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La caisse noire des chemins de fer


jeudi 12 novembre 2009, par Thierry Sabot

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Henri Vincenot n’est pas seulement un merveilleux conteur (La Billebaude), c’est aussi un historien du monde des chemins de fer.

Dans son ouvrage La vie quotidienne dans les chemins de fer au XIXe siècle, il nous explique l’origine de l’expression « caisse noire ».

Au XIXe siècle, lorsque survenaient la maladie, le chômage ou un accident de travail, le cheminot et sa famille n’étaient protégés par aucune assurance, aucune mutuelle, ni système d’allocations familiales ou de retraite. Les rares tentatives de créations de sociétés de secours mutuels se heurtaient à la méfiance des gouvernements qui craignaient que les cheminots, sous le couvert des sociétés mutualistes, ne se constituent en syndicats ou en associations politiques au plan national.

« Faute de pouvoir organiser la mutualité et l’entraide sur le plan national, officiellement, ce fut, comme on le pense, en secret, et presque dans la clandestinité, que se firent les quêtes pour les victimes des accidents professionnels, et leurs familles.

Dans la plupart des cas, ces quêtes furent vite remplacées par un versement volontaire et régulier. D’abord on y abandonna les primes diverses allouées aux tractionnaires exclusivement, puis ces versements devinrent automatiques.

Il régnait alors dans les Dépôts, au moment de chaque paie, une activité discrète provoquée par le passage de la « Caisse noire » portée par trois délégués qui circulaient dans l’établissement et se présentaient auprès de chaque employé pour recueillir sa contribution.

Cette expression de « caisse noire » vient de cette pratique, car la caisse, portée par trois « mâchurons » et qui passait entre mille mains enduites de charbon, de cambouis ou de suie, devenait vite noire, effectivement.

Comme de toute façon, quelle que fût sa couleur au départ, elle était noire après la collecte, on la peignit définitivement en noir, comme l’étaient alors tous les meubles et accessoires du Dépôt et des ateliers. »

De cette première manifestation de solidarité ouvrière découle l’expression actuelle « caisse noire » qui, avec un sens fort négatif, désigne les fonds occultes d’une trésorerie.

Source :

  • Henri Vincenot, La vie quotidienne dans les chemins de fer au XIXe siècle, Paris, Hachette, Collection La vie quotidienne, 1975, pages 53 et 54.

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