier soin fut celui d’appuyer ma bouche sur ses lèvres mourantes, afin de lui souffler fortement dans les poumons. Je lui chatouillai le fond de la bouche au moyen de la barbe d’une plume. Je le remuai, je l’agitai de toutes les manières. Je lui fis des frictions sur la colonne épinière, sur les tempes et sur la région épigastrique avec de l’eau-de-vie.

(...) Après tant de tentatives vainement répétées, je crus aussi de mon côté l’enfant véritablement mort, et je l’abandonnai. A peine fus-je retiré que, livré à la réflexion, je crus voir dans l’anatomie la raison de l’inefficacité du plus grand de tous les moyens qui est l’air que l’on cherche à introduire dans les poumons de l’enfant en lui soufflant dans la bouche. La route du nez me parut bien plus directe. Ainsi éclairé par le flambeau de l’anatomie, je revins à l’enfant pour faire de nouvelles tentatives. Celles-ci furent suivies du succès le plus inattendu, et à la troisième fois que j’eus soufflé dans le nez, ayant porté ma main sur la région du coeur, je sentis les côtes se lever, la poitrine se dilater, ce qui n’avait pas eu lieu la première fois (...) Le battement de coeur se fait bientôt sentir, successivement celui des artères après le mouvement des yeux et d’un bras, manifestèrent aux assistants, saisis d’étonnement et de joie, la vie de l’enfant. Il resta une heure ou à peu près sans se plaindre. Mais après lui avoir ranimé ses forces au moyen de quelques cuillerées de bon vin, notre ressuscité pleura, s’agita, et ses cris firent redoubler les coups de fusil que les voisins tiraient en l’honneur de sa naissance ou plutôt de sa résurrection".

D’après le médecin de Gaillac en 1785.

Texte cité par J. Gélis, M. Laget, M.-F. Morel, dans Entrer dans la vie, naissance et enfance dans la France traditionnelle, Paris, 1978.

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